Recension François Kersaudy, Churchill. Stratège passionné

François Kersaudy, Churchill. Stratège passionné, Perrin/Tallandier, 2016, 446 pages

Un nouvel opus de la collection des « Maîtres de Guerre » a été publié l’an dernier aux éditions Perrin et non des moindres : Churchill, écrit par François Kersaudy, depuis longtemps un spécialiste reconnu du Britannique. Si ce n’est pas la première fois que je lis un ouvrage de cet auteur au sujet de cet Anglais illustre entre tous, ce livre ne fait pas double emploi et c’est avec grand intérêt que j’ai découvert un ouvrage bien écrit, fourmillant d’anecdotes, bien illustré, selon les standards de la collection, et surtout mettant en valeur un personnage hors du commun. Il est suffisamment court pour ne pas rebuter le lecteur, tout en étant assez long pour être très complet : il faut absolument découvrir la vie de Churchill avant 1940 pour ceux qui l’ignoreraient encore… Son caractère de touche à tout, ses compétences dans de nombreux domaines, son imagination fertile, ses idées plus ou moins farfelues, sa personnalité incontournable, ses errements stratégiques… : il faut prendre la mesure de l’immense personnage qu’il était. Quel autre homme, au cours du 20e siècle, peut se targuer d’avoir occupé des postes de haute responsabilité au cours des deux guerres mondiales ? La lecture d’une vie si remplie pour une personnalité dotée de tant d’humour est un plaisir qui se ne refuse pas.

Guerre du Pacifique/Pacific War (3/43) : Pearl Harbor

Pearl Harbour : le jour d’infamie

Le plan d’attaque contre Pearl-Harbor a été mis au point par l’amiral Yamamoto. L’amiral risque gros en engageant ses six meilleurs porte-avions dans cette entreprise, au détriment des opérations en Asie du Sud-Est. Mais il a compris que la neutralisation de la flotte américaine du Pacifique est la seule manière de gagner les six mois nécessaires aux forces armées japonaise pour s’emparer de tous leurs objectifs. Il sera alors temps de négocier avec les Américains. Connaissant bien les Etats-Unis, il sait pertinemment qu’ils représentent une puissance au formidable potentiel industriel et qu’une guerre de longue durée est nécessairement vouée à l’échec. La flotte des porte-avions japonais est confiée à l’amiral Nagumo. Elle appareille du Japon le 26 novembre 1941. Une autre flotte, constituée de sous-marins, fera office de barrage à l’avant de celle-ci. Le 6 décembre, l’amiral Nagumo apprend avec consternation que les trois porte-avions américains ont quitté Pearl-Harbor et il se demande s’il n’est pas préférable de renoncer à l’attaque. Ses officiers l’encouragent à poursuivre, arguant que 9 cuirassés valent mieux que trois porte-avions. Le lendemain, 7 décembre, à 6h15, la première vague d’attaque des appareils de la flotte de porte-avions japonais s’éloigne des porte-avions Akagi, Kaga, Hiryu, Soryu, Shokaku et Zuikaku. Ces six porte-avions, escortés par quatre croiseurs et neuf destroyers, ont à leur bord 423 appareils. La première vague comporte 183 appareils. Une deuxième vague d’avions, 170 en tout, décollera une heure après la première. Sitôt les porte-avions placés face au vent, le décollage commence. La flotte de Nagumo se trouve alors à 370 kilomètres d’Oahu. Les chasseurs Zéro sont lancés en premier, puis les bombardiers, puis les bombardiers en piqué et, finalement, les avions-torpilleurs. Un second groupe de chasseurs destiné à assurer la couverture de la première vague complète celle-ci. L’opération débute à 6h et l’ensemble de la formation peut prendre la direction de Pearl-Harbor vers 6h15-6h20.

 Décollage vers les îles Hawaï

 La base de Pearl Harbor: surprise le dimanche 7 décembre 1941 au petit jour…

Pearl-Harbor est la base navale de la flotte américaine du Pacifique de l’amiral Kimmel. Une attaque contre les îles Hawaï est considérée comme impossible par les chefs de l’armée et de la marine américaines. La 7 décembre 1941, 70 navires sont à l’ancre dans le port, dont 8 cuirassés, 2 croiseurs lourds, 6 croiseurs légers, 29 destroyers et 5 sous-marins. Les services de renseignements américains ont bien établis des risques d’attaque japonaise, mais les précisions manquent. A Pearl-Harbor, les cuirassés ne sont pas protégés par des filets anti-torpilles et les munitions de DCA sont enfermées dans des caisses ! Par ailleurs, aucun dispositif d’écran fumigène n’est prévu, pas plus qu’un barrage de ballons. Beaucoup d’hommes sont alors à terre et les navires sont remarquablement alignés comme les appareils sur les différents terrains d’aviation, par crainte de sabotage. Il y a alors environ 300 avions américains sur Oahu, dont 150 de la Navy et du Marine Corps. A 3h42, un dragueur de mines repère un des sous-marins de poche japonais. A 6h, un hydravion PBY Catalina repère également un sous-marin. Le destroyer Ward intervient alors et coule le sous-marin à 6h54 et en informe le commandant de district d’Hawaï, c’est-à-dire l’officier en charge des défenses du port. Ce n’est qu’à 7h25 que l’amiral Kimmel est mis au courant de l’attaque. Le général Short, commandant de l’armée de terre Hawaï, n’est pas encore prévenu. Bien plus, à 6h45, un radar établi à Kahuku Pint, sur la côte nord, détecte les appareils des croiseurs japonais envoyés en reconnaissance en avant de la première vague d’assaut des porte-avions japonais. L’écho radar de celle-ci est capté trente minutes plus tard. Les japonais sont alors encore à 211 kilomètres d’Oahu. L’information est transmise mais le jeune officier alors de service pense qu’il s’agit d’un vol de bombardiers américains B-17 attendu ce matin là en provenance de Californie.

 

 Le désastre s’accomplit…

 Les cuirassés ont été les cibles prioritaires, mais la guerre du Pacifique va rapidement prouver que ces navires de ligne ne représente plus l’atout majeur des flottes de guerre.

La première vague atteint la côte nord d’Oahu à 7h53 et le commandant Fuchida donne alors l’ordre d’attaque. Il envoie à Nagumo le message radio « Tora !Tora !Tora ! », signifiant que l’effet de surprise est acquis. Deux minutes plus tard, l’attaque est lancée. La surprise est telle qu’il n’y a même pas de réplique de la part de la DCA au cours des premières minutes de l’attaque. Comme prévu, les avions japonais se divisent en deux groupes : les chasseurs et les bombardiers en piqués se concentrent sur le terrain d’aviation de Wheeler, Kaneohe Naval air Station et le terrain de Bellow; les avions-torpilleurs et les autres bombardiers attaquent la flotte américaine à Fort Island et les aérodromes d’Ewa et d’Hickam. Les dommages infligés aux américains sont considérables. Les cuirassés sont les objectifs majeurs des pilotes japonais. Après le passage de la première vague, les cuirassés Utah, California, Arizona et Oklahoma ont coulé et le West Virginia chavire, tandis que le Tennessee brûle. Sur l’Arizona, touché par un chapelet de bombes dont une fait exploser la soute à munitions avant, 80% des hommes de l’équipage sont tués par l’explosion ou se noient. Sur l’Oklahoma, 400 hommes périssent lorsque le navire coule presque instantanément après avoir reçu trois torpilles. Sur le California, les cloisons étanches sont déverrouillées en prévision d’une inspection !

 Les escadrilles au sol ont été pareillement neutralisées

La seconde vague atteint Oahu à 8h50, soit une trentaine de minutes après la fin de l’attaque de la première vague. La défense antiaérienne est à ce moment-là assez fournie et cause des pertes aux Japonais. Les défenseurs se sont en effet remis du choc initial causé par l’assaut de la première vague et toutes les armes disponibles sont engagées contre les appareils japonais. Des chasseurs P-40 réussissent même à décoller de Haleiwa Field pour engager les avions nippons. Comme pour la première, la seconde vague japonaise est divisée en deux groupes : les chasseurs et les bombardiers en piqué attaquent Fort Island et tous les navires encore à flots dans le port, tandis que les bombardiers d’altitude attaquant le terrain d’Hickam. A 9h55, la seconde vague japonaise fait demi-tour vers les porte-avions qu’ils atteignent à 12h15. La deuxième vague japonaise force les Américains à échouer le Nevada afin d’éviter de bloquer le chenal d’entrée du port et elle endommage sévèrement le Pennsylvania et le Maryland. Les attaques sur les bases terrestres ont éliminés pratiquement tous les avions qui s’y trouvaient. Les Japonais n’ont perdu que 29 appareils sur les 353 engagés. Dans le camp américain, les pertes sont considérables. 3 600 hommes sont tués ou blessés. 6 cuirassés sont coulés ou en perdition. 2 autres cuirassés, 3 destroyers et 3 croiseurs sont endommagés. 180 avions sont détruits et 128 sont endommagés. Les porte-avions américains, en exercice au moment de l’attaque japonaise, sont miraculeusement épargnés par le raid.

 La flotte du Pacifique est sévèrement atteinte: les Japonais ont désormais un sérieux avantage pour réaliser leur programme de conquêtes.

Après le raid, Fuchida insiste pour lancer la troisième vague sur Pearl-Harbor. Mais Nagumo, par excès de prudence, estime que la neutralisation des cuirassés américains comme un résultat suffisant pour cette attaque surprise. Trop heureux de n’avoir subi aucune perte, il est d’avis que l’attaque a largement atteint ses objectifs. Les conseils de Genda de rester dans la région afin de localiser et de couler les deux porte-avions américains ainsi que pour détruire les facilités portuaires et les stocks de carburant d’Oahu ne sont donc pas retenus. Nagumo pense que les défenses américaines sont maintenant en état d’alerte et il sait que ses porte-avions sont attendus pour les opérations en Asie du Sud-Est. Ce faisant, les Américains disposent encore de leur base et c’est autour de leurs porte-avions que se constituera les forces navales qui vont entreprendre la reconquête du Pacifique. On perçoit là la limite de la doctrine navale japonaise et du conservatisme de nombreux de ses amiraux : alors que leur propre flotte vient de démontrer l’importance des porte-avions dans les batailles à venir, ces amiraux résonnent toujours en terme de cuirassés et de croiseurs lourds. Ils laissent donc échapper une opportunité qui ne se reproduira pas. Ce qui est le plus grave dans les plans japonais réside dans le fait que le plan de débarquement à Hawaï a été rejeté au profit des opérations en Asie du sud-Est en raison de la pénurie de navires de transport et de débarquement. Hawaï est pourtant le seul point de départ possible pour une contre-offensive américaine à travers le Pacifique. Les Américains auraient alors dû lancer la reconquête depuis la côte ouest des USA ! En négligeant cet aspect, les Japonais vont devoir par la suite combattre à la fois en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique central. Dans les plans japonais, l’attaque préventive contre Pearl-Harbor est lancée pour gagner du temps et permettre d’effectuer des conquêtes dans d’autres secteurs du Pacifique. Cet objectif est atteint et l’US Navy ne peut effectuer des concentrations navales dans le Pacifique occidental et la Flotte du Pacifique se replie sur la côte est des Etats-Unis. Les japonais ont donc gagné plusieurs mois mais c’est surtout le manque de porte-avions en nombre suffisants qui a retardé les américains. En fait, la question est ailleurs. La plus grande erreur des Japonais est de s’être attaqués aux Etats-Unis. Si les forces japonaises s’étaient emparées des possessions européennes du sud-ouest asiatiques sans attaquer les américains, Roosevelt aurait sans doute éprouver bien des difficultés pour convaincre ses compatriotes d’entrer en guerre pour défendre de lointaines colonies européennes. Pourtant, les calculs japonais ne sont pas dénués de fondements : en Europe, la victoire de l’Allemagne nazie semble assurée et les stratèges nippons estiment que les Etats-Unis, occupés par la situation en Europe, ne pourraient mener une guerre sur deux fronts. Ce fut une grossière erreur de calcul.

 L’amiral Yamamoto, qui a imposé l’opération sur Pearl Harbor. L’homme ne se berce guère d’illusions quant aux chances de son pays de remporter un conflit face aux Etats-Unis en cas de guerre prolongée.

Dans l’après-midi, le président Roosevelt réunit ses conseillers tandis que parviennent les nouvelles des attaques sur Guam, Wake et les possessions britanniques en Asie. Le lendemain, vers midi, les Américains apprennent la nouvelle de l’attaque japonaise à la radio par la voix du président Roosevelt lui-même : « Hier, 7 décembre 1941, jour à jamais marqué du sceau de l’infamie, les Etats-Unis ont été soudainement et délibérément attaqués par des forces navales et aériennes du Japon. » moins d’une heure plus tard, le Congrès approuve la déclaration de guerre au Japon. Aux Etats-Unis, la côte pacifique est mise en état de défense et on rappelle la flotte de Pearl-Harbor. A Tokyo, c’est le premier ministre Tojo Hideki qui lit à la radio le rescrit impérial annonçant le début des hostilités. Une terrible et sanglante guerre vient de débuter.

 Pearl Harbor: un affront que les Américains n’auront de cesse rappeler dans leur propagande de guerre.

 

 

Recension Claude QUETEL, Tout sur Mein Kampf

 

Claude QUETEL, Tout sur Mein Kampf, Perrin, 2017, 277 pages

« Le livre tombe des mains tout seul » conclut Claude Quétel à propos de Mein Kampf. De fait, le fameux livre d’Adolf Hitler est indigeste et particulièrement mal écrit. « Tout était fait pour que Mein Kampf tombât après la guerre dans un oubli mérité » écrit l’historien. Et pourtant, l’arrivée de ce texte dans le domaine public a soulevé une tempête médiatique. Interdire le livre ? Mais de quelle manière ? N’est-ce pas non plus nier le travail et le rôle de l’historien ? Je souscris à l’opinion avancée par Olivier Mannoni, le traducteur du texte pour le compte des éditions Fayard, que cite Claude Quétel : « On ne peut pas être converti par Mein Kampf, c’est impossible. Ce livre, encore une fois, est illisible. Je considère qu’il n’y a aucun risque à ce qu’il devienne un livre de chevet comme je l’entends dire. » Avec Mein Kampf, dont la prose médiocre est –nul n’en sera surpris- outrageusement raciste et antisémite, on ne peut prêcher qu’aux convertis. Bénéficier de clés de compréhension d’un tel ouvrage et de sa postérité est en revanche nécessaire. L’étude de Claude Quétel est donc la bienvenue. Son livre, relativement court pour être lu rapidement mais suffisamment long pour dire l’essentiel, se décline en plusieurs chapitres répondant chacun à une question. Qui était Hitler avant Mein Kampf ? Comment Mein Kampf est-il né ? Que dit Mein Kampf ? Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIe Reich ? Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ? Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ? La France a-t-elle ignoré Mein Kampf ? Quels autres pays ont publié Mein Kampf ? Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ? Qu’est devenu Mein Kampf jusqu’à nos jours ? Autant de questions auxquelles l’auteur répond en détail et avec pertinence. Bref, un ouvrage fondamental à la compréhension du nazisme et de son livre culte, objet de bien des fantasmes. Lire Mein Kampf ne revêt absolument aucun intérêt. Il faut en revanche lire Tout sur Mein Kampf, d’autant que Claude Quétel est un auteur qui a la plume agréable et qui se lit aisément. J’ai personnellement beaucoup appris.

 

Guerre du Pacifique/Pacific War (2/43): les agressions japonaises (7/37-12/41)

L’impérialisme japonais frappe le premier

(juillet 37-déc.41)

 La Chine: campagne majeure pour l’armée de terre nipponne qui va y engager la majeure partie de ses troupes, ainsi qu’au Mandchoukouo, dans ce dernier cas pour faire face aux Soviétiques.

La Chine des années trente, en proie aux dissensions entre nationalistes et communistes, est une proie bien tentante pour l’impérialisme japonais. Dès le début des années trente, les japonais empiètent sur le territoire chinois. En 1937, le Japon monte un incident entre des soldats japonais et chinois afin de trouver un prétexte à l’invasion de la Chine. L’agression de la Chine provoque de vives réactions à la Société des Nations que le Japon quitte de manière fracassante. Initialement, il ne s’agit que de contrôler Pékin et Tientsin, mais l’armée japonaise ne veut pas en rester là et les combats pour Shangaï en août entraînent le japon plus avant dans la guerre. Avant la fin de l’année, 15 divisions japonaises sont ainsi envoyées en Chine : 5 à Shangaï et 10 au nord de la Chine. A ce moment-là, l’ensemble de la Chine du nord jusqu’au fleuve Jaune est entre les mains des Japonais. Au sud, Shangaï est occupée en novembre et Nankin, la capitale du gouvernement nationaliste de Tchang Kai-Chek,, en décembre. La prise de Nankin est marquée par des violences inouïes de la part des forces armées japonaises. Tchang Kai-Chek, qui a perdu 450 000 hommes contre 40 000 pertes japonaises, est contraint au repli et se résout à s’allier avec son ennemi communiste, Mao Tsé-Toung. En 1938, les Japonais poursuivent leurs succès. En Chine du nord, le Shanxi et le Shandong sont conquis. Depuis leurs positions sur le cours inférieur du Yanqsi Jiang les Japonais envahissent l’Anhui et investissent Wuhan. Au sud, Canton tombe également à son tour. L’île de Hainan est envahie. Ceci étant, l’immensité du territoire permet aux Chinois de se replier sans cesse tandis que la guérilla s’installe sur les arrières des Japonais. Les Japonais, qui s’enfoncent plus en avant dans les profondeurs du territoire chinois ne parviennent pas à forcer Tchang Kai-Chek à accepter une bataille rangée. Les Japonais décident alors de lancer la première campagne stratégique aérienne de l’histoire. Les villes chinoise, densément peuplées, se montrent particulièrement vulnérables aux bombardements. La guerre ne s’achève pas pour autant. Elle pèse lourdement sur les finances du Japon. En 1939, les crédits et les navires de commerce étrangers se font beaucoup plus rares en raison de la guerre qui se profile en Europe.

 

Cette année 1939 est aussi le cadre d’un affrontement militaire entre les troupes soviétiques et l’armée japonaise. Celle-ci est écrasée par les Soviétiques à la bataille de Nomonhan. En avril 1941, après une nouvelle défaite japonaise face aux Soviétiques, un pacte de non-agression est conclu entre les deux pays. Néanmoins, trois mois plus tard, l’Allemagne nazie envahi l’URSS. Certains officiers japonais caressent alors l’espoir de profiter de la situation difficile des Soviétiques pour en finir une fois pour toute avec l’ennemi du nord. D’autres dirigeants de l’armée sont au contraire plus enclins à suivre la marine, qui préconise de poursuivre l’expansion vers l’Asie du Sud-Est afin de donner au japon l’accès aux ressources naturelles dont il a besoin tout en lui fournissant des bases avancées permettant de rendre l’archipel japonais inexpugnable. Toutefois, cette option a le grave défaut d’impliquer nécessairement une guerre contre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

 

Après les premiers succès de Hitler et la chute de la France en juin 1940, le Japon commence à réaliser qu’une opportunité s’offre à lui en direction des riches gisements de matières premières d’Asie du Sud-Est. En septembre 1940, les autorités françaises d’Indochine autorisent, sous la pression, le Japon à établir des bases militaires au nord de la colonie et à y faire transiter des troupes destinées à la lutte contre la Chine. En réaction, les Etats-Unis décrètent un embargo américain sur la vente au Japon de toutes les ferrailles et du carburant pour avions. En juillet 1941, le gouvernement de Vichy signe un nouvel accord avec le Japon. Si la souveraineté française est reconnue, l’Indochine est désormais occupée par 50 000 soldats nippon et des navires de guerre japonais viennent jeter l’ancre dans la colonie française tandis que des escadrilles japonaises sont positionnées sur les aérodromes du sud e l’Indochine, à portée de la Malaisie, des Philippines et des Indes néerlandaises. Le président Roosevelt décrète alors le gel de tous les avoirs japonais aux Etats-Unis. Les fonctionnaires américains rejettent toutes les demandes de licence d’exportation de pétrole à destination du Japon. Ce dernier est donc privé de fournitures stratégiques vitales. Le Japon réagira au premier embargo en signant le Pacte tripartite avec l’Allemagne et le Japon. L’alliance reconnaît la prépondérance de l’Allemagne et de l’Italie dans l’établissement d’un nouvel ordre américain tandis que le Japon se voit reconnaître un rôle semblable en Asie de l’Est. Une clause importante prévoit que les trois puissances prêteraient leur concours à celle qui serait attaquée par une puissance ne participant pas actuellement à la guerre européenne. Comme l’URSS est exclue des termes du pacte, l’alliance est dirigée contre les Etats-Unis. Contrairement à l’armée de terre, l’amiral Yamamoto, vice-ministre de la défense, était hostile à un rapprochement avec l’Axe car cela signifierait inéluctablement une alliance entre les USA et le Royaume-Uni qui possèdent les plus puissantes flottes du monde.

 Les conquêtes japonaises vont être rapides et stupéfiantes.

Suite à l’embargo, la marine japonaise estime qu’elle dispose de carburant pour seulement dix-huit mois d’opérations. Les stratèges japonais mettent alors au point un plan d’invasion du sud-est asiatique devant l’inéluctabilité de la guerre. La stratégie finalement retenue est dangereuse, car elles suppose une dispersion des forces, et nécessite un effort complexe de coordination : les Philippines et la Malaisie seront attaqués simultanément avec Hong-Kong et les îles américaines de Guam et Wake puis les Indes néerlandaises, Siam, la Malaisie et diverses îles seront envahies. Enfin, il est prévu de neutraliser la flotte américaine du Pacifique. Sur le conseil de l’amiral Yamamoto, il est finalement décidé d’utiliser l’aviation embarquée la frapper directement à son port d’attache, à Pearl Harbor, dans les îles Hawaï. En octobre 1941, l’amiral Nagano donne à contrecoeur son accord. Ce même mois, le prince Konoye donne sa démission, son successeur n’est autre que le ministre de la guerre : le général Tojo. Tojo est résolu à mettre fin à l’incertitude des dirigeants japonais en obtenant un accord diplomatique ou en se décidant pour la guerre. Le 5 novembre, une conférence impériale décide que le japon passera à l’attaque si aucun accord avec les Etats-Unis n’intervient avant le mois de décembre. La solution diplomatique n’aboutissant pas, le Japon se décide pour la guerre. Pour mener à bien son ambitieux plan, les Japonais ne disposent que de 2 000 avions (1 300 de la marine et 700 de l’armée de terre). Seules 11 divisions de l’armée de terre, soit 1/5ème des effectifs, seront engagées dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est car il est hors de question d’affaiblir les garnisons de Chine, de Corée et du japon. En revanche, la totalité de la flotte nippone participe à l’opération. Elle est alors légèrement supérieure à l’ensemble des forces navales américaines, britanniques et néerlandaises présentes dans le Pacifique. Les Alliés opposent 1 284 appareils. L’USAAF et l’US Navy dispose de 385 appareils à Hawaï et sur les porte-avions, 180 aux Philippines, 12 à Wake et 12 à Guam. La RAF entretient une flotte de 330 avions en Malaisie. Les escadrilles australiennes de la RAAF disposent de 165 avions dispersés des îles Salomon à la Malaisie. Enfin, les Néerlandais possèdent environ 200 avions. Les forces terrestres alliées ne sont pas négligeables. Mais les Japonais sont confiants et sûrs du succès. Le 26 novembre, la flotte de porte-avions japonais de l’amiral Nagumo appareille du japon et suit la route plein ouest, en suivant le 42ème parallèle. La confirmation d’ordre d’attaque arrive le 2 décembre. Le 6 décembre, la flotte se déploie au large d’Oahu. Le lendemain, le dimanche 7 décembre 1941, à 6h15, Nagumo lance la première vague sur Pearl-Harbor. Les japonais prennent les américains au dépourvu et neutralisent les cuirassés de la flotte américaine du Pacifique. Les pertes américaines sont lourdes. Les Etats-Unis sont donc en guerre. Le 11 décembre, Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis : la guerre européenne est alors devenue véritablement mondiale.

 

Des soldats canadiens à Hong-Kong (les seuls canadiens à combattre les Japonais au sein de l’armée de l’empire britannique): les attaques-éclairs des Japonais des 7 et 8 décembre 1941 ne frappent pas que les seules îles Hawaï…

Au même moment, les opérations débutent également en Asie du Sud-Est et contre les autres possessions américaines dans le Pacifique. Les îles de Guam et de Wake sont perdues par les Américains après une résistance héroïque mais sans espoir. A Wake et Wilkes, les japonais perdent un destroyer et les 450 Marines du commandant Devereux résistent, donnant du baume au cœur de la population américaine. Toutefois, la splendide défense des unités américaines succombe à une deuxième attaque japonaise bien plus conséquente avec l’appui des porte-avions Soryu et Hiryu qui ont participé au raide sur Pearl-Harbor. Le 23 décembre, Wake tombe. Le Japon a donc le contrôle des routes du Pacifique central et les Philippines sont isolées.

 

FOCUS: LE MASSACRE DE NANKIN

 Nankin: la guerre d’agression menée par l’empire nippon dans toute son horreur.

Le massacre de Nankin constitue une des massacres les plus abominables perpétrés par les troupes japonaises à l’encontre des populations civiles chinoises. Hommes, femmes, enfants, vieillards : tous vont subir la cruauté des soldats nippons. Les Japonais entrent dans Nankin le 13 décembre 1937 et la ville est le témoin de tous les excès de la part de l’armée japonaise pendant plus d’un mois. Les massacres se succèdent et pas moins de 20 000 femmes sont violées. Cette pratique ignoble durera toute la guerre et des milliers de femmes asiatiques et européennes seront livrées à la soldatesque japonaise, chaque division disposant de ce qui est alors nommé un bataillon « de confort ». Des prisonniers vivants sont transformés en sacs d’entraînement au maniement de la baïonnette. La barbarie des Japonais et sans limite et les victimes périssent dans des souffrances atroces : noyées dans le fleuve Yanqsi Jiang, brûlées vives, enterrées vivantes, écrasées par les blindés… Les victimes se comptent en dizaines de milliers. Le « Viol de Nankin » révulse la communauté internationale.

Guerre du Pacifique/Pacific War (1/43) : Introduction Chapitre I

 

CHAPITRE 1 : 1941-42 LE RAZ DE MAREE JAPONAIS

 

INTRODUCTION

En 1868 début l’ère du Meiji : le Japon accepte l’intrusion de l’influence occidentale en entreprend d’adopter la technologie et les méthodes de l’ouest afin de s’assurer une place dans le concert des nations. La conquête des Philippines par les Etats-Unis en 1898 met pour la première fois en relief l’antagonisme entre les deux pays. L’intervention japonaise en Chine dès la fin du siècle et la mainmise sur Formose (aujourd’hui Taïwan) par le Japon ne peuvent qu’irriter les USA. En 1905, le Japon écrase l’armée et la flotte russe de Nicolas II. Cette victoire lui donne la Corée et Port-Arthur en Mandchourie. Cette victoire, la première d’un peuple asiatique sur des Blancs, nourrit l’assurance des chefs de l’armée, certains que l’esprit martial japonais pourra toujours l’emporter, même face à un ennemi plus fort. La Première Guerre Mondiale procure au Japon une supériorité locale incontestable. Après 1919, la paix confirme la position du Japon, qui s’empare des concessions allemandes en Chine et des anciennes colonies de l’Allemagne dans le Pacifique : les îles Carolines, Marshall et Mariannes, dont la possession sera très avantageuse au début du second conflit mondial. Au début des années trente, la crise économique semble démontrer l’échec du libéralisme économique et discrédite le libéralisme politique au japon. C’est ainsi qu’en 1931 l’armée japonaise d’occupation du Kuangtong prend l’initiative d’une guerre en Mandchourie chinoise, sans l’aval du gouvernement. En outre, l’assassinat politique devient la norme au Japon. Dès lors, le rôle des militaires dans l’appareil politique japonais ne va cesser de s’accroître et d’imposer une vision martial du destin du pays, pour finalement le mener à la catastrophe. L’armée et la marine impériales japonaises ont le sentiment d’occuper une place à part dans l’administration politique de la nation, ou kokutai. Elles revendiquent une relation privilégiée avec l’empereur, qui incarne le kokutai. La tradition, puis la loi en 1936, veut que les ministres de l’Armée et de la Marine soient des officiers supérieurs en activité. L’armée et la marine ont donc le pouvoir de refuser un gouvernement en n’acceptant pas une nomination ou d’en provoquer la chute en retirant un ministre. En outre, les chefs d’état-major de l’armée et de la marine sont indépendants du gouvernement et ne sont directement responsables que devant l’empereur. L’armée et la marine sont le réceptacle de traditions, comme le fameux code guerrier du bushido. Le conservatisme technologique est aussi une caractéristique des forces armées japonaises, hormis la mise au point d’une flotte de porte-avions. Elles sont également soumises à l’influence étrangère : l’armée s’est inspirée de l’exemple allemand alors que la marine britannique est un modèle pour la marine impériale. En outre, les stratèges japonais sont influencés par les travaux de l’Américain Alfred Thayer Mahan. Mahan préconise la notion de bataille décisive pour la maîtrise des mers et souligne l’importance de la suprématie maritime. La théorie semble confirmée par la propre expérience des japonais en Chine en 1894-95 et contre les Russes en 1904-05. Les stratèges japonais sont convaincus que les futures batailles navales connaîtront une fin analogue. Dès 1907, la marine impériale met au point un plan en cas de guerre avec les Etats-Unis. Ce plan, fidèle à la théorie de Mahan, prévoit d’amener les Américains à accepter une bataille navale au large du Japon qui mènerait à l’anéantissement de la flotte américaine. En 1937, le Japon entre en guerre ouverte avec la Chine. La marche vers la guerre contre les Etats-Unis est inexorable et aboutit finalement aux hostilités en décembre 1941 avec l’attaque japonaise contre la base navale américaine de Pearl-Harbor et l’invasion des colonies et des territoires asiatiques des puissances européennes et des Etats-Unis.

 L’attaque de Pearl Harbor marque communément le début de la guerre en Asie-Pacifique, reléguant les autres attaques concomitantes, de même que le guerre en Chine, à un second plan. 

Les rapides et éclatantes victoires allemandes en Europe ont un effet très marqué au Japon. La France et les Pays-Bas, vaincus, laissent leurs possessions extrême-orientales presque sans défense. Les Britanniques, engagés dans une lutte désespérée contre l’Allemagne, n’ont alors que très peu de ressources à détourner vers l’Asie. Dans ces circonstances, les dirigeants du japon voient là l’occasion de supprimer toute aide étrangère à la Chine et de s’assurer le contrôle de toutes les richesses naturelles de l’Asie du Sud-Est : caoutchouc, pétrole, étain,… Face aux Japonais ne demeure donc plus qu’un adversaire susceptible de s’opposer aux visées japonaises : les Etats-Unis. Pourtant, si le gouvernement américain ne cesse de pousser le Japon dans ses retranchements et de ne lui laisser d’autre alternative que la guerre, force est de constater qu’aucun effort militaire ne vient étayer cette politique américaine. L’armée américaine est alors bien faible dans le Pacifique. Quant à la flotte, elle est concentrée à Pearl-Harbor à Hawaï, à 5 000 milles de Manille dans les Philippines, qui seraient forcément agressées en cas de guerre. Des bases de ravitaillement et de réparations comme Guam seraient indispensables mais aucun effort de renforcement de la défense n’est effectué. Atterrés par l’écrasement de la France par l’Allemagne en juin 1940, les américains se lancent toutefois dans une politique de réarmement. Il est cependant trop tard et, quand le Japon frappe en décembre 1941, les Alliés subissent une succession de défaites cinglantes.

Les Japonais ont donné à leurs forces armées l’avantage de l’initiative et de la surprise, s’assurant une supériorité locale face à un adversaire bénéficiant pourtant de la supériorité numérique. Les hauts-commandements britannique et américain n’ont pas envisagé l’éventualité d’une offensive japonaise englobant la totalité du Pacifique et les mers voisines, de Haïwai à la Thaïlande, sur 9 000 kilomètres. En outre, Britanniques et Américains sous-estiment considérablement les combattants et le matériel militaire japonais. Les victoires japonaises sont pourtant parmi les plus spectaculaires et les plus rapides de l’histoire militaire. Les Japonais remportent à peu de frais leurs succès en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique : entre le 8 décembre 1941 et le 30 avril 1942, ils ne perdent que 32 navires de guerre, 18 bâtiments auxiliaires et 100 000 tonnes de navires de transports et de commerce. Les pertes en navires marchands sont vite compensées par la saisie de nombreux bâtiments de commerce alliés capturés dans les ports. Aucun navire de ligne n’a été perdu et les 32 navires de guerre coulés ne compte que trois destroyers. Les pertes en hommes se montent à 25 000 hommes. Les Américains sont surclassés aux Philippines et leur flotte est durement touchée dès le premier jour de la guerre. Les défaites de Malaisie et de Birmanie, particulièrement la chute de Singapour, constituent de sévères humiliations pour l’empire britannique. Les Alliés ont perdu 400 000 hommes, pour la plupart des prisonniers. Les Alliés ont perdu la majorité des forces terrestres, aériennes et navales engagées contre les Japonais. En avril 1942, ceux-ci ont mené à bien l’ensemble de leur projet de conquête. Mais les dirigeants ont commis une importante erreur de calcul. Ils ont misé sur une conquête rapide des territoires alliés afin d’avoir la mainmise sur les matières premières nécessaires à l’effort de guerre et sur la destruction des forces qui leur sont opposés afin d’anéantir la volonté combative de leurs ennemis. Le Japon calcule que les Alliés ne pourront alors que rechercher une paix de compromis devant l’effort de guerre considérable et les pertes en vies humaines que représenterait la reconquête des territoires perdus. C’est bien mal juger et mal connaître les Américains.

Recension Liouba Vinogradova, Les Combattantes. Les aviatrices soviétiques

Liouba Vinogradova, Les Combattantes. Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe, éditions Héloïse d’Ormesson, 2016,

Ce remarquable ouvrage offre une perspective inédite de la Grande Guerre patriotique : celui de jeunes femmes servant comme pilotes de guerre au sein de l’aviation soviétique. Loin des récits froids, ce livre nous livre les souvenirs de ces combattantes d’exception. Le lecteur ne sera pas dérouté par la narration, très claire et documentée, car l’auteure décrit avec suffisamment de détails les opérations militaires menées au sol. On y rencontre une galerie de jeunes femmes attachantes, de Lilia Litviak à Macha Dolina, mais aussi des portraits d’hommes plus célèbres comme Joukov ou le fils de Staline. L’auteure, qui narre aussi les missions effectués par des pilotes masculins, nous décrit par le menu le quotidien des Soviétiques sous l’ère stalinienne, le poids du parti, les restrictions des années 30 et des années de guerre, la brutalité des Allemands ainsi que la vie des pilotes en temps de guerre, sans oublier les romances vécues.

Recension John Buckley, » Monty’s Men »

John Buckley,« Monty’s Men. The British Army and the Liberation of Europe »,  Yale University Press, 2013, 370 pages

Une fois n’est pas coutume, c’est de l’armée britannique au cours de la campagne de la Libération dont il est question ici. L’étude est sérieuse, poussée et très documentée, s’appuyant sur de nombreuses sources. Si les performances du 21st Army Group ont longtemps été décriées, en particulier au regard des « performances » attribuées à la Wehrmacht et à la Waffen SS, Buckley fait partie de ces historiens qui tentent de réhabiliter cette armée. Les déficiences de l’armée britannique ne sont pas passées sous silence mais force est de constater que peu d’éléments permettent de la hisser au niveau de son adversaire ou de son partenaire américain (ce qui peut toujours être discuté). Quelques comparaisons sont données avec les armées allemandes et américaines. De nombreux témoignages accompagnent la narration des opérations, loin de se cantonner à la bataille de Normandie puisque le propos embrasse toute la campagne à l’Ouest depuis le 6 juin 1944 jusqu’au 8 mai 1945. Si les forces à disposition de Montgomery semblent avoir gagné en efficacité sur le plan militaire en 1945, Buckley convaincra peut-être surtout un public déjà converti. Un livre à découvrir pour l’originalité de son sujet.

Les lectures préférées de Patton selon sa femme

Les lectures préférées de Patton selon sa femme[1]

« Maximes de Frédéric le Grand »

« Maximes de Napoléon » et toutes les biographies sur Napoléon faisant autorité comme celles de Bourienne et de Sloane.

« Commentaires sur la Guerre des Gaules » de Jules César

Les traités de von treichke, von Clausewitz, von Schlieffen, von Seekt, Jomini ainsi que d’autres auteurs napoléoniens.

Les mémoires du baron de Marbot et de Fezansec, un colonel de Napoléon (que les Patton étaient en cours de traduction quand il dût partir à la guerre).

« Quinze batailles décisives dans le monde » de Creasy

«Charles XII de Suède » de Klingspor.

« Déclin et chute de l’empire romain » de Gibbon

« Strategikon » de Marcus et Spaulding.

« Le Prince » de Machiavel.

« Psychologie des foules » de Le Bon.

« L’art de la guerre au Moyen-Age » d’Oman ainsi que d’autres livres du même auteur.

« L’influence du pouvoir maritime sur l’Histoire » de Mahan ainsi que d’autres ouvrages du même auteur.

« Stonewall Jackson » d’Henderson.

Les mémoires d’Ulysse Grant et celles de George McClellan.

« Batailles et leaders de la Guerre Civile », « Robert E. Lee » et « Les lieutenants de Lee » de Freeman.

« Années de victoire et années d’endurance » d’Arthur Brtant.

« Gallipoli » d’Hamilton.

« La guerre du Péloponnèse » de Thucydide.

Les mémoires de Foch, de von Hindenburgh et de Ludendorff.

« Gengis Khan », « Alexandre » et d’autres biographies d’Harold Lamb.

« Alexandre » de Weigal.

«The Home book of Verse » pour les poèmes héroïques.

Les œuvres de Kipling.

Les ouvrages de Liddell Hart.

Les ouvrages de J.F.C. Fuller, notamment « Les généraux, leurs maladies et leurs remèdes ».

[1] d’après « A Soldier’s Reading », un article de Beatrice Patton pour le magazine « Armor » de novembre-décembre 1952.

Recension Stephen Napier, « The Armoured Campaign in Normandy»

Stephen Napier, The Armoured Campaign in Normandy. June-Auguste 1944, Spellmount, 2015, 448 pages

Amateurs de la bataille de Normandie, jetez-vous sur cet ouvrage qui va vous procurer de bien agréables heures de lectures. Je dirais que c’est un de mes coups de cœur de l’année écoulée. Les combats et batailles relatés sont évidemment très connus, mais on les redécouvre avec une nouvelle fraîcheur grâce à un texte à la fois informatif et intéressant. Beaucoup d’informations sur tous les combats ayant impliqué des chars avec, à chaque fois, un bilan avec des réflexions intéressantes et une estimation sérieuse des pertes, parfois surprenante. On regrette seulement que l’auteur compte souvent les seules pertes définitives. Un travail sérieux basé sur de nombreuses sources primaires. Les conditions d’engagement des tanks au cours de différentes phases de la campagne ainsi que le questionnement fait par les Alliés quant à leur emploi est très bien rendu.

 

La Campagne de Tunisie/Tunisian Campaign (14) : livres à lire

Mes recommandations de lectures sur la campagne de Tunisie (des recensions sur ces livres suivront dans le courant de l’année)

   

Deux livres que je recommande en priorité:

1.ROLF David, Bloody route to Tunis, Greenhill Books, 2001

2.ATKINSON Rick, An Army at Dawn, Henry Holt & Company, 2002 (sur l’US Army)

Pour changer des protagonistes habituels (Rommel, Patton, Montgomery):

1.ALEXANDER Harold, Mémoires (1940-1945), Plon, 1963

2.STEWART Adrian, The Campaigns of Alexander of Tunis. 1940-1945, Pen & Sword, 2008

Sur la plus fameuse des batailles de la campagne:

1.BLUMENSON Martin, La passe de Kasserine, Presses de la Cité, 1968

2.WHITING Charles, Disaster at Kasserine, Ike and the 1st US Army in North Africa 1943, Pen & Sword Books LTD, 2003 (moins intéressant)

3.ZALOGA Steven, Kasserine, Osprey

Pour des aspects plus précis et parfois très originaux:

1.CHERRY Niall, Tunisian Tales. The 1st Parachute Brigade in North Africa 1942-43, Helion & Company Ltd, 2011

2.LEVINE Alan J., The War against Rommel Supply Lines, 1942-42, Stackpole Books, 2008

3.BARNES B.B, Operation Scipio. The 8th Army at the Battle of Wadi Akarit, 6th April 1943, Sentinel Press, 2007

Sur l’intégralité de la campagne:

1.PLAYFAIR I.S.O. et alii, The Mediterranean and Middle East. Volume IV : the Destruction of the Axis Forces in Africa, 1966, republié par Naval & Military Press, 2004

2.WATSON Bruce Allen, Exit Rommel. The Tunisian Campaign, 1942-43, Stackpole Books, 1999

Pour de belles photographies, un splendide ouvrage sur la guerre en Afrique:

PALLUD Jean-Paul, The Desert War. Then and Now, After the Battle, 2012