Staff-Ride Ecole de Guerre

 

Château des La Rochefoucauld, La Roche-Guyon

Sur invitation du colonel Noulens et du lieutenant-colonel de Lespinois (qui m’ont connu grâce à mon livre « Invasion! Le Débarquement vécu par les Allemands »), j’ai accompagné deux jours durant le staff-ride des cadres de l’Ecole de guerre. Une expérience passionnante couplée à des rencontres enrichissantes: un privilège de pouvoir converser avec des représentants de nos différentes armées, de différentes armes et également de partager ma passion et mes connaissances sur la Seconde Guerre mondiale sur des sites majeurs de la bataille de Normandie. Mon rôle a été de fournir des éléments d’explications à chaque étape, sur des thèmes à chaque fois différent, mais toujours du point de vue de l’armée allemande, que je connais bien.

Un programme chargé dès le premier jour : Pegasus Bridge (musée et site), Arromanches (musée et position radar de la Luftwaffe), château de Creullet (PC de Montgomery, où j’ai assisté à des interventions passionnantes) avant de passer la nuit à Port-en-Bessin.

Le deuxième jour est tout aussi passionnant: Omaha Beach (WN 62 puis plage), cimetière américain, La Pointe-du-Hoc, cimetière allemand de La Cambe et, ultime étape, le QG de Rommel à La Roche-Guyon, visite que j’ai particulièrement appréciée (avec celle de Creullet), d’autant plus que mon prochain ouvrage sera une biographie d’Erwin Rommel.

Le soir du second jour, je franchis pour la première fois l’enceinte de l’Ecole de guerre, pour mon plus grand plaisir.

Ce fût exaltant pour moi de transmettre mes connaissances, mais aussi, à l’occasion d’échanges des plus intéressants sur l’actualité, d’apprendre auprès de professionnels d’une des meilleures armées du monde: celle de mon pays.

Une ambiance très agréable pendant toute la durée de ce staff-ride.

Afrikakorps, l’armée de Rommel

 

Réédition de mon ouvrage sur la guerre du désert en version texto.

Les « + » de l’ouvrage:

-un récit objectif très loin de Paul Carell

-un récit de l’intégralité de la campagne, y compris la retraite vers la Tunisie et la campagne subséquente

-des développements stratégiques: que se serait-il passé si Rommel s’était emparé du Caire (un chapitre)? Quelles conséquences stratégiques de la guerre en Afrique du Nord? Des points jamais abordés dans les ouvrages spécialisés écrits dans notre langue

-la postérité de l’Afrikakorps et son mythe, la question de la guerre sans haine (une partie), soit un sujet jamais traité en langue française

-la vie quotidienne du soldat dans le désert

L’Afrikakorps, Rommel, Montgomery, Tobrouk, El Alamein, Bir Hacheim… ces noms sont entrés dans la légende de la guerre menée en Afrique du Nord de 1940 à 1943. Qu’en est-il donc en réalité ? Fasciné depuis toujours par la guerre du désert, je me suis donc lancé avec passion sur les traces de l’épopée de l’Afrikakorps, mettant un point d’honneur à saisir ce que pouvait être le quotidien d’un simple soldat sur ce front. Il m’est apparu que le mythe d’une guerre sans haine forgé après guerre ne reposait sur aucune base historique solide. J’ai également souhaité livrer au lecteur des clés de compréhension sur la guerre menée en Afrique du Nord un théâtre des opérations d’importance cruciale sur l’issue du conflit. Basé sur les travaux les plus récents, ayant personnellement parcouru le champ de bataille d’El Alamein, j’offre un récit, agrémenté d’anecdotes, qui emmène le lecteur des sables d’Égypte jusqu’aux montagnes de Tunisie…

Nicolas Mengus, Histoire Extraordinaires de Malgré-Nous, Ouest-France

Nicolas Mengus, Histoire Extraordinaires de Malgré-Nous, Ouest-France, 2016

L’embrigadement des Alsaciens et des Mosellans est très controversé, particulièrement en ce qui concerne ceux qui ont été versé dans la Waffen SS. L’auteur nous emmène ici à la découverte de destins souvent tragiques, de la bataille de Normandie au fin fond de la Russie, en passant par l’Italie ou Tulle. Les conditions d’enrôlement, la discipline de fer de l’armée allemande, les atrocités de la guerre, l’enfer de la captivité, surtout aux mains des Soviétiques, … : Nicolas Mengus nous offre un panorama de ce que fût le vécu de ces « Malgré-Nous ». Chaque témoignage est relativement bref, ce qui rend la lecture aisée et rapide.

Comme un Allemand en France. Lettres inédites sous l’Occupation, 1940-1944, L’Iconoclaste, 2016

 

Aurélie Luneau, Jeann Guérout, Stephan Martens, Comme un Allemand en France. Lettres inédites sous l’Occupation, 1940-1944, L’Iconoclaste, 2016

Les livres ayant trait à la présence allemande en France sous l’Occupation sont nombreux et variés, celui-ci est fort réussi, très illustré, avec notamment les portraits des auteurs des lettres retenues : simples soldats ou officiers, nazis convaincus ou conscrits militaires malgré eux, des célébrités comme Ernst Jünger et Heinrich Böll ou de parfaits inconnus. Comme dans le livre de Marie Moutier, on apprécie la diversité des cas proposés. On est parfois surpris de l’image de la France et des Français donnée par ces Allemands. Les chapitres sont introduits par plusieurs pages présentant le contexte de la période, chaque lettre étant ensuite rapidement présentée par un petit paragraphe, indiquant des éléments nécessaires à sa compréhension. Des revois avec commentaires dans la marge sont également les bienvenus, particulièrement pour le néophyte. Le livre est plaisant et se lit vite. Il permet d’appréhender la guerre autrement que par le récit des opérations militaires.

Max Schiavon, Corap, Bouc émissaire de la défaite de 1940, Perrin, 2017

Max Schiavon, Corap, Bouc émissaire de la défaite de 1940, Perrin, 2017

Max Schiavon nous a habitué à ses écrits sur des éléments méconnus, voire inédits, sur la campagne de 1940. Il récidive, avec brio, avec cette biographie du général Corap, général désavoué s’il en est. Le travail est très documenté et, au final, on découvre la carrière très peu connue d’un général français parmi les plus brillants de sa génération. A travers cette biographie, l’auteur nous fait découvrir les arcanes du haut-commandement français au cours des deux guerres mondiales. On découvre aussi avec effarement l’impéritie des hommes politiques, particulièrement ceux du Front Populaire, ainsi que l’aveuglement criminel de responsables militaires comme Gamelin ou Billotte. A contrario, on découvre la pertinence des analyses de Corap alors que l’Allemagne nazie multiplie les coups de force avant l’embrasement du monde. Abordant les causes de la défaite de 1940, un de mes professeurs d’université, très marqué politiquement à gauche, avait déclaré que les militaires étaient seuls responsables, oublieux qu’il était que ce sont les hommes politiques qui leur donnent les moyens pour combattre… Concernant le budget alloué à nos armées, on ne peut que faire un rapprochement entre les années 1930 et ces dernières années. Au final, le travail de Max Schiavon est une réhabilitation réussie, tout en restant objective. On appréciera aussi les pages consacrées aux opérations coloniales, en particulièrement au Maroc, le point d’orgue étant la reddition d’Abd el-Krim devant Corap lui-même.

Marie Moutier, Lettres de la Wehrmacht, Perrin, 2014

Marie Moutier, Lettres de la Wehrmacht, Perrin, 2014

Un livre très réussi publié il y a déjà trois ans, et que j’ai relu avec intérêt. L’auteure nous présente un panel très varié de situations : des soldats de tout grades, imprégnés d’idéologie nazie ou non, sur tous les fronts (de la Laponie à l’Egypte), qui transmettent leurs impressions à leurs proches ou amis et qui font part de leurs préoccupations et de leurs expériences de la guerre. Chaque lettre est brièvement présentée dans son contexte et les notes de bas de page, témoignant de l’érudition et du sérieux de Marie Moutier, fournissent des explications bienvenues et aucunement superflues. Un travail de recherches et de traduction conséquent qu’il faut saluer. On reste parfois confondu devant les jugements portés sur les populations décrites. Mais ces textes sont aussi plein d’humanité, qui envers un civil dans la détresse, qui en narrant son quotidien sordide, qui en réaffirmant son amour à l’épouse éloignée… De fait, ces lettres, parfois dures, sont souvent émouvantes, surtout lorsqu’on connaît le destin tragique de son auteur. Il ne faut pas y rechercher un récit de la Seconde Guerre mondiale, même si Marie Moutier, qui présente ces lettres selon un ordre chronologique nous gratifie d’informations à ce sujet : il s’agit d’un livre qui permet de découvrir les soldats de Hitler selon une autre perspective. Un livre passionnant, essentiel car la connaissance d’une guerre ne passe pas que par celle des opérations militaires.

Opération « Lüttich », la contre-attaque de Mortain: le 7 août 1944

Extrait d’Invasion! Le Débarquement vécu par les Allemands.

Avranches prise, la IIIrd US Army exploite immédiatement en absence d’opposition allemande. Le 1er août, Patton note pourtant dans ses carnets : « Bradley redoute une attaque venant de l’est, de Mortain vers Avranches. Personnellement je n’y crois pas beaucoup, mais en déplaçant la 90th US ID je puis lui faire couvrir le flanc exposé. Je fais commencer tout de suite le mouvement par camions ». Ceci s’avérera bientôt être une sage précaution. Les Américains du VIIIth US Corps s’enfoncent vers la Bretagne et vers le sud en direction de la Loire, tandis que les troupes de XVth US Corps de Walker s’orientent vers l’est en direction du Mans. Rennes est dépassée le 4 août. 200 000 hommes de la IIIrd US Army et 40 000 véhicules sont en Bretagne et au Sud de la Normandie.

Alors que les Américains exploitent audacieusement le succès complet de Cobra, Hitler ne s’avoue pas encore vaincu en Normandie. Il ordonne aux quelques unités encore en Bretagne de se concentrer dans les ports afin d’en interdire l’accès et leur utilisation par les Alliés. L’entrée en lice de la IIIrd US Army signifie aussi qu’il n’y a plus de débarquement à craindre dans le Pas-de-Calais et que le Heeresgruppe B affronte l’essentiel des forces d’Eisenhower. En conséquence, Hitler ordonne le transfert de divisions d’infanterie du Pas-de-Calais vers la Normandie. L’arrivée de ces unités d’infanterie va permettre de désengager des divisions de Panzer pour la contre-attaque que projette le Führer. D’autres unités rejoignent le front de l’Invasion depuis le Sud de la France. La réaction allemande se met donc en place pour retourner la situation.

Jodl a évoqué l’éventualité d’un repli jusque sur une ligne s’étirant de la Somme et de la Marne jusqu’aux Vosges, la défense sur la Seine étant jugée impossible.[i] Un retrait sur les pré-Alpes italiennes est dans le même temps envisagé en Italie, ce qui permettrait de dégager quelques divisions pour le front Ouest. Le Westwall serait par ailleurs réarmé et remis en état. Hitler avalise ces considérations stratégiques, de sorte que, fin juillet, en pleine percée américaine, ordre est donné à l’OB-West, à l’Ersatzheer, mais également aux responsables du génie et des fortifications, de terminer la préparation de la ligne Somme-Marne-Saône-Jura suisse. Toutefois, afin de ne pas l’inciter à envisager une retraite, Kluge doit rester dans l’ignorance de ces préparatifs.[ii] Par ailleurs, Hitler reste très inquiet en raison de la faible motorisation de la Wehrmacht (une armée qui est hippomobile à 80%) et de la maîtrise du ciel par les Alliés qui est susceptible de mettre en grand péril tout mouvement d’ampleur qui serait effectué par les troupes motorisées. La dégradation de la situation sur le front ne fait que trop mettre en valeur cette carence essentielle. En fait, il apparaît évident que l’armée allemande ne peut espérer tenir un front plus étroit que celui de Normandie. Si Hitler fait étudier l’éventualité d’un repli, il n’entend pas le mettre en oeuvre dès à présent, alors que l’Armee-Gruppe G pourrait réaliser l’opération sans être sous la pression et la menace de forces alliées débarquées dans le Sud.[iii]

Hitler, d’instinct offensif, a clairement identifié le couloir d’Avranches comme le point faible du front adverse: si ses divisions reprennent Avranches, c’en est fini de la IIIrd US Army pense-t-il. Le Führer voit même plus loin: la 7. Armee pourra alors contre-attaquer ensuite vers le nord et balayer de flanc tout le dispositif allié! Il décide donc d’interdire tout repli. D’ailleurs, sur le front normand, en dehors d’Avranches et de la zone au sud de Mortain, la ligne est solide et aucun signe d’effondrement n’est perceptible. Kluge pense qu’un succès est peut-être possible à condition de réagir rapidement en frappant avec une division de Panzer. Hausser voudrait attaquer dès le 3 août. Hitler n’est pas de cet avis: un succès complet requiert au bas mot 4 divisions de Panzer en première vague.[iv] L’assaut est donc fixé au 8 août.[v] A l’insu des Allemands qui préparent le coup de la dernière chance, indépendamment des précautions d’usage prises par Bradley et Patton pour sécuriser le flanc de la percée, ULTRA informe le haut-commandement allié de l’imminence d’une offensive ennemie ayant Avranches pour objectif (les unités en lignes ne seront informées que très peu de temps avant l’assaut), à tout le moins, l’arrivée de 3 Panzer-Divisionen dans le secteur est annoncée, bien que Mortain ne soit pas spécifiquement indiqué comme objectif. Par ailleurs, l’interception de messages de la Luftwaffe confirme que quelque chose de sérieux se prépare dans la zone de Mortain/Avranches.[vi]

Le Führer accepte quelques replis tactiques -dont l’abandon de la fameuse cote 112- pour permettre le désengagement des divisions assignées à la contre-attaque. Toutefois, la 11. Panzer est maintenue dans le Sud de la France et Hitler refuse toujours catégoriquement d’évacuer les îles anglo-normandes où la 319. ID demeure l’arme au pied… Kluge rassemble sous le commandement de Funck les éléments de 4 divisions de Panzer, qui n’engagent dans cette ultime contre-attaque d’envergure que 150 chars sur les 290 que possède pourtant le XLVII. Panzerkorps[vii] (les 2., 1. SS, 2. SS, 116. Panzer-Divisionen ainsi que de la 17. SS Panzer-Grenadier-Division). L’opération reçoit le nom de code Lüttich. Pour Dietrich, dégarnir une nouvelle fois le front devant Falaise constitue une grande prise de risque[viii]: n’y a-t-on pas toujours craint une percée britannique qui ouvrirait la route de Paris aux Alliés? La 9. Panzer-Division -à tout le moins son bataillon de Panther- devait y participer, mais elle se déploie, le 6 août, entre Domfront et Montsurs, pour s’opposer à la progression de Patton.[ix] Les délais consentis pour la préparation de Lüttich s’accompagnent d’une dégradation notable de la situation: Avranches s’éloigne de plus en plus de la ligne de front. En Bretagne, les quelques unités sont dispose encore les Allemands rallient les forteresses. Le 6 août, entre Mortain et Ambrières, le front allemand n’est tenu que par les Kampfgruppen des 266. ID, 275. ID, Panzer Lehr-Division et 708. ID, soit très peu de choses.[x] Le 7 août, les armées des deux camps se lancent donc conjointement dans des opérations cherchant à obtenir l’encerclement de l’adversaire.

Lüttich[xi]démarre le 7 août, en l’absence du soutien promis de la Luftwaffe. Monty frappe au même moment à Falaise avec Totalize. Hausser conclut son ordre du jour tinté de national-socialisme par un vibrant appel à donner toute son énergie en vue de la victoire finale: « de l’exécution heureuse de l’opération ordonnée par le Führer dépend la décision de la guerre dans l’Ouest, et peut-être la décision de la guerre elle-même. […] Il n’y a plus qu’une chose qui compte, l’effort et la volonté résolue de vaincre. Pour le Führer, le peuple et le Reich ».[xii] Lüttwitz, qui dispose d’encore 75 Panzer mais d’à peine 2 200 Panzergrenadiere, décide de surprendre l’adversaire en attaquant sans préparation d’artillerie. La 2. Panzer progresse de 15 kilomètres avant le petit matin, ce qui est en soit remarquable. Mais, si elle parvient à atteindre Le Mesnil-Adelée, son avance bute sur une résistance tenace. Lüttwitz est de surcroît handicapé par le manque de coopération de Schwerin et de sa 116. Panzer. Schwerin, craignant que son flanc droit ne soit pas assez assuré par la 84. ID, est en désaccord avec son chef de corps, Funck. Il retarde donc le déploiement de ses troupes et refuse de transférer un bataillon de chars à la 2. Panzer. C’en est trop pour Funck qui remplace ce subordonné récalcitrant par l’Oberst Rheinard. Le 7 août, alors que la 2. Panzer progresse quelque peu, la 116. Panzer, qui constitue l’aile droite du front d’attaque, au nord de la Sée, piétine donc face aux défenseurs américains. Elle n’a engagée que trois de ses six colonnes de Panzer, une quatrième ne se mettant en route qu’avec cinq heures de retard. Les éléments de la 1. SS Panzer qui devaient également épauler Lüttwitz arrivent trop tard pour peser sur le court de la bataille.[xiii]

Au centre du front d’attaque, à Mortain, l’assaut est mené par la « Das Reich ». Mais 700 GIs parviennent à se maintenir sur la cote 314. Depuis cette hauteur dominant Mortain et les alentours, les observateurs d’artillerie du bataillon isolé permettent aux Américains de jeter le chaos sur les voies de communications ennemies. Incapables de s’emparer de la position, les SS finissent par demander la reddition de l’unité encerclée dans l’après-midi du 9 août. Demande refusée. Sur le flanc gauche, en couverture, l’intervention de la « Götz von Berlichingen » ne débouche sur rien de décisif. Un fantassin de cette unité entre à Mortain dans l’atmosphère des jours heureux de la victoire: « les Américains ont évacués des parties de la ville en urgence. Partout sont capturés de nombreuses armes, des munitions et des vivres; les jeeps et le ravitaillement en carburant étaient particulièrement les bienvenus pour nous ».[xiv] En second échelon, forte encore de 130 Panzer et Sturmgeschütze en état de combattre, la « Leibstandarte Adolf Hitler » représente une force redoutable. Rapidement bloquée devant Juvigny-le-Tertre par un régiment de fantassins américains, elle ne brille pas particulièrement ce jour-là. Pis, ses Panzer seront bloqués sur un chemin par l’épave d’un Jabo[xv]… Le 13 août, après l’abandon de Lüttich, elle n’aligne plus que 29 Panzer opérationnels[xvi]. Dès le lever du jour, après dissipation de l’obscurité et du brouillard, l’aviation tactique alliée intervient en force.

La contre-offensive voulue par Hitler est un échec. Compte-tenu des réserves américaines disponibles ainsi que de la suprématie aérienne alliée, Lüttich ne pouvait réussir. Contrairement à la légende, peu de Panzer ont été touchés par les Jabos. Mais les effets indirects de l’intervention de l’aviation alliée ont été une des causes majeures de l’échec de Lüttich en paralysant des colonnes bloquées par un unique engin détruit ou en semant le chaos au sein des unités de ravitaillement ainsi que dans les rangs des Panzergrenadiere, loin de disposer de blindés à l’épreuve des bombes et des roquettes. L’Oberscharführer Steinbüchel, de la 1. SS Panzer, s’extirpe in extremis de son SPW lors du passage d’un Jabo. Son radio, le Sturmmann Hofbauer, moins chanceux, est mortellement blessé. L’attaque passée, il ne reste plus qu’à sauver ce qui peut l’être des engins criblé de balles ou calcinés…[xvii] En milieu de journée, le 8 août, l’Oberst Kleinschmitt, chef d’état-major du XLVII. Panzerkorps, déclare sans ambages à Kluge: « je ne pense pas être en mesure de poursuivre les opérations avec les troupes dont nous disposons ».[xviii]

Ce 8 août, Hitler et l’OKW persistent dans l’idée de poursuivre la contre-offensive. L’ordre est donné le 9 à 23 heures.[xix] L’OB-West, prévenu par le General Bühle, envoyé spécial du Führer, s’exécute, non sans avoir fait part de ses réticences, la partie semblant désormais sans espoir. Lüttich doit donc reprendre dès le 10 août, avec de nouvelles unités: 9., 9. SS, et 10. SS Panzer-Divisionen.[xx] C’est un Kluge désespéré qui déclare à Blummentritt en martelant du doigt sa carte des opérations: « Avranches, Avranches. Cet endroit m’a coûté ma réputation de soldat ».[xxi] Comment d’ailleurs espérer l’emporter en ne changeant pas l’axe d’attaque puisque l’élément de surprise ne joue plus ? La tournure des événements sur les autres secteurs du front en décidera autrement. Le coup de dés de Hitler à Avranches est un échec lourd de conséquences. Il n’a en aucune manière entravé l’avancée alliée…

[i] David Isby, Fighting the Breakout, The German Army in Normandy from Cobra to the Falaise Gap, Greenhill Books, 2004, p 71-73

[ii] Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Presse de la Cité, 1965, p 37

[iii] Joachim Ludewig, Rückzug, The German reteat from France, 1944, The University Press of Kentucky, 2012, p 34-39

[iv] David Isby, Fighting the Breakout, The German Army in Normandy from Cobra to the Falaise Gap, Greenhill Books, 2004, p 74

[v] Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Presse de la Cité, 1965, p 65

[vi] Russell Weigley, Eisenhower’s Lieutenants, The Campaigns of France and Germany, 1944-1945, bloomington, Indiana University Press, 1981, p 280; Russell Hart, Clash of Arm., How the Allies won in Normandy, University of Oklahoma Press, 2004, p 404; Carlo d’Este, Histoire du Débarquement, Perrin, 2013, p 422

[vii] Russell Hart, Clash of Arms, How the Allies won in Normandy, University of Oklahoma Press, 2004, p 404

[viii] Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Presse de la Cité, 1965, p 44

[ix] Niklas Zetterling, Normandy 44, German Military Organisation, Combat Power and Organizational Effectiveness, Fedorowicz, 2000, p 332

[x] Georges Bernage, Le Couloir de la Mort, p 37

[xi] Yann Magdelaine, notice Lüttich, in Dictionnaire du Débarquement (sous la direction de Claude Quétel), p 444-446 ; Russell Weigley, Eisenhower’s Lieutenants, The Campaigns of France and Germany, 1944-1945, bloomington, Indiana University Press, 1981, p 280-295

[xii] Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Presse de la Cité, 1965, p 52

[xiii] Georges Bernage et alii, Le Couloir de la Mort, p 35

[xiv] Richard Hargreaves, The Germans in Normandy, Stackpole Books, 2006, p 179

[xv] Georges Bernage et alii, Le Couloir de la Mort, p 35

[xvi] Niklas Zetterling, Normandy 44, German Military Organisation, Combat Power and Organizational Effectiveness, Fedorowicz, 2000, p 308

[xvii] Richard Hargreaves, The Germans in Normandy, Stackpole Books, 2006, p 178

[xviii] Eddy Florentin, Stalingrad en Normandie, Presse de la Cité, 1965, p 88

[xix] Georges Bernage et alii, Le Couloir de la Mort, p 46

[xx] David Isby, Fighting the Breakout, The German Army in Normandy from Cobra to the Falaise Gap, Greenhill Books, 2004, p 78-79

[xxi] Richard Hargreaves, The Germans in Normandy, Stackpole Books, 2006, p 185-186

Patton et la percée d’Avranches (3): la seconde nouvelle du 6 août

Le 6 août, en fin de journée, des rumeurs « provenant d’une source secrète » lui apprennent que les Allemands seraient sur le point de lancer plusieurs divisions de Panzer vers Avranches. Patton fait référence à l’interception d’une communication ennemie ainsi que les conclusions tirées par le major Helfers, officier de renseignements au QG de la 3e armée, des informations données par le système ULTRA qui assure le décodage les messages cryptés de la Wehrmacht. Patton, qui découvre alors le rôle de Helfers, se montre d’abord surpris qu’on le lui ait caché jusque-là. Il décide alors de procéder à des rapports réguliers sur les informations fournies par ULTRA en présence de quelques officiers dûment sélectionnés.[1]

Il n’est pas pour autant convaincu de l’importance de la contre-attaque. « Je crois que ce n’est qu’un bluff des Allemands pour couvrir un repli, mais j’ai stoppé la 80e DI, la 2e DB française et la 35e DI à proximité de Saint-Hilaire juste au cas où quelque chose surviendrait ».[2] La contre-attaque allemande, baptisée opération « Lüttich », a effectivement lieu dans la nuit du 6 au 7 août. La préparation de cette offensive de la dernière chance est le cadre de deux histoires apocryphes concernant des références à Patton faites par Hitler. Le Führer aurait d’abord fait remarquer que les Alliés tentent une opération de première envergure puisqu’ils la confient à Patton, leur meilleur général. Or, rien n’indique que les Allemands savaient à cette date (vers le 1er août) que Patton commandait la 3e armée. Le Führer aurait également commenté : « Regardez ce fou de général cow-boy, s’avançant au sud et en Bretagne le long d’une seule route et sur un pont unique avec une armée entière. Il ne se soucie pas des risques et se comporte comme s’il possédait le monde ! Cela paraît impossible ! ». Or aucun témoin ne se rappelle de tels propos, ce qui ne les infirme cependant pas pour autant.[3]

Avec les Panzer concentrés sur le flanc gauche du front allemand, les Alliés vont pouvoir mettre en œuvre l’idée finale d’un encerclement à l’ouest de Falaise et d’Argentan, avalisée par Eisenhower puis par Montgomery. Quoiqu’il en soit de l’origine de ces nouvelles directives, c’est l’avancée des forces de Patton qui permet aux stratèges de mettre au point des plans audacieux ou de tirer parti d’une éventualité qui n’avait été jusqu’alors au mieux qu’un vain espoir. C’est « une opportunité qui est n’est pas donnée à un commandant plus d’une fois par siècle. Nous sommes sur le point de détruire intégralement une armée ennemie » déclare péremptoirement Bradley.[4] Reste à savoir si ce dernier saura prendre les mesures adéquates…

[1] Spires, p 140

[2] The Patton Papers, p 503

[3] Yeide, p 251

[4] Bradley, A Soldier’s Story, p 375-376

Patton et la percée d’Avranches (2): la nouvelle du 6 août

 

Ce 6 août, il apprend une nouvelle stupéfiante de la bouche d’un aviateur américain dont l’appareil avait été abattu et qui a réussi le périple de parcourir les cent kilomètres séparant Châteaubriant d’Angers sans que la moindre concentration de forces allemandes ne soit observée. Bien plus, le pont d’Angers est intact. Excellente nouvelle qui pousse Patton à prendre des initiatives : puisque les lignes téléphoniques sont interrompues, il envoie des colonnes sur Nantes. Connaissant le caractère de son supérieur, il se montre prudent dans les informations qu’il fournit à celui-ci, sans pour autant désobéir aux ordres reçus : « Je fais tout ceci sans consulter Bradley car je suis sûr qu’il trouvera cela trop risqué ». Les forces allemandes du secteur ne représentent cependant pas une menace réelle. En poursuivant son avance vers le sud, Patton ne fait qu’aggraver la situation dans le camp adverse. Par ailleurs, il importe de tenir la ligne de la Loire contre une hypothétique contre-attaque allemande venant du sud. L’épisode est également caractéristique de Patton : il sait que son supérieur est trop timoré, aussi prend-il la liberté de le mettre devant le fait accompli.

 

Le Vainqueur de Rommel : Sir Claude Auchinleck (2)

Bilan de la première bataille d’El Alamein

A gauche, le célèbre Bernard Montgomery. Au centre et à droite, deux officiers trop méconnus, aux talents nettement supérieurs au premier: Lord Wavell et Sir Claude Auchinleck, le vainqueur de Rommel à El Alamein en juillet 1942.

Le 28 juillet, le front devient calme à El Alamein. Auchinleck a stoppé net l’élan de Rommel en direction. S’il n’a pas détruit l’Afrika Korps, il n’a en revanche nul besoin de renforcer son front nord puisque les Allemands n’ont pas débouché du Caucase. Devant ses difficultés logistiques et conscient de l’impossibilité de reprendre l’offensive, Rommel souhaite replier son armée sur une position plus tenable. Mais le chef de l’armée italienne, le général Bastico, lui enjoint de tenir à El Alamein. Politiquement, tout repli est impensable. En outre, Bastico assure à Rommel que des renforts vont rejoindre l’Afrique du Nord. Les offensives d’Auchinleck n’ont certes pas abouti au succès escompté. Si Auchinleck et Dorman-Smith se justifient en soulignant les pertes infligées à l’ennemi, force est de constater que la 8th Army ne possède en fait pas les ressources, l’organisation ni des concepts opérationnels permettant la destruction de son adversaire. Dorman-Smith préconise d’ailleurs une refonte de l’organisation de la 8th Army, ce à quoi acquiesce Auchinleck. Ce câble son dernier rapport à Churchill en affirmant que l’armée doit passer temporairement à la défensive et refaire ses forces. La reprise d’une action offensive n’est pas envisageable avant le mois de septembre. Or l’idée de rester sur la défensive est bien une notion qui déplaît grandement au premier ministre britannique.

Auchinleck, en bonnet de police, s’appuyant sur la tourelle, sur un M3 Grant à l’exercice.

La reprise en main de l’armée par Auchinleck a abouti à un succès inespéré. La victoire est cependant coûteuse. En plus des pertes normales enregistrées par une armée qui participe à des opérations d’envergure, quatre brigades ont été intégralement détruites : la 18th Indian, la 23rd Armoured et les 4th et 6th New-Zealand. Les pertes en chars seraient autour de 200. Ces pertes sont donc très lourdes. Mais le succès stratégique est de premier ordre. Les pertes enregistrées sont de surcroît très inférieures à celles enregistrées lors de la bataille de Gazala. Auchinleck a donc su diminuer ses pertes. Certes, les forces de Rommel sont également nettement moins puissantes qu’aux mois de mai et juin, d’où nécessairement de moindre pertes infligées à l’adversaire. La 8th Army enregistre la perte de 13 000 hommes, alors qu’elle en aligne 50 000 le 12 juillet et 120 000 le 25 juillet. Le flot des renforts n’a donc pas cessé pendant la bataille. Pourtant, à la fin juillet, Auchinleck manque de troupes aguerries pour poursuivre ses attaques. La division néo-zélandaise accuse 4 000 pertes à elle seule et la 5th Indian Division en déplore 3 000. On estime les pertes de l’Axe sont difficiles à estimer. Les prisonniers sont au nombre de 7 000, dont 1 000 Allemands. En ce mois de juillet, les pertes purement allemandes se montent à 796 tués, 3 193 blessés, 1 167 disparus et plus de 5 000 malades. Dans les airs, en dépit de la maîtrise des cieux par la Desert Air Force, les pertes s’équilibrent puisque les Germano-italiens perdent 181 avions contre 173 appareils alliés abattus entre le 26 juin et le 27 juillet 1942.

Août 1942, Churchill décide de se séparer d’Auchinleck (à droite). Entre les deux hommes, Leslie Morshead, le commandant de la 9th Australian Division.

Montgomery, lorsqu’il prend le commandement de la 8th Army, désire mener ce qu’il nomme une bataille d’armée au cours de son offensive. Force est de constater que ses conceptions, loin d’être novatrices, sont en fait similaires à celles préconisées et menées par Auchinleck, particulièrement au cours des journées cruciales entre le 1er et le 5 juillet. Les idées d’Auchinleck sont claires : il faut concentrer l’armée (et donc éviter les erreurs de Crusader ou de Gazala), combattre avec des groupes de combats regroupant les différentes armes (à l’image des Kampfgruppen allemands), d’organiser une reconnaissance efficace des flancs en utilisant une brigade blindée légère formée à cet effet, masser l’artillerie, préserver les unités blindées et éviter leur confrontation directe avec les Panzer et, enfin, détruire les unités italiennes. Par ses actions offensives et défensives de juillet, Auchinleck ne stoppe pas seulement l’avance de Rommel, résultat à lui seul décisif pour la suite du conflit. Il oblige en outre Rommel à danser sur sa musique, à réagir face à ses opérations. Bref, Rommel perd l’initiative au profit de la 8th Army. Le principal avantage de l’Afrika Korps réside dans sa capacité à mener d’efficaces batailles mobiles, qualité que ne possèdent en aucun cas les unités britanniques et du Commonwealth. Cependant, Rommel échoue dans ses efforts à tourner le flanc adverse et à mener un combat où les manœuvres de débordement tiennent un rôle de premier plan. Les troupes de la Panzerarmee sont contraintes de mener une bataille d’attrition. Or une telle bataille est tributaire du ravitaillement et de la logistique. La 8th Army n’étant qu’à une centaine de kilomètres d’Alexandrie, son avantage pour un tel combat est considérable.

Claude Auchinleck, le véritable sauveur de l’Egypte, victorieux dans une bataille d’El Alamein méconnue du grand public.

Dès le 27 juillet, Dorman-Smith soumet à Auchinleck une étude sur les perspectives de guerre au Moyen-Orient. Le chef d’état-major constate que la Panzerarmee n’est plus en mesure que de rester sur la défensive à moins de bénéficier de la supériorité aérienne et de jouer son va tout sur un coup de dés. Le deuxième constat est l’insuffisance et l’inadéquation de l’entraînement de la 8th Army pour mener une action offensive. Dorman-Smith estime que Rommel repassera à l’offensive à la fin du mois d’août en direction d’Alam Halfa, ce qui sera effectivement le cas. Les deux hommes établissent un plan pour contrecarrer cette attaque, ignorant que c’est un autre général qui les mettra en œuvre. Le général Gott fait lui aussi preuve d’un indéniable sens militaire. Vétéran de la guerre du désert et connaissant bien les méthodes de Rommel, il sait que ce dernier ne dispose pas d’une infanterie allemande suffisante pour soutenir la bataille d’attrition que signifie une percée au nord, dans le secteur du « box » d’El Alamein. Il comprend donc que Rommel cherchera la solution au sud, fiant Alam Halfa comme premier objectif avant d’atteindre la mer dans le dos des forces enterrées à El Alamein. Le 30 juillet, Auchinleck annonce aussi à ses principaux subordonnés, Gott, Ramsden et Corbett, l’arrivée prochaine de renforts conséquents : deux divisions blindées, deux divisions d’infanterie, des chars américains Sherman et Grant, des canons automoteurs américains Priest de 105 mm et des pièces antichars de 6 Livres. La prochaine bataille se livrera donc avec des moyens jusqu’ici jamais atteints. Auchinleck explique à ses officiers que pour la reprise de l’offensive, il faudra compter avec de denses champs de mines. Il fait également part de sa préférence pour mener une action offensive de type statique pour réaliser la percée. Ainsi seront mis à contribution les qualités éternelles du soldat britannique, à savoir son endurance, sa fermeté et sa discipline, alors que son manque de souplesse ne jouerait pas. L’attaque principale aura lieu dans le nord, la crête de Miteiriya apparaissant comme un objectif intermédiaire essentiel car ceci signifie que les défenseurs positionnés devant le « box » d’El Alamein seraient encerclées facilement tandis que les forces restées au sud seraient isolées. Cette opération, baptisée « Acrobat », n’aura pas lieu mais on constate que l’esprit d’Auchinleck reste inventif et que son appréciation des réalités militaires est fondée. Auchinleck désire enfin remédier à la difficulté de la coopération interarmes en mettant un terme à l’organisation traditionnelle en divisions d’infanterie et divisions blindées. Il n’y aura désormais qu’un seul type d’unité combinant des éléments d’infanterie, de blindés et d’artillerie, le tout étant entièrement motorisé. Reconnaissons à Auchinleck le mérite de cette idée de divisions mobiles. Cette volonté de modifier l’organisation et la composition des divisions en pleine guerre heurte toutefois ses officiers. Les hommes restent attachés à leur régiment et en être écarté à leur arrivée en Egypte serait préjudiciable pour eux. Bien plus, certaines divisions se sont entraînées en tant que telles pendant parfois deux années. Sans mentionner le fait que certains généraux sont inaptes à diriger des unités provenant d’armes dont ils ne sont pas issus et dont ils ignorent tout de l’emploi. La conférence se termine en présentant à Gott et à Ramsden les différentes mesures qu’ils doivent prendre d’ici la fin du mois d’août pour repousser l’offensive ennemie. Auchinleck prévoit aussi pour son offensive future de faire intervenir la Desert Air Force, la Royal Navy et les unités du LRDG et du SAS pour semer la confusion dans les lignes de ravitaillement de Rommel. Lorsqu’il prend congé de ses subordonnés, Auchinleck ignore que ses jours à la tête du commandement au Moyen-orient sont comptés. Soulignons pourtant que ces projets de réorganisations et d’offensives prouvent combien l’esprit inventif ne fait aucunement défaut à ce grand général. Il apparaît également qu’Auchinleck n’envisage pas de se replier mais entend bien renouer avec l’offensive dès que l’armée sera prête. Les appréciations militaires et les plans envisagés pour la poursuite des opérations constitueront en outre la toile de fond de la suite de la campagne d’El Alamein.