Recension « Mémorial de la Bataille de France. Tome 4. 17 juin-25 juin 1940 » de Jean-Yves Mary

Mémorial de la Bataille de France. Tome 4. 17 juin-25 juin 1940, Jean-Yves Mary, Heimdal, 2018, pages

Ce 4e volume clôt avec brio la superbe série que Jean-Yves Mary a consacré à la campagne de 1940, série qui fait suite aux volumes très détaillés que l’auteur a publié les années précédentes aux mêmes éditions Heimdal (Le Carrousel des Panzers, etc). Cet opus traite des journées tragiques du 17 au 25 juin 1940, au jour le jour, passant en revue les différents fronts, en n’oubliant jamais d’évoquer la situation générale (mais de façon beaucoup trop rapide: on manque de vue d’ensemble, faute aussi de cartes), avant de traiter en détail des opérations au niveau des armées, corps d’armées et divisions (le texte est très précis sur de petits engagements). Des encadrés donnent régulièrement des références de lectures ou des sites recommandés par l’auteur. Le chapitre final, qui est un bilan de la campagne, est particulièrement intéressant. On retrouve comme toujours la grande qualité des livres des éditions Heimdal (depuis les premiers exemplaires que j’ai achetés au début des années 1980), en particulier en ce qui concerne l’iconographie, une des grandes forces de cette maison d’édition normande, incontournable pour les passionnés de la période. Il manque cependant des cartes: il est très difficile de se repérer… et c’est vraiment dommage. On peut également regretter que les photographies, souvent inédites, ne soient pas publiées dans un format plus large, mais il aurait fallu pour cela doubler la pagination… On appréciera aussi les clichés pris in situ par un auteur certes passionné, mais surtout très sérieux, parfaitement documenté et qui n’a pas hésité à arpenter le terrain pendant des années et à étudier, scruter, décortiquer des milliers de pages d’archives. Dans son épilogue, l’auteur espère qu’il est parvenu à participer à la mémoire du combattant français de 1940, injustement oublié et souvent méprisé. Qu’il soit rassuré sur ce point: il a largement réussi, comme Eric Denis ou Christophe Dutrône et Dominique Lormier, et on ne peut que l’en remercier. Outre de beaux et intéressants moments de lecture, il nous permet de connaître objectivement les événements tragiques de 1940. Une lecture très recommandée, au besoin avec les trois tomes qui précèdent.



Recension « Un Français dans la Tourmente »T.3, 1941-42 de Rudolph de Patureaux

Un Français dans la Tourmente, T.3, 1941-42, Rudolph de Patureaux, Lulus Editions, 2018 (édition revue, corrigée et augmentée), 369 pages

Un roman sur la Seconde Guerre mondiale dont le héros est un soldat des FFL: voilà qui n’est pas courant. A travers 5 tomes (le 1er opus est publié en 2013), Rudolph de Patureaux nous emmène sur les traces d’André d’Aubusson, ce 3e opus ayant un attrait particulier à mes yeux puisqu’il se déroule pendant la guerre du désert… Le style de l’auteur est agréable, sa prose sûre et loin d’être ennuyeuse. Le choix des mots est pertinent, notamment dans les dialogues, et on apprécie plus particulièrement les descriptions qui mettent parfaitement « dans l’ambiance » des lieux et des combats. On est véritablement dans l’action et, à la lecture de cette fiction romanesque, il est évident que Rudolph de Patureaux connaît très bien l’équipement, les armes et les événements relatés. Le lecteur est plongé dans l’atmosphère d’un combattant de première ligne, aussi bien lors des raids menés par des « Jocks Columns » (des colonnes mobile interarmes mises au point par les Britanniques) que lors du fameux siège de Bir Hacheim, qui est le propos d’une grande partie du roman. Le lecteur aura la surprise de rencontrer de nombreux hommes célèbres au fil des pages, certains intervenant à plusieurs reprises: Koenig (le défenseur de Bir Hacheim), De Gaulle, mais aussi… Staline. Car le héros est ensuite envoyé à Stalingrad, dans l’enfer du front de l’Est, dans des circonstances que je vous laisse découvrir. Parallèlement à l’histoire du héros, l’auteur rappelle le contexte de la grande Histoire. Il nous accorde aussi des moments légers, à Alexandrie ou ailleurs. Car, au fil des tomes de la série, André d’Aubusson multiplie les conquêtes et les flirts. Rudolph de Patureaux ne nous épargne aucun détail de ces moments érotiques… On apprécie aussi la belle couverture signée Thomas du Caju… Au final, un bon roman pour les passionnés de la période. Ce 3e tome est l’édition revue, corrigée et augmentée de la version sortie en 2015.