Films de Guerre/ War Movies (18/100): PATTON

PATTON

 

Ce film, que j’apprécie beaucoup, est évidemment du plus haut intérêt pour moi, davantage depuis que j’ai consacré une biographie au grand général.

Un film qui a ravivé la mémoire collective

Le célèbre film hollywoodien de Franklin J. Schaffner consacré à Patton, sorti sur les écrans en 1970, a ravivé le souvenir du général dans l’esprit des Américains (et des spectateurs du monde entier), lequel reste ainsi un des personnages majeurs de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit d’un film sur un homme et non d’un film de guerre en tant que tel. Schaffner va un peu loin en prétendant qu’il s’agit d’un film antimilitariste.

 

Lorsque la première est organisée à Washington devant un parterre choisi de personnalités, l’assistance applaudit à tout-va à l’issue de la première scène (voulue et écrite par Francis Ford Coppola), la plus mémorable du film. Cette scène, dont personne ne veut, est imposée par Darryl Zanuck. Indiscutablement un grand moment de cinéma. 

 Bradley, qui assiste à la projection, estime que les discours du véritable Patton n’étaient pas aussi dramatiques et que son langage était plus grossier. de fait, le cinéaste a supprimé le vocabulaire jugé trop cru (« fils de pute », par exemple).  Certains soldats contestent des détails, la voix ou la vitesse à laquelle l’acteur se déplace – il est plus rapide que le vrai Patton.

George Smith Patton IV, le fils de Patton, est allé voir le film. Il en pleure. Bien qu’il ait vu des photographies et entendu des histoires, Robert Patton, alors âgé de 12 ans, réalise ce jour-là qu’il est le petit-fils du fameux général dont les exploits sont relatés sur le grand écran. La prestation de George C. Scott impressionne Ruth Ellen, une des filles du général, dans des détails, les manières de son père, plus particulièrement son sourire.

 

La genèse de l’oeuvre

Le maître d’œuvre est le producteur Frank McCarthy, un ancien collaborateur de Marshall. Il reçoit le soutien décisif de Zanuck, également intéressé par le projet. Les deux hommes tentent d’obtenir le concours de Beatrice Patton, l’épouse du général. Mais la famille Patton se montre réticente. Nul doute qu’un nouvel appel du studio – la Twentieth Century Fox – le jour de l’enterrement de Beatrice – qui disparaît quelques mois après une de ses filles – n’a pas été de nature à améliorer les choses. La Warner avait eu un projet similaire avec Raoul Walsh à la direction, mais le projet n’eut pas de suite. La Columbia avait également tenté de faire un film à partir du livre Patton. Fighting Man de William B. Mellor.

Plusieurs acteurs ont été intéressés par le rôle, dont Burt Lancaster et John Wayne. Le choix – heureux – se porte in fine sur George C. Scott. Sa prestation est d’une telle qualité qu’il incarne Patton dans le souvenir des Américains.

Le véritable chien de Patton, « Willy », est bien de la même race que celui qui l’incarne dans le film

La scène de débarquement n’est pas exactement la même qu’en réalité, mais l’uniforme et la présence des médias sont très réalistes

Un des grands moments du film: la bataille d’El Guettar, en Tunisie. Il en est d’autres tels que son arrivée au commandement du 2nd US Corps ou l’affaire des gifles.

Le jeu de Scott est absolument remarquable et l’oeuvre de Schaffner rend compte avec talent de la personnalité publique du général : son patriotisme, sa culture, son intérêt pour l’Histoire, sa rivalité avec Montgomery, son langage de charretier et ses manières brusques, ses maximes, son mépris pour la lâcheté, sa proximité avec la troupe (notamment sa visite des hôpitaux de campagne), son génie militaire, son mépris des Soviétiques…

Le réalisateur a su condenser les faits marquants de ses différents commandements assumés entre 1943 et 1945 et on aboutit à un film très bien charpenté, articulant les scènes d’action avec des scènes dévoilant un Patton plus intime et nous révélant des pans de sa personnalité si complexe.

On appréciera aussi la superbe musique signée Jerry Goldsmith:

 

Les oublis du film

Si le film est incontestablement un chef d’oeuvre, le réalisateur a dû procéder à des choix parfois malheureux, ou à tout le moins regrettables. Beaucoup d’épisodes significatifs sont ainsi passés sous silence. Le film débute en février 1943, ce qui élide d’emblée la jeunesse et la formation de Patton, mais aussi les années cruciales d’entraînement en 1940-42 ainsi que l’opération « Torch », le débarquement en Afrique du Nord, de même que la conférence de Casablanca. Bizarrement, Eisenhower n’est pas incarné par le moindre acteur dans le film…On envisage un temps une scène se déroulant à Buchenwald, mais elle n’est pas tournée, alors qu’il s’agit-là d’un événement de prime importance pour Patton. On ne voit pas non plus le Patton controversé, « proconsul » en Bavière et particulièrement dur envers les Juifs… Le film élide également sa mort. De leur côté, les Afro-Américains se plaignent qu’il ne soit pas fait mention du 761st Tank Battalion, une des rares unités combattantes noires, acceptée de bon gré dans l’armée de Patton, alors que l’US Army est encore ségrégationniste. Le tournage connaît par ailleurs quelques déboires, les deux mules du fameux épisode survenant en Sicile ayant été véritablement tuées au cours du tournage…

Mais le plus grand oubli est l’impasse faite sur les aspects plus sympathiques du personnage. C’était également un gentleman, un hôte courtois, urbain et affable, non dénué d’humour. Il savait se montrer sensible, émotif au point d’en arriver aux larmes. Ses collaborateurs dépeignent un homme plein de compassion. S’il jurait sans cesse et pouvait se montrer grossier, il ne blasphémait jamais et ne racontait jamais d’histoire grivoise (mais il appréciât les femmes). S’il était irascible et pouvait être sujet à des accès de rage, il savait également faire amende honorable et se confondre en excuses avec tout autant de célérité.

Les erreurs du film

Bradley est impliqué dans le projet de Schaffner, mais il faut compter avec la personnalité difficile de sa seconde épouse. Le général exige de l’argent et plus de présence à l’écran. Il critique des détails secondaires : il se déplaçait lui-même toujours avec deux jeeps et son état-major trans- portait deux bazookas et des mitraillettes. Bradley ne veut pas que son personnage soit présenté comme l’espion d’Ike ; en revanche, il ne voit rien à redire si c’est l’acteur jouant Patton qui le dit.

Bradley apparaît dans le film sous les traits de Karl Malden. Le général, jaloux et méprisant Patton, est partie prenante dans l’élaboration du film, ce qui n’est pas sans conséquences…

Les tanks du film sont les sempiternels chars modernes d’après-guerre… Les Jeeps elles mêmes ne sont pas toutes du modèle de la Seconde Guerre mondiale.

Les erreurs sont nombreuses: Kasserine n’est pas le 1er affrontement entre Américains et Allemands (voire ici) ; Patton n’est pas vraiment présent pour diriger bataille d’El Guettar et pour voir en personne les Panzer tomber sous les coups des Tanks Destroyers (c’est Terry Allen qui mène la bataille) ; le film donne l’impression qu’il désobéit sciemment à Alexander en Sicile (où de surcroît; la scène de l’arrivée de Montgomery à Messine est des plus farfelues…); il y a eu plusieurs cas de soldats giflés en Sicile; Patton ne découvre pas par hasard en Normandie de la bouche de Bradley le fait qu’il va commander la 3e armée ;  etc.

Pour autant, ces libertés prises avec la réalité n’entament en rien l’intérêt du film qui, on l’a souligné plus haut, montre remarquablement le caractère du général et les principaux événements de sa brillante carrière entre 1943 et 1945.

On craint que Montgomery, quelque peu lésé par le scénario, n’entame une procédure judiciaire et que le film ait des difficultés à être distribué au Royaume-uni et dans le Commonwealth, un marché important pour les films hollywoodiens. Mais il n’en est rien: le maréchal a déjà en partie réglé ses comptes dans ses Mémoires. Les Mémoires d’Eisenhower et de Bradley avaient en effet bien mis en avant les Américains, au détriment des forces britanniques à son goût.

La prière de Noël de Patton : un mythe ?

Le véritable Patton et le général Mc Auliffe à Bastogne, pendant la bataille des Ardennes

Dans le biopic hollywoodien, le commandant de la 3rd Army, irrité par les conditions météorologiques alors que la percée vers Bastogne se fait attendre, aurait donné l’ordre à l’aumônier O’Neill de rédiger une prière pour le beau temps. Pourtant, cette décision passée à la postérité a été prise deux semaines plus tôt, bien avant l’offensive allemande. Cette fameuse prière fait toutefois son chemin jusque dans les Ardennes puisqu’elle est imprimé au dos de la carte de vœu de Noël distribuée par Patton à ses GIs. Ce dernier aurait rédigé en personne d’autres prières, dont une en date du 23 décembre mais elles n’ont été mises à la connaissance du public qu’après la guerre par l’office du tourisme du Luxembourg,

 

La postérité du film

L’impact du film est indéniable. Il est indéniable qu’il a largement participé au souvenir du grand général auprès du grand public. Avec MacArthur (Gregory Peck au grand écran), il est le seul général allié de la Seconde Guerre mondiale a avoir inspiré Hollywood (Eisenhower  eau droit à un téléfilm et à une série, cette dernière avec Robert Duvall dans le rôle-titre).

Sans surprise, c’est aux Etats-Unis que l’impact du film est le plus sensible. Le président Nixon en personne s’inspire de Patton. des tankistes de l’armée en Irak affrontent l’adversaire sur la musique du film. Ce dernier sert à galvaniser les troupes ou les nouvelles recrues. La scène avec le drapeau devient une référence, y compris pour les meetings politiques. en 2009, déplorant la situation en Afghanistan et la réaction du président, le commentateur Bill O’Reilly déclare : « Le plus gros problème est que Barack Obama manque de passion pour la victoire. Ce que la nation avait besoin d’entendre hier soir c’était un peu de général Patton. » Il passe ensuite un extrait du début du film dans lequel le général affirme que les Américains ne supportent pas l’idée de perdre.

Un grand film de guerre, parmi le plus réussis, sur un général hors normes. A voir et à revoir.

 

 

 

Films de Guerre/ War Movies (15/100): TORPILLES SOUS L’ATLANTIQUE

TORPILLES SOUS L’ATLANTIQUE

 

Robert Mitchum dans un de ses grands rôles

Torpilles sous l’Atlantique (The Enemy Below en version originale), fameux film de Dick Powell, tourné en 1957, raconte le duel se déroulant dans les Caraïbes entre un sous-marin allemand et un destroyer américain, le USS Haynes. Ce dernier est commandé par le capitaine Murell un ancien officier de la marine marchande, joué par Robert Mitchum, commandant faussement laxiste et type même de l’amateur devenu professionnel. L’homme est pour le moins guère rancunier car on apprend qu’il a perdu son épouse lors du torpillage de son cargo…

 

En face de lui: Curd Jurgens. On déplore comme si souvent des casques ridicules pour les Allemands (comme si des modèles 35 ou 40 étaient si difficiles à dénicher pour les accessoiristes de années 1950)

Le personnage joué par Curd Jurgens (le capitaine von Stolberg) est celui que les Américains (et les Français, les Britanniques et les Allemands eux mêmes) souhaitent donner de la Wehrmacht en ces années de Guerre froide : un soldat résolu, professionnel mais apolitique, en tout cas hostile au parti nazi… Pour faire contrepoids et mettre en valeur son opposition au régime, Jurgens est affublé d’un second qui n’est qu’une caricature bien forcée de nazi en service dans la Kriegsmarine : salut hitlérien, lecture évidemment de « Mein Kampf », slogan hitlérien à l’intérieur même du sous-marin… Le trait est un peu forcé, trop caricatural. Si le degré de nazification est important au sein de la marine allemande, il ne se traduit aucunement par ces marques de déférence… A l’inverse, si certains commandants de sous-marins n’ont pas caché leurs sentiments hostiles envers Hitler, ils sont peu nombreux et, dénoncés par des membres de leur équipage, ils l’ont payé parfois de leur vie. Un détail peu réaliste touche les sous-mariniers du film: ils sont trop propres…

On apprécie le fait d’avoir un véritable navire américain de la Seconde Guerre mondiale, en l’occurrence le destroyer d’escorte de la classe Buckley, le USS Whitehurst.

 

L’intérieur du submersible n’est pas celui d’un U-Boot de la Seconde Guerre mondiale. Il est évident que l’engin est d’après-guerre. Quant à la cabine du commandant, c’est un luxe inconnu à l’époque (l’intimité de son petit espace, qui se limitait à un lit, n’était assurée que par un simple rideau).

Les officiers du destroyer, d’abord dubitatifs quant aux capacités de leur capitaine

Comme dans Ouragan sur le Caine, l’équipage américain découvre un nouveau commandant envers lequel, comme il se doit, il se montre plutôt circonspect, voire dubitatif quant aux qualités de ce nouveau « pacha ». Mais, à l’opposé d’Humphrey Boggart, Robert Mitchum campe un officier de marine de valeur. Preuve de l’efficacité de la démocratie américaine en guerre, ce dernier était encore un capitaine de la marine marchande peu auparavant, mais il parvient à maîtriser tous les ressorts de la guerre anti-sous-marine en peu de temps. Le spectateur apprend le drame qui est à l’origine de son engagement.. Bien entendu, il ne ressent aucune haine et aucun esprit de vengeance ne l’anime : quelle grandeur d’âme, ces Américains qui luttent pour le bon droit ! On notera aussi que le jeune matelot qui est amputé de ses doigts semble prendre la chose avec légèreté : ces « boys » sont décidément d’un stoïcisme incroyable, et leur dévouement à la cause est sans limite.

Les Américains ont toujours l’allure décontractée que l’on attend d’eux dans un film de guerre hollywoodien. Mitchum, nue tête et à peine réveillé, n’a pas l’allure de Jurgens, même lorsque le U-Boot de ce dernier est sur le point de sombrer…

Les rôles secondaires sont assez effacés, écrasés par la présence à l’écran des deux commandants. On se demande d’ailleurs si le médecin de nord américain (ci-dessus) n’est pas un peu âgé pour une marine qui peut se permettre d’être regardante sur ses effectifs… Le second de Jurgens, Schwaffer, très mal doublé en français (l’accent est autant germanique que le mien est marseillais), n’est pas très convainquant..

 

Le scénario est bon, le suspense et le duel réussis. On apprécie les tactiques utilisées par les deux adversaires pour leurrer l’ennemi. On a là un bon film de guerre, qui se laisse regarder, même si on n’est pas à la hauteur du « Bateau » de Wolfgang Petersen, également très supérieur au U-371 de Jonathan Mostow.

Un happy end à l’américaine

 

El Alamein: il y a 76 ans. Les idées reçues

EL ALAMEIN

Au-delà de la légende

La victoire remportée par la 8th Army à El Alamein est perçue comme un tournant de la guerre. Page glorieuse et fameuse pour l’armée britannique, elle prend sa place parmi les grandes batailles de l’Histoire, les engagements décisifs, ceux qui changent la donne. Son impact dans les esprits de l’époque et dans l’histoire est indubitable. Pourtant, bien des idées reçues perdurent sur cette bataille désormais auréolée d’un mythe.

Le mythe du barrage des 1 000 canons

Dans ses mémoires, évoquant le déclenchement de l’opération « Lightfoot » le 23 octobre 1942, Montgomery écrit « à 21h40, commençait le tir de barrage d’un millier de canons »[1]chiffre allégrement repris par les historiens, y compris Correlli Barnett, peu soupçonnable de complaisance à l’endroit de Monty. 1 000 canons : ce total dépasse la dotation la 8th Army. Rommel fait même dans la surenchêre puisqu’il mentionne « 540 batteries de 105 »,ce qui représente plus de 2 000 canons[2]. La 8th Army dispose en fait de 832 pièces de 25 livres et de 52 pièces de 4,5 et 5,5 pouces, soit un total de 884[3] (908 selon certaines sources[4]). Certes, plus de 1 400 pièces antichars sont en ligne et les canons antiaériens se comptent par centaines mais ils ne sont évidemment pas impliqués dans la préparation d’artillerie qui sonne le lever de rideau de la seconde bataille d’El Alamein. Sur le front d’attaque principal, celui du 30th Corps, les divisions d’assaut bénéficient du soutien de 456 pièces d’artillerie[5], soit plus de la moitié du total dont dispose l’armée. Si Monty est loin de disposer de 1 000 pièces d’artillerie pour son assaut, le tir de contre-batterie est d’une ampleur sans précédent dans le désert. Le barrage roulant qui appuie la progression des vagues d’infanterie partant à l’assaut des positions de l’Axe représente également un soutien conséquent. Des soldats allemands vétérans du front de l’Est ont affirmé que l’artillerie britannique était plus terrifiante que celle de l’Armée Rouge. Ce sont des témoignages à prendre avec caution : où et quand ces soldats ont-ils combattu sur le front russe? Etaient-ils en première ligne?… Quoi qu’il en soit, le chaos semé dans les lignes de la Panzerarmee (positions détruites, lignes de communications coupées, impact psychologique…) et la violence des tirs d’artillerie sont indéniables, mais la bataille ne fait que commencer…

 

Montgomery bénéficie-t-il d’une supériorité numérique absolue?[6]

Les historiens s’accordent pour accorder une supériorité numérique dans tous les domaines en faveur de la 8th Army : environ 2 contre 1 en hommes (210 000 contre 104 000), en blindés (1 035 en première ligne -en incluant les Churchill arrivés en Egypte- contre 511 -sans compter les canons automoteurs et les chars de prise), en pièces d’artillerie (environ 900 contre 571), au moins 1,5 contre 1 en canons antichars (1 451 contre, selon les sources, 520, 850 ou 1 063 canons s’il faut en croire Niall Barr, ce dernier chiffre paraissant élevé[7]) La Desert Air Force et les appareils américains assurent également à Monty une maîtrise de l’espace aérien (530 avions opérationnels contre 350). Les réserves en munitions et en carburant sont à l’avenant (268 000 obus de 25 livres sont stockés dans la zone avant de l’armée[8]). Les auteurs rappellent à l’envie l’avantage que présente la proximité du front des bases d’Alexandrie (une centaine de kilomètres) et de Suez alors que, dans le camp de l’Axe, les lignes de ravitaillement s’étirent sur 2 500 kilomètres jusqu’à Tripoli (compte tenu de la relative faible capacité de fret des ports de Benghazi et de Tobrouk). Une base logistique si proche d’El Alamein aurait toutefois été un handicap pour les Britanniques si la Luftwaffe et la Regia Aeronautica s’étaient assuré de la suprématie aérienne au-dessus d’El Alamein car il leur aurait été alors aisé d’interrompre l’approvisionnement.

Toutefois, la majeure partie des divisions de Montgomery n’est pas constituée de combattants. Chaque division d’infanterie n’aligne qu’entre 4 et 5 000 fantassins. C’est sur ces hommes que reposent les espoirs de percée. Les divisions d’assaut étant avant tout des formations du Commonwealth -9th Australian, 2nd New-Zealand, 1st South African-elles ne disposent que d’un pool ténu de remplaçants. Le potentiel démographique est en effet relativement limité dans les Dominions concernés, et, d’autre part, en ce qui concerne les Australiens et les Néo-Zélandais, il faut prendre en compte la nécessité de pourvoir à l’effort de guerre contre le Japon. Corollaire direct, il est impossible d’amalgamer ces troupes entre-elles, étant entendu qu’aucune recrue britannique ne peut combler les pertes de ces unités à forte identité nationale, pas plus que troupes des FFL, des Highlands ou de l’armée des Indes ne peuvent mixer leurs contingents respectifs au sein d’unités communes pour reformer des bataillons dont les rangs auraient été clairsemés.

L’Afrika Korps, solidement retranché, attend la confrontation avec confiance à l’abri d’un réseau de champs de mines à la densité jusqu’alors inégalée (445 000 au total) sous le couvert de nombreuses pièces antichars capables d’opérer des coupes sombres au sein des unités blindées britanniques comme ce fut toujours le cas jusqu’alors depuis l’entrée en lice du DAK en 1941. Dans le secteur d’attaque principal, celui du 30th Corps, quatre divisions d’infanterie alliées (9th Australian, 51st Highland, 2nd New-Zealand, 1st South-African), soit 20 000 fantassins au plus, sont confrontées à deux divisions d’infanterie de l’Axe (164. Leichte et Trento), soit 15 000 hommes. On ne constate donc aucune supériorité numérique manifeste.

Certes, les fantassins alliés bénéficieront du soutien de chars en nombre conséquent : 122 chars à la 9th Armoured Brigade (rattachée à la 2nd New-Zealand Division), 194 chars à la 23rd Armoured Brigade, 29 chars au 2nd New-Zealand Divisional Cavalry Regiment et 19 chars au 9th Australian Divisional Cavalery Regiment[9]De son côté, l’infanterie de la Trento et de la 164. Leichte peut compter sur 90 pièces d’artillerie et près de 300 canons antichars en comptant les Flak de 88 mm. En retrait, la 15. Panzer-Division et la Littorio (un peu plus de 200 blindés à elles-deux) peuvent apporter leur concours à la défense, étant entendu que le 10th Corps blindé de (449 chars[10]) ne pourra pleinement entrer en lice que lorsque les premières lignes germano-italiennes auront été enfoncées par le 30th Corps.

 

Le matériel allié était-il supérieur à celui de l’Afrika Korps?

Pour la première fois de la guerre du désert, les Alliés disposent en nombre d’un char aux performances supérieures à celles de ses adversaires : le M4 Sherman. L’engin, devenu l’emblème des forces blindées américaines du conflit, fait son baptême du feu à El Alamein. Le 11 septembre, 318 Sherman arrivent à Suez[11]. Le blindage des Sherman et leur armement principal, un canon de 75 mm à stabilisation gyroscopique, leur assurent un avantage décisif sur l’ennemi pour les combats à longue distance, caractéristiques de la guerre du désert.

 

La 8th Army est pareillement dotée en Lee/Grant (170) qu’à Gazala (167) et possède donc 252 nouveaux Sherman[13]. Malgré tout, les régiments blindés alignent encore 607 chars obsolètes ou nettement dépassés (Valentine, Stuart, Crusader)[14]. Les premiers chars Churchills Mk III, armés d’une pièce de 6 livres apparaissent également à El Alamein (6 exemplaires en ligne) mais ne sont guère une réussite. Contrairement à ce qui a prévalu au cours des combats du printemps et du début de l’été, Rommel dispose désormais de puissants Panzer en nombre – 86 Panzer III J Lang armés de 50 mm longs et 30 Panzer IV F2 à canon de 75 mm L/43 alors qu’il n’a engagé que 19 Panzer III Lang à Gazala et seulement 9 Panzer IV F2 (sans munitions!). Ces Panzer à l’armement amélioré sont nettement plus dangereux pour les tanks alliés que leurs prédécesseurs qui ont opérés dans le désert depuis février 1941. L’avantage essentiel du Sherman et du Grant réside dans leur capacité à engager les chars adverses à distance. Alors que les autres tanks des brigades blindées britanniques ne peuvent guère espérer pénétrer le blindage d’un Panzer à plus de 500 mètres, les Panzer III et IV ainsi que les Pak 38 peuvent percer l’avant de la caisse de tous leurs adversaires à 1 000 mètres. La situation est encore plus dramatique lorsque les 88 mm sont engagés dans un rôle antichar puisque leurs obus s’avèrent mortels pour tous les modèles de chars anglo-américains jusqu’à une distance de 2 000 mètres ! Le Panzer III avec un canon long (Lang) est craint par les Britanniques qui l’appellent le « Mark III Special ». Il en va de même en ce qui concerne le dernier modèle de Panzer IV, le modèle F2, armé d’un canon long de 75 mm, qui surclasse largement tout ce que peuvent lui opposer alors les Alliés. Les engins blindés allemands ne sont pas pour autant invulnérables aux coups portés par les chars anglais, même armés du canon de 2 livres. Quant aux Tiger I et aux Nebelwerfer promis par Hitler à Rommel, ils n’apparaîtront dans l’ordre de bataille qu’en Tunisie. Plus que le matériel, c’est une tactique efficace et une bonne coordination interarmes qui fait défaut au sein de la 8th Army.

A côté des chars de combat, la 8th Army dispose, pour la première fois dans l’armée britannique, de canons automoteurs, en l’occurrence une centaine de M7 Priests américains armés d’une pièce de 105 mm et des Bishops britanniques. Les Priests ont des châssis de Lee/Grant tandis que les Bishops sont des canons de 25 livres montés sur châssis de Valentine. En raison de sa trop haute silhouette et de la faiblesse de son blindage, le Bishop n’est pas vraiment une réussite à l’inverse de son homologue américain. L’avantage de ces canons automoteurs est bien évidemment le gain de temps considérable gagné par rapport à la mise en batterie des pièces attelés à des camions ou à des semi-chenillés. Ces automoteurs ont en outre la capacité de se mettre rapidement à couvert une fois leur position repérée. Ils ont aussi l’avantage de pouvoir se mouvoir plus près du front et d’accompagner plus rapidement les unités qui vont de l’avant.

Les forces de l’Axe disposent également de canons automoteurs et de chasseurs de chars. Les Italiens alignent une quarantaine de Semovente 75/18 avec leur excellente pièce de 75 mm, qui représente un progrès dans la dotation en armement lourds au sein de l’armée italienne. Les Allemands disposent de quelques automoteurs s.I.G 33 de 150 mm ainsi que de 36 pièces de 150 mm montées sur châssis de chenillettes française « Lorraine ». Les unités antichars allemandes alignent encore un certain nombre de Panzerjäger I, rescapés des premiers combats en Afrique, ainsi que un ou deux Sturmgeschütze (au Sonderverband 288) et des Marder III équipés du terrible canon antichar russe de 76,2 cm, aussi redoutable que le canon de 88 mm.

            Du côté des canons et des obusiers, la Royal Artillery peut compter sur l’excellente pièce de 25 livres. La profusion de pièces antichars à disposition de la 8th Army – 1 451 dont 849 excellentes pièces de 6 livres[16]– permet d’employer enfin le 25 livres uniquement à des fins de soutien d’artillerie, ce qui s’est avéré crucial depuis le début du mois de juillet 1942 et les premiers combats à El Alamein. Si le canon antichar de 6 livres soutient la comparaison avec le Pak 38 de 50 mm (290 exemplaires à El Alamein), les forces de l’Axe

Si les Britanniques disposent de centaines d’automitrailleuses de qualité (Daimler Mk II etHumber notamment), celles-ci ne pourront se déployer et opérer sur les arrières ennemis qu’une fois la percée acquise. La Panzerarmee Afrika ne compte ses engins blindés de reconnaisance que par dizaines. En revanche, sur le plan de l’armement individuel, les soldats de l’Afrika Korps sont dotés de mitraillettes MP38/40 et surtout de mitrailleuses MG 34 et 42 sans équivalent dans les rangs de leurs adversaires. Ceci étant, l’armement individuel, fusil-mitrailleur Bren, fusil Lee-Enfield Mk III et mitraillette Thompson, et l’armement collectif, mitrailleuses Vickers et mortiers, sont tout à fait satisfaisant. Au final, le bilan de la supériorité qualitative du matériel et de l’équipement de la 8th Army à El Alamein est quelque peu mitigé.

 

Un plan suivi à la lettre?

A la conférence de presse qui suit la bataille, le général Montgomery affirme sans ambages que tout s’est déroulé exactement comme il l’avait prévu et que, si des écarts semblaient s’être produits avec le plan, c’était exactement ce qu’il attendait. Son biographe, Alan Moorehead, écrit : « dans ses grandes lignes, la bataille d’El Alamein fut disputée conformément au plan de Montgomery »[17]. Pourtant, les erreurs furent légions et en aucun cas le plan ne fut suivi à la lettre. Dès le premier jour, l’assaut s’enlise et les chars sont encore déployés à l’est de la crète de Miteirya. Au sud, les opérations menées par le 13th Corps devaient certes s’apparenter à une feinte et fixer la 21. Panzer-Division et la division Ariete mais elles sont si peu couronnées de succès que Montgomery y met un terme tandis que la 7th Armoured Division sera rappellée et mise en réserve au nord.

Il convient cependant de mettre au crédit de Montgomery d’avoir su réagir à l’impasse dans laquelle il se trouve apparemment les 25-26 octobre. En attirant l’attention de Rommel sur le secteur australien en bordure de la côte et en contraignant l’Afrika Korps à user prématurément ses forces dans d’inutiles contre-attaque, Montgomery est parvenu à préparer les conditions pour une nouvelle offensive, l’opération « Supercharge », qui doit apporter le décision. Force est pourtant de constater que celle-ci bute également sur la résistance farouche des troupes germano-italiennes : les forces blindées britanniques sont étrillées sur Tell el Aqqaqir. La bataille d’attrition a cependant suivi son cours et, ne disposant pour ainsi dire plus que d’unités aux rangs clairesemés, Rommel doit s’avouer vaincu et entreprendre un difficile repli. La victoire est donc acquise dans des délais (10 jours) et avec des pertes (13 000) conformes aux prévisions de Montgomery[18], mais le déroulement de la bataille n’a pas été sans altération des plans dressés par le chef de la 8th Army.

 

L’ordre d’Hitler de résister sur place : l’arrêt de mort de la Panzerarmee?[19]

Le 3 novembre, alors que, la veille, la situation désespérée a contraint Rommel à prendre les mesures pour abandonner la position d’El Alamein, un message d’Hitler parvient au « Renard du Désert ». L’ordre, fameux, enjoint à l’Afrika Korps de combattre sur place jusqu’à la « victoire ou la mort ». La défaite est pourtant déjà consommée à ce moment-là. Les attaques ennemies ne pourront être contenues encore longtemps. Les pertes sont lourdes (le 3 novembre, à 14h30, les 15, et 21, Panzer-Divisionen n’alignent plus que 24 Panzeropérationnels contre 242 le 23 octobre[20]) et, sans l’ordre d’Hitler, le repli des forces de la Panzerarmee se serait de toute façon vraisemblablement avéré très délicat, en particulier pour le 10° Corpo et les Fallschimrjäger de Ramcke, déployés au sud du front. Les divisions blindées et motorisées du 20° Corpo, décimées le 4 novembre (l’Ariete perd environ 70 chars sur la centaine qui lui restait) au cours d’un combat qui sauve l’Afrika Korps en passe d’être isolé, auraient de toute façon probalement beaucoup souffert elles-aussi.

 

Rommel a-t-il abandonné les Italiens?

Rommel s’est-il replié en laissant à leur sort les unités italiennes déployées au sud du front? En fait, quand il se résigne au repli le 2 novembre, il espère sauver son infanterie en ordonnant au DAK et au formations motorisées italiennes de résister le plus longtemps possible. Les formations déployées au sud ne sont pas seulement italiennes puisque les parachutistes allemands de la Brigade Ramcke y ont également leurs positions. Le 4 novembre, après le contretemps consécutif à l’ordre de tenir donné par Hitler, le 10° Corpoest informé de l’ordre de retraite en fin d’après-midi. Depuis le 2 novembre, les véhicules disponibles sont mobilisés au profit du 10° Corpo mais la plupart sont interceptés par les unités se repliant le long de la côte. Ramcke est prevenu plus rapidement que le 10° Corpo et entame le repli sans en aviser les Italiens. Le salut d’une partie de son unité -pourtant partie à pied- ne sera dû qu’à la capture opportune de véhicules britanniquesà la faveur d’une embuscade. Les colonnes italienens seront pour leur part rattrapées dans le désert. Bien des soldats italiens sont capturés dans un état déshydratation avancée. Compte tenu des circonstances, Rommel n’aurait guère pu faire davantage en leur faveur sans compromettre l’existence de son armée durement pressée par l’ennemi.

 

El Alamein : une grande victoire britannique?

S’il a bien été de tout temps une armée composite, il s’agit bien de l’armée britannique. La 8th Army ne fait en aucune manière exception. Aux contingents anglais, écossais, gallois et irlandais s’ajoutent les alliés français, grecs, polonais et tchécoslovaques, les troupes des Dominions australiennes, néo-zélandaises et sud-africaines, ainsi que les forces provenant des colonies et de l’empire, à savoir des unités de l’armée des Indes, de Rhodésie et du Soudan.

La participation des Australiens, qui se considèrent eux-même comme des combattants de première classe, à la bataille d’El Alamein sera déterminante. Autres soldats venant des Antipodes, les Néo-Zélandais, dont le bataillon d’indigène -les Maoris- s’avèrent être des combattants tout aussi coriaces. Rommel les considère comme les meilleures troupes alliéeq. Moins renommés, les Sud-Africains participent aussi à El Alamein. Enfin, l’armée des Indes (la 5th Indian Division) se distingue des troupes des Dominions par sa composition particulière. Les Indes appartenant à l’Empire britannique, son statut est différent des armées des Dominions. En effet, dans chaque brigade, un bataillon sur trois est exclusivement composé de Britanniques, qui forment également en général les effectifs des unités d’artillerie.

Pour ne s’en tenir qu’aux hommes -puisqu’on l’a constaté plus haut le matériel made in USAà l’instar des M4 Sherman tient un rôle essentiel dans l’équipement- le constat est donc évident: la 8th Army est loin d’être une armée venant de Grande Bretagne (6 divisions sur 10 seulement). Les pertes enregistrées au cours de la bataille reflètent l’effort consenti par l’Empire : on ne compte que 58% des Britanniques parmis les 13 560 hommes tombés à El Alamein entre le 23 octobre et le 4 novembre 1942[23].

Un constat similaire pourrait être fait sur les forces aériennes engagées à El Alamein. Sur les 96 escadrilles dont dispose Tedder, qui chapeaute les forces aériennes alliées au Moyen-Orient, on dénombre, outre les formations du Commonwealth, 13 Squadrons de l’USAAF du général Brereton.

 

La pluie : facteur décisif au cours de la poursuite?

Le matin du 4 novembre, il est indubitable que Monty pense que sa victoire est complète. La poursuite est lancée : l’ennemi ne pourra s’y soustraire. Mais la prudence de Monty a sauvé la Panzerarmee de la destruction. Le général n’est pas le seul à blâmer. Ses subordonnés sont las[24] et les troupes sortent épuisées d’une confrontation de douze jours. La congestion de l’étroit corridor obtenu après la percée est telle que les embouteillages génèrent bien des retards. La majeure partie de la 8th Army se trouve encore du mauvais côté des champs de mines à El Alamein et il faut encore neutraliser les Italiens au sud du front[25]. La lenteur des opérations menées par les Britanniques est cependant clairement illustrée le 5 novembre par le fait que la poursuite s’arrête à la nuit tombante. En direction de Fouka, un faux champ de mines retarde la 10th Armoured Division puis la 7th[26]

Pourtant, Montgomery dispose de nombreuses unités d’automitrailleuses, très mobiles et bien équipées, qui sans nul doute pourraient être employées plus judicieusement. De même, dès le 2 novembre, le général Harding, le chef de la 7th Armoured Division, a présenté un plan pour couper la retraite de l’ennemi après la prise de Mersa Matrouh en fonçant vers Tobrouk via la piste de Siwa. Ce plan aurait mis Rommel en grand péril mais Monty l’a rejeté.

Le 6 novembre, les intempéries constituent une aide providentielle pour les hommes de Rommel. Engluées dans un sable devenu boueux, les colonnes britanniques sont stoppées les unes après les autres. De plus, les terrains d’aviation récemment capturés à El Daba deviennent inutilisables. Les Britanniques sont-ils pour autant si désavantagés par la météo ? Comme Montgomery[27], Churchill, explique lui-aussi l’impossibilité de détruire l’armée de Rommel par la pluie qui s’abat sur le champ de bataille[28]. Or, la Panzerarmee est également handicapée par les pluies qui s’abattent sur le champ de bataille puisque seule la route côtière est utilisable, ce qui provoque immédiatement des embouteillages et des ralentissements. La timidité de la poursuite explique davantage l’échec des Britanniques à anéantir l’armée de Rommel.

Conclusion:

Un mythe s’est forgé autour de la bataille d’El Alamein. Il est en grande partie l’oeuvre du vainqueur, Bernard Montgomery, et de ses admirateurs. Les mêmes approximations ont été maintes et maintes fois répétées depuis lors : un tir de barrage de 1 000 canons digne de la Grande Guerre, une supériorité dans tous les domaines assurant à coup sûr une nette victoire, des Italiens abandonné par Rommel dont l’armée est irrémédiablement affaiblie suite à un ordre insensé du Führer, la pluie qui frustre la 8th Army d’une victoire à sa portée… Plus que tout reste tenace la légende de la bataille décisive. Le Royaume Uni, qui avait subi de nombreux revers depuis 1940, avait alors besoin d’un héros et d’une bataille rédemptrice : il a eu Monty et El Alamein. L’Histoire a su rendre justice à Claude Auchinleck et à l’importance de la première bataille d’El Alamein, livrée en juillet 1942. Néanmoins, les mythes ont la vie dure et, dans l’esprit du grand public, la bataille d’El Alamein n’a eu lieu qu’en octobre-novembre 1942 et restera encore pour longtemps associée à Montgomery et au tournant de la Seconde Guerre mondiale. Il est aussi des historiens, prenant à rebours l’opinion la plus communément admise, pour réhabiliter les talents de général de Montgomery, mis à mal après guerre, et, donc, pour faire perdurer le mythe.

 

Bibliographie:

BARR Nial, « The pendulum of war. The three battles of El Alamein », Pimlico Edition, 2005 (publié en 2004 par Jonathan Cape)

BUNGAY Stephen, «Alamein », Aurum Press Ltd, 2002

BUFFETAUT Yves, « Les batailles d’El Alamein », Editions Histoire et Collections, 1995

CHURCHILL Winston, « The Second World War, Volume IV », Londres, 1951

COLLECTIF, « Al Alamein revisited », The American University in Cairo Press, 2000

FORD Ken, « El Alamein 1942, the turning of the tide », Campaign n°158, Osprey Publishing Ltd, 2005

GALE Iain, « Alamein : the Turning Point of World War Two », Harper Collins Publishers LTD, 2010

LUCAS PHILLIPS Cecil Ernest, «El Alamein, bataille de soldats », Plon, 1963

MONTGOMERY Bernard, “Mémoires”, Plon, 1958

MOOREHEAD Alan, « Montgomery », Plon, 1949

PITT Barrie, «The Crucible of War. Montgomery and El Alamein », 1982republié par Cassel and Co, 2001

PLAYFAIR I.S.O. et alii, « The Mediterranean and Middle East. Volume IV : the Destruction of the Axis Forces in Africa », 1966, republié par Naval & Military Press, 2004

ROMMEL Erwin, « La guerre sans haine », Le Livre Contemporain, 1960

STEWART Adrian, « Eighth Army’s Greatest Victories. Alam Halfa to Tunis, 1942-1943 », Leo Cooper, 1999

THOMPSON R.W., « La légende de Montgomery », Presse de la Cité, 1967

[1] Montgomery B., « Mémoires », p 116

[2] Rommel E., « La Guerre sans Haine », p 281

[3] Pour tous ces chiffres, cf Playfair I.S.O., « The Mediterranean and Middle East. Volume IV : the Destruction of the Axis Forces in Africa », p 30 et Ford K., El Alamein 1942. The Turning of the Tide », p 61

[4] Playfair I.S.O., p 30

[5] Playfair I.S.O., p 36

[6] Barr N., « The pendulum of war. The three battles of El Alamein », p 276 et suivantes

[7] Barr N., p 276 ; 850 selon Playfair I.S.O.

[8] Playfair I.S.O., p 15

[9] Playfair I.SO., p 9

[10] Playfair I.S.O., p 9

[11] Playfair I.S.O., p 8

[13] Playfair I.S.O., p 9

[14] Playfair I.S.O., p 9

[16] Playfair I.SO., p 30

[17] Moorehead A., « Montgomery », p 170

[18] Barr N., p 404

[19] Barr N., p 401-405 ; Buffetaut Y., « Les Batailles d’El Alamein », p 147-157

[20] Rommel E., p 316

[23] Lucas Philllips C.E., « El alamein, bataille de soldats », p 324

[24] Stewart A., « Eighth Army’s Greatest Victories. Alam Halfa to Tunis, 1942-1943 », p 115

[25] Stewart A., p 119

[26] Playfair I.S.O., p 87

[27] Montgomery B., p 191

[28] Churchill W., « The Second World War, Volume IV », p 538