Recension « Le Dernier Combat des Fallschirmjäger » de Didier Lodieu

 

Didier Lodieu,Le Dernier Combat des Fallschirmjäger. Tome II. Du 6 au 31 août 1944, Editions Poche de Falaise-Chambois-Didier Lodieu, 2019

Voici le 2e opus du récit fait par Didier Lodieu des combats menés par le II. Fallschirmjäger-Korps d’Eugen Meindl en Normandie. J’ai présenté le premier tome, excellent, ici. Cette suite de son étude est toute aussi réussie. On y retrouve toutes les qualités déjà énoncées dans ma précédente recension. L’iconographie reste toujours de choix (dotées de légendes intéressantes et réfléchies), les témoignages bien choisis, le rythme bien haletant et le récit prenant, restant agréable à lire car Didier Lodieu est un des rares auteurs à savoir rapporter des affrontements au niveau tactique sans que cela soit rébarbatif (d’autres récits sur la Normandie restent de pâles copies de journaux de marches d’unités et/ou une litanie de noms d’unités et de localités qui lassent vite…). Le lecteur suit ici avec intérêt la prise de Vire, les terribles combats de la poche de Falaise et l’incroyable repli à travers la Seine. Le propos est précis et très clair lorsque, normand, le lecteur connaît le terrain… Un tel ouvrage est d’ailleurs une invite à se rendre sur les lieux pour comprendre davantage les événements et s’y replonger. Le texte nous fait admirablement comprendre la manière de procéder des Allemands dans le bocage, mais aussi combien certains combats méconnus du mois d’août (à l’est de Vire) restent acharnés.  Notons que sont repris ici les derniers chiffres avancés pour les pertes subies dans la poche de Falaise, mais qui ne me convainquent pas (j’y reviendrai dans un autre article). Les témoignages (des deux camps, il faut le souligner) sont une fois de plus la force de l’ouvrage. L’auteur nous présente aussi bien le point de vue du haut-commandement que celui de la troupe, ne se cantonnant d’ailleurs nullement aux seules unités de parachutistes, bien au contraire. Ce faisant, lus découvrons une vision rarement offerte, je pense notamment aux nombreuses pages consacrées à la 353. ID et celles qui traitent de la 363. ID. On appréhende clairement les  décisions prises dans la « Kessel » et les conditions pour s’en extirper. Le livre se termine par une évocation  de la carrière d’Eugen Meindl par la fille du général, avec laquelle l’auteur a été en contact très étroit. On regrettera juste qu’il n’est nulle fait mention de l’arrivée au pouvoir de Hitler ni des nazis, ce qui est dommage à près de 80 ans de distance. Au final, un livre réussi qui ravira les amateurs et passionnés de la bataille de Normandie ou des Fallschirmjäger.

Le livre est à commander auprès de l’auteur : didier-lodieu.fr