La Guerre d’Asie-Pacifique 1941-45 (1): Philippines (1)

L’INVASION DES PHILIPPINES

 

Les Japonais s’assurent de la maîtrise du ciel en Asie du Sud-Est

 L’île de Luçon : le sort de la campagne des Philippines va s’y jouer

Le 8 décembre 1941, lendemain de l’attaque sur Pearl Harbor, le QG de la flotte d’Asie à Manille capta une émission radio de Hawaï annonçant le raid aérien. Dès 5h, le général Brereton, qui commande les forces aériennes américaines de MacArthur, va trouver ce dernier pour lui demander l’autorisation de lancer ses bombardiers HB-17 sur les bases japonaises établies à Formose. Après moult retards, Brereton parvient enfin à recevoir de ses supérieurs l’autorisation de passer à l’action. Mais il est déjà trop tard. L’aérodrome de Clark Field est attaqué par l’aviation japonaise alors que les avions américains sont encore à terre ! Deux escadrilles de B-17 et une escadrille de chasseurs P-40 sont entièrement détruites. A la base aérienne d’Iba, un désastre similaire s’abat sur une autre escadrille de l’USAAF. Cette catastrophe prive ainsi MacArthur de la moitié de ses meilleurs avions dès le premier jour de la guerre. Après le bombardement du chantier naval de Cavite, sur la baie de manille, les unités les plus importantes de la flotte partent pour les Indes néerlandaises.

 Les armées japonaises sont peu nombreuses, mais motivées et très combatives

Après des débarquements préliminaires au nord à Aparri dès le 10 décembre et à l’extrême sud de Luçon et à Mindanao, la 14ème armée japonaise du général Homma (16ème et 48ème divisions) débarque dans le golfe de Lingayen et dans la baie de Lamon, premières étapes de l’avance vers Manille. Les deux divisions de l’armée des Philippines défendant la côte de Lingayen leur opposent une certaine résistance aux Japonais qui sont en outre gênés par les conditions météorologiques. L’intervention de quelques unités américaines dépourvues de leurs blindés ne peut que ralentir les Japonais devant le fleuve Agno. MacArthur décide de replier ses troupes sur la presque île de Bataan mais la panique qui s’empare des unités de ravitaillement fait que seule une fraction des vivres et du matériel peut être évacuée. Manille est évacuée le 31 décembre.

   

Les forces américaines et philippines ne sont pas de taille à résister à l’adversaire

Persuadé que MacArthur va défendre Manille, Homma est surpris de constater que les Américains établissent leur ligne de défense au nord de la presque île de Bataan. Le 1st Corps du général Wainwright tient l’aile droite des positions américaines tandis que le flanc est confié au 2nd Corps du général Parker. Wainwright dispose de trois divisions philippines (1ère, 31ème et 91ème ) ainsi que le reliquat du 26th Cavalry Regiment et de l’artillerie. Parker commande quant à lui quatre divisions philippines (11ème, 21ème, 41ème et 51ème ) et le 57th Infantry Regiment des Philippines Scouts. Les flancs protégés par la mer et un massif volcanique infranchissable, le mont Natib, au centre, les Américains ont réussi à établir de solides positions défensives. Une seconde ligne est établie 13 kilomètres plus au sud est tenue par la division des Philippines. La pointe de la péninsule est en outre défendue par des unités d’infanterie de circonstances formées à partir de marins, d’aviateurs et de troupes des services, hâtivement instruits à la pratique des combats terrestres. Il s’agit en effet de se prémunir contre tout débarquement japonais sur les arrières de la principale ligne de défense. Toutefois, le manque de matériel médicale et d’approvisionnement vont bientôt éroder ces formidables positions défensives avec l’affaiblissement les organismes des combattants américano-philippins.

 L’armée japonaise se joue des obstacles et des lignes de défenses adverses et ne cesse de progresser

Homma installe son QG à manille le 2 janvier, peu après que MacArthur ait déplacé le sien à Corregidor. Il n’est pas pressé et ne conteste pas quand sa meilleure division, la 48ème, est envoyée combattre dans les Indes néerlandaises. Il est persuadé que la conquête des Philippines est bientôt achevée. Les troupes alliées ne l’entendent pas de cette oreille. La position de défense principale résiste en effet pendant trois semaines. Et ce n’est que lorsque les Japonais découvrent un chemin sur les pentes du mont Natib que les Américains sont contraints de se replier. Le 26 janvier, les forces américano-philippines se retrouvent sur leur dernière position défensive. C’est à ce moment-là que MacArthur envoie un message à ses troupes de Bataan depuis Corregidor. Il affirme avec véhémence que des milliers d’hommes et des centaines d’avions sont en route pour venir les renforcer. Il leur assure en outre qu’ils disposent d’assez de ravitaillement pour tenir jusqu’à leur arrivée et qu’une défense énergique est donc attendue de leur part. C’est ainsi que les combats sur Bataan vont se poursuivre encore pendant des semaines.

 Les Japonais en route vers une victoire majeure

 Les forces alliées aux Philippines sont abandonnées à elles mêmes

Ce mensonge éhonté ternira la réputation de MacArthur auprès de ses hommes. Non seulement il n’y a aucun renfort de prévu pour les Philippines, les stratèges de Washington ayant établi que leur perte est désormais inévitable, mais la poursuite des combats à Bataan n’a aucune incidence stratégique : les forces d’Homma ne sont qu’une partie des forces japonaises engagées dans le Pacifique et les yeux de l’état-major impérial sont alors tournés vers la Birmanie et d’autres combats bien plus importants. Pour Marshall, à Washington, sauver la situation aux Philippines nécessiterait un effort militaire massif, impossible à réunir en temps voulu, et, de surcroît, cette opération se ferait au détriment de l’Atlantique, déclaré front principal. La résistance américaine est toutefois une surprise pour Homma. Ce dernier est contraint de marquer une pause en raison de l’augmentation sensible des pertes au combat et de la multiplication des cas de maladies. Les japonais sont donc tout autant que les américains proches de l’épuisement total. Des unités japonaises débarquent loin sur les arrières américains, au sud-ouest de l’île, mais elles sont repoussées. Un régiment japonais s’infiltre pour sa part derrière Wainwright et il faut dix jours pour résorber la poche. Début février, la 14ème armée de Homma est exténuée. L’épaisse jungle de Bataan connaît donc un intermède de calme. A ce stade des événements, il aurait été logique de relever MacArthur de son commandement. Son plan de défense de l’archipel dans son entier a conduit à un désastre et a contribué pour une large part à la pénurie de ravitaillement et de matériel dont souffrent les défenseurs de Bataan. En outre, ses déclarations grandiloquentes et son inexplicable refus de visiter le front nuisent au moral des troupes. Toutefois, MacArthur fait figure de héros aux USA, grâce aux journalistes et à l’efficacité de son organisation des relations publiques. Roosevelt et Marshall s’emparent du mythe pour relever le moral d’une population abasourdie par l’accumulation de mauvaises nouvelles. Le 11 mars, MacArthur quitte les Philippines avec sa famille. Le commandement des forces américaines est alors confié à Wainwright. Quezon, le président des Philippines, est également évacué, non sans avoir versé 500 000 dollars à MacArthur et d’autres sommes moins importantes à d’autres officiers, sans doute pour s’assurer du soutien du général pour un jour libérer son pays.

 Nouveau triomphe pour l’armée du Soleil Levant

La propagande américaine anti-nipponesous le regard du vainqueur…

Le 3 avril , Homma engage enfin ses troupes dans l’assaut final. Les forces américano-philippines cèdent et le front est enfoncé. Le général King, commandant les forces de Luçon, estime que la lutte est vaine et il capitule le 9 avril. Les derniers défenseurs américains sont alors réfugiés sir l’île de Corregidor. La lutte va s’éterniser encore jusque début mai lorsque, après des semaines de bombardement, les Japonais débarquent sur l’île et s’en empare après de brefs mais violents combats. Toute résistance cesse le 6 mai quand le général Wainwright se résout à l’inévitable et offre la reddition de ses troupes au général Homma. La campagne des Philippines constitue une déroute complète pour l’armée américaine. En aucune manière la résistance désespérée de Bataan et de Corregidor n’ont retardé les projets d’invasion japonais. La bataille des Philippines a en revanche un indéniable impact psychologique. La défense héroïque des troupes américaines à Corregidor remonte le moral des Américains et renforce leur volonté de vaincre. Les Japonais ont pour leur part perdu 12 000 tués et blessés pour la conquête de Luçon et la destruction d’une armée de 140 000 américains et Philippins. La conquête des Philippines leur donne accès à l’un des meilleurs ports d’Asie, Manille, et leur donne un excellent point de relais dans la chaîne logistique destinée à la défense de la zone sud du périmètre de défense de l’empire japonais. Il ne reste aux japonais qu’à capturer quelques petites îles pour contrôler l’ensemble des Philippines.

L’incroyable nouvelle…

 

LA MARCHE DE LA MORT

Pour les prisonniers américains et philippins, c’est le début de l’effroyable épreuve de la « marche de la mort », puis de la captivité

C’est après la reddition de Bataan qu’a lieu le tragique épisode de la « marche de la mort », qui a coûté la vie à 2 300 prisonniers américains et à quelque 7 ou 10 000 Philippins, en comptant les hommes qui sont morts dans les semaines qui suivent ce calvaire. Les Japonais, s’attendant à évacuer 30 000 prisonniers, en font en fait 76 000, dans un état sanitaire et de dénuement lamentable. A l’issue d’une marche de 30 kilomètres, il est prévu de faire transporter les captifs par 230 camions jusqu’à San Fernando, un chiffre bien insuffisant. Les prisonniers, dépouillés de leur bien, doivent en fait marcher sur plus de 100 kilomètres, sans eau, contraints parfois de boire furtivement de l’eau boueuse à proximité de la route. L’attitude des gardes japonaises est souvent odieuse. Des blessés et des malades sont transpercés par des baïonnettes ou frappés à mort. Cette marche est épouvantable et ne marque en fait que le début d’un ignoble calvaire qui va s’éterniser durant quatre années. La captivité des Américains et des Philippins prisonniers des forces nipponnes est en effet dénuée de tout sentiment d’humanité et constitue un déni des droits de l’hommes et ce la convention de Genève.

Un zoom sur les combats de Bataan et de Corregidor dans le prochain article

Desert War 1940-1943 : My collection (1)

Cap of the RASC with cover in Khaki drill, from the same material as the jacket.

South African Bush Hat of a soldier of the Royal Army Medical Corps (dating from 1942)

L’INFANTERIE DE L’AFRIKA-KORPS

L’INFANTERIE DE L’AFRIKA KORPS

 

Si Rommel avait disposé de la 15. Panzer-Division comme premier élément de son Afrika Korps, il aurait bénéficié dès le début de la campagne de 5 bataillons d’infanterie et de trois Abteilungen d’artillerie. En lieu de cela, la 5. Leichte-Division (12 000 hommes sur les 25 000 Allemands débarqués fin mars 1941), qui commence son transfert à Tripoli en février 1941, compte certes de nombreux Pak et Flak et à peu près autant de Panzer (autour de 150), mais n’aligne que le seul I./Artillerie-Rgt 75 et, surtout, deux bataillons d’infanterie : les Maschinengewehr-Bataillonen 2 et 8 (MG Bn) rassemblés au sein du Rgt zbV 200. Cette division n’est en effet qu’un Sperrverband, c’est à dire une unité conçue comme force de blocage contre toute avance britannique en direction de Tripoli. Son rôle est avant tout défensif.

 

Trop peu de fantassins en début de campagne (février-avril 1941)

Le manque de fantassins allemands à l’orée de cette campagne sera rédhibitoire pendant toute l’histoire du DAK. Dès le début du mois d’avril 1941, en s’attaquant prématurément à Tobrouk, qu’il pense en pleine évacuation, Rommel n’engage que trop peu de fantassins sous le couvert d’un appui d’artillerie dérisoire. Le MG Bn 8 de Ponath n’a connu aucun répit après la ruée à travers la Cyrénaïque de la semaine précédente qui lui a coûté 108 hommes. La puissance de feu originelle des deux MG Bn est pourtant impressionnante compte-tenu des effectifs : 46 mitrailleuses, 9 Panzerbüsche (fusils antichars), 15 mortiers et entre 6 et 15 Pak.

La coopération interarmes tant vantée du Blitzkrieg semble inopérante au cours de l’assaut contre Tobrouk. Les Panzer sont vite désolidarisés de l’infanterie –le seul MG Bn 8 sans le MG Bn 2– et s’enfoncent seuls dans le dispositif adverse. Quand la position devient intenable, c’est aussi seuls que les blindés se retirent en sécurité au-delà du fossé antichar dans les lignes germano-italiennes, laissant à leurs sort les infortunés combattants du bataillon de mitrailleurs. Le bilan est très lourd pour les Allemands : à peine 116 hommes sur 500 ont pu rejoindre les lignes. Ce bataillon, qui a commencé la campagne avec 1 400 hommes, est réduit à 300 combattants. Plusieurs écueils ont desservi Rommel : une reconnaissance négligée, un nombre insuffisant de fantassins allemands et une mauvaise coopération interarmes faute de disposer d’artillerie et de semi-chenillés SPW pour accompagner les Panzer au plus près (sans toutefois prendre le risque de subir des tirs antichars). Les semi-chenillés Sdkfz 251 n’équipent que quelques sections de la 5. Leichte Division et, plus tard, un bataillon de la 15. Panzer-Division (le 1er novembre 1942, l’Afrika Korps ne compte qu’à peine 15 Sdkfz 251 sur les 73 de dotation théorique).

Les unités d’infanterie possèdent toutefois leurs propres armes antichars afin d’être en mesure de repousser toute attaque de tanks anglais. Mais il s’agit d’abord de faibles Pak 36 de 3,7 cm et de Panzerbüsche. Ces derniers sont également souvent inopérants. Pour parer à la faiblesse en moyens antichars, en cette période de la guerre antérieure à l’ère du bazooka, des charges creuses peuvent être tirées à partir d’un dispositif spécial adapté sur K 98 mais cette arme reste rare et de courte portée (ce dernier point étant d’importance dans le désert).

L’entrée en lice de la 15. Panzer-Division en avril-mai 1941 change la donne. L’unité engerbe en effet la 15. Schützen-Brigade (mot) (Schütze est littéralement le « Tireur ». C’est un terme désignant le fantassin allemand et aussi le simple soldat. Le terme Grenadier est employé pour certaines unités) avec les 104. et 115. Schützen-Regimenter (mot), chacun avec deux bataillons, ainsi que le Kradschützen-Bataillon 15 (mot), c’est à dire des motocyclistes : cet ensemble représente 5 bataillons d’infanterie. Ces unités de fantassins de la 15. Panzer totalisent 366 mitrailleuses, 75 mortiers, 21 Pak et 22 Infanterie-Geschütze. Rommel reçoit en outre le renfort de 6 bataillons d’infanterie indépendants, des Stellungbataillone. Rommel dispose aussi d’autres fantassins dans des formations telles que le bataillon zbV 300 « Oasen ».

Les Afrika-Marsch-Bataillone : pallier à un manque de fantassins

 

En théorie, ce ne sont pas des unités combattantes : les effectifs doivent être ventilés comme renforts selon leur spécialité auprès des unités qui en ont besoin. Devant l’urgence de la situation, des Afrika-Marsch-Bataillone sont toutefois engagés tels quels en Tunisie. Le Tunis-Feld-Bataillon T2 est ainsi rattaché au Pz-Gren-Rgt 104 dans le secteur du col du Faïd. L’Afrika-Marsch-Bataillon A 29 combat lui-aussi avec la 21. Panzer à Mezzouna. La période qui suit la bataille de Kasserine, donc à partir du 23 février 1942, constitue un bref moment permettant une réorganisation des unités avant la reprise d’une offensive contre la 8th Army. Certains bataillons de remplacements sont ainsi intégrés directement au sein des divisions sans que le personnel ne soit affecté selon sa spécialité alors que d’autres sont dissous et les hommes sont mutés selon leur arme. Ainsi, l’Afrika-Marsch-Bataillon A 40 devient-il le II./ Pz-Gren-Rgt « Afrika » au sein de la 164. Leichte tandis que l’Afrika-Marsch-Bataillon A 30 fournit 47 artilleurs à la 21. Panzer.

 

 

Dans le désert, les unités de fantassins mal déployées et non retranchées sont très vulnérables. Par ailleurs, la non-motorisation, comme au sein de l’armée italienne, constitue un écueil considérable. L’infanterie est pourtant indispensable à Rommel pour tenir le front à Tobrouk, Gazala et El Alamein ou encore de Bardia à Halfaya ainsi qu’en Tunisie, de la ligne « Mareth » à Enfidaville. Elle a aussi été nécessaire pour s’attaquer aux positions défensives adverses à Tobrouk, à Bir Hacheim ou à El Alamein. Si le « Renard du Désert » ne confie qu’un rôle subalterne à l’infanterie italienne, dont les capacités opérationnelles sont réduites (même si certaines unités ont lutté avec courage et efficacité), l’infanterie allemande s’est montrée à la fois essentielle mais aussi efficace. Outre les régiments de fantassins des 15. et 21. Panzer, l’appui d’infanterie nécessaire à l’Afrika Korps depuis sa création a été essentiellement fourni par la 90. Leichte. Pourtant, Rommel ne disposera jamais d’assez de fantassins allemands.

 

Les formations d’infanterie du DAK

Les changements de noms Schützen/Grenadiere/Panzergrenadiere ont été simplifiés

 

Février-mars 1941

  1. Leichte-Division :

         Maschinengewehr-Bataillonen (mot) 2 et 8 du Rgt zbV 200.

Soit 2 bataillons, entre 2 et 2 800 hommes

 

Avril-mai 1941 :

  1. Panzer-Division :
  2. Schützen-Brigade (mot) avec les 104. et 115. Schützen-Regimenter (mot), chacun

avec deux bataillons, ainsi que le Kradschützen-Bataillon 15 (mot).

Soit 5 bataillons, environ 5 à 6 000 hommes

 

Eté 1941 :

6 bataillons d’infanterie de positions indépendants (Stellungbataillone) ainsi que le bataillon zbV 300 « Oasen ».

Soit 5-6000 hommes

  1. Leichte-Division devient la 21. Panzer-Division :

         Schützen-Rgt 104 (avec le MG Bn 8).

  1. Panzer-Division :

         Schützen-Regiment 115 (avec le MG Bn 2 et le Schützen-Rgt Stab zbV 200 et le

Kradschützen-Bataillon 15.

Division zbV Afrika :

         Schützen-Rgt 155, III./IR 255, Afrika-Rgt 361.

Soit 5 000 hommes au maximum

 

Janvier 1942 :

Kampfgruppe Burckhardt, formé à partir du Fallschirm-Lehr-Bataillon (repart en mars).

Soit 600 hommes

 

Printemps 1942 :

Sonderverband 288 :

Peut-être entre 1 500 et 2 000 hommes (12 compagnies)

  1. Leichte Infanterie-Division (ex-90. Leichte Afrika Division, ex-Division zbV Afrika) :

leichte Infanterie-Regimenter 155, 361 et 200 :

           Peut-être 4-5 000 hommes

 

Juillet 1942 :

  1. Leichte Afrika-Division:

IR 125, IR 328, IR , 433 IR, ,soit de 6 à 7 000 hommes

Luftwaffen Jäger Brigade 1 ,(ex-Ramcke):

Environ 4 000 hommes

Afrika-Marsch-Bataillone :

13 de ces bataillons de remplacements, soit 13 000 hommes pas forcément des

fantassins, rejoignent Rommel avant El Alamein (en octobre 42) mais d’autres

bataillons seront intégrés ensuite en Tunisie.

 

POUR EN SAVOIR PLUS ? DEUX DE MES ARTICLES/

2E Guerre Mondiale magazine N°66: « La 90. Leichte Afrika-Division. Atout méconnu du DAK »

 

Et surtout 2E Guerre Mondiale magazine N°57: « L’infanterie de l’Afrikakorps »

Recension: les Routes de la Liberté

Par Nicolas Aubin, 2014

Un des livres les plus originaux et le plus réussis publiés sur la bataille de Normandie à l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement. Très bien illustré, texte bien écrit et bien documenté (le travail est conséquent). Il faut avoir ce livre dans toute bibliothèque de passionné de la campagne de 1944-45.

L’auteur exagère tout de même sur les faiblesses logistiques de l’armée américaine, et je ne le suis pas lorsqu’il affirme que la logistique n’est pas en accord avec la doctrine de l’US Army : si le plan initial d’Overlord avait été suivi, je vois mal de quelles difficultés d’approvisionnements auraient souffert les armées alliées. On aurait aimé des comparaisons avec d’autres réussites/échecs logistiques en Afrique et en Asie/Pacifique, et pas seulement avec le front de l’Est, mais ce n’était pas le but de l’ouvrage…

Un souci: lisez les pages 148-149 (« Le miracle de la Wehrmacht ») et comparez avec mon article « Automne 1944. Le « Miracle » de la Wehrmacht », paru dans Champs de Bataille. Seconde Guerre Mondiale N°22, et vous comprendrez que je suis la source de l’auteur (il l’a reconnu auprès d’un tiers) mais qu’il ne me cite aucunement en référence, ce qui ne se fait pas. D’où la question: le reste du texte est-il à l’avenant?

Nicolas Aubin a été très injuste et acerbe avec ma biographie de Patton dans Guerre & Histoire, j’aurais l’occasion d’y revenir, ainsi que sur sa contribution dans le nouvel opus « Les Mythes de la Seconde Guerre Mondiale » qui paraît en septembre prochain.

Cet auteur, présenté comme un fin connaisseur de l’US Army, prépare un ouvrage sur cette armée. Je l’attends avec impatience car, en dépit de ses critiques infondées (et sans doute téléguidées), sa pertinence sur le sujet doit être soulignée.

VQ Guerre du Désert (2)

Les mouches et les autres animaux du désert

Alors que les tempêtes de sable représentent un désagrément occasionnel, certes éprouvant, les mouches constituent une gêne permanente et très pénible pour le confort de la vie quotidienne dans les immensités sableuses. Volant sans bourdonnement, elles suivent les combattants dans tous leurs déplacements. Les hommes éprouvent les plus grandes peines à s’en débarrasser : à peine a-t-on écarté les mouches, qu’elles reviennent de plus belle. Elles vont partout : yeux, bouche, oreilles … et il n’y avait aucune parade efficace ! Les Britanniques savent que leurs adversaires de l’Afrika-Korps possèdent des filets de protection qu’ils se mettent sur le visage et les envient beaucoup pour cela. Le commandement britannique va même jusqu’à demander à chaque homme de supprimer cinquante de ces insectes nuisibles par jour, quota est vite dépassé. Le plus souvent, il fallait boire en posant sa main sur le récipient et avaler le contenu entre le pouce et le doigt. Il n’est en fait pas si rare d’avaler un insecte!

Les mouches constituent un tourment pour les blessés, étendus sur le sable dans l’attente des secours. Elles se régalent de la moindre goutte de sang des piqûres et des écorchures et constituent donc une des causes principales des affections cutanées qui touchent les hommes de la 8th Army. Le fléau que représentent les mouches exige une hygiène extrêmement stricte, bien difficile dans le désert, qui plus est en période de combat. Seule la nuit amène un répit salvateur pour les nerfs des soldats qui ont subi l’assaut continuel des mouches pendant toute la journée.

Au-delà de la zone côtière où les mouches sont nombreuses, il n’y a quasiment aucune vie animale. Mis à part quelques gerboises occasionnelles, ces rats du désert, on rencontre des scorpions et, parfois, des gazelles. Les dromadaires des Arabes sont rares car ces derniers évitent les zones de combats. Les scorpions et les serpents sont bien sûr redoutés par les combattants, particulièrement après la saison hivernale. La vipère des sables, dont la morsure est mortelle, est très dangereuse, d’autant que, enfouie dans le sable, elle s’avère bien difficile à repérer.

 

L’eau

      

L’eau et sa conservation sont évidemment de la première importance dans une région possédant des ressources limitées. Il est ainsi arrivé à des combattants d’effectuer une longue marche pour récupérer des bouteilles ou des gourdes oubliées par inadvertance. Le manque d’eau peut s’avérer fatal et des unités italiennes isolées au sud de la position d’El Alamein ont été capturées à la fin de la bataille dans un état de déshydratation extrême. Dans le camp britannique, après contrôle médical, elle est confiée aux Royal Engineer. Chez les Allemands, les colonnes de l’Afrika Korps sont accompagnées d’unités de ravitaillement en eau, équipées de pompes, permettant de remplir facilement les récipients. En cas d’urgence, il est toujours possible en outre de récupérer l’eau des radiateurs des véhicules endommagés, une méthode qui a sauvé la vie à bien des égarés dans le désert. Hormis quelques puits et les usines de dessalement dans certaines zones côtières, l’eau doit être laborieusement transportée jusqu’au front dans des camions citernes. Ces camions sont équipés d’appareils de stérilisation et de javellisation. Les bidons à eau des troupes britanniques, peu réussis, sont fragiles et plutôt perméables. En revanche, avec la mise au point de leur Jerrycan, les Allemands disposent d’un récipient efficace que les soldats alliés s’efforcent de réemployer autant que possible. Les précieux Jerrycans transportant de l’eau sont identifiés par une large croix blanche afin de les distinguer clairement de ceux destinés au transport de carburant.

Au sein de la 8th Army, chaque homme reçoit une ration quotidienne d’eau, allant de 2 à 4 litres, la moitié environ étant destinée à la cuisine et à la préparation commune de celle-ci, le reste étant distribuée sous forme de ration en gourde. Les rations allemandes sont en théorie de 4 à 5 litres, le plus souvent 3 litres dans la pratique. Comme dans le camp adverse, il s’agit en fait de la quantité d’eau perçue au niveau des cuisines, le simple soldat n’obtenant directement qu’environ 75 cl. Sur les positions d’El Alamein, proches des réserves d’eau pure, la ration monte en général entre 6 et 7 litres. Les filtres des masques à gaz italiens sont récupérés et, après avoir lavé ses dents, le soldat crache dans le filtre pour ensuite récupérer l’eau dans le bidon. Quand il a rempli la moitié d’un bidon d’eau, il se lave la face puis la remet dans le filtre. Un quart de la ration d’eau doit suffire pour le lavage si on respecte bien les règles d’économie. L’opération est répétée chaque jour jusqu’à ce que le bidon ou la cuvette soit assez remplie pour laver le linge. L’eau peut être aussi réutilisée pour les véhicules une fois que l’eau souillée a décanté et que le sable est tombé au fond du récipient. L’absence d’eau conduit d’astucieux officiers à utiliser des shampoings à sec achetés au Caire et qui ont l’immense avantage de ne requérir aucune eau pour leur emploi. Bien entendu, une affectation en bord de mer et une bonne dotation en savon règle bien des problèmes! Il est de toute façon évident qu’il n’est autorisé de se laver qu’en employant de l’eau non potable.

 

La nourriture

            

Dans le camp britannique, la nourriture est répétitive, souvent du bœuf en conserve et des biscuits, du bacon en boîte, de la viande mélangée avec des légumes en boîte, du beurre et du lait en boîte. Bien entendu, les troupes de première ligne ignorent les vivres frais, sauf, parfois, quelques oignons égyptiens. Les rations standards proposées par l’intendance britannique, le RASC DID (Royal Army Service Corps Details Issue Depot) sont les suivantes : du riz ou des pommes de terre (parfois en boîte), des oignons, des légumes frais quand ils sont disponibles (notamment des concombres et des citrouilles) ou en boîte (habituellement des pêches d’Australie ou d’Afrique du Sud), des petits pois et autres légumes en boîte, du foul (des fèves égyptiennes), des lentilles, des boîtes de conserve de viande (avec ou sans légumes, du corned-beef, des saucisses, du bacon), de la viande surgelée quand il y en a de disponible (du bœuf ou du mouton), du poisson en conserve (saumon et hareng), de la margarine et du fromage en boîte, du lait, du sucre et du sel, de la confiture (en provenance de Palestine), de la marmelade, des fruits secs, de la farine, des biscuits et, bien entendu, du thé. Le manque grave de fruits et de légumes est un problème et contribue à provoquer certains troubles de santé au sein de la troupe. Des comprimés fortement vitaminés sont donc distribués pour tenter de compenser ce manque de nourriture fraîche.

Les Allemands auraient été plus efficaces pour fournir des repas chauds à leurs troupes de première ligne. Leurs conserves de tomates et d’autres légumes sont d’ailleurs fort appréciées des soldats alliés. Parfois, les hommes peuvent consommer du poisson ou des pommes de terre. En revanche, les fruits et les légumes sont pratiquement inexistants chez les Germano-italiens, dont l’alimentation repose sur la fourniture des denrées italiennes issues de l’ « Administrazione Militare », fournissant notamment des saucisses à la troupe, un régime peu adapté aux conditions de vie dans le désert. Toutes les boîtes de conserves italiennes distribuées aux soldats allemands portent donc la marque « AM ». Un jour, alors qu’un soldat s’évertue à faire sortir la nourriture de sa boîte à l’aide de la pointe de sa baïonnette, Rommel apparaît soudainement. Le général (la scène se déroule en 1941) s’enquiert alors de la saveur de l’  « Alter Mann », le « Vieil Homme ». Cette manière humoristique de comprendre les initiales « AM » connaît un immense succès pour la troupe qui a tôt fait de l’adopter pour son propre compte. Thon, fromage et saucisses font également parties de l’ordinaire du soldat allemand. Un détail qui n’en est en fait pas un illustre les difficultés logistiques auxquelles sont confrontées les armées combattants dans le désert : les cantines de campagne et les boulangeries allemandes fonctionnent avec du bois. Or il n’y a pas de bois dans le désert. Tant est si bien que l’approvisionnement de ce dernier doit provenir d’Italie via la Méditerranée. Finalement, elles seront adaptées au fonctionnement au charbon.

Au moment de la bataille d’El Alamein, la situation s’améliore pour les Britanniques en raison de la proximité d’Alexandrie : outre de petites quantités de bière, les unités de ravitaillement perçoivent de la viande surgelée, des légumes frais, des fruits et du fromage de Nouvelle-Zélande. Chez les Britanniques, la présence de contingents indiens n’est pas sans causer bien des tracas à l’intendance en raison des interdits alimentaires qui touchent la viande de bœuf ou de porc selon que les soldats sont Hindous, Sikhs ou Musulmans. Les soldats de l’armée des Indes bénéficient d’ailleurs de certains mets (certaines épices notamment) réservés à leurs rations et leurs cigarettes sont différentes de celles des autres unités de l’armée. Les soldats sont parfois inventifs pour améliorer l’ordinaire. Parfois, les soldats obtiennent de la volaille auprès des Arabes. Enfermées dans des cages fixées sur les véhicules, elles procurent un supplément appréciable de nourriture. Une autre astuce concerne les biscuits, généralement durs et peu appétissants. On peut améliorer considérablement leur saveur en les pilant avant de les mélanger avec du lait pour ensuite faire chauffer le tout. Un peu de confiture achève alors de transformer un biscuit infâme en un relatif délice pour le palais affamé d’un combattant. Pour faire cuire leur nourriture, les soldats coupent un bidon d’essence qui est ensuite rempli de sable imbibé d’essence. On y met ensuite le feu et un réchaud est alors à disposition.

 

VQ guerre du désert (1)

Le sable, contre lequel il faut lutter en permanence

« Sur le sable mou »…

Le sable

La poussière et le sable s’insinuent partout –cheveux, oreilles, yeux, boisson, nourriture- même en l’absence de tempête de sable. L’incidence du sable sur le quotidien des combattants engagés dans la guerre en Afrique du Nord est loin d’être négligeable. Les conditions de conduite dans le sable s’avèrent en effet particulièrement éprouvantes en raison de la maintenance que cela suppose. Il faut régulièrement vérifier les pneus et libérer de l’air sinon la chaleur les fait éclater. La température du moteur, l’huile et l’eau doivent être également surveillés en permanence. Puis il faut vérifier si le carburateur ne contient pas de sable. Dans les blindés, non climatisés à l’époque, la chaleur est en outre étouffante. Quand un blindé est touché, un nuage de poussière se forme à l’intérieur de l’engin La poussière est également aveuglante pour conduire, obligeant les véhicules à garder de grandes distances tout en soulevant des nuages de sable qui rendent les mouvements bien visibles aux yeux de l’ennemi. Le risque de s’enliser est en outre bien réel et la consommation de carburant devient excessive. Les pannes mécaniques sont monnaie courante et le matériel est durement sollicité. Le sable mou est également une nuisance car, pour désensabler le véhicule, il faut bien souvent vider celui-ci de son chargement, pousser l’engin et le recharger à nouveau, méthode rendue plus aisée avec les plaques de désensablement mais qui reste tout de même très pénible.

Le moindre déplacement d’un véhicule s’accompagne d’un nuage de poussière.

La tempête se lève, bientôt il n’y aura plus de visibilité…

Tempête de sable

Les tempêtes de sable sont très éprouvantes pour les hommes. Elles peuvent survenir à tout moment de l’année mais sont plus nombreuses en mai et en juin. Le sable pénètre alors partout et provoque un surcroît de douleur pour les blessés quand il s’abat avec force sur les plaies. Les effets impressionnants d’une tempête de sable, le khamsin en Egypte, le ghibli en Libye, sont bien connus. La chaleur va bientôt devenir étouffante et les nerfs des hommes mis à rude épreuve. Un tel phénomène naturel ne peut apporter une accalmie dans les combats ou peut être mis à profit par une formation pour évoluer sans être observée par l’ennemi. Cette commune expérience des dures conditions d’existence en milieu désertique rapproche les soldats des deux camps et contribue au respect mutuel qui s’instaure. L’arrivée de la tempête est aussi annoncée par le bruit du vent qui souffle avec force. L’air semble privé d’oxygène et les mouches deviennent folles. La chaleur est étouffante et le sable pénètre dans les yeux, le nez et les oreilles. On peut même craindre d’être enterré vivant devant la violence de la tempête. Il décide alors de sortir mais peut à peine tenir debout en raison de la force du vent. Le sable lui écorche les mains et le visage. Peu à peu, l’obscurité diminue et une clarté apparaît : le soleil, qui lui semble avoir l’aspect d’une orange sale. Puis tout redevient calme.

 

La peur du désert

On a peur de s’y égarer et de trouver la mort dans les espaces infinis du pays de la soif. L’absence de points de repère est des plus déroutants pour le nouveau venu. De surcroît, les mirages et les tourbillons de sable ne font qu’ajouter à la confusion et nécessitent d’apprendre à se maîtriser et à garder son sang-froid. La peur ne peut que s’intensifier la nuit, dans un silence parfois obsédant, parfois troublé par un tir ou par quelque bruit d’une faune si discrète le jour. Lorsqu’il n’y a pas de lune, il est bien imprudent de s’éloigner de ses positions si on n’emporte pas avec soi une boussole. Le général britannique Wimberley, commandant la 51th Highland Division, s’égare ainsi entre sa caravane et la tente de son mess et il ne lui faut pas moins de deux heures pour parcourir les quatre cents mètres qui séparent les deux endroits.

 

Recension: Hitler et la France

Par Jean-Paul Cointet, Tempus, 2017. Perrin, 2014

Une lecture vivement recommandée. Les éditions Perrin nous gratifient d’une réédition en format poche de l’excellent ouvrage de Jean-Paul Cointet. Le sujet est en soi passionnant: Hitler et la France. Encore faut-il que l’étude proposée soit à la hauteurs des attentes, et c’est largement le cas ici. Le travail est documenté, sérieux, réfléchi et n’omet pas d’aspects significatifs de la question (on aurait juste aimé voir traitée l’importance de la France sur le plan militaire, comme glacis protecteur et dans le cadre de la Festung Europa et de l’Atlantikwall). L’auteur nous emmène dans les ramifications de la pensée de Hitler à l’égard de notre pays depuis la rédaction de Mein Kampf. Le chapitre « Qui est Hitler? La France dans sa stratégie », puis l’évocation du début de la guerre jusqu’à la chute de la France sont tout aussi intéressants. Le passage le plus instructif, et qui m’a le plus intéressé, a été celui de l’armistice. La suite du live est axée sur la collaboration entre les deux pays, et tord le cou à bien des idées reçues (je renvoie notamment au peu de cas que Hitler fait des « fascistes » français et au passage sur le retour de Laval), que ce soit sur les aspects politique, économique ou militaire. La question de Montoire est traitée en profondeur. On retiendra également des chapitre tels que « Du pillage au nouvel ordre européen ». Au final, un livre très réussi et instructif, dans lequel on croit assister à un jeu de dupes, à tout le moins à une collaboration à sens unique (c’est d’ailleurs le titre d’un chapitre). On voit à quel point, au-delà de leurs choix anti-républicains et anti-démocratiques, les autorités de Vichy, mais aussi les collaborationnistes de Paris, se sont fourvoyés quant à leurs espoirs d’une France qui aurait eu sa place dans « l’Europe nouvelle »: pour Hitler, au moment de la paix, notre pays devra payer, encore davantage qu’aux heures sombres de l’Occupation, et la France ne sera plus qu’une nation en arrière-plan dans un continent nazi.

« Diana » 76.2 mm FK 36 (r) auf Panzerjäger Sebsfahrlafette Zugkraftwagen 5t

Le « Diana »

Le « Diana », nom plus prosaïque pour un antichar officiellement appelé 76.2 mm FK 36 (r) auf Panzerjäger Sebsfahrlafette Zugkraftwagen 5t, constitue une pièce d’armement unique dans la Wehrmacht, puisque seule le Panzerjäger Abteilung 605 en est doté. Le manque d’antichars disponibles en Afrique du Nord oblige à faire flèche de tout bois et imaginer des solutions de remplacements en attendant l’arrivée de Pak 38 ou de Panzerjäger 38 (t) (bien qu’aucun ne sera perçu par cette unité) en nombre suffisant. En octobre 1941, l’OKH décide de la mise au point d’un Panzerjäger pour le DAK en utilisant des excellentes pièces antichars russes de 76,2 mm, capturés en grand nombre à l’est depuis le lancement de Barbarossa. Le nouvel engin bricolé ne sera produit qu’à neuf exemplaires, tous expédiés en Afrique en janvier et février 1942. Il s’agit de monter cette pièce russe sur la caisse d’un semi-chenillé Büssing –NAG BN 9 de 5 tonnes. 7 engins participent activement à la bataille de Gazala, non sans réussite semble t-il puisque, au début de la bataille, le 28 mai, la 4th Armoured Brigade sera malmenée à El Adem notamment grâce à l’intervention du nouvel antichar. A la mi-juin, lorsque l’unité se repositionne à Bardia pour se refaire, on ne compte alors plus que deux « Diana ». Trois seraient cependant eau front en août.

Voir 2e Guerre Mondiale Magazine N°66: « La 90. Leichte Afrika-Division. Atout méconnu du DAK »

My Afrika-Korps’ Photos (4)

Recension: Rommel, La Guerre sans Haine

Commentés par Berna Günen

On ne présente plus le fameux ouvrage -inachevé- d’Erwin Rommel, en fait issu d’un choix de documents de sa main essentiellement effectué par Sir Basil Liddell Hart, théoricien et historien militaire britannique. En 2014, Les éditions Nouveau Monde ont eu la bonne idée de rééditer ces fameux carnets et se sont montrées bien inspirées en en confiant la présentation et les commentaires à Berna Günen, dont les propos sont pertinents et bienvenus. On objectera seulement que l’accord donné à Rommel pour l’assassinat de Hitler reste bien sujet à caution… Cela n’enlève rien à la qualité des pages de Mme Günen, ni l’intérêt toujours renouvelé à la lecture de Rommel. Car il est indispensable pour le passionné de lire les récits et les mémoires des grands hommes, quand bien même ils cherchent le plus souvent à se mettre en valeur, ce qui  ne signifie absolument pas que leurs propos sont toujours à remettre en cause: on y apprend au contraire de nombreux éléments passionnants, ne serait-ce que la vision qu’un grand général, ici Rommel, a eu d’une bataille, ce qu’il en a perçu, la manière dont il l’a vécue.