FILMS DE GUERRE / WAR MOVIES (24/100): LES CANONS DE NAVARONE

LES CANONS DE NAVARONE

La bande-annonce originale:

Tourné à Rhodes et en Angleterre en 1961 par le réalisateur Jack Lee Thompson, Les Canons de Navarone, succès immense à une époque où le film de guerre est un genre qui a le vent en poupe, inaugure d’une certaine manière le film de commandos (voire ma présentation des Douze Salopards), dont il représente un modèle du genre.Bénéficiant d’un casting de premier choix, les péripéties et le rythme de l’action font des Canons de Navarone une des grandes réussites cinématographique dans la catégorie des films de guerre, une oeuvre justement récompensée par un Oscar et deux Golden Globes.

L’histoire, fictive mais haletante (dont je ne dévoile pas les péripéties), raconte un raid de commandos mené sur une île grecque. Le but de la mission est de neutraliser  deux puissants canons allemands qui empêche l’évacuation des troupes britanniques déployées sur l’île de Kheros, en mer Egée. Le propos s’inspire d’événements réels suivant la réaction allemande sur la mainmise par les Britanniques d’îles du Dodécanèse, en Egée, à l’automne 1943. Le film est aussi l’occasion de présenter la brutalité de la présence allemande en Grèce au cours de la guerre.

Parmi les conseillers techniques du film, le général Fritz Bayerlein, l’ancien chef d’état-major de l’Afrika-Korps puis commandant de la Panzer-Lehr, qui n’a rien à voir avec les événements survenus en Egée.

Avant de commenter le film, un rappel historique:

En marge de la campagne d’Italie, des événements importants surviennent en Egée en raison de la défection italienne qui compromet les positions allemandes dans les Balkans, en Grèce et en Egée. Les garnisons italiennes de Céphalonie, Corfou et Split sont mises hors d’état de nuire dès la fin septembre. Une fois sûrs de la maîtrise des routes de ravitaillements vers la Grèce et l’Adriatique et sûrs d’avoir conjuré toute menace d’une invasion alliée des Balkans par le canal d’Otrante, les Allemands tournent les yeux vers les îles du Dodécanèse dans l’Egée orientale. Les Britanniques se sont en effet empressés d’occuper certaines possessions italiennes. La réaction allemande ne tarde pas. Le 3 octobre, 1 200 soldats allemands, commandés par le général Müller, débarquent à Cos, appuyés par les Stukas et les Me-109. L’île est reprise en deux jours. Les Allemands utilisent ensuite 300 appareils de la Luftwaffe pour affaiblir Léros. Le 12 novembre, près d’une centaine de Junker 52 larguent 700 Fallschirmjäger sur l’île, qui est également reprise sans difficultés. La prise de Léros entraîne l’évacuation de Syros et de Samos par les Britanniques. Ces victoires montrent à la Turquie qui est maître en Egée. Elle refuse donc de rejoindre les alliés et reste neutre jusqu’à la fin de la guerre.

Photo de famille des « raiders » et de leurs acolytes de la résistance grecque. Deux femmes dans le lot, dont la grande Irene Papas.

Pièce maîtresse du commando: un alpiniste de renom, le capitaine Mallory (un clin d’oeil au fameux grimpeur disparu sur l’Everest en 1924?), dont le rôle est admirablement tenu par Gregory Peck.

Mallory est aidé dans sa mission (en fait dirigée par le Major Franklin, alias Anthony Quayle) par un spécialiste des explosifs: le caporal Miller, plutôt désabusé par la guerre, joué par l’excellent David Niven, toujours aussi « British ».

Anthony Queen est le colonel Stavros, résistant grec, personnage haut en couleur comme il se doit avec cet acteur (d’origines mexicaine et irlandaise, l’acteur a déjà été un Hellène crédible dans le fameux Zorba le Grec).

Image d’Epinal obligée en ces temps de Guerre Froide: le mauvais allemand est toujours l’Aryen-type, blond, sans pitié, tandis que les officiers de la Wehrmacht sont immanquablement corrects et humains. Evidemment, l’officier de l’armée régulière supplie le captifs de parler avant qu’il ne soit contraint de les livrer à la SS ou à la Gestapo…

L’objet de la mission…

Un superbe film d’aventure et de guerre, sans la violence gratuite qui devient commune, dans un cadre magnifique avec de bons acteurs: que demander de plus?

 

FILMS DE GUERRE/ WAR MOVIES (25/100): La Bataille pour Anzio

LA BATAILLE POUR ANZIO

Une fois n’est pas coutume, le 7e art visite le front italien, chose peu courante, n’étant évoqué qu’à l’occasion sur le plan militaire, comme dans Indigènes. Dans cette fresque sortie en 1968 en et coréalisée par Duilio Coletti et Edward Dmytryk, les réalisateurs ambitionnent de traiter du débarquement à Anzio-Nettuno, l’opération Shingle, que j’ai évoquée dans un article.

La réalisation est correcte, quoique très en-deça des films les plus récents, mais souvent peu réaliste dans le matériel employé. Quant aux généraux, les noms des vrais protagonistes ont bizarrement été remplacés…

L’oeuvre se veut une réflexion sur la guerre et ce qui pousse les hommes à combattre, plusieurs des protagonistes ressentant a priori un attrait particulier à être en opération.

Le rôle titre est réservé à Robert Mitchum, qui joue le rôle de Dick Ennis, un reporter, décontracté, peu militariste et très perspicace comme il se doit. L’acteur est très plausible.

Un de ses principaux acolytes est Peter Falk (acteur de talent -notamment avec son ami Cassavetes- que tous les téléspectateurs sont trop habitués à identifier à Columbo), un baroudeur de la 1st Special Service Force, une unité de commandos qui se distingue en Méditerranée.

Robert Ryan joue un rôle -le « général Carson »- qui fait écho au véritable chef de la 5th US Army: Mark Clarck.

Le général Lesley (Arthur Kennedy) est censé représenter le général Lucas, le trop pusillanime responsable de l’opération Shingle. L’idée qu’une jeep ait réussi à pénétrer dans la Ville Eternelle sans encombre peu après le débarquement n’est que pure fiction. En revanche, le film dépeint bien le caractère de Lucas, alias Lesley, ainsi que les tensions avec ses subordonnés britanniques.

Le film met en scène un fait réel : la destruction des unités de Rangers (les commandos américains) dans une embuscade. Le nombre de rescapés est également correct…

Si des efforts sont faits pour rendre les Allemands relativement réalistes (camouflages des tanks modernes, tenues bariolés de certains combattants), sans oublier Wolfgang Preiss dans le rôle de Kesselring (après Rommel, Rundstedt, Pemsel et autres…), on se demande comment l’accessoiriste a pu armer un tireur d’élite d’une carabine digne d’une fête foraine…

Les jolies filles : cliché qui semble obligé dès qu’il faut tourner en Italie… Elles sont immanquablement plus amènes avec les Américains qu’avec les Allemands.

De ce point de vue, la plus belle vision est réservée à ces GI lorsqu’ils parviennent à Rome…

 

Au final, un beau sujet et de bons acteurs, mais desservis par une mise en scène trop paresseuse dans la reconstitution et des longueurs. Un film qui reste toutefois distrayant avec quelques bonne scènes d’action.