VQ guerre du désert (1)

Le sable, contre lequel il faut lutter en permanence

« Sur le sable mou »…

Le sable

La poussière et le sable s’insinuent partout –cheveux, oreilles, yeux, boisson, nourriture- même en l’absence de tempête de sable. L’incidence du sable sur le quotidien des combattants engagés dans la guerre en Afrique du Nord est loin d’être négligeable. Les conditions de conduite dans le sable s’avèrent en effet particulièrement éprouvantes en raison de la maintenance que cela suppose. Il faut régulièrement vérifier les pneus et libérer de l’air sinon la chaleur les fait éclater. La température du moteur, l’huile et l’eau doivent être également surveillés en permanence. Puis il faut vérifier si le carburateur ne contient pas de sable. Dans les blindés, non climatisés à l’époque, la chaleur est en outre étouffante. Quand un blindé est touché, un nuage de poussière se forme à l’intérieur de l’engin La poussière est également aveuglante pour conduire, obligeant les véhicules à garder de grandes distances tout en soulevant des nuages de sable qui rendent les mouvements bien visibles aux yeux de l’ennemi. Le risque de s’enliser est en outre bien réel et la consommation de carburant devient excessive. Les pannes mécaniques sont monnaie courante et le matériel est durement sollicité. Le sable mou est également une nuisance car, pour désensabler le véhicule, il faut bien souvent vider celui-ci de son chargement, pousser l’engin et le recharger à nouveau, méthode rendue plus aisée avec les plaques de désensablement mais qui reste tout de même très pénible.

Le moindre déplacement d’un véhicule s’accompagne d’un nuage de poussière.

La tempête se lève, bientôt il n’y aura plus de visibilité…

Tempête de sable

Les tempêtes de sable sont très éprouvantes pour les hommes. Elles peuvent survenir à tout moment de l’année mais sont plus nombreuses en mai et en juin. Le sable pénètre alors partout et provoque un surcroît de douleur pour les blessés quand il s’abat avec force sur les plaies. Les effets impressionnants d’une tempête de sable, le khamsin en Egypte, le ghibli en Libye, sont bien connus. La chaleur va bientôt devenir étouffante et les nerfs des hommes mis à rude épreuve. Un tel phénomène naturel ne peut apporter une accalmie dans les combats ou peut être mis à profit par une formation pour évoluer sans être observée par l’ennemi. Cette commune expérience des dures conditions d’existence en milieu désertique rapproche les soldats des deux camps et contribue au respect mutuel qui s’instaure. L’arrivée de la tempête est aussi annoncée par le bruit du vent qui souffle avec force. L’air semble privé d’oxygène et les mouches deviennent folles. La chaleur est étouffante et le sable pénètre dans les yeux, le nez et les oreilles. On peut même craindre d’être enterré vivant devant la violence de la tempête. Il décide alors de sortir mais peut à peine tenir debout en raison de la force du vent. Le sable lui écorche les mains et le visage. Peu à peu, l’obscurité diminue et une clarté apparaît : le soleil, qui lui semble avoir l’aspect d’une orange sale. Puis tout redevient calme.

 

La peur du désert

On a peur de s’y égarer et de trouver la mort dans les espaces infinis du pays de la soif. L’absence de points de repère est des plus déroutants pour le nouveau venu. De surcroît, les mirages et les tourbillons de sable ne font qu’ajouter à la confusion et nécessitent d’apprendre à se maîtriser et à garder son sang-froid. La peur ne peut que s’intensifier la nuit, dans un silence parfois obsédant, parfois troublé par un tir ou par quelque bruit d’une faune si discrète le jour. Lorsqu’il n’y a pas de lune, il est bien imprudent de s’éloigner de ses positions si on n’emporte pas avec soi une boussole. Le général britannique Wimberley, commandant la 51th Highland Division, s’égare ainsi entre sa caravane et la tente de son mess et il ne lui faut pas moins de deux heures pour parcourir les quatre cents mètres qui séparent les deux endroits.