Recension: Hitler et la France

Par Jean-Paul Cointet, Tempus, 2017. Perrin, 2014

Une lecture vivement recommandée. Les éditions Perrin nous gratifient d’une réédition en format poche de l’excellent ouvrage de Jean-Paul Cointet. Le sujet est en soi passionnant: Hitler et la France. Encore faut-il que l’étude proposée soit à la hauteurs des attentes, et c’est largement le cas ici. Le travail est documenté, sérieux, réfléchi et n’omet pas d’aspects significatifs de la question (on aurait juste aimé voir traitée l’importance de la France sur le plan militaire, comme glacis protecteur et dans le cadre de la Festung Europa et de l’Atlantikwall). L’auteur nous emmène dans les ramifications de la pensée de Hitler à l’égard de notre pays depuis la rédaction de Mein Kampf. Le chapitre « Qui est Hitler? La France dans sa stratégie », puis l’évocation du début de la guerre jusqu’à la chute de la France sont tout aussi intéressants. Le passage le plus instructif, et qui m’a le plus intéressé, a été celui de l’armistice. La suite du live est axée sur la collaboration entre les deux pays, et tord le cou à bien des idées reçues (je renvoie notamment au peu de cas que Hitler fait des « fascistes » français et au passage sur le retour de Laval), que ce soit sur les aspects politique, économique ou militaire. La question de Montoire est traitée en profondeur. On retiendra également des chapitre tels que « Du pillage au nouvel ordre européen ». Au final, un livre très réussi et instructif, dans lequel on croit assister à un jeu de dupes, à tout le moins à une collaboration à sens unique (c’est d’ailleurs le titre d’un chapitre). On voit à quel point, au-delà de leurs choix anti-républicains et anti-démocratiques, les autorités de Vichy, mais aussi les collaborationnistes de Paris, se sont fourvoyés quant à leurs espoirs d’une France qui aurait eu sa place dans « l’Europe nouvelle »: pour Hitler, au moment de la paix, notre pays devra payer, encore davantage qu’aux heures sombres de l’Occupation, et la France ne sera plus qu’une nation en arrière-plan dans un continent nazi.

« Diana » 76.2 mm FK 36 (r) auf Panzerjäger Sebsfahrlafette Zugkraftwagen 5t

Le « Diana »

Le « Diana », nom plus prosaïque pour un antichar officiellement appelé 76.2 mm FK 36 (r) auf Panzerjäger Sebsfahrlafette Zugkraftwagen 5t, constitue une pièce d’armement unique dans la Wehrmacht, puisque seule le Panzerjäger Abteilung 605 en est doté. Le manque d’antichars disponibles en Afrique du Nord oblige à faire flèche de tout bois et imaginer des solutions de remplacements en attendant l’arrivée de Pak 38 ou de Panzerjäger 38 (t) (bien qu’aucun ne sera perçu par cette unité) en nombre suffisant. En octobre 1941, l’OKH décide de la mise au point d’un Panzerjäger pour le DAK en utilisant des excellentes pièces antichars russes de 76,2 mm, capturés en grand nombre à l’est depuis le lancement de Barbarossa. Le nouvel engin bricolé ne sera produit qu’à neuf exemplaires, tous expédiés en Afrique en janvier et février 1942. Il s’agit de monter cette pièce russe sur la caisse d’un semi-chenillé Büssing –NAG BN 9 de 5 tonnes. 7 engins participent activement à la bataille de Gazala, non sans réussite semble t-il puisque, au début de la bataille, le 28 mai, la 4th Armoured Brigade sera malmenée à El Adem notamment grâce à l’intervention du nouvel antichar. A la mi-juin, lorsque l’unité se repositionne à Bardia pour se refaire, on ne compte alors plus que deux « Diana ». Trois seraient cependant eau front en août.

Voir 2e Guerre Mondiale Magazine N°66: « La 90. Leichte Afrika-Division. Atout méconnu du DAK »

My Afrika-Korps’ Photos (4)