77 years ago: El Alamein 1942 (11). 30 octobre-1er novembre 1942

30 octobre-1er novembre : la poursuite des opérations par les Australiens

 

Les Australiens poursuivent leurs opérations dans le nord, appuyés par les tanks Valentine (ici avec des « Jocks »)

La nuit du 30 octobre, une nouvelle attaque des Australiens au-delà de la ligne de chemin de fer et à proximité de la route côtière. Appuyés par 360 pièces d’artillerie et les blindés du 40th RTR, les bataillons australiens, aux rangs éclaircis par les durs combats des jours précédant, tentent d’atteindre leurs objectifs dans la nuit. Des troupes du génie qui les accompagnent aménagent immédiatement un passage pour les véhicules dans le talus de la voie ferrée, un travail de forçats qui nécessite trois heures de dur labeur à l’explosif et à la pelle. Un bâtiment se trouve isolé sur le champ de bataille. On le surnomme « le blockhaus ». Il s’agit en fait d’un bâtiment à six pièces qui servait avant guerre aux employés des chemins de fer. Il est transformé en hôpital par les Allemands et lorsque les Australiens s’emparent du secteur, trois médecins et neuf infirmiers allemands s’y trouvent encore et ils vont y poursuivre leur tâche tout au long de la bataille avec leurs confrères australiens, soignant indistinctement avec la même conscience professionnelle amis et ennemis. Les deux bataillons australiens qui ont mené l’attaque, déjà réduits à 450 hommes avant l’assaut, ne rassemble plus qu’une centaine d’hommes à proximité du « blockhaus » et du « saucer », n’ayant pu percer plus en avant. Le surnom « saucer », soucoupe, vient de la platitude du terrain occupé par les Australiens, alors que les Allemands tiennent la crête côtière et observent les Australiens depuis le minaret de la mosquée de Sidi Abd el Rahman, distante de 8 kilomètres. Les fantassins australiens sont littéralement balayés par le feu allemand : mitrailleuses, mortiers, mines causent des ravages. L’assaut de « Thompson Post » est donc très meurtrier pour les Australiens. Les hommes du génie qui auraient dû atteindre une zone dunaire proche de la côte sont également stoppés à mi-chemin dans une situation bien inconfortable. Ces positions précaires vont être défendues avec acharnement par les Australiens au cours des deux jours suivants. Pas moins de 25 contre-attaques sont menées par la 90.Leichte Division et la 21.Panzerdivision avant que le succès de l’opération « Supercharge » plus au sud n’oblige Rommel à se porter vers cette nouvelle menace. Retranchés dans leurs positions exposées de toutes parts, les Australiens bénéficient toutefois du soutien des blindés, des antichars de 6 Livres et des pièces de campagne des Rhodésiens due la 289th Battery Royal Artillery. 25 Valentines sont tout de même laissés sur le terrain. Au nord, la majeure partie des positions tenues par les pionniers du génie est emportée par les Allemands. Dans le secteur du « saucer », en revanche, Rommel a moins de succès : les Australiens se replient au sud de la voie ferrée, laissant l’hôpital du « blockhaus » dans un no man’s land, mais ils ne sont pas anéantis. Le désert impose toutefois sont tempo sur la bataille quand une tempête de sable se lève, recouvrant les cadavres et soumettant les vivants à rude épreuve, tout en leur apportant un certain répit. Les Australiens n’ont pas atteints tous leurs objectifs mais ils ont constitué un saillant dangereux qui rend la position des unités allemandes encore positionnées à l’est de celui-ci bien inconfortable car elles sont en grand danger d’encerclement et leur évacuation n’est pas des plus aisées puisque les Australiens ont coupé la route côtière. Toutefois, devant l’ampleur des pertes, Morshead décide de relever la 26th Brigade par la 24th Brigade. Les nouveaux arrivants sont accueillis par le terrifiant spectacle de cadavres démembrés et de restes calcinés de pièces antichars, de tanks et de véhicules de toutes sortes. Cette relève s’effectue dans la nuit du 1er novembre de façon tout à fait opportune car ce même jour les Allemands lancent une attaque résolue contre les lignes australiennes. Une tornade de feu s’abat sur les Australiens. L’infanterie allemande s’approche de très près et une grêle de balles et d’obus de mortiers et d’artillerie s’abat toute la matinée sur les Australiens. Une formation aérienne germano-italienne ne peut toutefois pas intervenir dans la bataille car elle est interceptée par la Desert Air Force. Toute l’après-midi les Australiens doivent résister aux assauts de l’infanterie allemande soutenue par des Panzer, des canons automoteurs et par de l’artillerie. Le combat autour des positions australiennes envahies de poussière et de fumées ne cesse pas avant 2h30 du matin le 2 novembre, après le déclanchement de « Supercharge ». Il apparaît clairement que le rôle joué par les Australiens dans le saillant nord du front pour le succès final à El Alamein est considérable. Leur ténacité et leur combativité ont été de grands atouts pour Monty. Rommel pense que Montgomery va chercher la percée finale dans ce secteur. Il désengage donc la 21.Panzer Division pour se constituer une réserve mobile et la positionne à Tell el Aqaqir. Le chef de la Panzerarmee Afrika a parfaitement deviné les intentions du chef de la 8th Army. Seulement, Montgomery va une nouvelle fois changer de plan. Ce 1er novembre, le Tripolino, transportant carburant et munitions, est coulé au large de Derna : il n’y aura donc pas d’essence pour les Panzer de Rommel.

77 years ago: El Alamein 1942 (10). 28 octobre 1942

 Le 28 octobre: l’offensive est poursuivie par les Australiens tandis que les Xth et XXXth Corps se repositionnent en vue du prochain assaut que prépare Montgomery un peu plus au sud

Le 28 octobre, Monty réoriente son offensive au nord et tente de parvenir jusqu’à la route côtière. Les Australiens repartent à l’assaut à partir du Trig 29. La 20th Australian Brigade, soutenue par les blindés de la 23rd Armoured Brigade, progresse de façon satisfaisante mais elle se trouve stoppée peu avant d’atteindre la voie ferrée. La 26th Australian Brigade attaque à droite de la 20th en direction de la position défensive ennemie baptisé « Thompson’s Post ». Cette redoute germano-italienne est astucieusement établie sur une position dominante, avec des nids de mitrailleuses se couvrant mutuellement, des réseaux de barbelés, des tranchées et des mines. Les combats qui s’ensuivent sont particulièrement acharnés et un bataillon de fantassins allemands est virtuellement anéanti au cours de cet affrontement. Cette double attaque australienne oblige Rommel à engager de nouvelles unités plus au nord pour s’opposer à la dangereuse avance australienne en direction de la côte. De terribles combats s’ensuivent donc. Rommel, déterminé à remporter cet affrontement décisif, engage dans la lutte des forces conséquentes, en l’occurrence la 90.Leichte Division puis la 21.Panzer Division. Ce même 28 octobre, Churchill commence à s’inquiéter de la tournure des événements et insiste pour que la victoire soit remportée avant le déclenchement de l’opération « Torch ». La question est considérée comme grave par le premier ministre, qui considère qu’un match nul serait l’équivalent d’une défaite. Le chef d’état-major impérial, Sir Alan Brooke, nourrit lui aussi des doutes sur l’issue de la bataille mais il garde ses sentiments pour lui et soutien le général Montgomery.

77 years ago: El Alamein 1942 (9). 26-27 octobre 1942

Au soir du 25 octobre, Rommel est de retour à El Alamein. Il est effaré de la suite des événements depuis son départ et marque son inquiétude devant la situation préoccupante des réserves de carburant et de munitions. Le problème de l’essence l’affecte tout particulièrement à un moment où son armée a besoin de toute sa mobilité. Von Thomas lui dresse un état des forces : 81 Panzer et 197 chars italiens sont disponibles. Ces estimations sont trop basses, peut-être en raison de rapports incomplets en provenance du front. En fait, la Panzerarmee Afrika compte encore 137 Panzer et 221 chars italiens. Les pertes en chars se montent donc à 127. La 15.Panzer Division est réduite à 31 chars. Si les blindés britanniques sont efficacement contrés par les antichars, il apparaît tout aussi clairement que les contre-attaques germano-italiennes sont très coûteuses en chars. Le 26 octobre, un décompte précis des pertes indique 343 tués, 919 blessés et 2 429 disparus, soit 3 691 soldats hors de combat. Rommel donne des ordres pour que ses unités blindées soient immédiatement placées en réserve mobile. Il ordonne également que les assauts des unités blindées alliées soient repoussés par les unités antichars et non par des contre-attaques de chars.

Les effectifs en Panzer opérationnels, gaspillés dans de vaines contre-attaques, ne cessent de diminuer

La réaction de Rommel dans le secteur australien a renforcé la mainmise de Monty sur le déroulement de la bataille. Rommel engage en effet de plus en plus de blindés au combat pour reprendre à la 8th Army les faibles gains qu’elle a acquis. Ce faisant, les forces de Rommel ne cessent de s’affaiblir dans des contre-attaques trop coûteuses et inefficaces. La 15.Panzer Division est ainsi réduite à peine 40 chars. Il apparaît que Rommel aurait été plus avisé de se placer sur la défensive plutôt que de se persévérer dans des contre-attaques inutiles. Le 26 octobre, la 1st Armoured Division attaque les deux points défensifs ennemis de Kidney Ridge, « Snipe » et « Woodcock ». La nuit suivante, les 2nd New-Zealand, 51th Highlands et 1st South African Divisions attaquent à nouveau vers l’ouest pour parachever les quelques gains manquants encore pour atteindre les objectifs de « Lightfoot ». La 15.Panzer Division affronte la 2nd Armoured Division sur Kidney Ridge. La contre-attaque allemande est cependant repoussée. Le tireur d’un Sherman du 9th Lancers parvient à détruire un Panzer IV à une distance de 4 000 mètres, un exploit considéré comme le tir le plus réussi du régiment de toute la guerre. La 21.Panzer Division est rappelée du secteur sud du front pour contrer la menace de Monty dans le nord. Les attaques des Panzer allemands visant à reprendre Kidney Ridge à la 1st Armoured Division mettent gravement en péril la division britannique.

Les 6 pounder à « Snipe »: l’un des plus fameux fait d’armes d’El Alamein

Les pertes en blindés allemands et italiens sont toutefois sensibles, notamment autour du point d’appuis « Snipe » où 19 pièces antichars de 6 Livres de la 2nd Rifle Brigade et du 239th Antitank Battalion réalisent un véritable exploit. La défense héroïque de des soldats britanniques repousse toutes les tentatives ennemies en lui causant des pertes bien trop sévères, soit une cinquantaine de chars détruits ou endommagés. Si un seul canon de 6 Livres est évacué, les pertes britanniques se limitent à 14 tués, 44 blessés et 1 disparu. L’exploit est récompensé par l’octroi de la Victoria Cross au lieutenant-colonel Turner, le chef de la 2nd Rifle Brigade. L’aviation cause également de sérieux dommages aux forces de l’Axe. C’est ainsi que, à l’aube, une escadrille de Hurricanes de reconnaissance repère une concentration de 1 000 véhicules dans le secteur de Tell el Aqaqir. L’intégralité des bombardiers légers est concentrée contre cette cible qui s’avère être le point de rassemblement de la 21.Panzer Division et la 90.Leichte Division. Près de 200 bombardiers attaquent de plein jour, utilisant la piste de Rahman comme point de repère aisément identifiable. L’attaque aérienne cause une considérable confusion au sein des deux unités. L’importante couverture aérienne qui accompagne les bombardiers tient aussi un rôle essentiel ce jour là en repoussant des formations de Stukas et de Messerschmitt 109 avant que ces derniers ne puissent intervenir sur le champ de bataille. En dépit de ces fâcheux contretemps, l’importance de la prise du Trig 29 par les Australiens est clairement ressentie par le chef de la Panzerarmee qui dépêche dans le secteur la 90.Leichte Division, jusqu’alors tenue en réserve à Daba, et surtout en concentrant dans cette zone la majeure partie de l’Afrika Korps et des unités mobiles italiennes. Dégarnissant ainsi son centre, Rommel expose ses lignes à une nouvelle attaque majeure de Monty, l’opération « Supercharge » déclenchée le 1er novembre dans le secteur néo-zélandais, tandis que les positions tenues par la 9th Australian Division deviennent le pivot de la bataille. Von Thomas et Bayerlein estiment que la position du 125.Panzergrenadier Regiment dans le saillant est désormais bien trop exposée et qu’il serait avisé de l’évacuer. Rommel objecte que Montgomery est sur le point de lancer une offensive dans ce secteur et que toute tentative d’évacuation du saillant s’avérerait désastreuse. Dans la nuit du 27 au 28, la 133th Lorried Brigade de la 10th Armoured Division consolide les positions de « Woodcock » et de « Snipe ». Entre-temps, Rommel a la désagréable nouvelle d’apprendre le torpillage du tanker italien Proserpina, sur lequel il comptait beaucoup pour rétablir la liberté de mouvement de ses unités mobiles. A cette perte s’ajoute vite celle du Tergesta, coulé à quelques encablures de Tobrouk.

Sans maîtrise de l’espace aérien, surclassé en nombre de chars et souffrant d’un ravitaillement erratique, la Panzerarmee peut-elle encore l’emporter?

77 years ago: El Alamein 1942 (8). 25 octobre 1942

25 octobre : la bataille d’attrition se poursuit mais aucune percée n’est réalisée

Lumsden a informé Montgomery de l’attaque nocturne qu’il va lancer avec son corps blindé. Un violent tir de contre-batterie puis un barrage d’artillerie forment le prélude à l’opération lancée par la 10th Armoured Division. Les deux brigades blindées de Gatehouse, les 8th et 24th , et la brigade motorisée de soutien, la 133rd , sont pourtant dès le début empêtrées dans le champs de mines disposé le long de la crête de Miteiryia. Les tentatives de déminage sont soumises aux tirs efficaces de l’artillerie germano-italienne tandis que les blindés en attente reçoivent l’attention de la Luftwaffe qui lance un raid aérien, ce qui a pour conséquence de désorganiser les unités contraintes de se disperser pour éviter les bombes. Une colonne de la 8th Brigade est atteinte par un bombardier allemand, provoquant un brasier illuminant tout le secteur. Les canons antichars germano-italiens et la Luftwaffe se concentrent alors sur la brigade blindée. Cette intervention de Junker 88 depuis la Crète démontre de façon brillante à quel point l’offensive de Montgomery n’aurait eu aucune chance de réussir sans une totale supériorité aérienne. Lorsque l’assaut est repris, le barrage d’artillerie britannique tombe bien trop en avant des unités blindées pour que celles-ci puissent espérer progresser derrière sa protection. Dans ces conditions, le brigadier Custance, le chef de la 24th Armoured Brigade, est d’avis qu’il serait bien mal avisé de poursuivre l’avance au risque d’exposer ses blindés en terrain découvert au lever du jour. Gatehouse acquiesce, au grand dam de Freyberg dont les Néo-Zélandais ont absolument besoin du soutien des divisions blindées. Freyberg informe donc Leese de la situation. Ce dernier s’empresse de réveiller Monty, pour le moins ennuyé par la tournure que prennent les événements. Montgomery décide donc d’une conférence avec ses deux chefs de corps, Lumsden et Leese, à son QG tactique à 3h30 du matin. Monty annonce à ses subordonnés que la 10th Armoured Division percera comme prévu cette nuit même et il avise Lumsden de ne pas hésiter à relever des officiers de leurs fonctions si les ordres ne sont pas suivis. Dans la nuit, des rumeurs encourageantes lui parviennent. Pourtant, au lever du jour, le commandant de la 8th Army constate amèrement que rien de concret n’a en fait été réalisé : la 10th Armoured Division et la 9th Armoured Brigade ne sont toujours pas en mesure d’affronter les divisions de Panzer ni de soutenir les opérations menées par les Néo-Zélandais. Des dizaines de Shermans et de Grants ont été perdus en vain. Au nord, la 1st Armoured Division n’a toujours pas conquis Kidney Ridge. Au sud, la 7th Armoured Division se trouve encore confrontée à la difficulté de traverser les champs de mines. Devant ce constat accablant, Freyberg annonce à ses supérieurs que sa division néo-zélandaise n’est pas en mesure de réaliser ses opérations de grignotage des positions d’infanterie adverses. Sa confiance envers les unités blindées est désormais au plus bas et il désespère désormais que Gatehouse se résigne un jour à pousser sa division au-delà de la crête de Miteiriya. Freyberg propose pourtant à Montgomery de lancer à l’assaut sa 2nd New-Zealand soutenue par l’artillerie pour s’emparer d’une position à quatre kilomètres plus à l’ouest. Ce gain appréciable de terrain permettra, pense t-il, de déployer enfin la 10th Armoured Division au-delà de la crête de Miteiriya. Monty rejette la proposition de Freyberg, sachant pertinemment qu’une telle attaque serait trop coûteuse en hommes et opérerait des coupes sombres au sein des unités d’infanterie. Il aura en effet trop besoin de ces hommes dans ses opérations de grignotage. De plus, Monty sait que les quatre divisions de 30th Corps qui ont mené l’attaque principale à travers les champs de mines depuis le 23 octobre ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes en raison des pertes. Seule la 9th Australian Division fait encore bonne figure, ses bataillons étant encore à peu près à effectifs pleins. Dans l’autre camp, von Thomas et son état-major sont consternés du manque d’allant des unités britanniques. Von Thomas ne comprend absolument pas pourquoi Montgomery n’a pas poussé immédiatement le succès remporté au cours de la première nuit ni la timidité d’action qui caractérise les unité blindées britanniques. Devant l’importance des moyens mis à disposition de Leese et de Lumsden, von Thomas a clairement identifié le secteur de la crête de Miteiriya comme l’attaque principale ennemie. La lenteur de ses adversaires lui a permis de redéployer dans cette zone de nouveaux canons, de poser de nouvelles mines et d’y déployer une partie de ses forces blindées. En dépit de la supériorité numérique britannique à la veille de la bataille, l’armée germano-italienne est à moment-là en mesure de faire échouer complètement l’offensive de la 8th Army. L’opération « Lightfoot » ne se déroule donc absolument pas comme l’avait prévu Montgomery. Contrairement aux divisions blindées du 10th Corps, le 30th Corps a certes atteints ses objectifs, au prix de 4 600 pertes dans les rangs de l’infanterie. En face, l’Axe accuse la perte de 3 700 hommes. Toutefois, il n’a pas été nécessaire à la Panzerarmee Afrika de faire intervenir la majeure partie de l’Afrika Korps, hormis quelques blindés de la 15.Panzer Division, et la 90.Leichte est toujours placée en réserve. Monty doit donc s’assurer que son armée peut se permettre de poursuivre cette bataille d’attrition. Il convoque donc son chef d’état-major, Freddie de que, pour obtenir les informations nécessaires. En à peine deux jours de bataille, le 10th Corps a perdu 191 chars, dont 121 précieux Shermans et Grants. Ceci signifie que 29% des précieux chars moyens américains ont été touchés. La 23rd Armoured Brigade a perdu de son côté 63 blindés et la 7th Armoured Division accuse la perte de 62 tanks, dont seulement 8 Grants. Monty a donc perdu 316 chars et n’en possède donc plus qu’environ 750. Ceci représente une supériorité numérique confortable amis les pertes en chars Sherman et Grants sont inquiétantes. L’analyse de de Guingand est toutefois rassurante pour Monty puisqu’il souligne que de nombreuses pertes correspondent en fait à des dommages causés par des mines, ce qui signifie donc que les réparations ne seront pas longues. De Guingand estime en outre à 40-50 chars en provenance des ateliers et des bases le chiffre quotidien pouvant être perçus au cours de la semaine à venir. La 8th Army peut donc maintenir sa pression sur la Panzerarmee. Il reste que l’inquiétude gagne le QG de la 8th Army et Londres : un échec de la 8th Army jouissant d’une telle supériorité serait un véritable honte pour l’armée britannique, qui plus juste avant le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Toutefois, la bataille ne sera pas gagnée facilement et les Britanniques s’en sont rendus compte dès les premières heures. Monty ne dispose pas de réserves puisque le 10th Corps est déjà engagé. On constate ici une limite aux conceptions opérationnelles britanniques en matière de percée.

Le 25 octobre, en milieu de journée, Monty décide de surprendre son adversaire en frappant en force depuis son aile droite. La 1st Armoured Division brisera les lignes adverses à partir d’un bouclier défensif établi par les Australiens. Ces derniers vont commencer leurs opérations de grignotage en direction de la route côtière. La Panzerarmee ne peut laisser une telle menace se réaliser sans réagir. Par conséquent, Monty est décidé à faire porter tout le poids de l’offensive dans le nord si les opérations menées par les Australiens et la 1st Armoured Division sont couronnées de succès. Entre temps, la 10th Armoured Division est retirée du front à l’exception de sa 24th Armoured Brigade qui rejoint la 1st Armoured Division dans le nord et l’assister dans sa délicate offensive. Le 25 octobre, l’avance de la 1st Armoured Division est certes limitée devant le rideau antichar défensif adverse mais elle parvient néanmoins à repousser une contre-attaque blindée adverse, au prix de la perte de 34 de ses chars. Dans le sud, la 7th Armoured Division est relevée par la 44th Home Counties Division. Si les gains du 13th Corps ne sont guère significatifs, son succès réside dans le maintien au sud de la 21.Panzer Division et de la division blindée Ariete alors que le sort de la bataille se joue au nord. Ces deux unités ne se maintiennent toutefois au sud qu’un temps car la division Folgore et les parachutistes allemands de la brigade Ramcke font savoir qu’ils sont en mesure de contenir la poussée ennemie sans l’aide des blindés.

  

Bishop et Lorraine Schlepper: l’artillerie automotrice est une nouveauté dans la guerre du désert

Dans le plan de « Lightfoot », la 24th Brigade de la 9th Australian Division doit attaquer avant tout pour maintenir la pression sur les unités ennemies qui lui font face dans le secteur côtier, tandis que les deux autres brigades de la division, la 20th et la 26th, participent au grand assaut qui doit permettre de percer le front de la Panzerarmee. Le 25 octobre, Monty décide de porter l’effort de grignotage de l’infanterie de Rommel dans le secteur nord, celui des Australiens. La 26th Brigade est donc envoyée à l’assaut du Point 29, une éminence d’à peine 20 mètres de hauteur, mais c’est la seule de son secteur et elle offre des vues sur 4 à 5 kilomètres dans toutes les directions. Cet objectif se trouve au nord des positions atteintes par les fantassins australiens au cours des combats des jours précédents. Il apparaît donc que le contrôle de la crête 29 permettra de poursuivre l’avance en direction de la côte, encerclant par cette occasion la majeure partie de la 164.Leichte Division. Monty saisit vite l’opportunité d’une telle attaque : une telle menace pesant sur la 164.Leichte Division ne peut qu’obliger l’ennemi à intervenir, exposant ainsi ses Panzer à la destruction. Outre les Australiens, la 51th Highland continue sa pression dans son secteur tandis que les blindés de la 1st Armoured Division doivent poursuivre leurs tentatives de percée en direction de l’ouest et du nord-ouest. Ces trois formations représentent donc une menace de première importance sur le flanc gauche de la Panzerarmee. 15 000 obus s’abattent sur les positions allemandes. L’attaque s’est fait à bord de Bren-Carriers et les soldats australiens se ruent sur des défenseurs pris totalement par surprise une minute à peine après que le bombardement d’artillerie dont le bruit fracassant et la poussière dégagée a poussé les défenseurs à se terrer dans leurs abris de fortune. Le Trig 29 est donc pris par les Australiens la nuit du 25 au 26 octobre, après quoi Morshead s’apprête à lancer un nouvel assaut vers le nord dans la nuit du 28.

 

77 years ago: El Alamein 1942 (7). 24 octobre 1942

24 octobre : Monty dans l’impasse

L’infanterie soutenue par les tanks va t-elle réussir à atteindre ses objectifs?

Au lever du jour du 24 octobre, les espoirs sont permis pour la 8th Army. Pourtant, 6 divisions tentent simultanément de frayer un chemin à leurs véhicules sur un espace dépourvus de repères, de sorte que les limites des secteurs alloués à chaque unité sont bien difficiles à distinguer. Les difficultés à surmonter sont de taille. Les nuages de poussière provoqués par les explosions s’allient à ceux dégagés par les véhicules en mouvement dans le sable et se combinent à la fumée des combats, aux mines et aux embouteillages pour provoquer une confusion sur le champ de bataille. Les opérations du 24 au 26 octobre s’avèrent décevantes pour les Britanniques : les pertes sont nombreuses pour des gains très limités tandis qu’aucune percée n’est acquise. En revanche, le grignotage des unités d’infanterie ennemies est effectif, tandis que l’Afrika Korps, frappé du fort au fort, ne cesse de voir sa capacité offensive s’amoindrir.

La Lutfwaffe manque l’occasion de contrer l’ennemi encore empêtré dans les champs de mines…

Le matin du 24 octobre, Monty a fermement l’intention de poursuivre son plan à la lettre. Au nord, la 51th Highlands doit parvenir à s’emparer de ses objectifs initiaux sur la ligne « Oxalic » et participer activement à la sécurisation des corridors dévolus à la 1st Armoured Division. Les Shermans de cette unité repoussent les Panzer à plus de 2 000 mètres de distance, à la grande stupeur des Allemands. La tactique qui avait si bien fonctionné pour les Allemands est donc devenue obsolète et les Anglais sont désormais assurés de remporter les duels à longue distance. Pourtant, les tankistes de l’Afrika Korps espéraient contrebalancer la supériorité numérique de leur adversaire par leur tactique antichar qui avait montré ses preuves. Bien plus, les pièces de 88 mm peuvent être détruites à distance grâce aux obus explosifs et aux appareils de visée des Shermans, un luxe jusqu’alors impossible aux équipages britanniques. L’intervention de la Desert Air Force est un appoint supplémentaire dans la mesure où les pièces de 88 mm tentent de les engager au détriment de cibles terrestres. Mais, à l’instant précis où les tubes se dressent vers le ciel, les positions encore inconnues des 88 mm se révèlent ainsi aux Shermans qui peuvent les détruire à loisir.

Redoutables, les Flak de 88, embossés au ras du sol, révèlent leurs positions à l’ennemi lorsque leurs tubes se dressent vers le ciel pour repousser la Desert Air Force…

La présence pour la première fois de canons automoteurs, en particulier les 105 mm Priests, est un autre appoint tactique de premier ordre car il permet aux unités assaillantes de bénéficier rapidement du soutien de l’artillerie qui peut ainsi suivre la progression des blindés et leur apporter sans tarder leur soutien souvent indispensable. Dans le secteur de la 1st Armoured Division, les équipes de démolition britanniques détruisent pas moins de 26 carcasses de Panzer. Les Australiens doivent pour leur part poursuivre leurs efforts sur le flanc droit de l’offensive en commençant leurs opérations vers le nord en remontant vers la côte. Pourtant, le vent de sable, les antichars ennemis et une dramatique erreur d’identification qui provoque un raid des lignes australiennes par des bombardiers Boston font que les progrès restent très limités. Les Néo-Zélandais doivent enfoncer le front ennemi au-delà de la crête de Miteiriya en exploitant vers le sud. Dans le même secteur, la 10th Armoured Division doit se porter vers l’avant à la faveur d’un soutien en artillerie conséquent. Au sud, le 13th Corps engage à nouveau la 7th Armoured Division. En cas d’insuccès dans sa nouvelle tentative pour aménager un passage à travers le second champ de mines, le relais sera pris la nuit suivante par la 44th Home Counties Division qui se chargera d’opérer une brèche. Dans le camp adverse, l’offensive de la 8th Army a jeté le chaos. Peu de canons ont été en mesure de retourner le feu face à la tornade de feu qui s’est abattue sur leurs positions. Le pilonnage incessant de l’artillerie et de l’aviation alliée a semé une confusion extrême dans les communications. Les câbles téléphoniques ont été sectionnés par les tirs de l’artillerie britannique. Faute de pouvoir efficacement utiliser leurs fréquences radios, les Allemands en sont réduits à envoyer des estafettes aux états-majors ! Dans ces conditions, il faut un certain temps au QG de la Panzerarmee pour établir une évaluation claire de l’offensive ennemie. La portée de celle-ci, son ampleur et son axe d’effort majeur sont difficilement discernables par le général Stumme du fait de la multitude d’assauts simultanés lancés de la Méditerranée à la dépression de Qattara. Le général allemand décide donc d’évaluer la situation lui-même sur le terrain et c’est à cette occasion qu’il perdra la vie. A Berlin, l’OKW prend également la nouvelle de l’offensive avec quelques inquiétudes. Vers 15 heures, Rommel, encore convalescent, est contacté. Keitel, le chef de l’OKW, demande à Rommel si l’état de santé de celui-ci lui permet de regagner El Alamein. Devant une réponse affirmative, Keitel, l’assure qu’il continuera à le tenir au courant de la situation. Puis Hitler appelle en personne. Rommel écrira : « Il m’annonça que le général Stumme, toujours manquent, était ou prisonnier ou mort, et me demanda si je pouvais retourner immédiatement en Afrique. […] Peu après minuit, le Führer m’appela de nouveau. La situation à El Alamein était telle qu’il me priait de rejoindre l’Afrique tout de suite et de reprendre mon commandement. Dès le lendemain, je m’envolai ; je savais pertinemment que nous n’avions plus de lauriers à récolter sur le théâtre d’opérations d’Afrique du Nord, les renseignements fournis par mes officiers m’ayant appris que le minimum d’approvisionnements que j’avais réclamé était loin d’avoir été livré ».

Hitler sollicite le retour de Rommel à la tête de la Panzerarmee. Le Feldmarschall s’exécute: serra t-il en mesure de redresser la situation?

Les progrès réalisés par la 8th Army ce 24 octobre s’avèrent des plus décevants. Peu d’unités blindées sont parvenues à traverser les champs de mines en dépit des injonctions de Monty et de Leese à Lumsden et aux chefs des deux divisions blindées. En fait, seuls de timides efforts sont consentis pour obéir aux ordres de Montgomery qui veut absolument que ses tanks prennent position sur le terrain dégagé au-delà des champs de mines. Les Ecossais ont bien tentés de nettoyer le terrain et de préparer le passage pour les blindés de la 1st Armoured Division mais les gains sont minimes. Il faut souligner que les hommes sont épuisés par une nuit de bataille et une longue journée en étant en permanence soumis aux bombardements et aux tirs d’infanterie. La division blindée de Briggs reste donc hors de portée de Kidney Ridge, son objectif du jour. Freyberg s’emporte contre Gatehouse et sa 10st Armoured Division dont la lenteur ne permet pas d’exploiter le succès réalisé par les Néo-Zélandais. Mais Gatehouse ne veut pas risquer ses blindés au-delà de la crête et semble en fait moins préoccupé par l’idée de lancer une attaque que de se préparer à repousser un assaut des divisions de Panzer. Gatehouse est aussi bien conscient de la difficulté à faire traverser les champs de mines à ses camions de ravitaillement en munitions et en carburant. Or ce fait est essentiel s’il veut préserver son unité de la destruction. L’insistance de Monty amène toutefois Gathehouse à engager à 16 heures sa 8th Armoured Brigade dans une reconnaissance en force bien timide à l’ouest de la crête de Miteiriya. Cette attaque, qui manque singulièrement d’allant, est bien vite stoppée par la découverte d’un nouveau champ de mines protégé par d’efficaces positions d’artillerie.

77 years ago: El Alamein 1942 (6). Article: opérations dans la nuit du 23 au 24 octobre

L’offensive débute par un formidable barrage d’artillerie

23-24 octobre 1942 : l’opération « Lightfoot » est lancée

Au soir du 23 octobre, les unités d’assaut de la 8th Army sont en place. Trois attaques simultanées vont être lancées. Au nord, le 30th Corps va enfoncer la ligne principale de défense ennemie et établir une tête de pont sur une position nommée ligne « Oxalic ». Le 10th Corps pourra alors traverser la zone conquise par le 30th. Au sud, le 13th Corps doit enfoncer les lignes germano-italiennes dans le secteur de la dépression de Munassib. La 7th Armoured Division doit maintenir les forces blindées adverses dans le sud du fait de la seule menace qu’elle représente. Enfin, plus au sud, le 13th Corps va s’attaquer au mont Himeimat et plateau de Taqa en y engageant la 1ère Brigade des Français Libres. L’effort principal est dévolu au 30th Corps. La 9th Australian Division, depuis Telle el Eisa, et la 51th Highlands, jusqu’à Kidney Ridge, ouvrent le chemin à la 1st Armoured Division. Au sud de ces deux unités, la 2nd New-Zealand Division et la 1st South African Division prépare la voie de la 10th Armoured Division en s’emparant de la crête de Miteiriya. La 4th Indian Division ne lance pour sa part que des raids de diversion. Les quatre divisions d’infanterie du 30th Corps attaquent sur une largeur de 16 kilomètres avec deux brigades de front et un régiment de Valentines de la 23rd Armoured Division en soutien, hormis la division néo-zélandaise, qui dispose de sa propre brigade organique, la 9th.

Les Churchill: nouveaux tanks dans l’arsenal de la 8th Army

L’offensive débute le 23 octobre à 21h40 par une formidable préparation d’artillerie. Les canons de la 8th Army n’ouvrent pas tous le feu au même moment. Le minutieux plan de tir mis au point a en effet été calculé précisément de façon à tenir compte du temps nécessaire à chaque obus pour atteindre sa cible. Un timing parfait assure que tous les obus atteignent leurs cibles au même moment. L’heure de vérité est arrivée pour le patient travail de repérage des batteries d’artillerie ennemies mis au point au cours des mois précédant. Le déluge de fer et de feu qui s’abat sur les lignes de la Panzerarmee Afrika constitue en fait le plus fort barrage d’artillerie de l’armée britannique depuis la Première Guerre Mondiale. La préparation d’artillerie est d’abord un tir de contre-batterie : les positions connues de canons germano-italiens sont copieusement bombardées. Chaque batterie de quatre pièces d’artillerie de l’Axe est pilonnée une centaine d’obus. Puis, après une pause de quelques minutes pour effectuer les réglages, l’artillerie britannique frappe les premières lignes adverses sous un déluge de feu. Dans un troisième temps, un barrage roulant précède l’attaque de l’infanterie tandis qu’une partie des pièces d’artillerie britanniques reprennent leurs tirs de contre-batterie. Les pièces d’artillerie de l’Axe n’ont pourtant connu aucun répit puisque la Desert Air Force et l’USAAF ont pris le relais de la Royal Artillery dès la fin du premier tir de contre-batterie. Chaque canon de l’Axe qui réplique est impitoyablement attaqué par les bombardiers. La confusion au sien de la Panzerarmee est d’autant plus marquée que les communications radiotéléphoniques sont perturbées par des bombardiers Wellington spécialement équipés.

Sur le front de la 9th Australian Division, la 26th Brigade atteint ses objectifs sur la ligne « Oxalic » mais l’unité du flanc gauche, la 20th Brigade, reste stoppée par une résistance tenace à un kilomètre de la ligne devant être atteinte cette première nuit. Les pertes sont cependant assez lourdes, notamment en officiers subalternes, qui guident leurs hommes dans la nuit à l’aide de boussoles. A la gauche des Australiens, deux brigades écossaises, les 153rd et 154th, avancent au combat encouragées par les accents des cornemuses. Les bataillons se succèdent en permanence, prenant la tête à tour de rôle au fur et à mesure que les objectifs intermédiaires sont conquis. Les soldats sont lourdement chargés et une croix de Saint André a été placée sur les sacs pour faciliter l’identification dans l’obscurité. Il reste que ce sont les Ecossais qui ont la plus grande distance à défendre au sein du 30th Corps puisque le secteur de ligne « Oxalic » qu’ils doivent couvrir est deux fois plus large sur cette ligne que sur leurs positions de départ. Comme pour les Australiens, si l’avance rencontre de prime abord que bien peu de difficultés, la défense se raidit et devient vite acharnée, de sorte que la ligne de principale germano-italienne n’est pas entamée. Une seule compagnie a atteint ses objectifs et les pertes sont lourdes. Une compagnie entière est ainsi anéantie dans les champs de mines par les tirs provenant des nids de mitrailleuses. Les retards pris dans les déminages laissent peu d’espoir quant à l’ouverture d’un corridor pour la 1st Armoured Division dans les délais voulus.

L’attaque des Néo-Zélandais est couronnée de succès puisque les objectifs sont à peu près atteints, en dépit de pertes sévères. Les positions de la crête de Miteiriya sont consolidées pendant que les sapeurs ouvrent la voie à la 9th Armoured Brigade de Currie. Celle-ci se déploie sur le versant ouest de la crête avant de se replier à l’abri de cette dernière devant la vivacité de la réaction ennemie. Les régiments blindés ont auparavant éprouvé des difficultés dans les champs de mines car les Matildas « Scorpions » sautent sur les mines qu’ils sont sensés détruire. Les chars tentent lors de les contourner mais ils sont aussitôt victimes des mines à leur tour. Le Royal Wiltshire Yeomanry, le régiment de tête de la 9th Armoured Brigade, n’atteint la crête qu’avec 12 chars ! La perte de 19 Shermans et Grants aurait été une catastrophe pour la 8th Army en juillet mais, en octobre, ces pertes sont tout à fait supportables. Les Sud-Africains de Piennar usent de la même tactique que les Néo-Zélandais, à savoir que les unités d’infanterie attaquent seules dans un premier temps tout en aménageant des couloirs pour les blindés de soutien. Si, après avoir consentis de grands efforts, l’infanterie est parvenue à l’est de la crête avec quelque soutien blindé, les Sud-Africains éprouvent en revanche les pires difficultés à faire traverser les champs de mines aux armes antichars et au véhicules, de sort que l’armement lourd fait défaut, rendant la position de la division des plus fragiles. La résistance adverse est telle que les Sud-Africains doivent s’enterrer sur la crête de Miteiriya plutôt que de se retrancher plus à l’ouest avec l’idée d’exploiter le succès sur le flanc gauche de l’attaque du 30th Corps y engageant des automitrailleuses et des chars. Le pire est survenu au centre du secteur d’attaque sud-africain où les assaillants tombent sur un champ de mines non reconnu pour ensuite se trouver bloqués par une solide redoute de la 164.Leichte Division. 36 combattants allemands seront finalement capturés. Le Frontier Force Battalion perd 189 hommes cette nuit là.

Globalement, les premières heures de l’attaque de Leese sont un succès : quatre divisions d’infanterie ont pénétré en profondeur dans le dispositif ennemi et sont parvenues à s’emparer de l’importante crête de Miteiriya. L’offensive prend au contraire un tour inquiétant pour le 10th Corps, dont les démineurs de chaque division blindée doivent aménager des couloirs dans les champs de mines avant l’aube. Le travail de déminage est effectué de concert avec les opérations de l’infanterie, mais cette phase de l’opération doit être menée dans des conditions confuses et dangereuses. Au nord, un seul corridor de la 1st Armoured Division est aménagé sur toute sa longueur, les équipes ayant par ailleurs été retardées par de nombreuses poches de résistance ennemies qui prennent sous leurs feux le tracé des routes dévolues aux blindés. Il s’est avéré très difficile de localiser les points de défense germano-italiens, à fleur de sol sur un terrain essentiellement plat, avant que ceux-ci ouvrent le feu. La 10th Armoured Division doit pour sa part établir des passages dans le secteur de la 2nd New-Zealand Division. La situation semble ici plus favorable puisque quatre couloirs sont aménagés. Mais en fait un seul est réellement utilisable à son extrémité ouest, face à l’ennemi. Les blindés qui parviennent à rejoindre l’infanterie sont la cible de tirs antichars ennemis si intenses que les engins rescapés n’ont d’autre alternative que de s’abriter en arrière de la crête de Miteiryia. Le seul régiment des Sherwood Rangers perd 16 chars sous les coups des antichars italiens, soit le tiers de l’effectif initial. Les pertes sont d’autant plus lourdes que les chars de fabrication américaine utilisent du carburant d’avion et prennent donc feu comme des torches dès qu’ils sont touchés au réservoir, y compris par des obus perforants chauffés à blanc en perforant un blindage. En fait, peu de chars au total sont parvenus à franchir les champs de mines cette nuit-là en raison de la congestion qui accable les corridors et l’incroyable embouteillage qui survient à l’extrémité est de ceux-ci. De sorte que, au lever du jour, aucune des deux divisions blindées n’est à même d’exploiter la percée du 30th Corps ni affronter comme prévu la contre-attaque de l’Afrika Korps.

Troupes des Dominions et de l’armée des Indes: le fer de lance de « Lightfoot »

Les attaques menées au sud par le 13th Corps sont confrontées aux mêmes difficultés. Les champs de mines gênent considérablement la 7th Armoured Division et la 44th Home Counties Division. Les pénétrations ne concernent que le premier des deux grands champs de mines de l’Axe. Toutefois, ces opérations, tout comme l’attaque des FFL en direction du mont Himeimat et de Nabq Rala, participent à la confusion au sein de l’état-major de la Panzerarmee. Celle-ci atteint son comble lorsqu’elle perd son propre chef dès cette première nuit de bataille. Le général Stumme meurt en effet d’une crise cardiaque alors qu’il s’accroche désespérément à la portière de son véhicule de commandement qui tente de se mettre à l’abri des tirs d’artillerie de la 8th Army. La disparition de Stumme n’est réalisée qu’à midi le lendemain : le commandement de l’armée est alors temporairement assuré par von Thomas, le chef de l’Afrika Korps. Au regard de la situation sur le front des 30th et 10th Corps, l’offensive de Monty commence donc apparemment sous de mauvais auspices. Pourtant, lorsque les premiers rapports parviennent au QG de la 8th Army au petit matin, Monty se montre plutôt satisfait des résultats obtenus. Il constate que la défense ennemie a été acharnée comme prévue. Mais il constate également que ses unités ont progressé partout et que, si peu de blindés sont déjà parvenus au-delà de la zone des champs de mines, la tête de pont obtenue peut néanmoins être renforcée dans la journée. Les opérations de grignotage de l’infanterie germano-italienne pourront alors commencer, provoquant ainsi la réaction de l’Afrika Korps qui le mènera à sa perte. Il reste que l’échec quant à réussir une percée au travers de la crête de Miteiriya était prévisible à la lumière des échecs répétés des Australiens au mois de juillet. Par trois fois les Australiens avaient atteints la crête pour finalement se trouver exposés à un feu intense provenant de l’autre versant. En fait, en fixant la crête de Miteiriya comme objectif à l’infanterie, Montgomery est tombé dans le piège ennemi. Après les combats de juillet, les Germano-Italiens ont bien saisi l’importance stratégique de cette crête et ils ont en conséquence adoptés des mesures défensives pour empêcher toute exploitation au-delà. Combiné avec l’ordre d’alléger les avant-postes, la ligne de défense principale de la Panzerarmee est établie sur la contre-pente avec un dispositif en profondeur. La 8th Army a donc réussi à atteindre la crête, mais toute tentative menée au-delà a été sévèrement repoussée par un torrent de feu.

 

Les FFL dans l’opération « Lightfoot »

Les FFL sont engagés dans l’extrême sud du front, près de l’infranchissable dépression de Qattara.

Le 23 octobre 1942, plusieurs unités participent à l’opération « Lightfoot ». La 13ème Demi-Brigade de la Légion Etrangère doit ainsi se porter au combat, soutenue par une colonne volante d’automitrailleuses et renforcée par des chars et des autocanons. Tandis que les engins de reconnaissance doivent faire diversion vers l’observatoire allemand du mont Himeimat, les légionnaires doit s’emparer du plateau de Taqa. Vers 19 heures, la formation franchit le dernier champ de mines britannique. Le terrain n’est pas favorable à la manœuvre et les fantassins s’enfoncent dans le sable jusqu’aux chevilles tandis que les éléments motorisés ne progressent qu’avec d’énormes difficultés, de nombreux véhicules devant être remorqués par les chars. C’est ainsi que seulement deux kilomètres ont pu être parcouru en l’espace de deux heures ! Peu avant 22 heures, le fracas du terrifiant barrage d’artillerie de la 8th Army sonne le début de l’offensive. Tandis que les sapeurs commencent à frayer un passage au sein des champs de mines ennemis, celui-ci, bénéficiant de magnifiques postes d’observation sur les éminences du secteur, tels le mont Himeimat, ouvre le feu avec son artillerie. La progression est cependant assez satisfaisante et les champs de mines sont traversés par l’unité de reconnaissance française, qui se rend compte que ce premier obstacle est franchi en découvrant les panneaux « Achtung Minen ! » qui marquent l’extrémité occidentale de ces « jardins du Diable ». Les Spahis ont perdu deux automitrailleuses qui ont tenté de faire demi-tour. Les Spahis et leurs automitrailleuses sont envoyés en diversion à l’est d’Himeimat. Un peloton intercepte une patrouille ennemie mais perd un de ses engins, victime d’une mine lui aussi, en tentant de la poursuivre. L’attaque du 1er bataillon de la Légion débute à 2 heures du matin mais l’armement lourd ne suit pas la progression et plusieurs Bren-Carriers sont perdus. L’unité est clouée au sol au pied de la falaise de l’Himeimat par un violent tir de mousqueterie, de mortier et d’artillerie ennemie et toute tentative de débordement est vouée à l’échec. Les Français sont dans une situation délicate : ils ne peuvent prendre pied sur la falaise du Narb Rala et sont déployés à découvert. Il est donc impératif de profiter du couvert de l’obscurité pour effectuer un mouvement de repli. Celui-ci s’effectue dans des conditions dramatiques car les blindés ennemis de la Kampfstaffel Kiel (il s’agit en fait de blindés anglais récupérés par les Allemands : M3 Honey, M3 Grant, Crusaders) ouvrent le feu sur les légionnaires et deux Bren-Carriers et une ambulance sont mis en feu.

Au cours de la matinée, les Français doivent affronter une nouvelle fois les blindés ennemis qui tentent une contre-attaque. L’assaut se solde par un échec tandis qu’une esquisse de débordement par le sud-ouest est stoppée par les chars français appuyés par l’intervention fort opportune de chasseurs Hurricane d’appui au sol qui font feu de leurs canons de 37 mm. Plus tard, huit carcasses de blindés ennemis seront comptabilisées sur le terrain. Les Allemands ont été surpris par la chaude rencontre avec les blindés français et les appareils de la Royal Air Force. Devant l’attitude résolue des Français, les Allemands se mettent sur la défensive, laissant à leurs adversaires l’impression assez inattendue de rester maîtres du terrain alors que l’alerte a été sérieuse.

Dans le secteur du 2ème bataillon, qui s’attaque également aux positions ennemies de l’Himeimat, la situation est autrement plus favorable. Les légionnaires réussissent en effet l’exploit de prendre pied sur la falaise et de l’escalader en dépit des tirs meurtriers de l’adversaire. A 6 heures 15, la conquête du premier objectif est signalée par le tir de fusées Very. Sans moyens de défense adéquats pour résister à une attaque de blindés ennemis sur le plateau, les antichars étant bloqués par les champs de mines, les légionnaires n’ont d’autre alternative que de se retrancher sur le rebord de l’escarpement pour éviter l’anéantissement. L’unité doit donc se replier à son tour sous le feu de l’ennemi. Le décrochage s’effectue sous le couvert des unités de la colonne volante qui permettent aux légionnaires d’éviter le tir des mortiers et des mitrailleuses mais ne les mettent pas à l’abri de l’artillerie et des blindés ennemis. C’est au cours de cette action que tombe le lieutenant-colonel Amilakvari, qui avait glorieusement contribué à la défense de Bir-Hackeim au printemps précédant. Les positions ennemies du mont Himeimat, bénéficiant de vues plongeantes sur les Français, semblent inexpugnables. La colonne volante a perdu sept automitrailleuses dans son engagement des 23-24 octobre 1942. Le bilan de la journée se solde donc par un échec puisque les fantassins, en raison du mordant de l’ennemi et de l’extrême difficulté du terrain, n’ont pu se maintenir sur leurs objectifs. Les pertes françaises se montent à 123 hommes. Néanmoins, partout, les Spahis et leurs blindés se sont imposés à l’ennemi et leur intervention a sauvé les légionnaires de la destruction. De toute façon, toutes ces opérations ne présentent qu’un caractère secondaire dans l’offensive de Montgomery, mis à part la fixation de la 21.Panzerdivision dans le sud : la décision est recherchée ailleurs.

77 years ago: El Alamein 1942 (5). Article Prélude à la bataille

LA DEUXIEME BATAILLE D’EL ALAMEIN

 LES DEUX ARMEES SE PREPARENT POUR L’ULTIME CONFRONTATION

 

 

 

Rommel et Montgomery

      

On peut discerner quelques points communs aux deux adversaires. Ils sont entrés tous les deux dans l’Histoire et jouissent d’un immense prestige dans l’histoire des grands généraux de la guerre. Tous deux ont le goût du sport depuis la jeunesse. Leurs caractères et leur mode de vie ont quelques similitudes : ils s’adonnent pleinement à leur carrière militaire (Rommel ne lit que des livres concernant la guerre) et restent sobre, ne consommant ni tabac ni alcool (ou rarement). Les deux hommes ont de meilleures relations avec les officiers subalternes qu’avec les généraux de hauts rangs parmi lesquels nombreux sont ceux qui leur sont hostiles tout au long de la guerre. Ils sont en effet assez arrogants et sûrs de la justesse de leur manière de voir et de comprendre une situation. Tous deux sont efficaces et ont connu le succès. Ils sont également tous deux des subordonnés difficiles. Monty évite le contact avec ses pairs et il est incapable de discuter librement avec ses subordonnés qui ne partagent pas ses jugements militaires. Il préfère en revanche la compagnie des jeunes officiers qui lui sont acquis, qu’il encourage à parler et qu’il écoute attentivement, sans presque jamais les interrompre. Rommel et Monty ont en effet de bons rapports avec de jeunes officiers qui les admirent et qui les vénèrent parfois comme l’ensemble des soldats de leurs armées respectives qui les considèrent comme des héros. Ils jouissent en effet d’une immense popularité au sein de la troupe et dans leur pays, la presse et la propagande s’étant emparée des personnages, rôle qui leur sied absolument, les deux hommes aimant la publicité. Rommel, comme Monty, aime prendre la pose et apprécie la présence des reporters de guerre. Monty est également le champion des relations publiques parmi les généraux britanniques. Enfin, les deux hommes affectent de porter une tenue qui les distingue entre tous : le béret de tankiste et un simple pull avec un pantalon de velours pour l’Anglais, une casquette surmontée de lunettes de prise et un uniforme toujours impeccable avec manteau et écharpe anglaise en hiver pour l’Allemand.

Leur style de commandement diffère beaucoup. Rommel mène le combat depuis l’avant et son instinct lui dicte la manœuvre à appliquer dans le vif de l’action. Montgomery dirige quant à lui le combat depuis l’arrière et veut s’en tenir à ses plans dans la mesure du possible. Dans tous les cas, outre qu’il ne sache pas utiliser les blindés à bon escient, l’improvisation n’est pas son fort et il lui faut du temps pour changer de manœuvre. Ses plans sont généralement complexes et précautionneux tandis que Rommel fait preuve de hardiesse et la simplicité caractérise bon nombre de ses plans de bataille. Rommel a remporté d’immenses succès grâce à ses talents de général, tandis que Monty, qui est certes très talentueux, n’a dû son succès à El Alamein qu’en raison de son immense supériorité matérielle et humaine et grâce à la qualité de certains de ses subordonnés. Il reste toutefois à noter que Rommel n’a jamais bénéficié de l’aisance de ses adversaires en matière d’effectifs. Et on ne peut que conjecturer sur son attitude s’il avait pu bénéficier de moyens plus conséquents.

 

La Panzerarmee Afrika à la veille de l’offensive britannique

   

En octobre 1942, la Panzerarmee Afrika compte 104 000 combattants, soit 54 000 Allemands et 50 000 Italiens. A ce total il convient d’ajouter 15 000 soldats allemands de la Luftwaffe et de la Kriegsmarine ainsi que près de 90 000 Italiens répartis en Libye et sur les lignes de communications. Bien que la perte de l’Egypte serait un désastre sans précédent pour le Royaume-Uni, Hitler n’accorde qu’un intérêt bien secondaire au front d’El Alamein bien que les renforts arrivent et que la petite armée allemande présente en Afrique soit en grande part constituée de formations d’élite de la Wehrmacht, à savoir les unités blindées et motorisées et les unités parachutistes. Les effectifs en blindés se sont accrus depuis le revers d’Alam Halfa puisque l’Afrika Korps compte 242 chars, dont 31 légers. Sur ce total on dénombre 30 Panzer IV F2. Les chars italiens sont au nombre de 280. Le total général pour les forces de l’Axe est donc d’environ 520 chars. Il convient toutefois d’ajouter à ce total les canons automoteurs et chasseurs de chars. Les Italiens alignent une quarantaine de Semovente 75/18 avec leur excellente pièce de 75 mm, qui représente un progrès dans la dotation en armement lourds au sein de l’armée italienne. Les Allemands disposent de quelques automoteurs s.I.G 33 de 150 mm ainsi que de 36 pièces de 150 mm montées sur châssis de chenillettes française « Lorraine ». Les unités antichars allemandes alignent encore un certain nombre de Panzerjäger I, rescapés des premiers combats en Afrique, ainsi que 3 Sturmgeschütze et des Marder III équipés du terrible canon antichar russe de 76,2 cm, aussi redoutable que le canon de 88 mm. Ces derniers sont disponibles au nombre impressionnant de 86 au sein des unités de la Panzerarmee, tant pour un rôle antichar qu’antiaérien. Au début de 1942, en dehors des Marder III qui sont perçus à l’automne et des pièces soviétiques tractées, 9 autres canons russes de 76,2 cm sont montés sur affûts automoteurs semi-chenillés, certains étant encore en service en octobre 1942. A cette date, L’excellent canon antichar de 50 mm, le Pak 38, est également présent en nombre puisque 290 pièces sont disponibles. Au total, les Germano-Italiens possèdent 571 canons d’artillerie, 522 canons antichars (850 selon certaines sources) et 1 340 canons antiaériens. Notons au passage que les unités de 1942 de la Luftwaffe déploient 52 autres pièces de 88 mm affectées à la défense des ports et des aérodromes de la zone arrière.

Alors que Montgomery destitue de leurs postes de nombreux officiers parce qu’il perçoit en eux des capacités insuffisantes, Rommel est contraint à opérer des changements pour de toutes autres raisons. Le général Nehring, blessé à Alam Halfa, est évacué pour être remplacé par un nouvel arrivant en provenance de Russie : le général von Thomas, qui y a acquis une flatteuse réputation en tant qu’officier de l’arme blindée. Le général von Randow est placé à la tête de la 21.Panzer Division en remplacement du défunt von Bismarck. Enfin, à la 90.Leichte Division, le général von Sponeck succède au général Kleemann, blessé lui aussi à Alam Halfa. Tous ces changements n’ont que peu d’effet pour raffermir le moral de la Panzerarmee. C’est au contraire le départ de leur chef charismatique, le maréchal Rommel, qui trouble le plus les combattants germano-italiens. Le 22 septembre, en effet, remet le commandement de la Panzerarmee Afrika au général Stumme, muté depuis la Russie, avant de partir en cure en Autriche. Le 25 septembre, après une escale à Rome, Rommel reçoit son bâton de Feldmarschall des mains du Führer. Il est convié à une conférence de presse où il déclare bien mal à propos la phrase suivante alors que sa main tient une clenche de porte « c’est ainsi que j’ai la main sur la poignée de la porte d’Alexandrie ».

Avant de quitter l’Afrique, Rommel a cependant mis toute son énergie pour renforcer ses positions à El Alamein et établir un plan de défense à adopter pour contrer la future offensive britannique. Conscient des insuffisances inhérentes aux unités d’infanterie italiennes, Rommel décide d’imbriquer celles-ci avec des troupes allemandes pour renforcer sa ligne de défense. Les états-majors des unités alliées sont situés très près des uns des autres, et ce du niveau divisionnaire jusqu’à celui du bataillon au moins pour certaines unités. La ligne des avant-postes est allégée mais, en revanche, elle gagne en profondeur. En outre, les points forts tenus par des compagnies sont renforcés par des points de résistance défendus par des sections ou des groupes de combat qui se protègent mutuellement. Les positions sont à cet effet disposées en échiquier. Ces avant-postes de combat sont établis jusqu’à une profondeur d’un kilomètre. La raison première de cette ligne continue d’avant-postes est de simuler des effectifs bien plus conséquents qu’en réalité tout en assurant la sécurité des divisions en ligne. Après cette première zone de défense, il faut parcourir un espace variant de un à deux kilomètres avant de trouver la ligne principale de résistance. Les secteurs défendus par les bataillons occupent une ligne de 1,5 kilomètres de large sur 5 kilomètres de profondeur. Seule une compagnie par bataillon est déployée sur les avant-postes de la principale ligne de défense. Dans tous les cas, les troupes tenant les avant-postes sont limitées et de nombreuses mines sont posées entre les points fortifiés. Ces nombreux petits ouvrages défensifs des avant-postes, hérissés de canons antichars, mortiers et mitrailleuses incluent aussi des observateurs. Le colonel Hecker supervise la mise en place de plus de 445 000 mines sur la ligne défensive d’El Alamein. Entre le 5 juillet et le 20 octobre, les unités du génie de la Panzerarmee Afrika posent 250 000 mines antichars et 14 000 mines antipersonnelles. En outre, 180 000 mines britanniques provenant de dépôts capturés sont intégrées aux champs de mines allemands. A ce stade de la guerre, aucune armée n’a encore disposé un nombre aussi important de mines sur sa ligne de défense. Les mines sont en outre renforcées par la pose de bombes aériennes très puissantes. Pour accroître les difficultés du travail de déminage, de nombreux engins sont piégés ou reliés entre eux. Les champs de mines de Rommel, les « jardins du diable », sont certes denses, mais sont également disposés avec des brèches entre eux. Les mines sont en effet semées dans deux ceintures frontales distantes de plusieurs kilomètres et traversées par des ceintures transversales. Ces solutions de continuité sont tout à fait intentionnelles. Elles ont pour objectif d’attirer les blindés britanniques dans les pièges mortels des antichars et de soumettre les unités qui s’aventureront dans ces brèches à des tirs de flanquement provenant des zones protégées par les mines. Des barbelés et des antennes de mines sont ainsi placés apparemment au hasard dans le seul but d’attirer les Britanniques dans le champ de tir d’un canon ou d’une mitrailleuse. Il sera alors aisé à l’Afrika Korps de balayer les assaillants en lançant de puissantes contre-attaques contre un ennemi placé en bien fâcheuse posture. Enfermées comme dans une boîte entre les champs de mines, les unités britanniques courront à la destruction. Le dispositif vise également à dilapider l’effet du barrage d’artillerie britannique sur les avant-postes en préservant la ligne principale de résistance, située hors de portée. Il s’agit donc ici d’un exemple remarquable de défense en profondeur.

Le front nord de la Panzerarmee, près de la côte, est tenu par la 164.Leichte Division et la Trento. Au sud de ces deux unités, jusqu’à la crête de Ruweisat, la ligne de front est prise en charge par les divisions Bologna, Brescia et Pavia, toutes trois renforcées par les parachutistes d’élite de la 22.Fallschirmjäger Brigade Ramcke. Puis vient le secteur des parachutistes de la 1942, renforcés eux-aussi par une unité allemande, en l’occurrence le bataillon de reconnaissance 33. Tout au sud, bordant la dépression de Qattara, le front est tenu par le Kampfstaffel Kiel, l’unité de protection du QG de Rommel, qui compte aussi des éléments blindés légers et de reconnaissance. Devant l’ignorance des intentions réelles de l’adversaire quand au secteur qui sera attaqué et tenant compte de ses modestes réserves en carburant, Rommel s’est résigné à répartir ses divisions blindés en deux sous-ensembles. Au nord, dans le secteur de Tell el Aqaqir, sont regroupées la 15.Panzer Division et la Littorio. Au sud sont positionnées la 21.Panzer Division et l’Ariete. Toutefois, Rommel considère que le manque d’allant la lenteur d’exécution des Britanniques lui laissera le temps de regrouper ses unités blindées pour mener sa contre-attaque. Enfin, les deux divisions motorisées, 90.Leichte et Trieste, sont placées en réserve près de la route côtière.

 

La 8th Army en octobre 1942

 

En octobre 1942, la 8th Army est prête à l’offensive. Le 10th Corps du général Lumsden rassemble les 1st et 10th Armoured Divisions commandées par les généraux Briggs et Gatehouse. Lumsden n’est pas l’homme qu’aurait voulu Monty, qui aurait préféré placer à ce poste un officier qu’il connaît. Mais il a dû s’incliner devant l’insistance d’Alexander pour employer un général de la 8th Army ayant l’expérience de la guerre du désert. Au nord, à partir du « box » d’El Alamein, le 30th Corps du général Leese tient la ligne avec le 23th Armoured Brigade Group, 9th Australian Division de Morshead, la 51th Highlands Division de Wimberley, la 2nd New-Zealand Division de Freyberg, la 1st South par Division de Pienaar et la 4th Indian Division de Tucker. Leese, nouveau venu d’Angleterre, remplace ainsi Ramsden. Le 13th Corps, toujours positionné au sud du front, aligne la 7th Armoured Division de Harding, qui a retrouvé des chars, la Brigade des FFL de Koenig ainsi que les 50th et 44th Infantry Divisions, commandées respectivement par les généraux Nichols et Hugues. Le commandement de la 7th Armoured Division a également changé puisque le général Harding remplace le général Renton. Dans les échelons inférieurs de la chaîne de commandement, Monty promeut de nombreux officiers, nouveaux arrivées avec des idées nouvelles, pour remplacer ceux qu’il estime usés ou sur la touche. Contrairement à ses prédécesseurs, Montgomery bénéficie d’une supériorité écrasante dans tous les domaines. Les forces britanniques se montent à 220 000 hommes, soit le double de leurs adversaires.

 

Plus de 2 000 pièces d’artillerie et antichars sont répartis au sein des unités britanniques. Au début de la bataille la 8th Army aligne 849 canons antichars de 6 Livres et 554 de 2 Livres, soit 1 451 pièces au total. Cela signifie que tous les régiments antichars de la Royal Artillery sont équipés de cette excellente pièce de 6 Livres, capable de délivrer un coup mortel à tout Panzer à distance respectable. En ce qui concerne l’artillerie, les Britanniques disposent de pas moins de 832 canons de 25 Livres et de 52 pièces moyennes de 4,5 et de 5,5 Pouces. Cela signifie donc que la puissance de l’artillerie britannique a fait plus que doubler au cours de ces semaines cruciales qui ont précédé l’offensive de Montgomery. Les troupes de Rommel alignent pour leur part environ 500 canons de campagne et 1 063 antichars. A ces chiffres il convient d’ajouter les canons antiaériens, soit plusieurs dizaines de pièces par division.

 

Monty dispose également d’une nette supériorité en blindés pour son offensive. Le 23 octobre 1942, la 8th Army ne compte pas moins de 1029 tanks opérationnels. En outre, les Britanniques ont 200 autres tanks placés en réserve immédiate tandis que 1 000 autres sont en réparation ou sont en cours de modification dans des ateliers en Egypte. Rommel n’a que 218 Panzer III et IV à lui opposer, en sus de 278 blindés italiens, aux performances nettement inférieures à leurs homologues britanniques. En comptant les réserves, Monty dispose donc d’une supériorité de cinq contre un en chars. Bien plus, Monty bénéficie de la supériorité qualitative depuis que les M4 Sherman américains ont rejoint les unités blindées de la 8th Army. Pas moins de 252 de ces engins équipent l’armée. Le 11 septembre, 318 Shermans et 100 canons automoteurs M7 Priest arrivent à Suez. Le blindage des Sherman et leur armement principal, un canon de 75 mm, leur assurent un avantage décisif sur l’ennemi pour les combats à longue distance, caractéristiques de la guerre du désert. Rommel n’a que 38 Panzer IV à canon long de 75mm L48 qui soutiennent la comparaison avec les Shermans. La coque incliné offre au M4 un blindage satisfaisant pour l’époque, quoique insuffisant face aux 88 mm. En outre, les Britanniques ont également 170 M3 Lee/Grant, qui ont déjà démontré leur efficacité depuis la bataille de ferrées en mai-juin 1942, mais aussi leurs limites : leur trop haute silhouette et leur pièce de 75mm maladroitement placé en casemate sur un des flancs de la caisse. En revanche, le Grant, comme le Sherman, a l’immense avantage de tirer à la fois des obus explosifs et perforants et peut donc s’attaquer aussi bien aux blindés adverses qu’aux canons et à l’infanterie, une possibilité qui n’est pas offerte aux équipages de blindés de manufacture anglaise puisque étant équipés de canons tirant uniquement des obus perforants.

 

Les modèles britanniques qui entrent pour une large part dans la composition de l’armée ne sont guère des réussites, mais ils représentent la majeure partie de l’effectif disponible pour Monty. Les Crusaders sont mal blindés et ont une trop grande propension à prendre feu dès qu’ils sont atteints par un tir adverse. Le char a toutefois été amélioré en matière d’armement par le montage d’un canon de 6 Livres, aux performances alors satisfaisantes, mais beaucoup de Crusaders sont encore équipés de l’inefficace canon de 2 Livres. Cette pièce totalement obsolète dès sa mise en service constitue malheureusement également l’armement principal des Valentines, mieux blindés que les Crusaders. Bien qu’assez fiables, ces blindés ne sont guère une réussite. El Alamein voit aussi l’entrée en lice des premiers chars Churchills Mk III, armés d’une pièce de 6 Livres, (les premiers Churchills ont combattu à Dieppe l’été précédant). Six de ces engins combattent au sein du QG de la 1st Armoured Division. Enfin, les Matildas participent à leur dernier combat au cours de l’offensive de Montgomery, non pas comme engins de combat mais comme chars de déminage, précurseurs des Shermans Flails qui interviendront en Normandie en 1944. Les Matildas équipés de la sorte sont dénommés « Scorpion » et douze d’entre-eux participent à l’offensive de Montgomery. Ce sont les seuls Matilda qui demeurent encore en service au sein de la 8th Army. A côté des chars de combat, la 8th Army dispose, pour la première fois dans l’armée britannique, de canons automoteurs, en l’occurrence une centaine de M7 Priests américains armés d’une pièce de 105 mm et des Bishops britanniques. Les Priests ont des châssis de Lee/Grant tandis que les Bishops sont des canons de 25 Livres montés sur châssis de Valentine. En raison de sa trop haute silhouette et de la faiblesse de son blindage, le Bishop n’est pas vraiment une réussite à l’inverse de son homologue américain. L’avantage de ces canons automoteurs est bien évidemment le gain de temps considérable gagné par rapport aux pièces attelés à des camions ou à des semi-chenillés qui mettent beaucoup plus de temps à être mis en batterie ou à se mettre à couvert une fois leur position repérée. En outre, le canon automoteur a l’avantage de pouvoir se mouvoir plus près du front et d’accompagner plus rapidement les unités qui vont de l’avant. Ils sont également beaucoup plus rapides à intervenir en cas de demande de soutien de la part de l’infanterie.

L’ensemble des 1035 chars de Monty est réparti entre trois divisions blindées et deux brigades blindées indépendantes ainsi que quelques régiments.

QG 8th Army : 7 M3 Grant

QG 10th Corps : 2 Crusaders

QG 1st Armoured Division : 8 Crusaders et 6 Churchills

2nd Armoured Brigade : 1 M3 Grant, 92 M4 Sherman, 67 Crusaders

QG 10th Armoured Division : 7 Crusaders

8th Armoured Brigade : 57 M3 Grant, 31 M4 Sherman, 45 Crusaders

24th Armoured Brigade : 2 M3 Grant, 93 M4 Sherman, 45 Crusaders

QG 7th Armoured Division, 13th Corps : 7 Crusaders

4th Light Brigade : 14 M3 Grant, 67 M3 Stuart

22nd Armoured Brigade : 57 M3 Grant, 19 M3 Stuart, 50 Crusaders

9th Armoured Brigade, 30th Corps : 37 M3 Grant, 36 M4 Sherman, 49 Crusaders

23rd Armoured Brigade, 30th Corps : 194 Valentines

2nd New Zealand Divisional Cavalry Regiment, 30th Corps : 29 M3 Stuart

9th Australian Divisional Cavalry Regiment : 4 M3 Stuart, 15 Crusaders

            42 et 44 RTR, 1st Army Tank Brigade : 12 Matildas “ Scorpions”

Montgomery dispose en tout de trois divisions blindées parfaitement équipées et de deux brigades blindées.

Le rôle dévolu aux unités aériennes lors de l’offensive est primordial. La coopération entre les armées de terre et aérienne a déjà prouvé son efficacité au cours de l’ultime attaque de Rommel à Alam Halfa. La Desert Air Force de Coningham et l’USAAF dépendent du Headquarters Middle East sous les ordres du maréchal Sir Arthur Tedder. Sur plus de 700 appareils disponibles, 530 sont en état de combattre, ce qui assure une nette supériorité aérienne aux Alliés puisque les forces de l’Axe n’ont que 350 avions en état de vol à leur opposer sur les 770 dont elles disposent. Outre le bombardement des concentrations ennemies, l’aviation aura pour tâche de tenir la Luftwaffe et la Regia par loin du champ de bataille pendant que les escadrilles harcèleront sans répit les lignes de communications et de ravitaillement de la Panzerarmee Afrika.

On a vu qu’une unité française des FFL se trouve dans le dispositif du secteur sud de la 8th Army. Les mois de l’été 1942 sont employés par les deux brigades françaises à se reconstituer et à prendre du repos après les pertes sévères de Bir-Hackeim. En août 1942, le 1er groupe de reconnaissance prend position au Fayoum, dans l’éventualité d’une vaste tentative d’enveloppement par le sud de la part de l’ennemi. Le 2ème Groupe de Reconnaissance est mis à la disposition de la 7th Armoured Division dans l’extrême sud du front d’El Alamein. Il comprend un escadron d’automitrailleuse, un escadron d’autocanons et une compagnie de chars. Les mois de septembre et d’octobre sont occupés à de multiples reconnaissances le long de la falaise surplombant la dépression de Qattara. Pour obtenir des renseignements plus précis, les Spahis sont obligés de combattre le plus souvent à pied, escaladant l’escarpement à la faveur de la nuit, ne pouvant la plupart du temps se désengager de l’ennemi qu’à la grenade, voire à l’arme blanche.

 

Le plan de Monty et les préparatifs menés par la 8th Army

 

Montgomery pousse les préparatifs pour s’assurer le maximum de chances de succès. Ses talents d’organisateur et de tacticien sont mis à profit avec brio pour parvenir à former une formidable machine de guerre. Le nouveau commandant de la 8thArmy doit faire face aux pressions exercées sur lui par Alexander et Churchill qui tentent de le persuader de lancer son offensive plus tôt. Churchill insiste pour qu’une victoire retentissante soit remportée par les Britanniques à El Alamein avant le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, prévu le 8 novembre 1942. Il est en effet crucial à ses yeux de rallier à la cause alliée avant cette date les troupes et les officiels français au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Tout aussi important est de permettre l’arrivée de nouveaux convois à destination de Malte, ce qui suppose que les forces de l’Axe ne contrôlent plus les aérodromes de Cyrénaïque d’où leurs escadrilles exercent une menace permanente. Churchill pousse Monty de lancer son attaque dès la fin du mois de septembre. Mais Montgomery s’obstine : il ne bougera pas avant d’être parfaitement prêt. Il obtient donc ce dont Auchinleck n’avait pu bénéficier : du temps et des effectifs considérables.

Montgomery entend ne pas sombrer dans les écueils de ses prédécesseurs lors de « Crusader » et de la bataille de Gazala. Il prend la décision de concentrer deux puissantes divisions blindées au sein d’un même corps, son « corps de chasse ». Selon les vœux de Monty, celui-ci doit compter deux divisions blindées et la 2nd New-Zealand Division. En fait de nouveauté, Monty reprend l’idée qui a prévalu à la formation du 30th Corps pour « Crusader ». Montgomery a envisagé le 10th Corps comme l’équivalent britannique de l’Afrika Korps. Les deux divisions blindées qui le composent, la 1st et la 10th, totalisent 449 tanks, dont 216 Shermans, soit deux fois plus de blindés que l’Afrika Korps. Seulement, Monty se leurre en pensant que l’armée de Rommel se compose de deux ensemble distincts : les divisions qui tiennent des positions défensives et les troupes mobiles engagées dans des contre-attaques. Au contraire d’un corps d’élite tenu en réserve, l’Afrika Korps est le fer de lance de la Panzerarmee Afrika, capable de s’acquitter de toute mission qu’on lui assigne. Dans l’optique de Monty, ce sont les unités d’infanterie qui devront réaliser la percée initiale. Monty opère également un refonte de l’organisation de la 2nd New-Zealand Division, qui comptera désormais sans ses rangs deux brigades d’infanterie et une brigade blindée en sus des unités de soutien habituelles. On retrouve exactement là la notion de division mobile de type unique qu’Auchinleck préconisait. Mais Montgomery n’a jamais admis, ou même réalisé, la contribution qu’il devait à ses prédécesseurs. Montrant sa différence avec Auchinleck, Monty rejette en outre, on l’a vu, toute idée de « Jocks columns » et de brigades renforcées combattants de façon indépendantes, les « battlegroups ». Désormais, les divisions seront engagées en divisions.

Au début du mois d’octobre, Montgomery donne à ses principaux subordonnés les grandes lignes du plan de son offensive, baptisée « Lightfoot »:

  1. L’attaque principale du 30th Corps dans le mord aura lieu sur un front de

quatre divisions. Deux couloirs devront être ouverts dans les champs de mines

et le 10th Corps les empruntera ensuite pour l’exploitation.

 

  1. Le 13th Corps lancera deux assauts dans le sud, l’un le long des pics de Himeimat et l’autre dans la région du Gebel Kalakh, avec pour seul objet de faire diversion et de maintenir dans le sud des forces ennemies qui seraient autrement transférées sur le front d’assaut principal.

 

  1. Sur les deux fronts, les positions ennemies doivent être détruites mais il est nécessaire d’éviter les lourdes pertes dans le sud, principalement parmi les chars de la 7th Armoured Division.

 

  1. Dès que le 10th Corps aura passé à travers le 30th Corps et sera au sein de la position principale ennemie, il devra se déployer afin d’éviter des interférences dans le combat du 30th Corps contre l’infanterie de l’Axe. Une offensive directe contre les chars ennemis ne pourra avoir lieu qu’après le succès de la bataille d’infanterie.

 

  1. La bataille commencera de nuit, lors de la période de pleine lune ».

 

Le plan de Monty est limpide : l’effort principal sera délivré dans le nord pendant que des feintes seront lancées dans le sud afin d’abuser l’ennemi sur ses intentions réelles et le contraindre à y laisser une partie de ses unités blindées, un leurre qui semble d’autant plus facile à réussir que Rommel s’attend à une offensive contre la partie méridionale du front. Ses défenses au nord sont en effet beaucoup plus étoffées et les champs de mines y sont particulièrement denses. Monty attaque donc le secteur le mieux défendu. L’objectif du 30th Corps est de préparer le passage du 10th en s’emparant de la crête de Miteiriya. Les blindés du 10th Corps emprunteront alors les couloirs déminés pour se déployer et repousser sur un terrain adéquat et en force l’inévitable contre-attaque de l’Afrika Korps. L’envoi de l’infanterie est un pari risqué car en cas de retard des unités blindées, elle risque de se faire anéantir comme les tragédies de juillet l’ont démontré. C’est pourquoi la 9th Armoured Brigade et le 23rd Armoured Brigade Group participeront à l’assaut des les premières heures de la bataille. Notons toutefois que faire intervenir le gros des forces blindées après l’infanterie évitera les hécatombes subies par les régiments blindés britanniques depuis le début de leurs affrontements contre les Allemands dans le désert. Il demeure que faire traverser un corps par un second en pleine bataille implique que l’organisation des mouvements se doit d’être rigoureuse en dépit du chaos qu’engendre toute bataille. La crainte d’une congestion dans les couloirs est bien réelle. Le temps semble manquer pour mener à bien la percée : si les divisions d’infanterie commencent leur attaque à 22 heures, le 30th Corps estime que la tête de pont ne sera pas établie avant 3 heures du matin. Cela laisse donc peu de temps au 10th Corps pour se frayer un chemin vers l’avant à travers plusieurs kilomètres de secteurs déminés, en une seule file, pour finalement déboucher en terrain découvert à l’autre extrémité. Si les blindés sont pris en plein jour par les antichars ennemis, ils seront détruits pour un résultat nul. D’un autre côté, faire mouvement la nuit suivante signifie laisser les divisions d’infanterie seules pour faire face à la contre-attaque de l’Afrika Korps. Cette éventualité étant impossible et les tankistes étant par trop réticents à s’aventurer dans les champs de mines en plein jour, Lumsden décide que seules les brigades blindées emprunteront les couloirs déminés, les autres composantes des divisions blindées étant engagées plus tard. Lumsden insiste également pour que la lutte soit coordonnée afin de détruire les antichars ennemis si ses blindés sont encore dans les champs de mines au lever du jour. Les blindés du 10th Corps quitteront donc la ligne de départ à 1h30.

L’opération « Lightfoot », ainsi que l’a baptisée Monty, de façon quelques peu scabreuse si on l’on songe aux champs de mines ennemis que son armée va devoir franchir, est donc avant tout une bataille d’attrition. Montgomery entend emporter la partie parce qu’il dispose de plus de réserves que son adversaire, parce qu’il peut se permettre d’encaisser plus de pertes. La bataille sera donc très coûteuse. Il n’y a en outre aucune possibilité de s’attaquer uniquement aux unités italiennes comme l’avait fait Auchinleck en son temps, puisque ces troupes italiennes sont renforcées par troupes allemandes. Mais le plan vise aussi à affaiblir progressivement l’Afrika Korps lorsque ce dernier passera à la contre-attaque. L’accumulation de pertes conduira immanquablement la Panzerarmee au repli, faute de posséder suffisamment d’hommes pour tenir ses lignes. Ce qui est remarquable dans cette préparation à l’offensive par Montgomery, c’est l’absence d’un véritable plan explicite pour l’exploitation et la poursuite. Tout l’effort de réflexion est concentré sur la bataille d’attrition, ce qui représente une faille au moment où la bataille d’El Alamein arrivera à son terme.

Le plan établi, il importe de préparer les troupes à l’offensive. Monty ordonne à ses subordonnés un programme d’entraînement intensif. Pour ce faire, des divisions entières sont retirées du front pour suivre un entraînement sur un terrain similaire à celui qui constituera celui de leur objectif. Devant la bataille qui s’annonce, les unités d’infanterie doivent apprendre à attaquer et à réduire des positions défensives. Les exercices visent à maîtriser le combat de nuit, la pénétration des champs de mines, l’aménagement de couloirs au sein de ceux-ci, la consolidation rapide des gains de positions acquis afin de repousser les inévitables contre-attaque. Les unités blindées doivent s’entraîner pour leur part à la délicate manœuvre de la traversée des champs de mines et de positions conquises par l’infanterie sans que les retards s’accumulent et sans provoquer de chaos dans les mouvements. On étudie également la question du ravitaillement des unités de la tête de pont établie au-delà des champs de mines sur les positions de l’Axe. Rien n’est laissé au hasard. C’est ainsi qu’il faut s’assurer que les transmissions soient excellentes. On peaufine également les tactiques antichars. L’artillerie apprend à réaliser d’efficaces tirs de barrage, des concentrations de tirs et un feu roulant. L’infanterie et les unités motorisées doivent s’entraîner sur de vrais champs de mines à suivre un feu roulant d’artillerie à tirs réels.

Le succès de l’offensive suppose que soit remédier la question essentielle du déminage. Il importe de réussir à réaliser un certain nombre de couloirs à travers les champs de mines dès la première nuit, et ce en dépit du farcas des combats, des dangers encourus par les équipes de démineurs et du risque de confusion et de retard. Les expériences de la première bataille d’El Alamein ont montré que c’est l’unité qui doit emprunter les couloirs qui doit les réaliser elle-même. Le problème consiste surtout à faire passer le matériel lourd, en particulier les tanks, les canons antichars et les véhicules d’approvisionnement. Le brigadier Kish, chef du génie à la 8th Army confie au major Moore, des Royal Engineers la tâche de trouver des solutions. Le major Moore résout vite la première difficulté, à savoir détecter les engins explosifs, grâce à une géniale invention polonaise : le détecteur de mines, familièrement surnommée « poêle à frire ». Il reste pourtant un écueil de taille à cet appareil : le manipulateur de l’engin doit en effet se tenir debout, ce qui l’expose dangereusement aux tirs ennemis ! 500 détecteurs sont toutefois répartis au sein des unités avant le début de l’offensive. Moore met au point la technique de déminage à adopter. Sa méthode implique le travail simultané de trois équipes de neuf hommes, permettant à elles trois d’ouvrir un passage d’environ 7 mètres de large. Des bandes blanches disposées au sol par la première équipe permettent de délimiter le passage à déminer. En outre, des canons antiaériens Bofors tireront des traceurs le long de ces mêmes lignes pour éviter tout égarement dans la nuit. En outre, certains camions déversent derrière eux une traînée de diesel parfaitement visible au clair de lune. Des poteaux portant des feux oranges et verts délimitent les couloirs, les feux verts indiquant le côté déminé. Chaque équipe de neuf hommes est subdivisée en groupe de trois. La deuxième équipe cherche les engins de mort de l’ennemi. Lorsque les détecteurs repèrent une mine, un cône en fer blanc découpé à partir de bidon d’essence marque l’endroit. La dernière équipe, ventre au sol, est chargée d’extraire les mines et de les neutraliser. Moore estime qu’une heure est nécessaire pour déminer une bande de 200 mètres de long avec utilisation de détecteurs. Il faut en revanche compter deux heures de travail avec la vieille méthode consistant à sonder le sol avec des baïonnettes. Une troisième méthode consiste en l’utilisation de chars démineurs, les Matildas « Scorpions ». Mais le nuage de poussière dégagée par les fléaux de l’engin rend son utilisation des plus délicates en environnement désertique. La question du déminage réglée, il faut ensuite mettre au point la protection des équipes du génie et assurer l’organisation du trafic dans les deux sens à travers les couloirs déminés. Certaines divisions créent à cet effet une force mixte d’infanterie, de blindés, de Military Police et de transmission

L’offensive projetée par Monty réclame la constitution d’énormes stocks de munitions et de carburant afin d’assurer l’approvisionnement des unités attaquantes. Un effort gigantesque est réalisé pour y parvenir. Le ravitaillement est acheminé d’abord jusqu’aux gares de Burg el Arab et d’Amiriya avant d’être stocké ou distribué aux unités. La 8th Army dispose de 36 compagnies du RASC, la logistique de l’armée britannique. La capacité de ces compagnies est conséquente puisqu’elle atteint 10 000 tonnes. Montgomery peut en outre compter sur 6 compagnies de transporteurs de chars, qui épargnent les longs déplacements dans le désert et donc la mécanique fragile des blindés. Comme toujours dans le désert, la question de l’approvisionnement en eau est vitale. 9 compagnies de camions citernes oeuvrent à cet effet au sein de la 8th Army et plusieurs pipelines sont construits pour acheminer l’eau en quantités suffisantes. Les dépôts de la zone avancée de l’armée contiennent au total cinq jours de stocks de carburant, de munitions et de vivres pour les 13th et 30th Corps et sept jours pour le 10th Corps. Les munitions d’artillerie sont disponible en quantité impressionnantes : 286 000 obus de 25 Livres et 20 000 coups pour les pièces de 4,5 et de 5,5 Pouces sont disponibles pour l’offensive en ne comptant que les stocks. Certes, ces stocks peuvent sembler limités en regard des dépôts gargantuesques constitués avant la bataille de Gazala. Mais l’expérience a montré qu’il importe d’éviter de constituer des réserves en munitions trop importantes à proximité du front au cas où la situation prendrait un tour défavorable. En comptant les obus disponibles au total, la 8th Army peut compter sur un million d’obus ! C’est une tâche herculéenne qu’a représentée l’enterrement à proximité de chaque pièce de 600 coups par canon de campagne et 500 par pièce d’artillerie moyenne. Avec une telle débauche de moyens, on comprend aisément la latitude dont dispose Monty comparée à celle dont jouissaient ses prédécesseurs.

Tous ces stocks doivent être cependant soigneusement dissimulés pour éviter d’éveiller les soupçons de l’adversaire et les prévenir de toute destruction par des raids aériens. Il importe également de camoufler le mouvement des unités lors de leur montée en ligne sur leurs positions d’attaque. Le moins qu’on puisse dire c’est que le camouflage est un art des plus ardus dans l’immensité désertique. Les mouvements de nuit sont mis à profit mais il convient de dissimuler les traces laisser par les véhicules et faire croire que les anciennes positions ne sont pas abandonnées. Montgomery s’avère subtil dans ses manœuvres d’intoxication. Il estime qu’il n’importe pas de leurrer les faits évidents à l’adversaire. Il faut en contrepartie le tromper sur leur signification réelle. L’opération « Bertram » vise à induire Rommel en erreur en faisant croire que l’effort principal de l’offensive sera délivré dans le sud. La manœuvre « Martello » va permettre de masquer les zones de rassemblement des 2nd New-Zealand et 51th Divisions ainsi que du 10th Corps. C’est ainsi que des chars et des camions factices sont concentrés au nord du front pendant que des unités, bien réelles celles-ci, se mettent en place au sud. La 10th Armoured Division remonte alors discrètement vers le nord en laissant derrière elle des campements déserts. L’opération permet également de dissimuler 360 canons de 25 Livres, les pièces et leurs tracteurs étant camouflés en d’ordinaires camions. Les faux engins disposés au nord sont alors remplacés par de véritables tanks. Au contraire, un faux pipeline et de faux dépôts sont établis au sud du front. Des unités d’artillerie prennent ostensiblement position près de la dépression de Munassib. Pas moins de 8 400 faux véhicules ont été utilisé dans le cadre de « Bertram ». Deux jours avant l’assaut, les unités d’infanterie qui mèneront l’attaque rejoignent sans être détectées leurs tranchées en premières lignes, avec ordre de ne pas se dévoiler

 

Monty bénéficie t-il d’une réelle supériorité ?

Le plan originel de Montgomery envisageait une percée rapide du 10th Corps et une bataille décisive avec l’Afrika Korps. Monty doit en effet tenir compte des capacités de ses unités, même après un entraînement intensif. Il doit aussi admettre que les défenses édifiées par les troupes germano-italiennes dans le nord du front sont beaucoup plus solides et denses qu’escomptées. Il est impossible au 10th Corps de les traverser en l’espace d’une seule nuit. Il importe ainsi de lancer des coups de main pour repérer les postes de combat du dispositif adverse. Le lieutenant-colonel Murphy, responsable du service de renseignements de Monty, a clairement deviné les intentions de Rommel en matière défensive. Il sait en outre que même en parvenant à surprendre et à tromper l’ennemi, le plan de Rommel restera effectif et la 8th Army ne réalisera au mieux qu’une surprise tactique marginale.

On a constaté que la 8th Army bénéficie d’un net avantage, de l’ordre de deux contre un en hommes, en chars et en artillerie. Mais cette supériorité numérique est moins nette que ne le suggère les statistiques des ressources des deux armées. En fait, il importe d’analyser la situation réelle sur le front du 30th Corps, c’est-à-dire à l’endroit même où la percée décisive doit être réalisée. Les quatre divisions d’assaut de Leese vont être confrontées à deux divisions ennemies retranchées. La 164.Leichte Division et la Trento disposent à elle deux de 13 600 hommes, principalement allemands, et d’un arsenal conséquent : 180 Pak 38, 70 antichars italiens, 90 pièces d’artillerie et 16 que de 88 mm. En outre, les deux unités ont le soutien de 243 pièces d’artillerie, dont 13 lourdes, 70 moyennes et 160 de campagne. Derrière ces deux divisions sont déployés trois groupes de combats mixtes issus de deux divisions blindées, la 15.Panzer Division et la Littorio. On est donc en-dessous d’une supériorité de deux contre un et même très loin du ratio de trois contre un généralement admis comme un minimum pour toute attaque frontale. Le 30th Corps dispose même d’un moindre nombre de pièces d’artillerie de campagne. Le second sérieux problème auquel est confronté Leese est que la 2nd New-Zealand Division et la 1st South par Division n’ont pas assez de remplacements disponibles pour mener une action soutenue et une bataille d’attrition. Il ne faut pas perdre de vue les autres limites à porter à une bataille soutenue qui se prolonge. Si une division d’infanterie compte bien 17 000 hommes, la majeure partie de ces hommes appartiennent aux armes de soutien ou bien servent dans les services administratifs ou la logistique. Cela ne laisse que 9 bataillons d’infanterie avec 400 ou 500 hommes chacun. Bien plus, bien que les chiffres globaux de la 8th Army soient impressionnants, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’une armée composée en grande partie d’unités impériales et alliées. Ainsi, les Australiens, les Indiens, les Néo-zélandais et les Sud-africains ne peuvent s’amalgamer au sein d’une même unité pour renforcer des unités affaiblies. La bataille débute en fait avec un certain nombre de bataillons aux effectifs réduits faute de possibilité de les renforcer. En ce qui concerne la supériorité en chars de Monty et des réserves impressionnantes dont il dispose, il convient de souligner que les blindés anglais en forme les gros bataillons et que cette supériorité ne pourra être effective qu’une fois la percée acquise et que les divisions blindées pourront se déployer dans le désert. Notons en fait que le très grand nombre de canons antichars et de mines représente un sérieux danger. A peine visibles, effleurant la surface depuis les positions de tir, les canons antichars sont très durs à localiser et peuvent infliger de sérieux dégâts aux forces blindées anglaises.

Rommel a donc plus d’un atout. Mais Montgomery peut compter sur une aviation omniprésente et un approvisionnement en munitions et en carburant suffisant alors que le ravitaillement reste toujours le point faible de la Panzerarmee Afrika. En outre, si la supériorité en nombre n’est pas aussi évidente à tout point de vue, elle n’en reste pas moins réelle. L’opération « Lightfoot » est certes très ambitieuse mais elle peut réussir. Tout dépends maintenant des hommes qui vont se battre avec courage dans les deux camps.

 

Opérations préliminaires à l’offensive

En dépit des difficultés en matière de ravitaillement, les officiers supérieurs de la Panzerarmee restent confiants dans leur capacité à repousser l’ennemi. Cette confiance ne fait que se renforcer à la suite de plusieurs revers essuyés par les forces britanniques pendant le mois de septembre. Les suggestions d’Auchinleck pour harasser les lignes de communications ennemies par la mer sont mises en applications. Des plans détaillés pour des raids de grande envergure contre Tobrouk et Benghazi sont mis au point au QG du Caire. Ces opérations incluent la participation des commandos du SAS et du LRDG dont on attend qu’ils atteignent Tobrouk par le désert. Ils n’interviendront pas seuls puisque des commandos de la Royal Navy seront débarqués par des destroyers et des vedettes lance-torpilles. Si l’opération, baptisée « Agriment » est minutieusement conçu, sa mise en application le 13 septembre aboutit à un fiasco total. Les Allemands parviennent à couler le croiseur antiaérien HMS Coventry et le destroyer HMS Zulu. Les pertes en hommes se montent à 280 marins, 300 Royal Marines et 160 soldats. Le raid sur Benghazi, l’opération « Bigamy », avorte devant l’évidence d’un ennemi en alerte prêt à repousser l’assaillant, qui a perdu le bénéfice de la surprise. La défense des ports et de la côte par les forces de l’Axe apparaît donc solide. Il ne paraît donc pas judicieux d’inclure des débarquements dans la grande offensive d’octobre.

Le dernier échec britannique est sans conteste le plus significatif. Après la bataille d’Alam Halfa, les Germano-Italiens sont restés en possession de la dépression de Munassib, un élément topographique d’importance majeure. Le 29 septembre, la 131st Brigade de la 44th Home Counties Division tente donc de reprendre la position avant le déclenchement de l’offensive et fragiliser ainsi les défenses ennemies. L’opération est baptisée « Braganza ». Un barrage délivré par 9 régiments d’artillerie s’abat sur les positions de la que Si le nord et l’est de la dépression sont pris sans difficultés majeures, le bataillon anglais qui attaque au sud est stoppé par les tirs de mitrailleuses et de mortiers, une compagnie isolée étant même entièrement anéantie. 328 soldats ont été perdus pour des gains insignifiants. Les Italiens ont repoussé l’ennemi sans même avoir besoin de la 21.Panzer Division dont ils ont poliment repoussé les propositions de soutien. Il semble donc que la 8th Army ait peu appris de ses attaques désastreuses contre la dépression de Munassib à la fin de la bataille d’Alam Halfa.

 

77 years ago: El Alamein 1942 (4). War Cemeteries

The German necropolis

The Italian necropolis

The Cemetery of the 8th Army, including the Free French

77 years ago: El Alamein 1942 (3). Museum Axis Troops

 

The Axis troops in the El Alamein Museum

77 years ago: El Alamein 1942 (2). Afrikakorps de B.Rondeau

Réédition en août 2017 par Tallandier de mon livre « Afrikakorps. L’armée de Rommel » en format poche (collection Texto).

Version corrigée et augmentée (nouveaux éléments dans les annexes).

Les « + » de cet ouvrage:

-une grande partie sur la question du mythe de la guerre sans haine, de la postérité de l’Afrika-Korps et de celle d’Erwin Rommel

-un long chapitre sur les conséquences d’une victoire de l’Axe à El Alamein en juillet 1942

-le vécu du combattant n’est pas ignoré

-l’intégralité de la campagne est couverte, y compris la Tunisie

-un texte impartial