Recension « Sur les traces de la Easy Company à Bastogne! » de Hugues Wenkin

Hugues Wenkin, Sur les traces de la Easy Company à Bastogne!, Weyrich, 2017, 144 pages

Hugues Wenkin nous gratifie d’une série d’ouvrages consacrés à la bataille des Ardennes qui s’avèrent être de grande qualité. Bien écrits et documentés, ils sont de surcroît de bel aspect, très illustrés, et, surtout, ils apportent quelque chose à l’historiographie. Passionné par cette campagne depuis toujours, j’ai accumulé les lectures à son sujet, et force est de de constater que des lectures comme celles de Sur les traces de la Easy Company à Bastogne!, de même que celles de Témoins d’Acier 1 et 2  ( recension ici)du même auteur (en collaboration avec Christophe Dujardin), sont des plus plaisantes. Le format de cet ouvrage, comme les précédents, est très pratique pour celui qui se rend sur le champ de bataille, d’autant que les dernières pages offrent un « Road Book » qui est le bienvenu.

Si la bataille de Bastogne est bien connue, Hugues Wenkin  réussit à bien nous la faire revivre selon le point de vue de la 101st Airborne, et plus particulièrement la Easy Company, bien que le sort des autres composantes de la division soit abordé pour permettre au lecteur de saisir clairement la situation et le déroulement de la bataille (d’autant que le secteur de la Easy est bien calme pendant une grande partie du siège). Les principaux affrontements, l’atmosphère et les conditions de la bataille, les considérations stratégiques et tactiques: rien n’est oublié, notamment grâce à l’abondance des témoignages, ainsi qu’à de nombreuses cartes. L’auteur nous montre bien les difficultés diverses que durent affronter les assiéger, ainsi que les conditions de l’entrée en lice des « Aigles Hurlants ». Le point de vue des Allemands n’est pas négligé pour autant. Des faits bien connus des passionnés, mais avec des détails ou des témoignages pas forcément lus ailleurs, qui rendent la lecture agréable, même lorsqu’on connaît très bien la bataille. On aura bien entendu en tête les images de la remarquable série Band of Brothers. Bref, un bon ouvrage à lire si on veut revivre la bataille du point de vue des GIs de la 101st à travers un livre relativement concis (plus de 140 pages tout de même).

 

Rommel et son Fieseler Storch

 

Comme Patton, en 1940 et pendant la guerre du désert, Rommel monte aussi à l’occasion à bord d’un avion d’observation, en l’occurrence un Fieseler Storch, un engin qui lui a été très utile pour effectuer des reconnaissances et prendre des risques calculés. Cela n’est pas sans danger. Un jour, en Afrique, des Bersaglieri italiens tirent par mégarde sur son appareil … Décidément trompe-la-mort, il échappe de nouveau à un destin fatal le même jour. Observant une colonne ennemie, Rommel ordonne à son pilote d’atterrir à côté d’une pièce de Flak de 88 mm, persuadé que d’autres Allemands sont dans les parages. Les roues de l’avion s’enlisèrent dans le sable et le Storch cassa du bois. Or, une colonne ennemie se rapproche : est-ce la fin ? Le salut prend l’aspect d’un camion, dans lequel les servants s’entassent avec le général et son pilote. Sauvé in extremis

 

Patton et son Sentinel

Patton à bord d’un Stinson L-5 Sentinel

Un appareil qu’il utilise depuis la période d’entrainement aux Etats-Unis et qu’il affectionne particulièrement au moment de la percée d’Avranches. Cela ne va pas sans danger… Patton est en effet de plus en plus contraint de se déplacer en avion de liaison L-5, ce qui n’est pas à son goût : « Je n’aime pas cela, écrit-il à Beatrice. J’ai l’impression d’être un pigeon d’argile… » de fait, un chasseur de la Luftwaffe en maraude ou une pièce de Flak n’aurait pas de difficulté à abattre le petit avion de liaison. Ses propres soldats peuvent présenter également un danger insoupçonné : survolant par mégarde une batterie de 155 mm, le Sentinel est secoué par le sillage des obus dans le ciel. désormais, il volera à plus haute altitude. un jour, à des fins de dissimulation, il évolue en rase-mottes lorsqu’il observe un hôpital de campagne allemand, preuve qu’il s’est enfoncé au cœur des lignes ennemies.