Il y a 77 ans à El Alamein: 30 octobre-1er novembre 1942

30 octobre-1er novembre : la poursuite des opérations par les Australiens

 

Les Australiens poursuivent leurs opérations dans le nord, appuyés par les tanks Valentine (ici avec des « Jocks »)

La nuit du 30 octobre, une nouvelle attaque des Australiens au-delà de la ligne de chemin de fer et à proximité de la route côtière. Appuyés par 360 pièces d’artillerie et les blindés du 40th RTR,les bataillons australiens, aux rangs éclaircis par les durs combats des jours précédant, tentent d’atteindre leurs objectifs dans la nuit. Des troupes du génie qui les accompagnent aménagent immédiatement un passage pour les véhicules dans le talus de la voie ferrée, un travail de forçats qui nécessite trois heures de dur labeur à l’explosif et à la pelle. Un bâtiment se trouve isolé sur le champ de bataille. On le surnomme « le blockhaus ». Il s’agit en fait d’un bâtiment à six pièces qui servait avant guerre aux employés des chemins de fer. Il est transformé en hôpital par les Allemands et lorsque les Australiens s’emparent du secteur, trois médecins et neuf infirmiers allemands s’y trouvent encore et ils vont y poursuivre leur tâche tout au long de la bataille avec leurs confrères australiens, soignant indistinctement avec la même conscience professionnelle amis et ennemis. Les deux bataillons australiens qui ont mené l’attaque, déjà réduits à 450 hommes avant l’assaut, ne rassemble plus qu’une centaine d’hommes à proximité du « blockhaus » et du « saucer », n’ayant pu percer plus en avant. Le surnom « saucer »,soucoupe, vient de la platitude du terrain occupé par les Australiens, alors que les Allemands tiennent la crête côtière et observent les Australiens depuis le minaret de la mosquée de Sidi Abd el Rahman, distante de 8 kilomètres. Les fantassins australiens sont littéralement balayés par le feu allemand : mitrailleuses, mortiers, mines causent des ravages. L’assaut de « Thompson Post » est donc très meurtrier pour les Australiens. Les hommes du génie qui auraient dû atteindre une zone dunaire proche de la côte sont également stoppés à mi-chemin dans une situation bien inconfortable. Ces positions précaires vont être défendues avec acharnement par les Australiens au cours des deux jours suivants. Pas moins de 25 contre-attaques sont menées par la 90.Leichte Division et la 21.Panzerdivision avant que le succès de l’opération « Supercharge » plus au sud n’oblige Rommel à se porter vers cette nouvelle menace. Retranchés dans leurs positions exposées de toutes parts, les Australiens bénéficient toutefois du soutien des blindés, des antichars de 6 Livres et des pièces de campagne des Rhodésiens due la 289th Battery Royal Artillery. 25 Valentines sont tout de même laissés sur le terrain. Au nord, la majeure partie des positions tenues par les pionniers du génie est emportée par les Allemands. Dans le secteur du « saucer », en revanche, Rommel a moins de succès : les Australiens se replient au sud de la voie ferrée, laissant l’hôpital du « blockhaus » dans un no man’s land, mais ils ne sont pas anéantis. Le désert impose toutefois sont tempo sur la bataille quand une tempête de sable se lève, recouvrant les cadavres et soumettant les vivants à rude épreuve, tout en leur apportant un certain répit. Les Australiens n’ont pas atteints tous leurs objectifs mais ils ont constitué un saillant dangereux qui rend la position des unités allemandes encore positionnées à l’est de celui-ci bien inconfortable car elles sont en grand danger d’encerclement et leur évacuation n’est pas des plus aisées puisque les Australiens ont coupé la route côtière. Toutefois, devant l’ampleur des pertes, Morshead décide de relever la 26thBrigade par la 24th Brigade. Les nouveaux arrivants sont accueillis par le terrifiant spectacle de cadavres démembrés et de restes calcinés de pièces antichars, de tanks et de véhicules de toutes sortes. Cette relève s’effectue dans la nuit du 1er novembre de façon tout à fait opportune car ce même jour les Allemands lancent une attaque résolue contre les lignes australiennes. Une tornade de feu s’abat sur les Australiens. L’infanterie allemande s’approche de très près et une grêle de balles et d’obus de mortiers et d’artillerie s’abat toute la matinée sur les Australiens. Une formation aérienne germano-italienne ne peut toutefois pas intervenir dans la bataille car elle est interceptée par la Desert Air Force. Toute l’après-midi les Australiens doivent résister aux assauts de l’infanterie allemande soutenue par des Panzer, des canons automoteurs et par de l’artillerie. Le combat autour des positions australiennes envahies de poussière et de fumées ne cesse pas avant 2h30 du matin le 2 novembre, après le déclanchement de « Supercharge ». Il apparaît clairement que le rôle joué par les Australiens dans le saillant nord du front pour le succès final à El Alamein est considérable. Leur ténacité et leur combativité ont été de grands atouts pour Monty. Rommel pense que Montgomery va chercher la percée finale dans ce secteur. Il désengage donc la 21.Panzer Division pour se constituer une réserve mobile et la positionne à Tell el Aqaqir. Le chef de la Panzerarmee Afrikaa parfaitement deviné les intentions du chef de la 8th Army. Seulement, Montgomery va une nouvelle fois changer de plan. Ce 1er novembre, le Tripolino, transportant carburant et munitions, est coulé au large de Derna : il n’y aura donc pas d’essence pour les Panzer de Rommel.