Bataille des Ardennes / Battle of the Bulge (7)

LA CONTRE-ATTAQUE AMERICAINE : LE PASSAGE DE LA SÛRE ET LA LIBERATION DE DIEKIRCH

Une image du diorama central du fabuleux musée de Diekirch

Afin de soulager la 4th US ID durement pressée sur la Sauer et pour protéger Luxembourg, Patton demande la 5th US ID du général Leroy Irwin. Elle remplira sa mission, grâce à sa rapidité, le courage de ses hommes et la qualité de ses chefs. La 1ère unité à rallier la 4th est le 10th Regimental Combat Team consistant dans ce régiment, de l’artillerie. Vers 17h le 20 décembre, les premiers éléments arrivent à Luxembourg et sont sur leurs positions avant minuit. En dépit des ordres, il faut rouler tout phares allumés à cause de la visibilité réduite avec la neige. La neige et la boue ramollissent d’ailleurs les routes. Le 2nd Regiment a juste rallié Metzervisse quand un ordre survient et demande d’aller plus loin jusqu’à Niederanven. En moins de 22 heures, sous les tirs constants de l’artillerie près de Saartautern et Ittersdorf, le régiment a atteint le nouveau point de ralliement vers 16h le 22 décembre et attend les ordres.

Ce même jour, le 10th RCT, subordonné à la 4th US ID, attaque avec deux bataillons de Tank Destroyers. L’attaque doit débuter à midi. Au sud d’Echternach. Il s’agit notamment de libérer une compagnie encerclée près de Michelshof. Le 23 décembre, le 11th Regiment doit repousser l’ennemi de ses positions au sud et à l’est de la Sûre. L’attaque se poursuit les 24 et 25 décembre, avec le soutien déterminant de l’artillerie, notamment un TOT qui écrase un début de contre-attaque allemande à 6h30 le 25.

La 1ère patrouille de sept hommes de la I Company du 11th Rgt traverse la Sauer sur bateaux pneumatiques à 10h30 le 5 janvier. La neige épaisse et aucun Allemand n’est rencontré mais les GI’s constatent que la berge est minée. D’autres patrouilles suivront. Le 9 janvier, le commandant de la L Company du 10th Inf Regt reçoit l’ordre de rassembler un groupe de combat consistant en une section renforcée de fantassins pour détruire des positions adverses à Bettendorf et ramener des prisonniers. Commandé par le lieutenant Longpre, le raid est lancé à 2 heures le 10 janvier, à bord de 6 canots. Les GI’s sont en tenues camouflées blanches et emportent avec eux une carte du village établie à partir de photos aériennes. Les hommes parviennent sur la rive allemande, non sans difficulté du fait du gel. Les GI’s atteignent alors l’ouest du village, le sergent Stegmann coupe des fils téléphonique et la section se divise parmi les pâtés de maisons. Une sentinelle allemande les aperçoit alors et ouvre le feu. Quelques grenades sont jetées dans la maison et des hommes se rendent. Le raid dure environ 1h30. Puis un TOT frappe les Allemands dans Bettendorf. Mis à part des tirs sporadiques de l’artillerie, rien ne semble à craindre des Allemands dans le secteur. De précieuses informations sur les défenses de la 352. VGD ont été cependant rapportés. D’autres patrouilles nocturnes permettent de glaner d’autres renseignements.

Selon les plans, la 5th US ID doit attaquer et franchir la Sûre entre Ettelbrück et Bettendorf par surprise et sans soutien d’artillerie préalable. Elle doit pousser jusqu’à Hoscheid-Dickt. Ce mouvement doit permettre de placer un coin de 15 kilomètres de profondeur dans les lignes ennemies afin de menacer tout le flanc sud allemand. L’attaque doit être menée par le 2nd Rgt sur la gauche et le 10th sur la droite. Le 11th fera fonction de réserve mobile. L’assaut est prévu pour le 18 janvier à 3 heures.

Le 17 janvier, dans le secteur du 2nd Rgt, les 1st et 2nd bns prennent leurs positions de départ devant Diekirch et Ingelsdorf. Le 3rd bn reste en position intermédiaire, prêt à appuyer l’assaut de ses tirs. Dans le secteur du 1st, des sapeurs doivent construire une passerelle sous le feu ennemi, dont les mitrailleuses sont toutefois éliminées par les troupes du génie qui sont passées sur des canots gonflables. Le 1st bn suit et avance vers Erpeldingen. Le brouillard artificiel (œuvre du 91st Chemical Mortar Battalion) et les tenues blanches ont été efficaces. L’artillerie allemande n’ouvre le feu que trop tard. Le 18 jan, le 2nd bn traverse sous les tirs d’artillerie au petit matin et se dirige vers Diekirch. De nombreux bunkers sont détruits par les GI’s sur la Sûre près d’Ingeldorf. Le 3rd bn passe à son tour pour effectuer une attaque en pince sur Diekirch. A Ingeldoprf, des maisons doivent être détruites à la TNT avant de pouvoir obtenir la reddition des Allemands. L’approche de Diekirch depuis la Sûre est gênée par des mines très nombreuses. Le passage est certes réussi mais il a coûté 17 morts, 87 blessés et 30 disparus.

Le 19 janvier, dans le bas de la ville et à la gare, les combats de rues font rage. De nombreuses maisons fortifiées avec des mitrailleuses doivent être enfumées par les GI’s. Vers midi, le 3rd bn rapporte que la majeure partie de la ville est nettoyée mais que de nombreuses mines sont dans la ville. Les 1st et 2bn s’attaquent à Kippenhof et les prisonniers sont aussi de la 79 VGD. La pointe de l’attaque est soumise à des sérieux tirs d’artillerie et de Nebelwerfer. De nombreuses armes seront récupérées : 515 fusils, 6 lance-grenades, 8 mitrailleuses et un matériel important dont des radios. A Diekirch, 3 Sherman du 737th Tank Bn soutient le 3rd Bn du lieutenant-colonel Connor. Une bonne partie de la ville abandonnée sans combat. 158 prisonniers dès le 1eraprès midi. Au cours de ces combats sur la Sûre, le 91st Chemical Mortar Battalion équipé de 4.2 inch chemical mortar (l’équivalent du 12 cm allemand), se montre particulièrement efficace. Ainsi, le 20 janvier, la A Company frappe Longsdorf, l’objectif de la 4th US ID, et détruit 3 Pak de 88. Ces mortiers sont très utiles en raison de leur précision et de l’efficacité de leurs obus au phosphore.