Tempête du 19 juin 1944

La tempête du 19 juin

Du 19 au 22 juin, une tempête menace la chaîne logistique alliée, les intempéries mettant sérieusement en péril le ravitaillement de la tête de pont. Le talon d’Achille des lignes de communications alliées réside en effet dans la nécessité d’assurer un approvisionnement par voie maritime depuis l’Angleterre. Si la puissance de la tempête semble avoir été exagérée (vent nord-est de force 6 et rafales à 7/8), ses conséquences sont notables. Sérieusement endommagé, le port artificiel d’Omaha doit être démantelé au profit du seul Mulberry B d’Arromanches. Près de 800 embarcations sont jetées à la mer ou sombrent, provoquant le chaos au sein des unités de la logistique. Les réserves des dépôts alliés sont sévèrement limitées et l’espoir de remédier au manque chronique de munitions d’artillerie s’envole définitivement. Dans ces conditions, l’activité sur le front américain doit être réduite au profit de la seule poussée vers Cherbourg. La nécessité impérieuse de s’emparer de ce port apparaît ainsi avec d’autant plus d’acuité. Pourtant, la puissance de feu des Alliés et la pression exercée sur l’ensemble du front sont telles que les effets de la tempête passent inaperçus dans le camp allemand. Ce répit inespéré n’est donc pas mis à profit par Rommel pour mener une contre-attaque d’envergure. De leur côté, les Britanniques sont également contraints de marquer le pas alors que le dispositif ennemi est encore très fragile.

Raiders du Désert (8)

RALPH BAGNOLD, Le père du LRDG

Les hommes de Bagnold

Les jeunes années

Ralph Bagnold est né à Devenport, en Angleterre, en 1896. Son père, officier des Royal Engineers (le génie) a servi en Egypte et au Soudan. Bagnold suit la voiede son père. Il devient gentleman cadet à l’école militaire de Woolwich. En 1915, il rejoint les Royal Engineers au sein duquel il combat en France dans la Somme, à Ypres et à Passchendaele. Après la Première Guerre mondiale, il reprend les études et suit le Tripos d’ingénieurie à Cambridge. Il retourne cependant à l’armée.

 

La découverte du désert

Ralph Bagnold est posté en Egypte en 1926. Il devient alors un des pionniers de l’exploration du désert au Moyen-Orient. Dès les années 20, avec d’autres officiers en poste au Caire, il multiplie les escapades dans le désert, avant tout en Egypte. Les vastes étendues désolées qui recouvrent la majeure partie de ce pays sont alors largement inconnues. Certes, l’armée britannique -en l’occurence les Light Car Patrols– y a lancé des expéditions punitives contre les Senoussis pendant la Première Guerre mondiale. Mais tout reste à apprendre. Bagnold réalise la première traversée du Sinaï en véhicule automobile depuis la guerre. Il s’illustre plus particulièrement au cours des sorties organisées dans le désert libyque, appelé encore le Désert Occidental. Envoyé en Inde puis posté au Nord de l’Angleterre, Bagnold parvient néanmoins à obtenir l’autorisation pour organiser une expédition qui lui vaudra une médaille de la part de la Royal Geographical Society en 1934. Son expérience de la conduite dans le désert est sans équivalent. Débouté de l’armée comme invalide permanent suite à des troubles digestifs liés au service sous les Tropiques, Bagnold démarre une carrière scientifique à l’Imperial College de Londres. Son objet de recherche: comprendre le mouvement et la formation des dunes. Pour ce faire, il met au point les premières expérimentations utilisant une soufflerie. Il retourne alors dans le désert égyptien, explore le Gilf Kebir et le Gabal Uweinat ainsi que la mer de sable de Selima. Il retourne dans le désert en 1938 et publie l’anéne suivante The Physics of Blown Sand and Desert Dunes.

 

La création d’une unité mythique

Bagnold retourne sous les drapeaux avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Il est alors Major. L’armée britannique, dans toute sa sagesse, le met en poste au Kenya au lieu de chercher à tirer profit de ses connaissances sur le désert en le nommant au Moyen-Orient. Par chance, le transport de troupes Franconia, qui l’emmène en Afrique de l’Est, entre en collision avec l’Alcantara. A caue des avaries, les passagers sont contraints de descendre dans un port égyptien. Bagnold file alors au Caire où un journaliste le reconnaît au fameux hôtel Shepheard. Un article de l’Egyptian Gazette a tôt fait de faire connaître sa présence au Caire et de rappeler ses exploits passés. Tout ceci n’aurait eu guère d’importance si le General Wavell, futur commandant en chef au Moyen-Orient, n’avait eu sous ses yeux ledit journal. Wavell s’inquiète des conséquences que pourraient avoir une entrée en guerre de l’italie et entend se préparer à toute éventualité. S’enquiérant auprès de Bagnold lui-même de sa connaissance ou non du Kenya, Wavell comprend que le Major serait plus utile en Egypte et le fait muter. Bagnold est nommé à Mersa-Matrouh, non loin d ela friontière avec la Libye italienne. Que se passerait-il si les Italiens parvenait à saisir le barrage d’Assouan ou attaquer Wadi Halfa depuis Koufra et Uweinat? Les Italiens n’ont-ils pas eux ausi effectué bien des reconnaissances dans le désert? Pour répondre à cette menace, Bagnold imagine de mettre en place un système de patrouilles dans le désert. Proposition rejetée par le QG du Caire.

Toutefois, l’arrivée de Wavell au poste de commandant en chef au Moyen-Orient change la donne. Dans les jours qui suivent le moment où Wavell prend connaissance de sa proposition, Bagnold est introduit dans le bureau de Wavell. Celui-ci accepte de lui donner carte blanche pour mettre sur pied une petite unité dans l’espace de six semaines. Le rôle de celle-ci serait de surveiller les mouvements de l’ennemi au-delà de la Grande Mer de Sable et de fournir le maximum de renseignements qui seront utiles pour préparer la future campagne contre les Italiens. Bagnold n’a que peu de temps. Sa proposition est acceptée le 23 juin 1940. Le 5 août, le Long Range Patrol (c’est le premier nom donné à l’unité) effectue son premier voyage d’entraînement. Le 27 du même mois, l’unité est prête pour passer à l’action.

Bagnold a battu le rappel de ses anciens compagnons d’équipées à travers le désert, tous promus à la célébrité au sein de la nouvelle unité: Bill Kennedy Shaw, Pat Clayton et Guy Prendergast. Il faut recruter des volontaires au sein de l’armée. Chaque patrouille devra compter 5 véhicules et entre 15 et 18 soldats. Les membres de la nouvelle unité devront être de nature sociable et être capable d’endurer la soif, la faim et la chaleur. Ils devront en outre supporter l’inconfort de longs trajets et supporter l’idée de passer de longues périodes derrières les lignes ennemies et être traqués en permanence. Solidement constitués et habitués à vivre au grand air, les Australiens et les Néo-Zélandais semblent être les candidats idéaux.

Il va falloir naviguer de nuit, à l’aide étoiles. Aussi Bagnold réquisitionne-t-il les almanachs. Pour assurer un bon , les théodolites s’avèrent indispensables: l’armée britannique au Moyen-Orient n’en fournit qu’un seul un autre étant procuré par George Murray du Desert Surveys et un troisième est acquis à Nairobi. Enfin, il faut se doter de compas solaires: ceux-ci sont fournis par l’armée égyptienne qui s’est constituée un stock du modèle mis au point par bagnold lui-même avant guerre. C’est aussi l’armée égyptienne qui accepte de se séparer de 19 camions Chevrolet 30 cwt, 15 autres provenant du concessionnaire Chevrolet établi au Caire.

 

Au combat

Bagnold est décidé à faire un bluff: faire croire aux Italiens que ses forces sont plus considérables qu’en réalité. Début septembre 1940, Bagnold accompagne le LRP jusqu’à Ain Dalla. Bagnold et Shaw montrent à leurs hommes comment s’y prendre pour négocier le passage des dunes et éviter les pièges que recellent les sables. Bagnold prend ensuite l’avion pour Fort-Lamy, au Tcahd, où il est mis en relation avec le gouverneur, Félix Eboué, et un officier français qui ne demande qu’à en découdre, le colonel d’Ornano. Les Français et les Britanniuques conçoivent et lancent des raids en commun: contre Mourzouk et sur Koufra. Ce dernier oasis, pris par Leclerc, devient la base du Long Range Desert Group (LRDG), ainsi qu’a été rebaptisée l’unité, jusqu’alors basé dans la citadelle de Saladin, au Caire. L’oasis de Siwa sera également l’une des principales bases opérationnelles du LRDG. Toutefois, dès août 1941, Bagnold, promu colonel quitte le service opérationnel sur le terrain.Le GQG du Caire a en effet besoin d’un conseiller avisé pour les opérations menées dans les profondeurs du désert auprès. La relève est assurée par Guy Prendergast. Il est alors promu à un travail d’état-major au Caire, présidant à l’expansion du LRDG, le recrutement et l’entraînement des nouvelles recrues. Une unité de réparation et d’intendance du Royal Army Ordnance Corps est ainsi mise sur pied au profit du LRDG. Bagnold, affecté à la section opération du quartier général, coiffe sous sa responsabilité toutes les opérations indépendantes dans le désert.

 

Après-guerre

Bagnold, devenu brigadier, quitte l’armée en 1944. Sa remarquable carrière scientifique est récompensée par de nombreux prix. Il devient consultant, notamment pour tout ce qui a trait aux dunes et au sable. Ce qui a de remarquable chez cet homme, c’est qu’il est demeuré un chercheur scientifique jusqu’à la fin de ses jours, publiant les résultats de ses travaux jusqu’à près de 90 ans. En 1981, il est employé à la NASA en qualité d’expert pour faire part de son analyse des vents de sables sur la planète Mars. Ralph Bagnold s’éteind en 1996, à l’âge honorable de 94 ans.

Raiders du désert (7)

Difficultés des patrouilles du LRDG, les taxis des Forces Spéciales

  Le LRDG, qui a assisté dans leurs missions toutes les autres unités britanniques opérant sur les arrières de l’ennemi en Afrique du Nord, est la plus célèbre des unités de raiders. Ses missions sont de nature fort variées, la reconnaissance lointaine, le renseignement et le repérage du terrain ayant tenu une place essentielle.

Les difficultés rencontrées par le LRDG dans sa tâche sont multiples. Le général Wavell en est bien conscient lorsque, le jour de la création du LRPG, ancêtre du LRDG, il remet à Ralph Bagnold, le 1er chef et l’instigateur de cette unité, ancien explorateur du désert, une note pour pallier aux inévitables tracasseries administratives qui pourraient faire obstacle à une mission jugée essentielle. Ce papier, laconique, contient les mots suivants : « A tous les responsables de départements et de services. Je souhaite que toute requête faite par la Major Bagnold en personne soit honorée sur le champ sans discussion ».

Comme pour toutes les autres « armées privées » du désert, le LRDG éprouve des difficultés dans le recrutement du personnel et pour l’obtention du matériel. Une partie des camions Chevrolet initialement utilisés sont ainsi achetés au concessionnaire Chevrolet du Caire, les autres provenant de l’armée égyptienne. Le système D permettra d’améliorer l’armement. Ainsi, des Breda de 20 mm italiens seront réutilisés par le LRDG ainsi que des mitrailleuses Vickers récupérés sur une épave d’un appareil de la RAF. La maintenance posera problème à plusieurs repris, avec les conséquences mécaniques que cela suppose. Les filtres et les pièces détachées font en effet défaut. Conscient de l’importance de la question, le Colonel Bagnold décide d’agir et, à l’automne 1941, une compagnie du RAOC est créée et rattachée au LRDG, sous le commandement du Captain Ashdown. Le maintien opérationnel des deux avions Waco, acheté par le LRDG, pose aussi des soucis puisque la RAF ne s’y intéresse pas. Pour assurer la logistique de l’unité, toujours rattachée au Middle East Command alors qu’elle est en opération loin à l’ouest du Caire, Bagnold suggère en septembre 1941 que le LRDG soit rattaché à la logistique de la 8th Army pour toutes les questions de ravitaillement et de matériel autres que ceux ayant trait à la navigation.

            Le LRDG n’a parfois pas toujours été en mesure de mener à bien ses missions. Ainsi, le manque de protection offert par ses camions, bien que très bien armés, empêche les raiders de participer à des combats soutenus. L’embuscade ou l’attaque soudaine suivie d’une esquive immédiate sont préférables. C’est ce qui ressort de l’affaire de Sheferzen en 1941 où une patrouille du LRDG, placée en flanc garde de la Western Desert Force subit de lourdes pertes en camions du fait de leur vulnérabilité. Il ne faut plus chercher le combat, ne plus se faire voir, mais chercher avant tout le renseignement, voire capturer des prisonniers (un retour à un rôle plus offensif sera toutefois opéré à partir de Crusader en novembre 1941). Un autre écueil survient au cours de la première surveillance de la route près de. Les hommes ne sont en effet pas assez entraînés pour reconnaître le matériel ennemi et donner des renseignements précis. Ce problème sera réglé par la suite et les missions d’observations de la voie Balbia seront de la plus haute importance pour la 8th army et seront parmis les contributions les plus importantes du LRDG dans la guerre du désert. Le repérage de terrain d’atterrissage et les missions topographiques ont parfois été imprécis faute d’avoir emporté un théodolite, erreur qui ne se répétera pas souvent. La dissimulation au regard de l’aviation ennemie exige aussi d’adopter de petites formations, d’où la réorganisation d’octobre-novembre 1941 puisque auparavant, une patrouille comptait un camion de 15 cwt et 10 camions de 30 cwt. Elles compteront désormais 6 camions chacune, chaque ancienne patrouille se dédoublant, la patrouille G formant ainsi les patrouilles G1 et G2.

Convenir d’un rendez-vous et établir la liaison n’est pas chose aisée dans les immensités désertiques. Ainsi, en avril 1941, la patrouille G est envoyée en reconnaissance dans le secteur de Marada avant de se diriger vers l’oasis d’Aujila où elle a rendez-vous avec le reste du A Squadron. Pourtant, aucune autre patrouille n’y parviendra et aucune liaison radio ne pourra être établie.

Les hommes souffrent aussi. La malaria sévit à Siwa, des hommes tombent malades sous l’effet de l’insolation. Les pertes sont parfois telles que, au printemps 1941, la patrouille Y se retrouve sans officier, obligée de ce fait à s’en tenir à un rôle de garnison. Une difficulté non prévue survient en janvier 1942 lorsque, dépourvus de moyens de transport, 10 hommes du LRDG et du SAS sont contraints de rejoindre leurs lignes à pied. Ces hommes, accoutumés au transport en camions, éprouvent les pires difficultés à marcher sur des longues distances avec des chausses inadaptées : brodequins, chaussures légères et même sandales…

La nature elle-même cause bien des difficultés. Le 20 avril 1941, la patrouille G, en route pour surveiller la piste de Gardaba, est ainsi immobilisé e par une tempête de sable particulièrement virulente. Dans un autre cas, le 1er août 1941, la patrouille T est contrainte d’effectuer un long détour pour éviter une zone de dépressions couvertes de dunes. Lorsque le sol est poudreux, l’empreinte des véhicules est particulièrement bien apparente, un danger certain en cas de survol du secteur par un appareil ennemi. A plusieurs reprises, des crevaisons de pneus retarderont la progression du LRDG.

 

 

Patton à Merkers

Le 6 avril, le 12e corps s’empare d’une réserve d’or du Reich.  Eisenhower et Bradley l’accompagnent pour visiter cette fameuse mine, à Merkers. Alors que les généraux américains sont tous montés dans un ascenseur, Patton ne peut s’empêcher un trait d’humour qui n’a pas l’heur de plaire à Eisenhower. Le Californien fait ainsi remarquer que si le câble venait à rompre, il y aurait de belles promotions au sein de l’armée américaine. « OK, George, cela suffit : plus de blagues jusqu’à ce que nous soyons remontés à nouveau à la surface» se voit-il répondre par le commandant du SHAEF, visiblement mal à l’aise. Des centaines de tableaux de maîtres, des biens en grande partie spoliés aux Juifs, se trouvent également dissimulés dans la cachette. Patton, qui n’apprécie visiblement pas ce genre d’art (ou bien est-ce une réaction liée à ses préjugés antisémites?), les estime au mieux à 2,50 $ pièce et tout juste bons à orner des saloons.

Raiders du désert (6)

« Buck » Party ou SIG (Special Interrogation Group)

Il s’agit d’un petit groupe de commandos germanophones, essentiellement des Juifs palestiniens ou réfugiés dans la région. On compte aussi des recrues provenant de la Légion Etrangère Française ainsi que des forces tchécoslovaques. Ils sont commandés par le Captain Buck, qui est membre de l’Intelligence Service au Moyen-Orient et qui est un parfait germanophone. Buck, capturé par les Allemands, a réussi à s’évader puis à rejoindre l’Egypte en portant un uniforme allemand. La mission du SIG est le sabotage derrière les lignes ennemies, le plus souvent sous l’uniforme allemand. Ses membres savent donc qu’ils encourent la peine de mort en cas de capture car ils seront considérés comme des espions. Les Britanniques craignent toutefois que fois que ces hommes, capturés, ne parlent trop ou, pire, soient des agents-doubles nazis.

La patrouille R1 du LRDG quitte Siwa le 8 juin 1942 pour une mission de « taxi », en l’occurrence transporter 15 Français du SAS sous le commandement du Lieutenant Jordan ainsi que le Captain Buck et 15 de ses hommes. Les objectifs de Buck sont les aérodromes de Martuba et de Derna. Toutefois, un des Palestiniens trahit le groupe, de sorte que l’intégralité du groupe SAS français est capturée, non sans avoir au préalable détruit 20 appareils ennemis. Les survivants du SIG sont récupérés par le LRDG qui les rapatrie à Siwa. Le SIG participe au raid manqué sur Tobrouk en septembre 1942 (opération Agreement).

 

Special Boat Section

Le Special Boat Section, parfois connu sous le nom 1 SBS, est constitué à partir d’éléments des N°7, 8 et 11 commandos après dissolution de ces derniers. Il provient en particulier du Folbot Troop attaché au QG de la Layforce. Comme le nom de l’unité l’indique clairement, les commandos opèrent des sabotages amphibies. Ils participent à différents raids, notamment en Crète. La méthode d’action employée suppose en général un acheminement de deux hommes par sous-marin avant d’opérer à bord de canots pneumatiques, déposant des charges explosives sur les flancs de navires ennemis. En 1942, l’unité, rebaptisée Special Boat Squadron, devient le D Squadron du 1 SAS Regiment. Pourtant, cette unité opère indépendamment et devient finalement un régiment à part entière, quoique conservant béret et cap badge du SAS.

 

G (R),ISLD (Inter-Services Liaison Department),A Force

Plusieurs organisations émanant des services d’espionnage et de contre-espionnage britanniques participent aux opérations menées en Libye.

Le SOE (Special Executive Operations) a été créé à l’instigation de Churchill afin d’organiser la guérilla dans les lignes ennemies et d’assister les réseaux de résistance dans leur lutte contre l’occupant. Au sein de l’état-major au Moyen-Orient, le SOE prend apparemment le nom de G (R) (« G » pour guérilla?). Les agents qui relèvent de cette organisation seront convoyés sur leurs zones d’opérations par le LRDG.

L’ISLD en fait du nom de couverture pris par l’Intelligence Service au Moyen-Orient pendant la guerre. Comme à son habitude, les services de renseignements britanniques opèrent en envoyant leurs agents recueillir des renseignements derrière les lignes ennemies. rompus aux méthodes es services secrets, les membres du ISLD peuvent, le cas échéant, avoir à leur disposition des postes émetteurs.

La N Section de la A Force est notamment responsable de l’aide apportée aux soldats alliés présents derrière les lignes ennemies et qu’il s’agit d’évacuer.

 

Raiders du désert (5)

Libyan Arab Force

La dure et sanglante conquête de la Libye par l’armée italienne laisse bien des rancoeurs. Lors de l’entrée en guerre de l’Italie en 1940, un certains nombre de leaders libyens saisissent l’opportunité pour tenter d’organiser une guérilla aux côtés des Britanniques. C’est ainsi que va naître la Libyan Arab Force, ou armée Senussi. Elle compte plusieurs bataillons sous commandement britannique. Si l’intention première est de les engager dans le Djebel Akhdar pour y mener des opérations de guérilla, ils sont avant tout relégués à des tâches secondaires, comme la surveillance de prisonniers ou d’installations militaires. En effet, combattre dans le désert nécessite d’être motorisé, ce qui nécessite un minimum de connaissances techniques et mécaniques qui fait défaut. Un bataillon combat cependant dans Tobrouk assiégé. Trois bataillons sont levés pour des missions de guérilla. De fait, de nombreuses missions sont organisées sur les arrières ennemis en Cyrénaïque de concert ave le LRDG.

Les patrouilles du LRDG, notamment les patrouilles R et T du A Squadron, vont multiplier les transports d’agents britanniques et arabes derrière les lignes ennemies, dans le Djebel Akhdar, au point que le Squadron est vite surnommé « Libyan Taxis Ltd ». C’est en juin 19471 que le LRDG reçoit en effet la mission de convoyer des agents en Cyrénaïque et collecter leurs rapports. Le 11 juin 1941, la H Patrol du Lieutenant Easonsmith dépose deux Arabes à proximité de Gambut. Le 19 du même mois, la H Patrol quitte à nouveau Siwa pour emmener notamment un officier de renseignement britannique et deux officiers Senussi dans le Djebel Akhdar. En juillet, deux autres agents arabes sont déposés à Mersa Lukk, sur la côte, à l’est de Tobrouk. En juillet-août 1941, c’est au tour de la Y Patrol de transporter un officier et un groupe envoyés par le GQG du Caire. En août, la patrouille R dépose deux agents arabes au nord de Bir Raggia, à nouveau dans le Djebel Akhdar. Après les avoir attendu 12 heures au point de rendez-vous fixé, la patrouille doit retourner à Siwa sans eux mais deux autres arabes, connaissant bien la région et les positions ennemies, repartent avec les hommes du LRDG. En septembre 1941, la patrouille R doit déposer deux agents à l’ouest de Mechili et les ramener avec deux autres qui opèrent dans le même secteur. Les deux premiers reviennent bien au rendez-vous fixé au bout d’un jour et demi mais les deux autres ont entamé de leur propre chef le voyage de retour, sur dromadaires, et arrivent à Jarabub une ou deux semaines plus tard. La même patrouille R dépose deux autres agents arabes dans le Golfe de Bomba, à l’ouest de Tmimi en octobre 1941. Après quatre jours d’absence, les deux agents retrouvent la patrouille et sont ramenés à Siwa. En octobre, c’est la Captain Haseleden, fameux agent britannique déguisé en arabe, est ramené à Siwa. En novembre 1941, à la veille de l’opération Crusader, la patrouille T2 du Catain Hunter doit emmener Hasleden et cinq hommes, dont deux arabes, les déposer en un point convenu le 10 novembre au plus tard, puis reprendre ceux-ci le 39 novembre et les ramener à Siwa. La connaissance du terrain de Hasleden aide beaucoup à la navigation de la patrouille. Le 13 novembre, Hasleden envoie un de ses agents arabes prévenir Hunter que depuis trois semaines la division motorisée Trieste a quitté Slonta, entre Benghasi et Derna, et s’est dirigée vers l’est. L’information est d’importance car le QG de la 8th Army l’ignore. Aussi est-elle transmise par radio.

Le 9 février 1942, la patrouille G2 du LRDG du Lieutenant Timpson quitte Siwa avec pour mission d’observer le trafic routier ennemi. Le Captain Hasleden est du voyage, ainsi que, sur son conseil, Hussein Eff Taha, ex-Mudir de Slonta. Ce dernier sera une aide précieuse pour savoir s’il est possible de faire confiance aux Arabes de Cyrénaïque. Les accompagne également un certain Tayeb el Barani, un natif de Slonta, qui est réfugié en Egypte depuis plusieurs années. A Baltat el Zelagh, au sud de Mechili, des Arabes informent la patrouille qu’il n’y a eu aucun mouvement de l’ennemi dans le secteur. Le 12, mes camions sont camouflés dans un wadi à proximité de Slonta. Timpson et Hasleden prenne en charge chacun un groupe pour observer le trafic sur les routes du nord et du sud en direction de Barce. Hasleden rapportera qu’un véhicule sur cinq est d’origine britannique et que ces derniers sont en bien meilleur état que les engins de facture allemande ou italienne. Les Arabes locaux s’avèrent être une source précieuse d’informations sur les mouvements de troupes ennemies. Hasleden apprend aussi d’un homme de la tribu Barassa que quelques Britanniques ont été vus le 11 février. Certains peuvent être localisés et sont ramenés à Siwa, en l’occurence un tambour du Royal Sussex Regiment, 3 hommes du Welsh Regiment et 11 du 3rd Battalion Libyan Arab Force. Les Arabes s’avèrent dans l’ensemble favorables aux Britanniques, en particulier ceux des tribus Barassa et Obeidat. Hasleden observe également que, bien que pillant à l’occasion les colons, les Arabes ne subissent aucune forme de représailles. Lors de son voyage de retour à sa base de Siwa, la patrouille G2 emporte 47 passagers, dont deux épouses et un enfant d’Hussein Eff Taha.

Le 25 février 1942, la patrouille S1 du Captain Holliman reçoit une mission similaire à la patrouille G2 pour surveiller les deux routes menant à Barce. L’accroissement de l’activité de l’ennemi empêche les camions de se rapprocher à proximité des routes. Le transport, qui devait être assuré par des agents arabes, ne se matérialise pas, de sorte que seul le trafic sur la route méridionale pourra être surveillé trois jours durant. Le 15 mars 1942, la patrouille S2, en mission avec des hommes du SAS, dont David Stirling lui-même, embarque également à bord de ses camions le Captain Melot, un officier britannique du GQG parlant arabe, ainsi que deux hommes du Senussi Regiment. Ces derniers seront chargés de faire des reconnaissances, notamment sur les aérodromes visés par le SAS. La patrouille R2, qui part en mission le 5 avril, transporte un officier arabophone du QG et deux soldats de la Libyan Arab Force. La mission de la patrouille du 2nd Lieutenant Croucher est de ramener un groupe de raiders du SAS commandé par le 2nd Lieutenant Dodd. Une fois encore, les rabes seront des auxiliaires précieux. A Baltert el Zelagh, l’agent arabe Hamed bu Serawaliya informe la patrouille du LRDG que les hommes du SAS seront à Hagfet Gelgaf, à 35 km au nord, dans la soirée du 20. Au lieu du rendez-vous, Croucher découvre, en sus des 7 hommes du SAS, le Captain Chapman du GQG, un officier de la Libyan Arab Force, un caporal du GQG et 6 membres de la RAF. Arrivée à Siwa le 10 avril, la patrouille repart aussitôt pour récupérer trois autres soldats de la Libyan Arab Force ainsi que des commandos. Enfin, courant avril, deux agents arabes sont déposés à proximité de l’oasis de Djalo par la patrouille G1 qui les récupère 4 jours plus tard après avoir acquis de précieux renseignements sur la garnison qui s’y trouve. En mai 1942, la patrouille G2 emmène deux officiers de renseignement, dont le Captain Melot (G (R)) et deux Arabes. La patrouille S2 emmène elle-aussi 3 officiers du G(R) ainsi que des soldats de la Libyan Arab Force. La patrouille Y1 surveille la route Mechili-Msus du 30 mai au 9 juin, déposant par la même occasion le Major Peniakoff et 17 hommes de la Libyan Arab Force sur un poste d’observation à une vingtaine de kilomètres au sud de Baltet el Zelagh. Le 19 juin, la patrouille T2 doit récupérer un aviateur de la RAF qui a réussi à entrer en contact avec les hommes de Peniakoff. La patrouille emmène par la même occasion 12 hommes de la Libyan Arab Force sous la direction du Captain Grandguillot dans le but de créer une organisation pour faciliter le retour dans les lignes britanniques de soldats évadés et de pilotes.

En juillet 1942, alors que la première bataille d’El Alamein fait rage, les patrouilles S2 et R2 transportent jusque dans le secteur de Benghasi des hommes du G(R), de l’ISLD et de la Libyan Arab Force opérant avec Peniakoff. Le 4 août, le Captain Kennedy-Shaw quitte le Fayoum avec les patrouilles Y2 et G2. Celles-ci ont notamment pour mission de déposer 4 hommes de l’ISLD avec un émetteur radio dans le secteur de Regima et de les ramener à la fin de leur mission. Elles doivent également rejoindre un point de rendez-vous à l’ouest de Mechili pour y apporter deux millions de lires à Peniakoff et ramener Chapman et autant d’hommes que Peniakoff désire, dans la limite de 30. La dépression de Qattara est franchie le 6 août. Les hommes de l’ISLD sont déposés à Umm el Schechaneb le 11 août. Le contact est établi avec Peniakoff et 20 de ses hommes embarquent pour le voyage de retour. Le 29 août, la patrouille R1 quitte Koufra pour entreprendre le long voyage jusqu’à Tarhuna, dans le secteur duquel doivent être déposés le Lieutenant Losco et trois hommes de l’ISLD. La mission se déroule comme prévue.

Le 23 août 1942, une conférence tenue au quartier-général décide entre-autres que la composante militaire du G (R) ne doit pas entreprendre de reconnaissance en temps que telle, puisque c’est la mission dévolue à l’ISLD. En revanche, elle peut faire part de toute information glanée à ce propos au cours de ses activités sur les arrières de l’ennemi. En octobre-décembre 1942, alors que Rommel est vaincu à El Alamein et que débute sa grande retraite vers la Tunisie, le LRDG continue ses missions de taxi pour l’ISLD, le G(R) et les hommes de Peniakoff, notamment en Tripolitaine, à Bir Tala, au sud-ouest de Misurata, et à Buerat. En janvier 1943, quittant Zella, 6 hommes de la PPA accompagnent la patrouille S1 dans le sud tunisien, à proximité de l’Algérie. Peniakoff et ses hommes font des raids dans le secteur d’Esc-Sciuref. Ils établissent un dépôt d’essence avec la patrouille T2 et la section lourde du LRDG. Toutefois, le 27 janvier, des avions de l’Axe attaquent les bases d’opérations de la patrouille T2 et de la PPA. Cinq jeeps seulement sont encore en état, dont 2 du LRDG. Les survivants se mettent en route vers le secteur de la 1st Army et parviennent à Tébessa. En février 1943, la patrouille S2 arrive à Tozeur où elle doit convoyer le Captain Grandguillot, un opérateur-radio et quatre Arabes avec leur équipement. En route, elle découvre les carcasses des engins de la patrouille T2. Le 16 février, alors qu’il se trouve en opération, des méharistes français informent Grandguillot que Tozeur est tombé, suite à l’offensive de Rommel vers Gafsa. La patrouille longe alors l’Erg Oriental. Afin d’éviter un fort parti de soldats italiens montés sur dromadaires, les raiders doivent traverser les dunes où le terrain et la progression sont plus difficiles.

Recension « Les Casques de la Bataille de Normandie »

Belle surprise du 73e anniversaire du Débarquement que ce superbe livre de Tanguy Le Sant: « Les Casques de la Bataille de Normandie ». En 200 pages, toute la bataille est racontée par l’auteur, sans surprise pour le connaisseur mais efficace, mais le point fort est que chaque combat ou engagement est illustré par des casques « du terrain », superbes, souvent attribués à une unité spécifique et/ou un combattant précis, avec leur histoire propre. Un livre qui complète avec réussite ce qui a déjà été écrit sur une campagne qui a fait couler beaucoup d’encre (notons qu’un livre de Charles Stiri aux éditions Heimdal est d’un principe similaire). Un sentiment à la lecture de ce beau livre : on enrage de ne pas posséder soi-même toutes ces merveilles, parfois retrouvées il y a peu.

Histoire de l’armée française 1914-1918

Mis à part la guerre au Moyen-Orient et en Afrique sub-saharienne, je lis très peu sur la Grande Guerre, qui m’intéresse pourtant. La lecture de l’ouvrage de François Cochet et Rémy Porte, Histoire de l’Armée Française. 1914-1918, a a été plaisante. Le livre sort de l’ordinaire et comble un vide que j’attendais depuis longtemps. L’analyse est fine, détaillée, documentée et on suit bien l’évolution de l’organisation, de l’équipement, du renseignement et des doctrines, etc de l’armée française. Toutes les armées et les armes sont évoquées (dont la marine et l’aviation ne sont pas oubliées), les inventions et les nouvelles méthodes de commandement également. Permissions, discipline, obéissance… Rien est oublié. La question du haut-commandement est abordée plusieurs fois: un chapitre est même intitulé « Qu’est-ce qu’un bon général français en 1914-1918? » Je m’attendais à ce qu’il y soit question de Pétain, mais le personnage est mentionné ailleurs. Au final, une grande réussite. On apprend beaucoup sur notre armée, qui a connu une évolution considérable en quatre années de guerre. Son modernisme et sa part dans la victoire n’en sont que plus évidents. « La première armée du monde » avancent les auteurs: en effet, et ils le démontrent avec brio.

Recensions de 14 livres sur El Alamein

14 LIVRES A LIRE SUR EL ALAMEIN

La bataille, dont j’ai arpenté le site sous le soleil de plomb égyptien, est mythique et elle a donné lieu à de nombreux ouvrages de qualité, particulièrement, en s’en doute, en langue anglaise.

Pour appréhender l’intégralité de la bataille, il faut acheter en priorité : Barr et Buffetaut (mais d’autres livres méritent l’achat: cf ci-dessous).

 

LE MEILLEUR LIVRE SUR LA BATAILLE EN LANGUE ANGLAISE

L’ouvrage que je recommande tout particulièrement est celui de Niall Barr, de loin le plus complet et le plus abouti et très agréable à lire. Les conditions de la bataille, et notamment la situation moins connue de la fin juin et du début du mois de juillet 1942 sont passionnants, ainsi que les détails précieux donnés sur les trois batailles (1ère bataille d’El Alamein, bataille d’Alam Halfa et 2e bataille d’El Alamein) en font une référence. Les sources sont variées et sérieuses, les données chiffrées intéressantes. L’un des intérêts est qu’il ne s’agit aucunement d’une hagiographie de Montgomery. Le rôle d’Auchinleck est, à mes yeux, bien remis à sa juste valeur.

 

3 LIVRES POUR TROIS BATAILLES

Avant d’aborder le cas des quelques livres disponibles en français, quelques livres à recommander :

 

Pour la 1ère bataille d’El Alamein :

L’ouvrage de Bates, un témoin des faits, s’attarde sur la première bataille d’El Alamein. Comme chez Barr, les détails et la réflexion sur la situation stratégique de juin-juillet 1942 sont très intéressants. Nous n’avons là que le récit de la 1ère bataille d’El Alamein, au cours de laquelle l’auteur fut capturé. Mais cette bataille plus méconnue que celle menée par Montgomery, mérite qu’être étudiée, car elle est beaucoup plus décisive.

 

 

Pour la bataille d’Alam Halfa :

Cet ouvrage est très en faveur de Montgomery mais il est particulièrement intéressant pour le tableau de la situation et les plans établis avant Alam Halfa, esquissant une comparaison Auchinleck/Monty à ce propos, quoique pas forcément pertinente, mais à lire en parallèle avec d’autres textes sur le même sujet. Le récit se poursuit jusqu’à Tunis : il ne faut donc pas bouder son plaisir !

 

Pour la 2e bataille d’El Alamein :

El Alamein, bataille de soldats, écrit par C.E. Lucas Phillips. Un récit complet et réussi selon le point de vue britannique, de nouveau par un vétéran et témoin des faits. Si les deux premières batailles sont rapidement expédiées, la seconde bataille d’El Alamein est expliquée en détail, notamment ses préparatifs et la question épineuse de la neutralisation des champs de mines.

 

 

 

3 LIVRES ECRITS PAR DES AUTEURS FRANCAIS

 

           

Les lecteurs francophones ont la chance d’avoir trois ouvrages à leurs dispositions : par ordre de parutions, celui d’Yves Buffetaut (Histoire & Collections), de 160 pages, celui de François de Lannoy (Heimdal), également de 160 pages, et celui de Cédric Mas (Heimdal/Uniformes) d’environ 110 pages.

Ces trois livres sont très bien illustrés, tous avec des clichés fort différents (celui de C. Mas se distingue par son iconographie exceptionnelle et inédite). Les cartes sont nombreuses (un peu moins chez Buffetaut mais ce dernier bénéficie des superbes profils de véhicules de Jean Restayn), superbes dans celui de C. Mas. Ces livres se complètent donc et les propos sont sérieux. De Lannoy passe rapidement sur la 1ère bataille d’El Alamein, alors que Buffetaut lui accorde près de la moitié de son texte. En revanche, le premier est le seul à envisager la retraite jusqu’en Tripolitaine. Mas n’accord également que peu de détails au déroulement de cette 1ère bataille. Dans les trois livres, de longs passages sont accordés aux préparatifs des offensives et à la présentation des armées. On préférera nettement la prose de Buffetaut.  Le récit de Mas, qui se veut plus savant (bien que les lecteurs habitués aux travaux en langue anglaise n’y trouvera guère d’informations nouvelles, mais les infos sont très éclairantes pour les autres), bien que marqué par une inclinaison par trop marquée pour Montgomery (cf la biographie du même auteur chez Economica), est toutefois solidement étayé.

Le meilleur livre en français est celui de Buffetaut. Mais, faute de pouvoir acquérir son ouvrage désormais épuisé, les deux autres, qui ne font pas double-emploi : le mieux étant de se les procurer tous.

 

Enfin, les lecteurs pourront se référer aux longs chapitres que je consacre à la grande bataille dans mon livre, L’Afrikakorps. L’armée de Rommel, publié chez Tallandier en 2013, ainsi que dans mon Rommel paru chez Perrin en 2018. Ils y trouveront de nombreuses informations et réflexions, ainsi qu’une présentation inédite des enjeux de la bataille : quid de la défense de l’Egypte et des conséquences d’une invasion du pays par Rommel ?

 

7 LIVRES POUR DES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Une fois ces premières lectures effectuées, un lecteur passionné peut aller plus loin.

Un livre relativement concis (240 pages tout de même), mais à lire. Jacobs donne pourtant des chiffres douteux : 500 000 soldats italiens en Libye en juin 1940, 278 tanks britanniques détruits pendant l’opération « Crusader »… Cela n’enlève rien à l’intérêt de ce livre. La bataille est abordée par des thèmes, parfois originaux :

-The War in North Africa, 1940-43:an overview of the role ot the Union of South Africa par James Jacobs
-Training the troops: the Indian army in Egypt, Eritrea and Libya, 1940-42 par Alan Jeffreys
-The part we played in this show, Australians and El Alamein par Peter Stalney
-Non Model Campaign: the Second New Zealand Division and the battle of El Alamein, october-December 1942 par Glyn Harper
-The Free French in the Battle for North Africa, 1942:Military Action and its political presentation par Rémy Porte
-Between History and Geography: the El Alamein Project:Research, Findings, and Results par Aldino Bondesan
-Silent Service: The Royal Navy and the Desert Victory par Nick Hewitt
-Feeding the Fortress: Malta, Summer 1942 par Thomas Scheben
-The Highest Rule:Rommel as Military Genius par Antulio J. Echevarria II
-High Command in the Desert par Niall Barr
-Alexandrians Tell their Story: Oral narratives of the War in North Africa 1940-43 par Mohamed Awad and Sabar Hamouda
-The Battle of El Alamein: Impressions of a young Schoolboy in Alexandria par Harry Tzalas

 

 

The Phantom Army of El Alamein : Un très bel ouvrage de Rick Stroud sur les manœuvres de déception au cours de la bataille, à commencer par l’opération « Bertram ».

El Alamein : Great Battles, par Simon Ball : Une belle petite surprise que cet ouvrage. Ce livre traite de la postérité de la bataille, de la légende forgée depuis 1942 (à ce propos voir aussi La légende de Montgomery par R.W. Thompson. Il est certes question de tactique et de stratégie, mais on aborde aussi la couverture par la presse, les maisons d’édition ainsi que le cinéma.

 

Combat and Morale in the North African Campaign. The Eighth Army and the Path to El Alamein de Jonathan Fennel est certes un véritable travail d’historien basé sur des sources sérieuses. L’auteur met en valeur l’importance du moral mais semble y accorder une place démesurée et Montgomery apparaît alors comme le seul général qui aurait eu la capacité d’avoir un impact décisif en ce domaine. La somme de travail de Fennell reste cependant impressionnante et son propos ne manque pas de pertinence à l’occasion.

 

 

 

     

Forgotten Voices : Desert Victory de J. Thompson et El Alamein. The Story of the Battle in the Words of the Soldiers sde J. Sadler ont de beaux compléments aux lectures pré-cités : une fois la bataille bien connue, il est indispensable de lire les témoignages. L’inverse est plus problématique.

 

Terminons par The Men Behind Monty, de Richard Mead. Ce livre très réussi nous plonge dans le fonctionnement d’un état-major, celui de Bernard Montgomery, non sans avoir présenté ce qui avait cours avant lui au sein de la 8th Army, sous le commandement de Claude Auchinleck. Le grand mérite est de dévoiler des méthodes de commandement ainsi que de faire connaître des individus injustement méconnus. Passionnant, d’autant que le « style » Monty et ses réussites est bien mise en avant sans dithyrambisme déplacé.

 

 

 

 

 

 

RMC Découverte « FORTITUDE » diffusé le 6 juin 2017

J’ai été très heureux de participer au documentaire consacré à l’opération d’intoxication « Fortitude » de Sonia Gonzalez diffusé ce 6 juin sur RMC Découvertes.

Une belle expérience.