Belle recension de « Etre Soldat de Hitler » dans le Figaro Magazine

 

Jean Sévillia signe une très belle recension de mon livre dans le Figaro Magazine. Merci à lui.

L’heure c’est l’heure!

Des historiens continuent à parler de l’heure allemande et de celle des Alliés lorsqu’ils racontent le Jour J. Précision inutile (et erronée!): c’est la même!

En effet, exceptionnellement, le Royaume-Uni passe au « British Double Summer Time » (expression inventée pour la circonstance) au printemps 1944, soit GMT+2.

En France occupée, c’est alors l’heure allemande qui prime, soit GMT+1, qui passe à GMT+2 au printemps 1944 pour cause d’heure d’été…

A Omaha, lorsque la première vague débarque, il est donc 6h30 aussi bien pour les Allemands que pour les Américains…

Recension de « Une histoire de la Nouvelle-France » de Laurier Turgeon, éditions Belin

Laurier Turgeon, Une histoire de la Nouvelle-France. Français et Amérindiens au XVIe siècle, Belin, 2019, 282 pages

L’histoire de la colonisation française en Amérique est passionnante. En tant que Normand, cette aventure me passionne plus particulièrement. Le livre de Laurier Turgeon ne traite que du seul 16e siècle, soit les débuts du processus colonial français. Le parti pris n manque pas d’originalité: partir des produits des échanges commerciaux (morue, castor, chaudron, perles) pour nous expliquer des faits historiques. Il est évidemment beaucoup question des terres-neuvas (à ce propos, les passages traitant de terminologie sont fort intéressants). De ce fait, Laurier Turgeon nous livre un éclairage fascinant sur les sociétés françaises (de France avant tout, pas d’Amérique) et amérindiennes de l’époque. Le cas du castor m’a particulièrement intéressé. On est également gré à l’auteur de ne pas nous épargner non plus la description par le menu des moeurs des animaux retenus dans son étude. Je regrette toutefois que davantage de lignes n’aient pas été consacrées aux tribus indiennes, mais il ne s’agissait pas là du seul propos de l’ouvrage.

Au final, nous avons là un livre qui nous apprend beaucoup sur la genèse d’une épopée coloniale dans le Nouveau-Monde. Il s’agit avant tout de la période qui précède le processus de prise de contrôle par la France et l’arrivée de colons en nombre plus conséquent. Les événements se multiplient en effet ensuite au 17e puis au 18e siècle. A compléter avec Histoire de l’Amérique Française de Gilles Havard et Cécile Vidal, et autres ouvrages consacrés aux coureurs des bois.

Recension de « Traces de Guerre. Normandie 1944 » par Christophe Prime, OREP, 2019

Christophe Prime, Traces de Guerre. Normandie 1944, OREP, 2019

J’ai passé un bon moment avec ce bel ouvrage superbement illustré, une des belles surprises de ce 75e anniversaire du Jour J. Je connais certes la campagne dont il est question -la bataille de Normandie- mais je ne me suis pas ennuyé une seconde avec ce livre qui ne fait nullement double-emploi avec les autres ouvrages consacrés au sujet. Christophe Prime parvient en effet à se démarquer en offrant aux lecteurs une approche originale de la bataille de Normandie: partir d’objet du quotidien, pas seulement militaires, pour narrer la campagne, des objets qui ont chacun une histoire, parfois émouvante.

Il est aussi bien question des civils que des militaires, du simple biffin au maréchal (puisqu’une des épaulettes appartenant à l’un des uniformes d’Erwin Rommel est présentée) de jerrycan que de casques ou que de menus équipements, voire une robe aux couleurs des libérateurs.

Responsable des collections du Mémorial de Caen, fin connaisseur de la bataille de Normandie, Christophe Prime a accès à des merveilles dont il nous fait profiter. Le texte allie témoignages, propos didactiques sur tel ou tel objet ou encore l’histoire précise de la pièce présentée. Les objets retenus ont été choisis avec soin et ont la plupart quelque chose de très original (une radio comme celle des Comanches à Utah, un mors de cheval allemand, la douille déchiquetée d’un obus de tank, de beaux casques, etc). Ils sont tous l’occasion d’expliquer un phénomène, un fait ou un événement important (pénicilline, AMGOT, etc). Le contexte de leur recueil ou de leur découverte (ils proviennent tous du champ de bataille normand) est également en général explicité.

Au final, nous avons là un beau livre qui se lit bien (et relativement vite), digne de figurer dans toute bibliothèque consacrée à la période.

Recension de « Ils ont conduit les Alliés à la victoire » de Daniel Feldmann

Daniel Feldmann, Ils ont conduit les Alliés à la victoire, Perrin, 2019

Ce livre est une réussite et il  faut admettre qu’on y apprend de nombreux éléments passionnants. L’auteur travaille en partie à partir de sources primaires, ce qui est louable. Une méthode qui ne signifie cependant en aucune manière forcément toujours « faire du neuf » (ni faire un travail d’historien), car elles ont déjà le plus souvent été exploitées (surtout pour les généraux les plus fameux). Pourtant, D. Feldman nous apprend des éléments importants en livrant ici un récit clair et circonstancié du rôle des chefs des armées alliées de la campagne de 44-45, ainsi qu’une bonne analyse du style de commandement des officiers étudiés. Il a le mérite également de mettre sous les projecteurs certains hommes dont on parle beaucoup trop peu, que ce soit des généraux de premier plan comme Patch ou Crerar, ou encore des membres des états-majors. Il faut aussi lire les notes qui fourmillent d’informations intéressantes (malheureusement sans un en-tête de page qui renvoie à la page de l’appel de notes).

J’ai particulièrement apprécié les chapitres sur Patch, Hodges et Crerar, bien que la dextérité de ce dernier dans le domaine politique me semble surévaluée (mais je suis mauvais juge en la matière): son poste a un caractère politique de facto puisqu’il représente le Canada. Concernant Patch, je pense également qu’il ne faut pas faire trop de cas des succès des épisodes finaux de la bataille de Guadalcanal (une campagne passionnante), face à un ennemi inférieur en nombre et en matériel en pleine opération de repli. La mise en avant des qualités méconnues de Patch est l’élément le plus intéressant du livre (ce seul fait justifie sa lecture), avec, a contrario, la démonstration de l’inaptitude au commandement d’une armée de Hodges.

Le chapitre qui a le plus retenu mon attention est bien entendu celui de Patton, puisque je suis l’auteur de la biographie la plus complète et la plus aboutie consacrée à l’illustre californien en français (et certainement pas limitée à une reprise de Carlo d’Este et de Martin Blumenson -en fait les Patton’s Papers– comme semble le suggérer D. Feldmann: mes lecteurs en ont pleinement conscience et la bibliographie de mon livre en fait foi). Je dois avouer que l’auteur soulève des problèmes intéressants et m’a poussé à me poser des questions sur « Blood & Guts ». Il renouvelle cependant beaucoup moins qu’il n’y paraît: par exemple le racisme et l’antisémitisme de Patton, l’entêtement stupide sur Metz ou encore le raid sur Hammelburg (bizarrement oublié dans une biographie récente en français, autre que celle que j’ai écrite), de même le fait que le général ne soit pas à l’origine de « Cobra » sont bien connus (Patton a évidemment réfléchi à une solution pour les Américains, et l’idée qui est présentée dans les Patton’s Papers n’est pas « Cobra »). Ceci étant, l’auteur se devait évidemment d’aborder ces points.

L’évocation de la réécriture des carnets personnels de Patton et des différences entre le texte écrit de la main du général avec celui de la version dactylographiée est intéressante, mais peut-être moins pertinente qu’on peut le croire, d’autant qu’on ne sait ni qui est à l’origine des modifications, ni des dates de celles-ci. Le fait que des éléments aient pu être rajoutés par un Patton encore en vie dans l’optique d’une publication n’a rien de choquant, dans la mesure où cela ne signifie pas forcément trahir la vérité (il faut éviter les procès d’intention): il peut tout simplement s’agir d’éléments d’importance que le général n’avait pas pensé pertinent d’écrire le jour où il a rédigé ses carnets, mais que les événements survenus a posteriori l’ont poussé à rajouter pour la mouture finale. Après qu’un événement se soit concrétisé, il paraît normal, dans l’optique d’une publication, que l’ajout soit fait sur un brouillon pour la postérité si le général avait bien pensé à ce qu’il ose rajouter (si c’est bien lui l’auteur). Par contre, s’il s’agit d’une distorsion de la réalité pour s’octroyer le beau rôle (ce qui est le cas presque systématique dans les mémoires des généraux), cela pose effectivement problème. D. Feldmann a donc le mérite de soulever un problème important sur ces fameux carnets. Il reste que ces ajouts sont peut-être rares et peu significatifs…

Dans le cas des événements de décembre 1944 (l’heure de gloire du général avec Avranches et la chevauchée qui s’ensuit), une chose est certaine: Patton avait fait préparer des plans dans l’éventualité d’une offensive ennemie dans les Ardennes (ce qui ne signifie pas qu’il avait compris qu’elle aurait lieu: il s’apprête d’ailleurs à frapper en direction de la Sarre…), et il est le seul des généraux alliés à l’avoir fait. Cela lui permettra sa rapide et fameuse volte-face à 90° à un moment très critique (il est juste de reconnaître que Montgomery réagit promptement également).  Il reste qu’à mes yeux l’auteur me semble un peu dur en estimant que Patton manque d’imagination dans certaines circonstances, comme devant Bastogne, lorsqu’il frappe du fort au fort: un commandant n’a tout simplement pas toujours d’autres alternatives qu’une solution loin d’être satisfaisante, et il n’est pas toujours envisageable de manoeuvrer (Montgomery ne pouvait pas non plus contourner le flanc ennemi à El Alamein ou devant l’Etna ou Caen). Je ne suis pas convaincu que Patton soit plus dispendieux en vie humaines que Montgomery et encore moins que ce dernier ait renoncé à Messine puisque demander le soutien et l’avance concomitante de la 7th US Army s’imposaient devant l’impasse dans laquelle il s’était fourvoyé. Ainsi, c’est avec le recul que le raid sur Hammelburg apparaît comme une mission vouée à l’échec (un Combat Command eût été plus approprié), de même que certains assauts amphibies ratés de Sicile.

Pour ce qui est de la Lorraine, affirmer que des renforts ne sont pas dirigés pour contrer Patton à la fin de de l’été 1944 est, à mes yeux, une contre-vérité. Ajoutons que je ne partage pas non plus qu’il faille imputer à Patton la responsabilité des crimes de guerre survenus en Sicile. Des points de vue discordants qui ne remettent pas en cause les faits, de toute façon. Concernant la dyslexie de Patton discutée dans les notes, l’hypothèse est intéressante, mais il est dur d’établir les faits (d’autant qu’il existe des degrés dans la dyslexie ou qu’on peut confondre avec d’autres difficultés dont souffre un enfant, sans parler que donner un diagnostique sur Patton a posteriori soulève bien des difficultés), je souligne seulement qu’il se trouve que l’un de mes élèves qui en souffre fait du théâtre sans difficulté majeure de mémorisation… En dépit de ces réserves, le récit sur Patton est bien mené et met en valeur les talents du général, tout en ne masquant pas les défauts du personnage en tant que commandant d’armée.

Certains pourront regretter les longs développements sur les carrières en amont de la campagne de 1944-45 pour les différents généraux étudiés car cela s’effectue au détriment de la campagne dont traite l’ouvrage. Pourtant, le parcours de chacun de ces généraux avant 1944 est essentiel pour saisir leur personnalité, leur pensée et leur pratique du commandement.

L’auteur explique pourquoi il n’inclut ni Dempsey, ni Simpson. Personnellement, les arguments avancés n’ont pas portés et je regrette que D. Feldmann ne le ait pas tous traités, de même qu’il aurait été normal d’inclure Bradley, qui commande la 1st US Army pendant les deux mois cruciaux de la bataille de Normandie. Le choix de ne pas traiter des commandants des groupes d’armées ainsi que du commandant suprême est également regrettable. Le rôle de ces derniers est intimement lié à celui des généraux d’armées, c’est un évidence, et pas seulement pour Dempsey qui n’est que la courroie de transmission des desiderata de Montgomery. Une étude du haut-commandement allié à l’Ouest du 6 juin 1944 au 8 mai 1945 dans son ensemble aurait été pertinente. Ceci étant, la spécificité de l’échelon de commandement au niveau de l’armée explique le choix de l’auteur, d’autant que Montgomery et Bradley ne sont évidemment pas absents du récit, loin s’en faut, et, pour une fois, l’auteur ne verse pas dans le travers d’être trop indulgent avec « Monty », mais il faut dire que les événements relatés ne concernent guère les échecs -ou disons les difficultés- de ce dernier.

Un bon livre, peut-être guère axé vers le grand public (faute notamment de suivre un canevas chronologique , qui nous présenterait la carrière opérationnelle de ces différents chefs en parallèle ainsi que plus d’éléments sur les batailles), mais qui retiendra l’attention des passionnés. On ne peut qu’encourager les lecteurs intéressés par la lecture de livres similaires tels que Patton’s Peers de John English (et cette fois-ci Dempsey et Simpson sont étudiés). Celui de Corps Commanders of the Bulge de Harold Winton est plus efficace car concentré sur une campagne : la bataille des Ardennes. Mais il s’agit d’une autre échelle: celle de commandants de corps, et uniquement américains. Pour les Britanniques et les Canadiens, il faut lire Corps Commanders de Douglas Delaney. Pour la campagne de Birmanie, il faut lire The Generals de Robert Lyman. Pour de Lattre, je renvoie au livre d’Ivan Cadeau. Pour Patton, il faut lire ma grosse biographie consacrée au général.

L’introduction laisse à penser que les éditions Perrin éditerons peut-être un ouvrage équivalent sur les généraux de « l’autre côté de la colline ». Espérons qu’il sera aussi réussi et qu’il questionnera également des faits que l’on pense établis pour toujours…

75e anniversaire du 6 juin 1944

Il y a une semaine, mon marathon médiatique sur 3 jours: Normandie-Caen (4 juin à 19h), sur (le 5 juin à 20h), francophone puis anglophone et sur (le 6 juin). Une belle expérience…

 

 

Recension de « Walter Schellenberg. Le chef du contre-espionnage nazi parle » par Clément Tibère, éditions Perrin

Clément Tibère, Walter Schellenberg. Le chef du contre-espionnage nazi parle, éditions Perrin, 2019, 442 pages

J’ai d’emblée apprécié le pseudo de l’auteur (un haut-responsable du renseignement français qui, on le comprend, cherche à demeurer discret…) : Clément Tibère. Et de songer immédiatement au regretté Lino Ventura (espion –justement- dans Le Silencieux) … C’est un livre remarquable et passionnant pour les amateurs d’espionnage, fort justement introduit par l’auteur qui présente les souvenirs de Walter Schellenberg. Ce nazi bon teint, haut responsable du SD (le service de renseignement de la SS), n’est pas le plus célèbre. Pour ce qui est de l’espionnage et du contre-espionnage au sein du III. Reich, on pense d’abord à l’amiral Canaris et à l’Abwehr, ainsi qu’au sinistre Reinhard Heydrich et au RSHA. L’intérêt, comme l’ouvrage de Below récemment publié aussi chez Perrin, est de saisir l’organisation du III. Reich et les rapports entre les hiérarques de l’entourage de Hitler. Comme d’accoutumée, le récit d’un tel individu, qui ne remettra jamais en cause les immondes crimes du nazisme, sans jamais non plus se sentir responsable, laisse une impression de malaise… Par ailleurs, Schellenberg, dont on découvre les missions (comme celle –ratée- d’enlever le duc et la duchesse d’York au Portugal) s’attribue toujours le beau rôle… Un récit certes non objectif sur la guerre secrète, mais instructif, qui nous emmène en Hollande ou à Dakar. On se demande tout de même comment un tel individu a pu échapper à la corde.

 

Commémorations du Débarquement: mon avis

L’évolution des commémorations

du Débarquement en Normandie

Nul autre événement du conflit que le Débarquement ne peut prétendre à l’engouement qu’il suscite. Qu’en-est il donc des commémorations du 6 juin 1944 –alliant cérémonies, présence de vétérans et manifestations de collectionneurs- depuis ces dernières décennies ? Normand natif de Caen, historien et fils de témoins de la bataille,ce sujet revêt une importance primordiale pour moi…

 

Une page se tourne

Avant d’être une grande fête et l’occasion d’une sortie pour les passionnés et les touristes, les cérémonies du Débarquement sont celles du souvenir, du rappel de notre attachement aux valeurs de la démocratie et de la mémoire de ceux qui sont tombés pour nous apporter la liberté. La première place revient donc légitimement aux vétérans, soldats des armées alliées ou combattants de la Résistance, qui, dans leur jeunesse, ont connu et ont été les acteurs de cette période tragique. Qui n’a ressenti de l’émotion et de la gratitude à la vue d’un vieux monsieur, très bien habillé, la poitrine ornées de décorations hautement méritées ainsi que des « chest badges », remis à l’occasion des grandes cérémonies de 2004 ? N’est-ce pas un privilège de les avoir rencontrés ? Ces honorables grands-pères avancent dans l’âge et sont chaque année moins nombreux (on ne compte plus que 3 anciens du 1er BFMC de Kieffer). Les plus illustres, comme John Howard et Lord Lovat, nous ont quittés il y a déjà quelques années. Ne nous le cachons pas : quel que soit l’attachement que l’on a pour ces cérémonies et du soin qui est apporté à leur organisation, elles perdront de leur attrait et de leur force lorsque les vétérans ne seront plus présents. Il n’étaient que quelques centaines en ce mois de juin 2019…

 

Cette année, le sosie de Churchill était parmi nous…

 

Une portée internationale

La reine Elisabeth II d’Angleterre, qui a présidé aux superbes commémorations de Portsmouth le 5 juin, est elle-aussi en quelque sorte un vétéran de cette guerre, au cours de laquelle elle a servi comme conductrice. Sa présence aux cérémonies leur a toujours conféré un cachet hors du commun. Apercevoir le prince Charles dans une réplique de Horsa à l’inauguration de ce dernier dans le très réussi musée des aéroportés britanniques de Pegasus Bridge est également une expérience qui se savoure.

Il n’est en fait nul autre événement historique qui ne soit autant commémoré, par autant d’Etats et sur une aussi longue durée. La présence du président Poutine et du chancelier Schroeder sur les terres normandes en 2004 inaugure une nouvelle période pour les commémorations (l’absence du premier cette année a été remarquée). L’aspect décisif de la guerre germano-soviétique est si évident qu’il n’a pas à être rappelé : la Guerre froide est finie tandis que le rapprochement avec l’Allemagne, effectif depuis longtemps et ferment de la construction européenne, justifie la présence du chef de gouvernement de l’ancien pays ennemi. Rappelons tout de même (n’en déplaisent à certains trop politisés ou anti-américains primaires), que les Soviétiques n’auraient jamais été en mesure de battre les nazis à eux seuls.

Si la Guerre froide est terminée, le passage en Normandie est presqu’obligé pour les présidents américains en exercice : au-delà de la nécessité de se souvenir du sacrifice des GIs en des lieux si emblématiques (du cimetière d’Omaha Beach à la Pointe du Hoc), occasion unique de rappeler à l’Europe sa dette envers l’Amérique, c’est aussi de l’endroit pour réaffirmer à la face du monde quelles sont les valeurs défendues par les Etats-Unis et pour lesquelles ils continueront à lutter. Le passé comme message politique pour le présent.

Le Sherman de Brad Pitt dans « Fury » était à Omaha en 2019. Hollywood a contribué à assoir la légende d' »Overlord ».

 

L’ampleur des cérémonies aboutit à des spectacles les plus divers

L’évolution des anniversaires du D-Day au cours des dernières décennies se caractérise indubitablement par un accroissement sensible de leur ampleur. Les spectacles présentés aux chefs d’Etats et de gouvernements invités lors des 60e et 70e anniversaires témoignent de cette évolution. Les festivités ne se bornent pas à un grand « show » à destination de ces hôtes illustres mais des commémorations à caractère plus nationales se déroulent sur l’ensemble des principaux sites du D-Day, de Sainte-Mère-Eglise, à l’ouest, à la batterie de Merville, à l’est. Les stèles se sont multipliées, dans le moindre village où un événement d’importance s’est déroulé ou, le plus souvent, en mémoire et en témoignage de reconnaissance de l’unité alliée qui a libéré la commune, sans oublier les blindés exposés à titre commémoratifs, à l’instar du Sherman exposé place Patton à Avranches, bien que le plus beau et le plus spectaculaire reste pour moi le Tiger de Vimoutiers, un char allemand… Des cérémonies plus accessibles car, paradoxalement, les Normands sont frustrés des principales cérémonies se déroulant sur leur sol en raison des multiples mesures de sécurité qu’entraînent la présence d’un tel aéropage en un seul lieu. Un nouvel espace est désormais consacré aux forces britanniques à Ver-sur-Mer, ce qui n’est que justice eût égard à la contribution de l’empire britannique à l’opération « Overlord » et à la victoire.

 

La semaine du 6 juin, en Normandie, est le cadre de festivités les plus diverses qui attirent les foules.

Feux d’artifices, bals, concerts, expositions temporaires, meeting, visites guidées du champ de bataille (parfois en tenue), etc : le visiteur n’a que l’embarras du choix. Un de mes plus grands plaisirs est de croiser un groupe de véhicules sur une route normande, plaisir accentué si l’engin qui me précède en est un aussi : une expérience courant tous les débuts juin et sans cesse renouvelée sans y ressentir la moindre lassitude… Ecouter un joueur de cornemuse à Bénouville tandis que déambulent des collectionneurs tout de Denison Smoke vêtus n’est pas non plus désagréable. Par-ci par-là, des bourses aux armes, qui se sont multipliées, même si celles-ci n’ont pas le caractère presque de grand’ messe que pouvait avoir jadis la défunte bourse de Cabourg.

De superbes dioramas sont exposés (ici près de l’Overlord Museum). A gauche, le Mont Pinçon réalisé par un maquettiste de talent…

Ce constat d’inflation quantitative concerne en premier lieu le matériel militaire exposé. En juin 1984, encore enfant, je découvre aux côtés de mon père l’un des premiers rassemblements de véhicules de collections militaires qui m’ait été donné de voir. Quelques blindés, dont un halftrack White M3, un tank M3 Stuart et une automitrailleuse USM8, tous dûment équipés, renforcés de sacs de sables et de paquetage de toutes sortes. L’ère des grands rassemblements n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Bientôt, dans la seconde moitié des années 1980, au-delà des plages normandes, les rendez-vous de Mourmelon procureront au grand public une approche plus concrète de l’histoire militaire.

Un DUKW à Arromanches cette année

Le 6 juin 1989, je suis aux aurores pour voir débarquer des DUKWs sur la plage d’Arromanches qui sera bientôt couverte de véhicules d’époque entourés de collectionneurs, dont un de mes camarades du lycée en superbe « Red Devil ». Les défilés de véhicules militaires n’ont eu de cesse de se multiplier, au-delà de celui de Bayeux (encore une réussite cette année), qui perdure avec certes moins d’ampleur mais en nous gratifiant d’une multitude de raretés aux couleurs anglo-canadiennes.

Les spectacles de parachutages sont à couper le souffle.  Les largages en tenue d’époque depuis des C-47 Skytrain ou des DC3 Dakota (avec un rassemblement « monstre » de dizaines de ces engins pour le 75e) sont encore davantage émouvants pour l’amateur, surtout quand il s’accompagne du saut d’un ancien 70 ans après son baptême du feu en Normandie ! Le « clou » de ces parachutages est sans conteste le spectacle offert sur le site de La Fière. Pour peu que la Normandie bénéficie ce jour-là d’un bel ensoleillement, cette vision de centaines de canopées larguées à rythmes réguliers est inoubliable, grandiose…

Quelques paras le soir, à Arromanches, un beau spectacle certes, mais sans commune mesure avec le spectacle de La Fière avec ses centaines de corolles ‘à droite, en 2014)…

 

Des spectacles qui n’auront plus cours ?

Le 40e anniversaire du débarquement sera également le cadre des premiers meetings d’envergure sur le sol normand. Le rassemblement de Warbirds et autres engins volants de guerre à Falaise et à Carpiquet laisseront un souvenir tout particulier aux chanceux, dont je fus, qui purent assister à leur spectacle. Hélas, depuis lors, P-38 Lighting, Boeing B-17 ou encore Mosquito. Les amateurs doivent maintenant s’éloigner des pâturages normands et se rendre à la Fertais-Allais, stupidement programmé le même week-end de juin que les festivités de Normandie…

Des engins rares, de véritables merveilles (les amateurs me comprendront…) font leur apparition ces années-là : citons par exemple une automitrailleuse Marmonn-Herrington en camouflage désert et un Humber Mk II, ou encore un superbe char Cromwell, qui a fait ses premières armes en Normandie. Les premiers défilés organisés à Bayeux au 45e et au 50e anniversaire sont à cet égard réussis et n’ont plus leur équivalent, ne serait-ce que par la désormais absence des chars de combat (on imagine en effet sans peine les conséquences du passage de leurs chenilles sur la chaussée). Il faut reconnaître également que certaines lois malvenues pénalisent les collectionneurs (imagine-t-on sérieusement que leur matériel puisse être de nature à intéresser des malfaiteurs qui n’ont aucun mal à se fournir en Kalachnikov ?), ce qui explique la tiédeur de ceux qui viennent de l’étranger. Il n’y aura jamais un Beltring normand…

Les véhicules britanniques et canadiens: des raretés très agréables à voir…

Les amateurs n’ont pas à se désoler pour autant : les années récentes ont également offert leurs lots de belles surprises : n’est-il pas original de voir se déployer une batterie de 25 pounder à Tilly-sur-Seulles il y a quelques années, des pièces des 105 mm à Sainte-Mère-Eglise ? N’est-il pas intéressant de voir évoluer un LCVP sur l’eau à Carentan ? En 2008, la route côtière de la plage d’Omaha, sise entre Vierville-sur-Mer et Saint-Laurent-sur-Mer est couverte d’engins américains garés pare-chocs contre pare-chocs, vision qui s’est multipliée depuis lors. L’un de plus beaux défilés de véhicules américains est celui qui s’ébranle de Grandcamp-Maisy en direction d’Isigny, de même que celui de Sainte-Mère-Eglise. En 2014, sous un soleil de plomb, les blindés sont de retour en nombre et, avec eux, de plus en plus de visiteurs en uniformes. Avec parfois une belle surprise : deux vedettes du D-Day qui ont jeté l’ancre de part et d’autre de Pegasus Bridge.

 

La multiplication des groupes de reconstitution

Un collectionneur sérieux et correctement vêtu: ce n’est pas toujours le cas

On constate une tendance qui n’a cessé de s’accentuer depuis les années 1990 et de plus en plus dans les années 2000 : la multiplication des groupes de reconstitution, le plus souvent regroupés dans des camps (citons les «camp « Arizona » et « Geronimo » respectivement à Carentan et Sainte-Mère-Eglise, score superbes en 2019). Ces derniers peuvent offrir un remarquable aperçu du matériel et de l’équipement militaire au visiteur. L’aspect visuel de certains campements peut être très réussi lorsque tentes, véhicules et positions de combats aménagées sont disposés avec art et réalisme, que ce soit dans un champ (avec vue sur les plages), dans un village (notamment tout autour de la place de Sainte-Marie-du-Mont), près d’un musée (le Dead Man’s Corner et ses paras) ou encore une batterie allemande (Saint-Marcouf ou Merville). Les reconstituteurs sont visiblement heureux de faire partager leur passion et c’est l’occasion, notamment pour les plus jeunes, de manipuler un bazooka ou encore de prendre la pose dans une jeep. On appréciera aussi la thématique de la plupart des campements : ici des GIs, là des Tommies ou des Canucks, ici encore ce sont des fantassins américains, dans la localité voisine des paratroopers. Des femmes se prêtent aussi au jeu, en uniforme d’auxiliaires féminines ou en arborant les tenues des élégantes de l’époque. J’apprécie grandement cette multiplication d’évocation de la mode et des civils de l’époque, le « clou » étant la reconstitution de l’Exode à Carentan.

Ou comment faire original et se démarquer avec un véhicule aussi « classique » que la jeep…

Certes, le meilleur côtoie le pire : entre la présentation rigoureuse d’une tenue de GI de 1944 avec tout l’équipement et un figurant bedonnant aux cheveux longs vêtu d’une tenue mixant le vêtement de chasse au treillis de surplus, il y a un monde… Heureusement, de nombreux groupes se distinguent par la qualité de leurs uniformes et de l’équipement, avec le souci du détail authentique (citons par exemple le cas de paras américains coiffés et grimés à l’indienne comme sur des clichés bien célèbres), regroupant des soldats appartenant à la même unité. Des commandos britanniques aux GI du service de santé, les groupes sérieux sont légions. Il faudrait cependant veiller à ne pas verser dans le ridicule : j’ai vu un « MP » d’un jour assurer la circulation, au besoin en hurlant contre les récalcitrants, avant qu’un conducteur lui demande pour qui il se prenait. Un autre de ces « MP » n’a d’ailleurs pas hésité à se frayer un chemin jusqu’au guichet d’un musée (celui d’Arromanches), imaginant sans doute que le port de l’uniforme accordait quelques privilèges… Des exceptions, fort heureusement !

Des collectionneurs en paras anglais à Bénouville en 2013

 D’autres en soldats américains sur Omaha Beach, en 2008.

Ci et là, d’autres, y compris des enfants, ont revêtus des effets civils de l’époque. Sous des accents de jazz, l’ambiance est assurée. Sur les routes, le passionné ou le touriste amateur sera ravi de croiser qui un convoi de jeeps et de camions, qui un halftrack arrêté sur le bas-côté. Près des musées et sur les plages, ce ne sont qu’uniformes kaki.

 

De plus en plus de femmes participent aux festivités, dont de nombreuses en tenues des années 40

Côté couleurs d’uniforme, la nouveauté c’est aussi l’apparition du Feldgrau. La présence de collectionneurs pose un certain nombre de difficultés, voire peut susciter un certain émoi, surtout pour ceux qui ont connu les heures noires de l’Occupation (une réalité difficile à appréhender pour un Américain, qu’il soit historien ou simple touriste). Ne tombons pas dans la facilité qui consisterait à faire un procès d’intention à ces collectionneurs, souvent sympathiques et consciencieux : s’intéresser à la Wehrmacht, l’armée qui est incontestablement au cœur de la Seconde Guerre mondiale et dont l’étude est incontournable sur ce sujet, ne signifie aucunement faire siennes l’idéologie abjecte dont cette armée fut le glaive. Mais c’est justement sur ce point que le bas blesse : les commémorations du 6 juin sont celles de la victoire des démocraties, de la Libération… La complicité de la Wehrmacht aux crimes de guerre nazi est désormais clairement établie. Ceci étant, les spectacles offerts à la batterie de Crisbecq ainsi qu’à celle de Merville, dans lesquels des reconstituteurs arborent ces uniformes, sont superbes. Je reste partagé : montrer des véhicules pourrait suffire…

Voir évoluer devant soi des Panzer: une vision mémorable pour un passionné comme moi…

Je concède qu’en dépit de ces réticences j’ai apprécié de croiser ces groupes et je suis le premier, aussi bien à Saumur qu’en Normandie, à sortir mon appareil pour immortaliser par un cliché une belle reconstitution de soldats allemands. Cette année, le plus remarquable a été de découvrir les Panther et le Panzer IV en état de marche en provenance du musée des blindés de Saumur. Un superbe spectacle pour tous les passionnés… Mais en Normandie, en juin, ce sont avant tout des commémorations. Pis, les déclarations de certains individus appartenant à certains groupes, sans parler de leurs pseudonymes sur internet, laissent pantois… Un phénomène certes à la marge, mais qui peut jeter un discrédit sur l’ensemble.

 

Une pléthore de musées de qualité

L’inflation du nombre de musées et de sites désormais bien mis en valeur est une autre donnée de ces dernières années. La perspective de retombées financières acceptables pourrait a priori faire être en partie à l’origine du phénomène. Une telle entreprise est pourtant un pari sur l’avenir, comme l’illustre la fermeture du regretté musée des tanks de Catz, près de Carentan (remplacé par le superbe Normandy Victory Museum)ou encore la remarquable collection de mannequins d’Avranches (pour ceux qui ont connu Arlon, la Belgique a vécu pire).

Normandie, où on ne dénombrait encore que quelques musées dans les années 1970, dont le vénérable musée d’Arromanches, on en observe désormais une multitude. Beaucoup, comme celui de Sainte-Mère-Eglise (voir ma présentation sur mon blog), se sont considérablement modernisés et présentent une richesse de collection qui a longtemps fait défaut : avec le Dead Man’s Corner (présenté aussi sur mon blog), les amateurs de paras américains sont maintenant comblés. Même constat du côté de la 6th Airborne : le tandem musée de la batterie de Merville-musée de Pegasus Bridge sont d’un intérêt sans commune mesure avec ce qui existait à l’époque du petit musée sur les paras près du café Gondrée. La cure de jouvence qui a touché le musée d’Utah Beach est tout aussi remarquable. Celui qui recherche l’ambiance d’un bunker a le choix entre les batteries de Crisbecq et de Merville, le Grand Bunker de Ouistreham, où les salles des bunkers sont admirablement reconstituées, ou des sites comme les batteries d’Azeville et de Longues-sur-Mer. De même, il a longtemps manqué un musée dédié à l’armée canadienne : c’est chose avec le Juno Beach Center. J’attends l’équivalent britannique… On fait aussi dans le moderne (Arromanches 360°) ou dans l’original (D-Day Academy où l’amateur est mis en contact avec le matériel et peut s’offrir une sortie en véhicule d’époque). Cette dernière tendance se retrouve dans les différents C-47 dans lesquels les touristes peuvent s’immerger dans le passé, en particulier celui du Dead Man’s Corner, dont la réplique montée sur vérins faire vivre de belles sensations. Les civils ne sont désormais pas oubliés : il existait déjà de belles reconstitutions de boutiques au musée de Quinéville, désormais un musée entier leur est consacré à Falaise.

Il est évident que le succès des commémorations et le tourisme de mémoire expliquent en grande partie le nombre impressionnant de musées. Le superbe Overlord Museum et son unique collection de blindés, autrement mieux situé qu’à Falaise, a évidemment tenu compte de cette manne (il est situé au rond-point qui mène au site phare des plages du Débarquement : le cimetière américain de Saint-Laurent-sur-Mer) et complète avec brio les autres musées de qualité déjà présents sur Omaha Beach. Que dire aussi du choix du site du musée de référence de la Seconde Guerre mondiale, à savoir le Musée Mémorial ? Caen, bien sûr, le pivot de la bataille de Normandie. Saluons aussi les musées méconnus mais réussis comme celui de la percée du bocage, sis à Saint-Martin-des-Besaces, celui du Mont Ormel sur la poche de Falaise, et surtout le remarquable Normandy Victory Museum à Catz.

Utah Beach bénéficie désormais d’un musée fort réussi

 

Une œuvre qui sera pérenne

Un bémol toutefois: l’organisation parfois par trop dilettante de certaines mairies, les publicités mensongères qui nous promettent des événements qui n’ont pas lieu, ou d’une ampleur infiniment moindre que présenté…

De plus, les marchés du temple ne sont jamais loin, dans certaines boutiques ou pour certaines publications opportunes. Mais l’engouement du public, les visites scolaires et le dynamisme des responsables de musées laissent espérer que ces commémorations ont de beaux jours devant elles. Le Musée Mémorial de Caen est un musée pour la paix édifiée dans ce qui fut une ville martyre, il consacre l’intérêt et la raison d’être de l’enjeu de la mémoire et du souvenir. Il incarne dans la pierre ce pourquoi on commémore toujours le Débarquement : témoigner notre reconnaissance aux libérateurs, se rappeler des sacrifices consentis, ne pas oublier une époque tragique et en tirer pour œuvrer pour la paix. Le visiteur qui arpente les cimetières militaires de la région prend inévitablement la mesure du caractère crucial que revêt cette œuvre de mémoire.

Il faut pérenniser la mémoire et le souvenir

Recension « Tout sur le Débarquement » de Claude Quétel

 

Claude Quétel, Tout sur le Débarquement, OREP, 2019, 263 pages

Claude Quétel, publie Tout sur le Débarquement aux éditions Orep, une reprise actualisée et simplifiée de son livre de la série « Pour les Nuls » (éditions First). L’ouvrage est parfaitement adapté au grand public. Ceci ne signifie en aucune manière une simplification à l’excès. Au contraire, le récit de Claude Quétel est très renseigné, avec les connaissances les plus à jour sur le sujet, et fourmille de détails. L’auteur nous rappelle ce qu’est une opération amphibie (et ses impératifs) et nous présente la genèse d' »Overlord ». Si les chapitres qui suivent racontent la bataille de Normandie de façon fort classique, la suite est tout aussi passionnante: un chapitre évoque la résistance, un autre la logistique, suivi d’une étude sur la vie quotidienne du combattant, puis celle des civils, un bilan et, enfin, la mémoire de l’événement (cimetière, tourisme, cinéma, commémorations…). La psychologie des chefs des deux camps n’est pas négligée non plus. Des cartes très claires et de très nombreux encadrés fort variés apportent une multitude d’informations (du jerrycan au char Panther en passant par le bocage et le Kriegspiel, etc) et d’anecdotes (qui confèrent un aspect très vivant au récit) qui rendent la lecture d’un livre d’histoire si attrayante. Le style, très agréable à lire, ravira plus d’un lecteur.