NARVIK, 9 AVRIL-8 JUIN 1940 : LA ROUTE DU FER COUPEE ?

NARVIK, 9 AVRIL-8 JUIN 1940 : LA ROUTE DU FER COUPEE ?

 

La tâche de s’emparer de Narvik incombe au général Dietl qui dispose pour ce faire de 1 690 chasseurs-alpins du Gebirgs-Jäger-Regiment 139 et de 300 hommes des unités divisionnaires de la 3.Gebirgs-Division. Ces forces seront transportées jusqu’à Narvik à bord des 10 destroyers du Kriegsschiffsgruppe 1 du commandant Bonte. Chaque destroyer, baptisé du nom d’un héros de la marine impériale, atteint la vitesse de 38 nœuds et déplace 2 400 tonneaux et est puissamment armé de 5 pièces de 127, 6 de 37 anti-aérien et 8 torpilles. Chaque navire embarque 315 hommes d’équipage. L’envoi des destroyers allemands à Narvik représente probablement l’aspect le plus hardie de l’audacieuse opération « Weserübung ». Les départs de la flotte allemande s’échelonnant en fonction de la vitesse des bâtiments et de la distance à parcourir, c’est à minuit le 6 avril que Bonte quitte l’Allemagne, sa flottille étant la 1ère à appareiller dans le cadre de l’invasion. Elle arrive à Narvik après avoir coulé deux garde-côtes norvégiens. Le jour du débarquement, le 9 avril, l’objectif est occupé sans combats. Faute de ravitailleurs en carburant, Bonte ne peut regagner immédiatement l’Allemagne et doit mouiller dans le fjord. En principe, le rôle de sa flottille est terminé. De son côté, Dietl met le port en état de défense et s’efforce de contrôler la voie ferrée jusqu’à la Suède. En attendant l’arrivée du matériel lourd, il dispose du matériel très important capturé au camp d’Elvegaardsmoën, dont pas moins de 315 mitrailleuses. En outre, des canons sont récupérés sur les navires alliés ou neutres présents à Narvik équipés de la sorte dans l’éventualité d’une attaque sous-marine en haute mer. Tandis que Dietl attaque le long de la voie-ferrée, le colonel Windisch progresse avec ses chasseurs-alpins en direction de l’aérodrome de Bardufoss.

Le port de Narvik

L’Amirauté britannique est déterminée à surprendre les navires allemands au mouillage à Narvik, provoquant des affrontements navals les 10 et 13 avril. C’est ainsi que la 2ème flottille de destroyers du capitaine Waburton-Lee qui dispose de 5 navires pénètre dans l’Ofotfjord qu’il remonte en direction de Narvik. Les deux flottilles de destroyers s’affrontent et deux navires allemands, le Wilhelm Heidkamp et l’Anton Schmidt sont envoyés par le fond tandis que trois autres sont endommagés. Waburton-Lee, qui ne survivra pas à l’engagement, perd de son côté deux de ses destroyers, le Hunter et le Hardy lorsque interviennent les destroyers allemands restés en retrait dans le fjord. Bonte tué, la flottille allemande passe sous le commandement du capitaine de frégate Bey.

La flotte allemande subit un sérieux revers à Narvik

Le 13, la réplique britannique à la prise de Narvik par les Allemands est encore plus imposante puisque la Royal Navy engage sous le commandement de l’amiral Whiworth le cuirassé Warspite et 8 destroyers. L’issue ne fait aucun doute avec une telle disproportion des forces et tous les destroyers allemands rescapés du combat précédant sont coulés. Ainsi se termine pour les 10 destroyers allemands l’étonnante odyssée débutée une semaine auparavant. La Kriegsmarine a perdu la moitié de ses effectifs en destroyers. Le sous-marin allemand U-64 est coulé à son tour et sombre dans les eaux du fjord après avoir été surpris par un avion embarqué Swordfish catapulté par la Warspite. La garnison allemande de Narvik est donc isolée. Paul Reynaud déclare alors de manière fracassante à la Chambre des députés « La route permanente du minerai de fer suédois vers l’Allemagne est et restera coupée ». Il reste cependant à chasser les hommes de Dietl retranchés à Narvik.

 

Les Norvégiens sont déterminés à résister, pour peu que le soutien des Alliés soit suffisant

Les 3 000 rescapés des destroyers coulés dans le fjord vont fournir à Dietl un appoint d’infanterie, dotée en partie d’armes norvégiennes de prise. De façon paradoxale, la victoire navale britannique renforce la position de Dietl. A ce moment-là, les marins allemands ne sont pas encore opérationnels à terre et plus de la moitié des chasseurs-alpins sont au nord de Narvik : il n’y aurait que de faibles effectifs pour monter une contre-attaque face à un débarquement allié. Malheureusement, Whitworth, ignorant tout des dispositions de Dietl, préfère attendre l’arrivée des renforts. Après la mésaventure de la flottille de Bonte, les effectifs allemands sont encore accrus d’un millier d’hommes qui arrivent par la voie des airs, en l’occurrence un bataillon de parachutistes et quatre compagnies de chasseurs de montagnes (dont deux qui sont parachutées après deux semaines d’instruction !) ainsi qu’une batterie d’artillerie de montagne. Les Suédois accordent cependant quelques facilités aux Allemands. Du 19 au 22 avril, des wagons amenant des vivres et du matériel médical pour la population sont autorisés à traverser le territoire suédois avec 292 membres des services sanitaire. Par cette même voie, 528 marins de commerce, 104 marins de la Kriegsmarine et 159 blessés sont évacués dans l’autre sens. Le capitaine de frégate Bey, rapatrié en avion en Allemagne, présente à ses supérieurs un tableau précis de la situation dramatique dans laquelle se trouve Dietl. Pour les Suédois, la situation est également préoccupante. Que se passerait-il si plusieurs milliers de soldats allemands étaient contraints de se replier en territoire suédois et que les Alliés prétendaient les y poursuivre ? En tout état de cause, le gouvernement suédois s’oppose fermement au passage d’armes et de munitions sur son sol.

 

Français, Britanniques et Polonais viennent à ma rescousse des Norvégiens

Des éléments alliés sont rassemblés à Harstad dans les îles Lofoten, face à l’entrée du fjord qui mène à Narvik. Elles sont destinées à reprendre le port aux Allemands dès que possible. Mais le temps, exécrable, retarde les opérations : le blizzard et les tempêtes de neige se succèdent sans interruption. Le plan retenu par le général britannique Mackesy prévoit un enveloppement des positions allemandes de concert avec les Norvégiens afin d’éviter les pertes coûteuse qu’entraînerait inévitablement un débarquement de vive-force directement à Narvik. Tout ceci est bien long et les débarquements sont réalisés à Sagsflord, Salangsverket et Sjoveien, bien trop loin au nord de Narvik, distant d’une soixantaine de kilomètres d’une route de montagne enneigée. L’avantage reste la réalisation d’une liaison entre les Britanniques et les forces norvégiennes En attendant, les forces navales harcèlent l’ennemi en bombardant ses positions. Les hommes de Dietl sont soutenus par des appareils de la Luftwaffe opérant depuis des bases situées plus au sud en Norvège. Dans le camp allié, ce n’est que le 20 mai que des chasseurs britanniques sont déployés sur le terrain de Bardufoss, au nord-est de Narvik. Le 28 avril, la 27ème demi-brigade de chasseurs-alpins français est débarquée dans le secteur de Narvik avec mission de s’emparer du port. Elle est suivie par l’arrivée des 2ème et 14ème demi-brigades de chasseurs polonais et de la 13ème demi-brigade de la Légion Etrangère. En outre, les Français engagent la 342ème compagnie de chars, en l’occurrence 10 Hotchkiss H-39. L’ensemble des forces françaises constitue la 1ère Division Légère de Chasseurs sous les ordres du général Béthouart Les Britanniques déploient à terre la 24th Scots and Irish Guards Brigade ainsi que deux compagnies du South Wales Border Regiment. Au total, les Alliés disposent de 30 000 hommes pour affronter les 6 000 hommes de Dietl.

Avec l’aide des Britanniques et des forces norvégiennes de la 6ème division (5 000 hommes), constituée tant bien que mal dans le secteur, et l’appui de la flotte britannique, les Français et les Polonais s’emploient à reprendre la ville aux Allemands. La progression est cependant vite stoppée face à un adversaire coriace qui use habilement d’un terrain accidenté propice à la défense. Un nouveau plan est élaboré par les Alliés à la suite du remplacement du général britannique Mackesy, jugé trop timoré, par le général Auchinleck. Il est décidé que les Anglais se déploieront face au sud afin de parer à la menace des troupes allemandes qui se rapprochent dangereusement de Narvik depuis le centre de la Norvège. Tandis qu’Auchinleck prend en charge la défense des bases, l’aspect offensif est confié au général Béthouart. La Légion réalise deux débarquements : le premier a lieu à Bjerkvik, au nord de Narvik, le 13 mai. L’opération est un succès et les Allemands sont repoussés. Seule la résistance acharnée de la cote 220 sauve les Gebirgsjäger de Windisch de l’anéantissement complet. Harcelés par les forces alliées et soumis aux tirs de la Royal Navy, les hommes de Windisch, épuisés et à court de munitions, réussissent à rejoindre le point d’appui de Storebalak. Le succès n’est pas exploité dans l’immédiat et l’avance est stoppée. Les légionnaires sont alors rejoints par les chasseurs-alpins et les Norvégiens. Une nouvelle attaque est envisagée quand arrivent enfin les chasseurs britanniques sur le terrain de Bardufoss. L’attaque sur Narvik s’apparente à un baroud d’honneur car Auchinleck et Béthouart savent que l’ordre d’évacuation qu’ils ont reçu signifie que le succès sera sans lendemain. Un second débarquement est donc effectué par la Légion à Narvik même le 28 mai après une intense préparation d’artillerie fournie par la Royal Navy tandis que les Norvégiens et les chasseurs-alpins fixent et refoulent les forces allemandes qui leur font face au nord de la ville et que les Polonais attaquent depuis le sud, s’emparant de la presqu’île d’Ankenes. La première vague met pied à terre sans trop de difficultés. La lutte est âpre, les Allemands parvenant à plusieurs reprises à reconquérir le terrain perdu. Néanmoins, les Français parviennent enfin à s’emparer de la ville le 29 mai.

En effet, la pression des troupes alliées est telle que Dietl est contraint de se replier. Narvik est ainsi évacué le 28 mai. Les troupes allemandes se retrouvent dans une situation délicate et sont inexorablement repoussées en direction de la frontière suédoise où elles risquent l’internement. L’occupation de Narvik par les Alliés n’est que de courte durée en raison des événements dramatiques qui ont lieu au même moment en France où les forces franco-britanniques isolées dans le nord de la France évacuent à Dunkerque. Le retrait de Norvège apparaît donc inévitable. C’est ainsi que les 25 000 combattants alliés sont évacués les 7 et 8 juin 1940. Les troupes allemandes peuvent alors reprendre la ville sans combats. Dietl ne doit certes son succès qu’au départ des Alliés mais il est devenu célèbre dans son pays.

Dietl: un nouveau héros pour la Propagande du Reich

La bataille de Narvik a coûté 250 morts et 500 blessés aux Français et aux Polonais. En outre, 400 Allemands tombent entre les mains des Alliés qui les emmènent tous en Grande-Bretagne. La victoire de Narvik est un des grands faits d’armes de l’armée françaises de 1940. Menée avec habileté et brio, l’opération est un témoignage de la valeur des troupes alpines et des légionnaires français et du courage de leurs alliés polonais, britanniques et norvégiens.

9 AVRIL 1940: HITLER DEVANCE LES ALLIES EN SCANDINAVIE

« Weserübung »: l’invasion du Danemark et de la Norvège

Le 9 avril 1940, Hitler surprend les Alliés en lançant l’opération « Weserübung ». D’une grande audace, celle-ci consiste en l’occupation du Danemark et de la Norvège par la mise à terre simultanée de plusieurs contingents de la Wehrmacht transportés par voie maritime et aérienne. Hitler veut s’assurer du ravitaillement en fer suédois via la Norvège, un élément capital pour l’économie de guerre allemande. Par ailleurs, l’occupation des côtes norvégiennes donnerait une option avantageuse dans la lutte sur mer avec la Royal Navy. L’Allemagne engage 6 divisions, 1 500 avions et l’intégralité de sa flotte dans l’opération. Pour la première fois, les parachutistes allemands, les Fallschirmjäger, participent à une opération aéroportée, sans grand succès.

Des Ju-52 larguent des parachutistes allemands pour la première fois de la guerre

Soldats danois

Le Danemark, dont la position s’avère stratégiquement indispensable à l’invasion de la Norvège, afin de bénéficier de ses terrains d’aviation et d’assurer la sécurité des liaisons maritimes, est occupé en 24 heures, sans opposition notable. L’armée allemande, sous le contestable prétexte de protéger le petit pays scandinave d’une agression anglaise, envahit donc le Danemark avec pour instruction de s’y montrer aussi pacifique que possible. Cette intervention « amicale » coûte tout de même la vie à 12 aviateurs, 11 soldats et 3 garde-frontières danois.

En Norvège, le groupe d’armée du général Falkenhorst réussit à débarquer le 9 avril ses unités d’invasion qui prennent le contrôle des ports norvégiens : 10 000 hommes sont ainsi mis à terre à Oslo, Kristiansand, Bergen, Trondheim et Narvik. Les aéroportés allemands et la Kriegsmarine connaissent des difficultés et subissent des pertes sensibles, mais l’armée norvégienne est surprise en état de mobilisation partielle et en pleine période d’entraînement des nouvelles recrues. La rapidité de l’intervention allemande rend toute riposte efficace impossible.

 

Destroyer allemand

L’armée norvégienne est repoussée inexorablement à l’intérieur des terres et l’arrivée de nouveaux contingents allemands ne fait qu’aggraver la situation désespérée des Norvégiens. La Luftwaffe s’assure dès le début des opérations une maîtrise absolue de l’espace aérien, assurant le succès des opérations terrestres allemandes. Dans ces conditions, l’intervention des forces franco-britanniques et polonaises qui tentent de soutenir les Scandinaves ne peut être qu’un échec. Les forces britanniques et françaises débarquent à Namsos et Andalsnes dans le but de constituer un solide front défensif en Norvège centrale. Mais elles ne peuvent apporter un soutien efficace en raison des moyens mis en œuvre par la Wehrmacht et sous l’effet de l’intervention de la Luftwaffe. Après une avancée vers Lillehammer, elles sont finalement rembarquées. L’attention des Alliés se concentre alors exclusivement sur le nord du pays.

L’économie de guerre allemande est tributaire de son approvisionnement en fer suédois via la mer Baltique. Or celle-ci est impraticable à la navigation en période hivernale à cause des glaces. Le seul port d’où peut être exporté le fer suédois en direction de l’Allemagne est alors celui de Narvik, au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Hitler et son Etat-major décide donc de s’emparer de Narvik dès le premier jour de l’invasion de la Norvège dans le cadre de l’opération « Weserübung ». Par un concours de circonstance, il se trouve que les Alliés s’apprêtent à s’emparer eux-mêmes de Narvik. Les gouvernements britanniques et français ont en effet convenu avec quelques hésitations à venir en aide aux Finlandais, aux prises avec les Soviétiques, en passant par la Norvège et la Suède. Mais les hommes politiques tergiversent. Avec l’armistice russo-finlandais, l’opération semble caduque et la triste conclusion de l’affaire a encore démontré l’impuissance des démocraties à adopter une ligne de conduite ferme. Pourtant il semble opportun à certains, comme le nouveau président du conseil Paul Reynaud, de bloquer la route du fer au détriment des Allemands.

L’intervention alliée: trop faible et inefficace

Un succès est néanmoins assuré par les légionnaires et les chasseurs alpins français dans le nord du pays, à Narvik, d’où les chasseurs alpins allemands (les Gebirgsjäger) et les marins de la Kriegsmarine sont rejetés en direction de la frontière suédoise. Ces forces allemandes, sous le commandement du général Dietl, placés dans une situation désespérée faute de ravitaillement adéquat, ne doivent finalement leur salut après plus d’un mois de combat qu’au rembarquement des forces alliées en raison de la tournure désastreuse que prend la bataille de France.

Le Lützow, sérieusement endommagé

Ce succès allemand s’avère néanmoins être une victoire à la Pyrrhus pour la Kriegsmarine, aux effectifs pourtant déjà nettement surclassés par ses adversaires, puisqu’elle ne perd pas moins de 3 croiseurs, 10 destroyers et 7 U-Boote coulés, sans compter les unités endommagées plus ou moins sérieusement. Même si ces pertes sont comparables aux pertes alliées (un porte-avion britannique a même été coulé), il s’agit de pertes sensibles dont l’absence se fera sentir quand il s’agira d’envisager l’invasion des îles britanniques. Cette courte campagne coûte 5 636 hommes à l’armée allemande, y compris les pertes en mer. Les Franco-Polonais perdent 750 hommes, tandis que 1 900 Britanniques et 1 335 Norvégiens sont tués ou blessés dans les combats à terre. La perte du porte-avions HMS Glorious et de plusieurs navires surpris par les croiseurs allemands Scharnhorst, Gneisenau et Hipper lors de l’évacuation le 8 juin ajoute plus de 1 200 morts et plus de 1 500 disparus pour les forces britanniques. L’armée allemande a encore fait preuve de son efficacité et a su mener avec brio une attaque combinée alliant étroitement la marine, l’aviation et l’armée de terre, la Luftwaffe ayant particulièrement fait preuve de compétence dans ses différentes tâches d’appui tactique au sol, de ravitaillement et de transport aérien et, surtout, de lutte contre la flotte ennemie.

 

 

L’ODYSSEE DU GRAF SPEE ET DE L’ALTMARK

 

Le Graf Spee

Quand débute la Seconde Guerre Mondiale, le cuirassé de poche Graf Spee est en mer. Ce navire est supposé être plus rapide que les cuirassés classiques tout en surclassant les croiseurs en matière d’armement. Il opère alors dans l’océan Indien et l’Atlantique sud de conserve avec son navire ravitailleur, l’Altmark. Il ne coule que 9 navires dont les rescapés sont pris en charge par l’Altmark. Le 13 décembre, le Graf Spee est intercepté et endommagé par les 3 croiseurs britanniques de l’amiral Harwood , non sans avoir provoqué des dommages importants sur les trois navires britanniques. Le navire allemand est contraint de faire relâche dans le port urugayuen de Montevideo. Bluffé par une campagne d’intoxication britannique, Langsdorf, qui commande le Graf Spee, est persuadé que la Royal Navy a concentré des forces importantes pour détruire son navire. Passé le délai d’escale de 72 heures accordé par l’Uruguay, le Graf Spee prend la mer et se saborde dans le Rio de la Plata avec la permission de Berlin. Deux mois plus tard, le 16 février, l’Altmark, sous le commandement du capitaine Dau, est arraisonné dans les eaux territoriales norvégiennes par le destroyer britannique Cossak. Les Britanniques, qui ont failli être éperonnés, prennent le navire par la force et ouvrent le feu. Le navire allemand parvient néanmoins à s’enfuir mais il s’échoue. Les marins du Cossak passent alors à l’abordage et les 299 marins britanniques détenus à bord sont finalement libérés. L’affaire provoque une crise diplomatique et ne fait que pousser les Allemands et les Alliés à se préparer à intervenir en Norvège, constatant que celle-ci s’avère incapable de faire respecter ses eaux territoriales.