Ostfront-La guerre germano-soviétique (24/50)

LE REFLUX DE LA WEHRMACHT ET LA DISPERSION DE STALINE (JANVIER-23 MARS 1943)

 

L’agonie de la 6.Armee est terrible, mais les combats autour de Stalingrad mobilisent d’importantes forces russes. Début janvier, les Russes concentrent 80 divisions autour de la poche de Stalingrad tandis que 109 autres divisions et 11 régiments de chars font face au reste des forces de Manstein, soit à peine plus de 10 divisions. La menace d’encerclement du Heeres-Gruppe A a conduit Manstein à abandonner l’armée de Paulus à son sort. Fin décembre, le Front de Transcaucasie se voit confier la tâche d’encercler les forces de von Kleist. Pendant qu’une attaque frappera le long de la mer Noire en direction de la péninsule de Tamam, privant ainsi les Allemands de tout espoir de repli vers la Crimée, le Front Sud attaquera à travers la steppe Kalmouk au-delà du Manytch vers Salsk et Tikhoretsk, afin de couper le Heeres-Gruppe A de Rostov. Deux autres armées du Front Sud, la 5ème de Choc et la 2ème de la Garde, frapperont pour leur part directement vers l’ouest, afin de s’emparer de Rostov. Hitler se refuse toujours à un repli total hors du Caucase, mais autorise une rectification du front. Des renforts conséquents, provenant notamment de France et du Caucase, sont en route pour renforcer Manstein. La situation est de plus en plus dangereuse puisque les troupes de Yeremenko s’approchent jusqu’à une trentaine de kilomètres de Rostov.

La VVS renaît de ses cendres au début de 1943

Le 12 janvier, une autre armée des alliés satellites de l’Allemagne s’effondre à son tour devant la puissance de l’Armée Rouge, en l’occurrence la 2ème armée hongroise qui est taillée en pièces par le général Golikov qui lance dans la bataille sa 40ème armée et sa 3ème armée blindée. Le 24.Panzer-Korps est emporté lui aussi dans la tourmente. Les Soviétiques parviennent à encercler pas moins de 13 divisions hongroises et italiennes, qui résistent farouchement jusqu’à la fin du mois de janvier. Les Russes déclarent avoir capturé 87 000 prisonniers. L’amiral Horty, le dictateur hongrois, reconnaît la perte de 80 000 tués et disparus ainsi que 63 000 blessés. Ce nouveau désastre menace cette fois-ci le Heeres-Gruppe B de von Weichs dans le quel une énorme brèche de 200 km vient d’être opérée.

 

Vassilievski tente alors d’anéantir la 2.Armee, qui aligne 125 000 hommes, en lançant une attaque en tenaille des Front de Briansk et de Voronej. Par des températures sibériennes et sous les coups d’un terrible blizzard qui s’abat sur le champ de bataille, les Soviétiques lancent leur nouvelle offensive le 24 janvier 1943. Le 28 janvier, les armées des deux fronts soviétiques se rejoignent à Kastornoe. Deux corps sur les trois de la 2.Armee sont encerclés. Le Heeres-Gruppe B est virtuellement anéanti : sur 250 km, la Wehrmacht n’aligne plus que 8 divisions, dont 3 en réserve à Kharkov !

Pour l’Armée rouge (le cliché date d’une autre période de la guerre), c’est le temps des victoires mais l’ennemi reste dangereux

Devant l’évolution de la situation, le Führer ordonne le 24 janvier à la 1.Panzer-Armee de se repositionner au nord de Rostov. Les unités du Heeres-Gruppe Don doivent donc maintenir ouvert le passage par cette ville de la plus haute importance stratégique. Toutefois, la 4.Panzerarmee, trop faible, ne cesse de se replier vers l’ouest tout en couvrant toujours Rostov. Hollidt se met à l’abri derrière le Donetz amis les Russes percent immédiatement, les têtes de pont ne sont finalement résorbées qu’après plusieurs jours de combats menés par les 6. et 7.PZD venues à la rescousse. Manstein parvient néanmoins à sauver la 1.Panzerarmee, envoyée relever les unités de Fretter-Pico à Vorochilovgrad. Dans le même temps, le front du Heeres-Gruppe B se reconstitue. La 17.Armee se replie pour sa part vers la péninsule de Tamam, dans le Kouban. La crise immédiate est passée pour la Wehrmacht. Mais le revers infligé par les Soviétiques au cours de l’hiver 42-43 est cinglant.

Staline est bien décidé à poursuivre l’avantage et vise ni plus ni moins à s’emparer de l’Ukraine. L’offensive « Etoile » vise à la pris de Kharkov et de son bassin industriel. Une autre offensive, baptisée « Galop » doit permettre la libération du bassin du Donetz et de franchir le Dniepr. Les Fronts du Sud-Ouest et de Voronej sont engagés dans cette entreprise démesurée, qui ne tient absolument pas compte de l’allongement des lignes de ravitaillement russes et de l’usure des unités après des semaines de combats acharnés. Pourtant, le 9 février, les Soviétiques s’emparent de Koursk et de Bielgorod et, le 16, de Kharkov. Manstein a réussi à faire admettre à Hitler la nécessité de se replier sur le Mious, pour raccourcir les lignes de ravitaillement et gagner le temps nécessaire à la constitution de réserves. Le front est finalement solidement stabilisé entre Taganrog et Slaviansk. Par contre, la situation est dangereuse sur les arrières de la 1.Panzerarmee puisque les Soviétiques menacent Krasnoïarmeskoïe et Dniepropetrovsk.

 

Au nord, les Soviétiques sont également passés à l’offensive le 12 janvier 1943 pour dégager Leningrad, assiégée depuis l’automne 1941. L’effort principal est délivré par le Front du Volkhov, qui engage des moyens considérables. L’attaque débute par un terrifiant bombardement de 4 500 pièces d’artillerie. Schlüsselburg, encerclée, tombe aux mains des Russes. Les combats se poursuivent avec intensité jusqu’au début du mois d’avril. Les Russes ont perdu pas moins de 270 000 hommes. Tactiquement, les Allemands ont encore fait preuve d’une supériorité incontestable, mais le succès stratégique est de taille pour les Soviétiques : les liaisons terrestres ont enfin été rétablies avec Leningrad !

Plus au sud, le Heeres-Gruppe Nord réussit la délicate tâche d’évacuer le saillant de Demiansk. Cette opération a l’avantage de libérer 10 divisions allemandes à un moment où la crise des effectifs est particulièrement alarmante, tout en réduisant le front de plusieurs centaines de kilomètres.

 

Cette crise des effectifs oblige l’OKW à ordonner également un autre raccourcissement du front dans le secteur du Heeres-Gruppe Mitte. C’est ainsi que l’opération « Büffel », menée avec dextérité en mars 1943, permet l’abandon du saillant de Rzhev, long de 530 km. 20 divisons peuvent ainsi être redéployées. Ce saillant a été le théâtre de violents combats entre novembre 1942 et mars 1943 dans le cadre de l’opération « Mars », déclenché par Koniev. Cette coûteuse offensive n’a en rien entamé les défenses allemandes avant l’évacuation du saillant, mais elle a en revanche saignée à blanc l’Armée Rouge : les Russes ont perdu près de 2 000 chars ! Smolensk est menacé mais le front allemand est fermement tenu.

 

Le Heeres-Gruppe Mitte de von Kluge a toutefois subi un revers à Velikiye Luki, à l’extrême nord du groupe d’armées, où la garnison de la forteresse a été anéantie. Le 19 novembre, la 3ème armée de Choc soviétique se lance à l’assaut à la jonction des deux groupes d’armées allemands. Très vite, la ville est encerclée avec 7 500 combattants. Les tentatives menées pour lever le siège s’avèrent infructueuses. Le 16 janvier, la bataille de Velikiye Luki est terminée.

Staline a cependant surestimé les capacités de son armée et il disperse dangereusement ses efforts sur l’ensemble du front de l’Est, comme au début de l’année précédente. Au sud, en l’espace de trois semaines, Manstein retourne complètement le sort de la bataille sur le front de l’Est. Dès le 19 février, il contre-attaque les colonnes soviétiques qui foncent vers le Dniepr, aux flancs mal protégés et démesurément allongés. Totalement surpris, les Russes perdent 25 000 hommes et 600 chars. Le 8 mars, Manstein lance une deuxième offensive qui repousse les Soviétiques de 150 km en arrière et permet aux Allemands de réoccuper Kharkov et Bielgorod et de reporter le front sur le cours du Donetz. Le succès est spectaculaire. Mais, comme chaque année, le dégel amène le ralentissement des opérations. Les deux adversaires sont épuisés. Ce répit permet aux deux armées de se refaire en vue des combats de l’été.

 

PRISONNIERS DE GUERRE ALLEMANDS

Pour le combattant allemand prisonnier, la captivité en Union Soviétique est un véritable cauchemar. Ce sort est pourtant enduré par de nombreux soldats. En mai 1945, les Soviétiques observent ainsi une immense colonne de captifs qui s’étale sur 75 kilomètres entre Berlin et Francfort-sur-l’Oder. Parqués dans des enclos improvisés, les prisonniers sont contraints d’effectuer des marches interminables. Les détenus sont envoyés dans des camps de travail en Sibérie, où les conditions de détention sont atroces. Plus d’un million et demi de soldats de la Wehrmacht seraient morts dans les Goulags sibériens ou auraient disparus au front ou en captivité, soit plus du tiers du total des tués et disparus enregistré par la Wehrmacht au cours de la guerre. Bien souvent, la libération et le retour en Allemagne ne s’opère qu’après une longue captivité. C’est ainsi que seuls 6 000 survivants de la 6.Armee de Paulus rentrent dans leur foyer en 1956 seulement !

Guerre du Pacifique/Pacific War (33/43): Kohima et Imphal

KOHIMA ET IMPHAL : LES JAPONAIS STOPPES AUX INDES,

8 MARS-3 JUILLET 1944

 

L’armée des Indes remporte une victoire éclatante à Kohima et Imphal

 

Le plan U-GO prévoit d’anéantir les unités alliées après les avoir isolées sur leurs positions. Après quoi Imphal et ses terrains d’aviation seront occupés par les forces nippones. La manœuvre semble possible en raison du déploiement du 4th Indian Corps du général Scoones, très en avant, presque jusqu’à la Chindwin. Les Britanniques sont en effet sur le point de lancer leur propre offensive et les unités commencent donc à être positionnées en conséquence. Mutaguchi engage trois divisions d’infanterie et un régiment blindé dans l’offensive, mais ses grands subordonnés ne partagent ne aucune manière son optimisme. La 33ème division de Yanagida doit détruire la 17th Indian Division à Tiddim et attaquer Imphal depuis le sud pendant que la 15ème division de Yamauchi enveloppera la ville par le nord. Une formation ad-hoc, organisée à partir des deux unités précédentes, la force Yamamoto, sous les ordres du général Tsunoru Yamamoto, attaquera pour sa part Imphal depuis l’est après avoir anéanti la 20th Indian Division à Tamu. Plus au nord, la 31ème division mènera une autre opération en direction de Kohima et de Dimapur. Le plan est donc simple mais il pèche par excès de confiance. Le ravitaillement est en effet limité à trois semaines, délai jugé suffisant pour emporter la décision, d’autant plus que Mutaguchi estime que des dépôts alliés seront déjà capturés à cette date. Il n’est donc fait aucun cas de la supériorité aérienne alliée ni de leur capacité opérationnelle, qui a beaucoup gagnée en efficacité depuis les réformes de Slim. Bien plus, Mutaguchi est certain que la jungle qui entoure Imphal empêchera le déploiement d’unité blindée britannique et il laisse donc ses hommes sans protection antichar adéquate. Alors que l’offensive est sur le point de démarrer, le deuxième raid des Chindits prend les Japonais. Mutagashi n’en a cure et refuse de divertir des troupes comme on le lui demande, arguant du fait qu’il aura remporté la victoire dans quelques semaines.

Le 8 mars 1944, les Japonais traversent la Chindwin. Les rapports des services de renseignements ont permis à Slim et à Scoones de se préparer à l’assaut ennemi et ils ont convenu de se retirer dans la plaine d’Imphal, forçant ainsi les Japonais à combattre à la limite de leurs possibilités logistiques. Les Britanniques n’ont pourtant pas prévu la puissance de l’assaut et ont mal jugé la date probable de cette offensive. A l’est, la 20th Indian Division de Gracey n’éprouve aucune difficulté majeure à se retirer et se replie sans encombre sur Imphal. Les Chindits ont en effet détourné de leur attention deux bataillons de la force Yamamoto, affaiblissant ainsi celle-ci de manière conséquente. Sur le front de la 17th Indian Division de Cowan, la situation est nettement plus délicate pour les Britanniques puisque Yanagida a réussi à isoler la division indienne, comme convenu dans le plan. Le 215ème régiment japonais s’est ainsi emparé d’un dépôt à Milestone 109, soit 30 kilomètres en arrière des premières lignes de Cowan ! De son côté, le 214ème régiment se trouve à Tongzang et sur le col de Tuitum, commandant l’unique route du secteur, à peine quelques kilomètres derrière la division indienne. Pourtant, le 18 mars, les Japonais, retranchés que bien trop sommairement, sont rejetés de cette crête par la 48th Indian Brigade. La route est à nouveau contrôlée par Cowan. Ce dernier a réussi à conserver le pont sur la rivière Manipur sur lequel se replie la division. La reprise du dépôt le 25 mars permet à Cowan de faire retraite en emmenant avec lui la plupart des véhicules, des vivres et des munitions. Le 4 avril, la 17th Indian Division et la 23rd Indian Division de Roberts, venue en soutien, se sont retirées sur Imphal. Celle-ci, défendue alors uniquement par la 50th Indian Parachute Brigade, a été renforcée par Slim par la 5th Indian Division transportée par voie aérienne depuis l’Arakan, où une attaque de diversion de la 55ème division japonaise s’est avérée n’être qu’un fiasco. Entre temps, les parachutistes sont malmenés à Sangshak par la 31ème division japonaise en route pour Kohima : 600 Britanniques sont perdus pour 400 Japonais. Imphal est entièrement isolée et le siège commence.

La 31ème division de Sato débouche donc sur Kohima et Zubza sur la route de Dimapur, à 60 km du terminus de la voie ferrée et des dépôts de toute la 14th British Army. L’heure est donc grave. Slim organise donc le 33rd Indian Corps de Stopford autour de Dimapur à partir de la 2nd British Division, une brigade de la 5th Indian Division, des blindés et une brigade Chindits détournée de sa mission. Les défenses font en effet défaut et seules quelques troupes tiennent Kohima. Le siège commence le 6 avril. Le lendemain, la 161st Indian Brigade est encerclée à son tour. A Kohima, 2 500 hommes, dont 1 000 non-combattants, s’accrochent à la position. Le périmètre défensif est des plus restreints et la garnison ne dispose que d’un unique canon qui a été parachuté. Les défenseurs, presque dépourvus d’eau, vont mener des combats acharnés dignes des affrontements de la Grande Guerre au cours desquels ils vont perdre 600 des leurs.

L’attaque japonaise sur Imphal se concrétise à partir du début du mois d’avril. Au nord, la 15ème division japonaise a réussi à capturer un dépôt de ravitaillement britannique à Kangpokpi, sur la route principale reliant Imphal à Dimapur. Mais le butin est décevant pour les soldats nippons puisque les vivres et les munitions ont une fois de plus été évacués à temps. Toutefois, le 51ème régiment parvient à s’emparer des hauteurs stratégiques de Nunshigum. Cette crête surplombe en effet l’aérodrome principal de la position britannique. Scoones se doit de réagir promptement à une menace aussi grave. Aussi, le 13 avril, une contre-attaque énergique est lancée par la 5th Indian Division, sous le couvert de l’artillerie et avec le soutien des chars M3 Lee. Grâce à des treuils, les Britanniques réussissent à monter des chars sur des pentes réputées impossibles, jusqu’à 1 300 mètres d’altitude. Incapables de tenir leurs positions faute d’armement antichar, les Japonais sont contraints au repli après avoir essuyé de lourdes pertes. Au sud, la 33ème division japonaise attaque à Bishenpur, où elle coupe une voie secondaire menant à Silchar. Toutefois, Yanagida est encore sous le choc de l’échec de l’encerclement de la 17th Indian Division. La nouvelle qu’un de ses régiments aurait été anéanti à Milestone 109 ne fait qu’aggraver son pessimisme. Il ne met donc que peut d’empressement à sa tâche et manque ainsi l’occasion de s’emparer sans coup férir de Bishenpur, alors défendue par une unique brigade de la 20th Indian Division, en l’occurrence la 32nd Brigade. Le général japonais est immédiatement démis de ses fonctions par Muraguchi. A l’est, la force Yamamoto se lance à l’assaut du col de Shenam, un site particulièrement approprié à la défense. Les positions défensives de la 20th Indian Division s’avèrent être une noix trop dur à croquer pour Yamamoto en dépit de l’intervention de moyens blindés et d’un soutien en artillerie conséquent. Les combattants de l’armée nationale indienne de Bose s’avèrent être une déception pour les Japonais puisque un nombre croissant de recrues déserte les unités. L’offensive semble donc dans l’impasse.

Le 1er mai, l’offensive japonaise est arrivée à son point mort. Les combats sont pourtant acharnés. Des commandos-suicides japonais parviennent ainsi sur les aérodromes où plusieurs avions sont détruits ! D’autres se sacrifient avec un obus de 105 mm dont ils font exploser la fusée au passage d’un blindé au-dessus de leur trou individuel… Slim et Scoones ne perdent aucun temps à contre-attaquer l’adversaire, en particulier la 15ème division, qui semble bien vulnérable. Toutefois, les progrès sont bien lents. La mousson gène en effet considérablement les mouvements et la ténacité du combattant japonais mène à des affrontements d’une rare violence. Les positions japonaises semblent donc inexpugnables. Bien plus, le ravitaillement aérien ne permet pas de répondre à tous les besoins et les munitions d’artillerie doivent être rationnées.

   

Toutefois, la situation logistique des forces japonaises est alors particulièrement dramatique. Le 33rd Indian Corps est ainsi en mesure de lever le siège de Kohima le 18 avril et les combats cessent dans ce secteur à la fin du mois de mai et peut donc se mettre en marche en direction du sud, prenant ainsi les positions de la 15ème division à revers. Celle-ci ne peut soutenir le choc et, le 22 juin, le 33rd Indian Corps établit sa jonction avec le 4th Indian Corps à Milestone 109.

 

Mutagushi n’a pourtant pas encore renoncé à la victoire. Pour être plus précis, il n’est en fait pas disposé à endosser la responsabilité d’une retraite. Kawabe se trouve exactement dans la même disposition d’esprit. Depuis le mois de mai, les deux officiers savent qu’ils ne peuvent plus l’emporter. Mais ils ne peuvent l’admettre et en accepter les conséquences. Les Japonais renouvellent donc leurs attaques. La 33ème division, renforcée par quelques bataillons, monte ainsi à nouveau à l’assaut de Bishenpur. Le choc est violent et les défenses alliées sont malmenées mais le général Tanaka ne parvient pas à obtenir la percée. Les attaques de Yamamoto s’avèrent tout aussi infructueuses. Au nord-est, les restes des 15ème et 31ème divisions sont trop affaiblis pour être engagés à nouveau de manière offensive. En fait, plus aucune unité japonaise n’accepte de repartir à l’assaut. Ce constat amer pousse Mutagushi à abandonner l’offensive le 3 juillet et à entamer un mouvement de repli sur la Chindwin, après l’abandon de tout le matériel lourd.

Les pertes japonaises à Imphal se montent à 54 879 hommes, dont 13 500 morts. La plus grande part de ces pertes sont avant tout dues à un ravitaillement déficient, aux maladies et à l’épuisement. Les pertes britanniques sont beaucoup plus limitées puisqu’elles se montent à 12 603 hommes, pour la seule bataille d’Imphal. A Kohima, les pertes respectives se montent à 5 764 et 4 604. Au cours de cette bataille décisive, le rôle tenu par la RAF est inestimable. Les défenseurs de Kohima et d’Imphal ont en effet été ravitaillés uniquement par la voie des airs pendant toute la bataille. 19 000 t d’approvisionnements et 12 000 hommes ont ainsi été amenés aux deux garnisons tandis que 13 000 pertes et 43 000 non-combattants sont évacués par les mêmes moyens. Le succès britannique est donc considérable. U-GO est un échec complet.