Ostfront-La guerre germano-soviétique (8/50)

LEEB ASSIEGE LENINGRAD (22 JUIN-DECEMBRE 1941)

Le 22 juin 1941, quand Barbarossa est déclenchée, « le monde retient son souffle », pour reprendre l’expression de Hitler. En fait, le sort de la Seconde Guerre Mondiale et le destin du III.Reich vont se décider sur le front de l’Est. L’immensité du front oblige les différents groupes d’armées à opérer dans des directions divergentes. Au nord, l’invasion de Pays-Baltes et la prise de Leningrad, la ville symbolique de la révolution bolchevique et centre industriel de première importance, est confiée au Heeres-Gruppe Nord du maréchal von Leeb. Ces opérations bénéficieront en outre du soutien non négligeable des troupes finlandaises de Mannerheim, qui combattront en Carélie, bien déterminés à obtenir leur revanche sur les Russes, tout en fixant un maximum d’unités soviétiques. Von Leeb engage de 3 Panzerdivisionen, 3 divisions motorisées, 23 divisions d’infanterie Le soutien aérien est fourni par 1 070 avions. En face, les Soviétiques disposent du Front du Nord du général Popov dans la région militaire de Leningrad et du Front du Nord-Ouest du général Kouznetsov dans la région militaire baltique. Ces troupes ont l’avantage d’avoir à défendre une zone de plaines côtières basses, avec des rivières, des marais, des lacs et des forêts impraticables pour les Panzer. Von Leeb a compris que ce terrain offre peu de possibilités de mouvement pour des manœuvres d’encerclement, aussi décide t-il de lancer les divisions du Panzer-Gruppe 4 de Hoepner directement sur Leningrad. Dès le premier jour, la situation au nord du front se développe de manière très favorable pour les Allemands qui franchissent le Niemen. La 11ème armée soviétique est mise en déroute. Qui plus est, les 8ème et 3ème armées soviétiques, respectivement au nord et au sud de la 11ème, s’avèrent incapables de combler la brèche. Aucune unité soviétique n’est donc à même de s’opposer à la progression de von Leeb vers Vilnius et Kaunas. Toutefois, dès le 24 juin, les forces de von Leeb se heurtent à une violente contre-attaque soviétique. La 6.Panzerdivision a le plus grand mal à s’opposer aux chars russes KV1 de la 2ème division blindée. Toutefois, privés de munitions et de carburant, la division soviétique est anéantie le 26 juin. Ce même jour, le 66.Panzerkorps atteint Daugavpils et la Dvina. La défense soviétique est brisée et la route de Leningrad semble ouverte. La Lituanie et la Lettonie sont envahies sans coup férir. Riga est prise le 1er juillet. Les populations civiles accueillent avec enthousiasme les troupes allemandes qui les libèrent du joug soviétique mais l’Armée rouge parvient à éviter les encerclements, sauf autour de Reval où seulement 12 000 hommes sont capturés.

Le 10 juillet, le Front du Nord-Ouest est confié au général Sobiennikov. 30 divisions sont en ligne, mais la plupart ont des effectifs très incomplets. Von Leeb reprend son offensive le 10 juillet alors que le Panzer-Gruppe 4 est alors à Pskov. Les résultats ne se font pas attendre puisque le 41.Panzerkorps de Reinhardt balaye la 113ème DI et avance de 80 kilomètres en quelques heures, s’approchant de Louga dès la fin de matinée. Hoepner surprend alors les Soviétiques en détournant ses Panzer de Louga et en les lançant vers Narva. Le 14 juillet, Porechye tombe. Leningrad, distante de 96 kilomètres, est à portée de von Leeb mais Hitler et l’OKW imposent un arrêt de trois semaines. L’avance allemande piétine et la 8ème armée n’est pas encerclée. Plus à l’est, le 56.Panzerkorps de von Manstein rencontre plus de succès puisqu’il enfonce les positions du 22ème corps soviétique dès le 10 juillet et se rapproche de Novgorod, menaçant de la sorte le front soviétique établi à Louga. Pour parer à la menace, le maréchal Vorochilov lance une puissante contre-offensive, parvenant à encercler pendant plusieurs jours la 8.Panzerdivision, réduite à 80 chars après de durs combats. Plus au sud, les 10. et 28.Armee-Korps avancent également, repoussant les Soviétiques vers une ligne Kholm-Velikie Louki.

Pendant ce temps, von Leeb engage de plus en plus d’unités pour s’emparer de Tallinn et anéantir la 8ème armée soviétique. Au début du mois d’août, les Allemands atteignent le golfe de Finlande. Le port estonien tombe à la fin du mois, Vorochilov ayant préféré évacuer les troupes encerclées par voie de mer vers Leningrad, dont la défense est évidemment plus importante. Les forces engagées par von Leeb pour s’emparer de Tallinn vont pourtant faire cruellement défaut aux Allemands dans leur avance vers Leningrad. Chaque retard favorise en effet les Soviétiques qui renforcent leurs défenses.

Pour atteindre Leningrad, von Leeb engage 29 divisions à 80% de leurs effectifs. Vorochilov ne peut opposer que 15 divisions. De surcroît, la ligne défensive de Louga est loin d’être achevée, en dépit de la construction frénétique entre Leningrad et le front de lignes garnies de fortins, de dents de dragons et de fossés antichars. Von Leeb lance son offensive le 8 août le long du golfe de Finlande et le 10 août face à Louga et Novgorod. Le 16 août, après d’âpres combats, Kinghisepp tombe, ouvrant la route de Leningrad. Dès le 19 août, les troupes allemandes atteignent la ceinture extérieure des défenses de la ville, mais elles sont repoussées par une vigoureuse contre-attaque. L’assaut allemand a cependant encerclé les troupes soviétiques sur Kronstadt et Oranienbaoum, formant ainsi une poche de résistance qui tiendra jusqu’à l’évacuation du secteur par la Wehrmacht en janvier 1944 ! Von Leeb doit cependant faire face à une contre-attaque soviétique menée avec vigueur par les Soviétiques au sud du lac Ilmen le 12 août. Cette opération surprend les Allemands et contrecarre leurs plans. Les Russes repoussent ainsi l’aile droite allemande sur 40 kilomètres, dans une région sauvage et désolée, sans routes ni villages. Toutefois, l’offensive de Vorochilov est vite enrayée avec de lourdes pertes. Von Leeb a cependant dû renoncer en partie à son offensive vers Leningrad pour conjurer cette menace. Au centre du front, la bataille de Novgorod se déroule du 16 au 24 août avec acharnement. Les combats pour Louga s’éternisent jusqu’au 3 septembre, les Allemands capturant finalement, en dépit de la boue qui empêche les véhicules d’avancer, 21 000 prisonniers, 316 chars et 600 canons.

Pendant ce temps, dans l’isthme de Carélie, les forces finlandaises avancent vers Leningrad. Dès le 31 juillet, Vorochilov est contraint d’envoyer ses réserves en cours de formation pour enrayer l’avance finnoise. Les Soviétiques parviennent à stopper Mannerheim mais ils ont dû engager de précieuses unités au nord alors que la situation est critique au sud, où Vorochilov ne dispose pas assez d’unités pour s’opposer au Heeres-Gruppe Nord.

Hitler ordonne de ne pas s’emparer de l’ancienne capitale des tsars mais de l’investir, afin d’acculer la ville à la famine et d’obtenir sa reddition après l’intervention de l’artillerie et de la Luftwaffe. Le 21 août, les Allemands s’emparent de Chudovo, coupant ainsi la voie ferrée entre Moscou et Leningrad. L’isolement est complété par la prise de Mga, qui était la dernière liaison ferroviaire entre Leningrad et le reste du pays. La 16.Armee se lance à l’attaque le 25 août. Le 30, les Allemands sont sur la Neva. Toutefois, les Soviétiques résistent avec ténacité et empêchent le franchissement du fleuve par les Allemands, qui espèrent pourtant pénétrer dans l’isthme de Carélie afin de réaliser la liaison avec les Finlandais. Cependant, le 8 septembre, la 20.ID (mot.) s’empare de Schlüsselburg : Leningrad est alors encerclée. Le lac Ladoga constitue alors l’unique et ultime voie possible de ravitaillement pour Leningrad. Un siège de 900 jours commence. En octobre 1941, les Allemands avancent à nouveau vers l’Est et s’emparent de Tikhvine le 9 novembre Le 8 décembre, les Soviétiques reprennent la ville. Le lac Ladoga constitue alors l’unique et ultime voie possible de ravitaillement pour Leningrad. Un siège de 900 jours commence

 

LA GUERRE AU-DELA DU CERCLE POLAIRE

Eisbunker
Im Eisbunker. Dicht aneinandergerückt verbringen die Männer die Nacht

Dans le Grand Nord, un corps de troupes de montagne, commandé par le général Dietl, le héros de Narvik, s’élance de la Finlande septentrionale avec pour mission, en liaison avec les Finlandais, de s’emparer de Petsamo et des mines de fer de la région. En outre, il s’agit de couper la voie ferrée vers Mourmansk, voire prendre le port lui-même. Ce dernier est le seul qui soit accessible en toute saison par les navires voguant sur la mer Blanche. Toutefois, le terrain sur lequel opèrent les Gebirgsjäger se prête très mal aux opérations militaires, puisqu’il s’agit d’une toundra, parsemée de nombreux cours d’eau et de marais, battue par les vents et soumise à un hiver très rigoureux. Les moustiques représente un fléau de tous les instants. L’été, le jour règne en quasi-permanence, et le semblant de nuit n’apporte guère de répit. L’absence de route digne de ce nom ne fait qu’ajouter à la précarité des forces de la Wehrmacht engagée dans ce secteur. L’offensive fait long feu et s’arrête sur la rivière Liza. Le front se stabilise jusqu’en 1944, sans qu’à aucun moment les Allemands ne réussissent à menacer sérieusement Mourmansk. Le front prend alors le nom d’Eismeer Front, le front de la mer de glace.