Recensions livres haut-commandement américain ETOUSA WWII

Partners in Command de Mark Perry (Penguin, 2007) et Brothers, Rivals, Victors de Jonathan Jordan nous emmènent dans les arcanes du haut-commandement américain sur le front de l’Ouest au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Ces deux livres que j’ai utilisés lors de la rédaction de la biographie que j’ai consacrée à Patton (dont la lecture complètera ces textes) sont d’un très grand intérêt. Ils s’avèrent essentiels pour comprendre le haut-commandement américain, les intrigues, les dessous des grandes décisions prises par ces hommes aux responsabilités immenses.

Avec Partners in Command, nous quittons le niveau tactique pour la haute stratégie, l’importance des chefs d’état-majors combinés, de l’administration de Washington. Le rôle éminent de Marshall et les qualités d’Eisenhower, ainsi que ses limites, sont patentes et clairement démontrées. C’est aussi l’occasion de découvrir une galerie de personnages trop souvent méconnus du grand public, le déroulement des conférences majeures interalliées, mais aussi les « recadrages » de « Ike » par son mentor.

Le fonctionnement de ce tandem constitue un des outils de la victoire, de même que les rouages qui lient le trio traité dans Partners in Command, à savoir Eisenhower, Bradley et Patton. Trois chefs, aux parcours très différents, mais qui se connaissent très bien et qui assument des responsabilités à trois niveaux de commandements différents. A Bradley, si terne vis à vis du flamboyant Patton, frustré et jaloux à l’égard de celui-ci (comme nombre de généraux allemands le sont de Rommel…), manque le génie, la lucidité et le coup d’oeil qui sont la marque des véritables « grands ». Si Patton possède ses qualités, à tout le moins sur le plan tactique, son tempérament ne constitue pas qu’un atout…

Ces livres permettent de connaître les forces et faiblesses de ces quatre éminents généraux américains, ce qu’ils pensaient, leurs actions, leur manière de faire, mais aussi leurs relations avec leurs alliés, à commencer par les Britanniques.

Au final, on découvre comment fonctionne l’US Army au plus niveau, notamment dans ses relations avec les responsables politiques: l’armée américaine n’est ni l’Armée rouge ni la Wehrmacht, elle sert une démocratie et elle est démocratique.

L’écriture de mes livres, mes motivations, mes sources…

L’ECRITURE

Je suis passionné d’Histoire et d’écriture et j’ai la chance infinie de pouvoir m’y consacrer.L’idée d’écrire un ouvrage procède en partie de mon métier d’enseignant: communiquer son savoir à d’autres, avec tout le plaisir que cela suppose. J’écris en fait les livres que je souhaite lire, sur des sujets qui me tiennent à coeur. Corollaire du plaisir d’écrire, celui de procurer  un beau moment de lecture : la vraie récompense est toujours celle qui provient de la remarque agréable d’un lecteur, qui avoue avoir apprécié un de mes ouvrages…Car écrire génère un véritable bien-être, satisfaction qui ne peut être que renforcée à l’idée qu’avoir accordé de belles heures de lecture et de détente à des lecteurs passionnés comme moi.

Ma manière d’écrire est aussi celle que j’attends d’un auteur.

Ecrivant sur l’Histoire, l’humain est au centre de mes écrits : le vécu, le ressenti de ceux qui nous ont précédé est essentiel et, de la même façon dont je fais mes cours, je ne peux imaginer ni envisager de textes sans références à des relations fournies par des témoins, ni faire l’économie d’anecdotes parlantes et évocatrices.

Il s’agit donc de rendre le récit vivant, car c’est le style d’écriture que j’affectionne, puisqu’il permet de rendre la lecture du texte beaucoup plus agréable qu’une litanie froide de récits de batailles et d’unités. L’Histoire est ainsi plus accessible, et plus plaisante à découvrir.

Il s’agit aussi de se démarquer, de sortir de l’ordinaire, mais sans pour autant faire preuve de sensationnalisme. Prendre la posture d’une remise en cause systématique est non seulement ridicule, mais également préjudiciable. Pour se démarquer, trop d’auteurs recherchent l’originalité en prenant le contrepied de tout ce qui est établi, balayant d’un revers de main tous leurs devanciers, et vont s’évertuer à démontrer des absurdités : avec de tels auteurs, Montgomery devient un dieu de la guerre, Rommel est considéré comme surestimé et Patton ne serait pas un grand général… Telle n’est pas ma manière de procéder. Si la remise en cause est essentielle en Histoire, les motivations doivent être nobles, et non sacrifier la vérité historique au nom de la recherche d’une célébrité futile et éphémère.

Ceux qui prétendent que Etre Soldat de Hitler, Patton, Invasion ou encore Afrikakorps n’apportent rien de neuf se leurrent ou manquent de bonne foi (ne serait-ce que par tous les aspects abordés): d’une part car il est hors de question de faire « du neuf » juste pour le principe, alors même que certains chapitres abordent des sujets négligés, ensuite car ces synthèses sont sans équivalents et donnent ainsi accès à une multitude d’informations condensées en eu un seul ouvrage, sur des sujets que je connais bien, étant para ailleurs très attiré par l’histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale en tant que telle (organisation des armées, déroulement des batailles, matériel militaire…), sujet boudé par l’université française.

Je m’oblige également à éviter toute forme de préjugés, ce que certains auteurs ne sont absolument pas capables de faire, souvent pour des raisons politiques plus ou moins assumées (évident chez un auteur qui a fustigé les généraux américains de la Seconde Guerre mondiale) : ainsi,  des historiens, obnubilés par le front de l’Est notamment, finissent par avoir une vision par trop biaisée de la Seconde Guerre mondiale. Il faut également être honnête avec les lecteurs et ne pas annoncer qu’on apporte un récit dépassionné quand ce n’est pas le cas. En ce qui me concerne, je m’oblige à être impartial, mais je n’ai pas dissimulé -par exemple- que j’ai toujours éprouvé de la sympathie pour Patton.

Il m’a pourtant fallu proposer des textes différents, qui ne font pas double-emploi et qui apportent du nouveau aux lecteurs. Comment donc se démarquer sur des sujets traités par de nombreux devanciers, dont beaucoup ont incontestablement été de très bons historiens?

MES LIVRES

Afrikakorps; L’armée de Rommel (Tallandier, 2013):

Il n’y avait aucune synthèse complète en français de l’ensemble des opérations de l’Afrika-Korps en Afrique. Inédites ont été mes réflexions stratégiques sur l’importance de la bataille d’El Alamein et les conséquences d’une invasion de l’Egypte, de même que les conséquences de la campagne de Tunisie. J’ai mis par ailleurs un point d’honneur à expliquer à plusieurs reprises le quotidien d’un soldat sous ces latitudes. Le plus original est incontestablement la dernière partie, consacrée à la postérité de l’Afrika-Korps, la question du degré de nazification de ce corps d’armée ainsi que celle d’une prétendue « guerre sans haine » (je suis le premier à aborder ce point, bien avant le livre La Guerre du Désert paru chez Perrin). Autant d’éléments qui, s’ils ne proviennent le plus souvent pas de sources primaires, n’émanent que de ma propre réflexion: c’est moi qui ait relié des événements ou des faits et qui leur a donné un sens.

Opérations Aéroportées du Débarquement (Ouest France, 2014):

un sujet rebattu. Pour me distinguer, j’ai décidé de consacrer une partie non négligeable de l’ouvrage à l’entraînement des forces aéroportées et à la préparation du Jour J. Je dresse également un bilan en guise de conclusion. Quant aux opérations, si l’essentiel est relaté, j’ai multiplié encadrés, témoignages et anecdotes pour rendre l’ensemble dynamique et agréable à lire.

Invasion. Le Débarquement vécu par les Allemands (Tallandier, 2014):

la bataille de Normandie est sans doute la plus connue des campagnes de la Seconde Guerre mondiale. Il manquait un récit objectif et complet (donc au-delà de la poche de Falaise et incluant des considérations stratégiques) du point de vue des Allemands, défi que j’ai relevé: le célèbre livre de Paul Carell est partial, incomplet et parfois erroné; les nombreux et très réussis ouvrages d’unités allemandes en Normandie ou les souvenirs de vétérans n’embrassent pas toute la bataille (je suis le 1er et à ce jour le seul à réaliser cette synthèse en français) , concernent souvent quelques individus et, surtout, au mieux une seule division. J’ai donc établit ma propre synthèse, inédite, compilé de nombreux chiffres (et fait, au besoin, me propres calculs) et tiré des réflexions d’ordre stratégique, en n’oubliant pas, comme d’accoutumée, la vie quotidienne du soldat: j’y consacre toute une partie.

Patton. La chevauchée héroïque (Tallandier, 2016):

s’il existait deux bons livres en français sur Patton (ceux de W. Huon et de Y. Kadari), il n’existait pas de grande biographie (1,3 millions de signes pour la mienne), complète, du général américain, sauf en langue anglaise. Par ailleurs, la plus grande partie des Patton’s Papers n’a jamais été traduite en français. Ma biographie du grand général pallie donc ce manque (voir mon article), agrémenté de nombreuses anecdotes concernant ce personnage truculent, puisées à de nombreuses sources (un nombre d’ouvrages que le lecteur moyen n’a pas le temps de lire). Comme à mon habitude, je termine par une grande partie largement inédite et issue de mon seul travail, abordant les qualités de général de Patton, sa méthode de commandement, ainsi que sa postérité, dans tous les domaines. 

Rommel (Perrin, 2018):

avec Rommel, il était a priori difficile de se démarquer tout en restant un historien sérieux, loin de la recherche du faux scoop. J’y suis parvenu : il manquait une biographie qui ne néglige pas les faits militaires, aussi bien dans leur déroulement que dans les conclusions tactiques et stratégiques à en tirer, tout en étant assez proche de cet officier pour en saisir le quotidien, et donc fournir des anecdotes pertinentes. Il ne fallait surtout pas négliger l’année 1944 et la bataille de Normandie, souvent abordées très succinctement par rapport à la guerre du désert. Des écueils qui touchent les deux précédentes biographies publiées en français mais que j’ai su éviter, en raison notamment du fait que je connais très bien le sujet traité. En filigrane de l’ouvrage, par ailleurs servi par une importante iconographie, parfois inédite, des questions importantes reçoivent une réponse : Rommel était-il un grand général? Etait-il apolitique (pour autant que cet adjectif ait un sens…)?

-L’Armée d’Hitler et Les Divisions du Débarquement, que j’ai écrit avec beaucoup de plaisir, n’ont pas posé les mêmes difficultés: les sujets sont connus mais ces livres, très illustrés (notamment de nombreux mannequins pour le second, bien que ma sélection de photographies n’ait pas été retenue in fine…), constituent des mines d’informations actualisées, condensées dans des formats relativement courts (respectivement 150 et 200 pages tout de même), n’ont pas d’équivalents car uniques dans leur genre, et donc sans concurrence véritable. L’Armée d’Hitler constitue un complément photographique à Etre Soldat de Hitler en présentant les différentes campagnes menées par la Wehrmacht et ses forces et faiblesses dans chacune d’elles.Les Divisions du Débarquement permet d’aborder chronologiquement la bataille de Normandie sous l’angle de cinquante unités qui y ont participé, avec force d’encadrés, d’anecdotes, d’uniformes et de photographies permettant de fournir des informations en tout genre.

Alarm! Les Allemands face au débarquement des Alliés (Ouest-France, 2019)

Le 6 juin 1944 : le Débarquement en Normandie. Les faits sont bien connus. Cette journée, célèbre entre toutes, est passée à la postérité, avec ses mythes. Je vous propose ici une histoire renouvelée de l’événement, en adoptant le point de vue de l’armée allemande, et ce de façon thématique. La réaction de la Wehrmacht au cours des 48 premières heures de la bataille, la question de l’utilité ou non d’avoir entrepris la construction du Mur de l’Atlantique, la mobilisation des renforts, la qualité du haut-commandement allemand pendant la bataille : autant de thèmes souvent peu ou mal traités qui sont ici abordés. Richement illustré, cet ouvrage nous permet de revisiter la bataille de Normandie des combats survenus dans la nuit du 6 juin au franchissement de la Seine par une armée allemande en déroute. J’y aborde et donne des éléments que je n’avais pu inclure dans Invasion ! Le Débarquement vécu par les Allemands, plus de trois fois plus long mais sans les 140 photos de ce nouvel ouvrage, paru aux Éditions Tallandier en 2014, et republié en format poche (collection Texto) chez le même éditeur (par ailleurs non illustré). Le texte, très différent, présente dans le détail toute l’intégralité de la bataille de Normandie du point de vue allemand. Mes ouvrages sont les seuls à adopter ce point de vue (c’est à dire l’ensemble de la bataille de Normandie et non les souvenirs d’un vétéran pour tel ou telle combat) en français, mis à part le très controversé, daté et peu objectif Ils Arrivent! de Paul Carell. Mes deux livres sont donc complémentaires.

Etre Soldat de Hitler (Perrin, 2019)

Le propos de cet ouvrage de 490 pages est inédit: il n’existe pas de synthèse de ce genre. Les campagnes et batailles menées par l’armée allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale sont bien connues et on fait l’objet d’une pléthore d’ouvrages dans toutes les langues. Il restait à étudier la manière dont cette guerre a été vécue par les soldats de la Wehrmacht (Heer, Luftwaffe et Kriegsmarine) et par ceux de la Waffen SS, ainsi que questionner le particularisme de servir Adolf Hitler. Quel était le quotidien  des soldats allemands? Dans quelles conditions ont-ils servi au front ou à l’arrière ? Ces soldats allemands étaient-ils avantagés vis-à-vis de leurs adversaires ? Cette guerre est celle de parcours fort diversifiés, sous toutes les latitudes, du général au pilote de Messerschmitt, de l’administratif à Paris au tankiste d’un Panzer. La question des compromissions de l’armée avec le régime nazi, certes déjà étudiée (Bartov, Wette,…) est centrale : être un soldat de la Wehrmacht ou de la Waffen SS, donc servir Hitler, est-ce être un soldat comme les autres ? J’accorde ainsi une place importante au degré de nazification de cette armée, à la question des relations avec les populations civiles et, partant, de son rôle dans les crimes nazis. Bref, que signifiait être un soldat allemand entre 1939 et 1945?

Les points forts du livre : Le soldat allemand : un sujet mythique pour tous les passionnés, sans oublier l’engouement du grand public pour la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement pour l’armée qui est au centre de ce conflit. Une analyse exhaustive de tous les aspects que revêt la question, du matériel utilisé (que je connais bien) à la vie quotidienne en passant par les tactiques, les permissions, etc. Impartial et documenté sur un sujet que j’ai beaucoup étudié, je n’oublie pas la postérité et l’image de l’armée allemande après la guerre, auxquelles je consacre une longue partie finale.

LES SOURCES

Les sources doivent être les plus diverses (voir mon article paru récemment dans « 2e Guerre Mondiale Magazine »). Je mets par ailleurs un point d’honneur à n’indiquer en bibliographie que des ouvrages effectivement utilisés, que je possède le plus souvent. L’accès des archives en ligne facilite bien des démarches, qui pour consulter via internet, qui pour passer commande de tel ou tel microfilm. Les principales sources primaires sont néanmoins plus ou moins connues -et depuis longtemps : les utiliser n’a de sens que si on décèle un élément nouveau , ce qui suppose découvrir une nouvelle archive (comme je l’ai fait pour certains articles et hors-série sur la campagne de Tunisie, trop méconnue), ou alors lorsqu’on est en quête d’un aspect négligé d’une source pourtant connue (cas des journaux de guerre que j’ai utilisé pour mon prochain livre qui paraîtra chez Perrin en 2020 ou en 2021…). Les sources secondaires, à savoir des textes écrits qui ne sont pas des archives, sont également du plus haut intérêt et absolument indispensables à l’historien. On ne peut tout simplement pas s’en faire l’économie. Le retour sur le terrain est essentiel à l’historien qui en a l’opportunité: arpenter un champ de bataille confère un avantage déterminant dans la narration qui sera ensuite donnée des faits. J’ai l’avantage, pour la bataille de Normandie, d’être né à Caen et d’y a avoir vécu plusieurs décennies. J’ai par ailleurs visité de nombreux champs de bataille, d’El Alamein à Arnhem, en passant par les Ardennes ou Monte Cassino.

Enfin, et contrairement à d’autres auteurs (je pense à un spécialiste de la guerre du désert, toujours méprisant à mon égard, qui m’a reproché -lors de la sortie d’Afrikakorps– de « marcher sur ses plates-bandes »), j’aime lire les travaux des autres ayant pour thèmes mes sujets de prédilection, et découvrir des ouvrages qui complètent les miens.

Je termine en précisant que j’assume entièrement les erreurs qui peuvent s’être glissées dans mes ouvrages : les choix, les réflexions et les traductions émanent de moi seul.

Quatres livres sur trois unités de Panzer de l’Afrika-Korps

Les deux tomes de Panzer-Regiment 5 (donc sur la 5. Leichte-Division, puis la 21. Panzer-Division) de Bernd Hartmann, Panzer-Regiment 8 (donc sur la 15. Panzer-Division) de Kevin Fish et la 10. Panzer-Division de J. Restayn et N. Moller.

Avec ces trois livres, richement illustrés, le lecteur se voit gratifier d’une pléthore de documents sur l’Afrika-Korps, quoique la 10. Panzer-Division serve avant tout au sein de l’AOK 5 en Tunisie et ne participe pas à la guerre du désert proprement dite (Libye et Egypte 1941-42 pour les Allemands).

Si Hartmann donne beaucoup de renseignements et allie assez souvent le texte à l’image, Restayn et Moller offrent un format plus grand centré sur les images (et des illustrations en couleur en fin de livre) avec des légendes très fournies qui compensent l’absence de narration en tant que telle, tandis que Fish alterne les groupes de pages avec photographies avec celle du récit des combats, son texte étant le plus long, le plus dense et le plus passionnant, avec des données chiffrées précises et des témoignages (présents aussi chez Hartmann).

De beaux ouvrages, qui apportent tous leur lot d’informations, que je recommande car l’iconographie vaut le détour, outre le texte de K. Fish.

Recension « The Battle for the Peaks and Longstop Hill »

The Battle for the Peaks and Longstop Hill nous emmène dans la passionnante et méconnue campagne de Tunisie, très rarement étudiée, mais à propos de laquelle j’ai écrit un certain nombre de textes, sur des sujets parfois inédits.

Ian Mitchell nous propose un récit très précis, ultra-tactique sur une des batailles les plus âpres menées par la 78th ID. L’auteur a en effet le mérite de traiter d’une division d’infanterie, sujet souvent délaissé par les historiens, a fortiori s’il s’agit d’une division britannique.

Si l’unité a déjà fait l’objet d’un ouvrage sous la plume de Ken Ford, Ian Mitchell réalise ici un focus sur un événement concentré dans le temps: pour l’essentiel quelques semaines de combats en avril 1943. Fort heureusement, si le texte est très tactique, l’auteur fait régulièrement le point sur la situation générale et replace chaque épisode relaté dans son contexte, tout abordant aussi des considérations logistiques et matérielles (notamment RAMC et RASC). La longue introduction portant sur le début de la campagne de Tunisie est intéressante et bien menée, suivie de la narration détaillée des premiers combats de la « Battleaxe » Division pour « Longstop Hill« , survenus à Noël 1942, d’où le nom de « Der Weihnachten Hügel », c’est à dire la colline de Noël, que lui donne les soldats allemands de la nouvelle 5. Panzerarmee.

Le « gros » du texte est consacré aux combats menés en avril dans tout le secteur, à grand renfort de cartes très claires, ainsi que de photographies prise lors d’un « retour sur le terrain » par un auteur visiblement passionné.

A lire sans hésiter par les férus de la campagne de Tunisie (pour une plus large perspective, lire Bloody Road to Tunis de D. Rolf et An Army at Dawn de R. Atkinson).

Recension « Victory was beyond their grasp »

J’ai découvert ce livre il y a un certain nombre d’années et je ne peux que le recommander aux férus de la Wehrmacht et de tactique militaire.

Saluons le travail de Douglas E. Nash: sortant des sentiers battus des Panzer et autres Fallschirmjäger, son sujet porte sur une division d’infanterie allemande, la 272. Volks-Grenadier-Division.

Qui dit Volksgrenadiere dit forcément un tableau des combats qui ne peut être antérieur à l’automne 44. De fait, nous emmène loin des combats emblématiques de la Normandie, du Schwerpunkt de « Herbstnebel » ou autres batailles de Koursk: il est beaucoup question de la forêt de Hürtgen, mais aussi de l’extrémité nord de l’offensive des Ardennes, où l’action reste mesurée et marginale, mais surtout des combats de janvier à avril 1945, pour les barrages des la Roer puis jusqu’au coeur du Reich.

Le lecteur y découvre la formation d’une Volks-Grenadier- Division, le quotidien et les difficultés matérielles de la Wehrmacht en 44/45, mais aussi une multitude d’informations d’ordre tactique (notamment sur les systèmes défensifs), le tout basé sur des témoignages (essentiel pour qu’un livre soit intéressant et vivant) ainsi que sur des documents officiels des deux camps. Une mine de renseignements et une lecture instructive.

22 cartes et un cahier central avec des photographies.

Recension de « Patton’s First Victory »

Leo Barron, Patton’s First Victory, Stackpole, 2017, 258 pages

Une bataille méconnue : celle d’El Guettar. Résumée de façon simpliste au grand écran dans « Patton », le fameux film oscarisé, cet affrontement n’avait été jusqu’alors jamais abordé en qualité de sujet principal d’un ouvrage, au contraire de la célèbre bataille de Kasserine. Leo Barron relève le défi avec succès dans un bel ouvrage qui allie récit précis des combats, témoignages, et réflexion stratégique : la méthode et le style que j’affectionne. Après un prologue et une introduction qui nous présente le contexte, les unités en présence et les chefs, l’auteur nous livre un récit presque heure par heure de la bataille, passant d’une unité à l’autre. Leo Barron nous fait découvrir des faits d’armes et des actes d’héroïsme qui seraient restés dans l’ombre sans son travail. Le livre est très vivant et le déroulement de la bataille est très bien rendu entre les allers-retours des différents QG aux simples combattants. L’auteur a le mérite de présenter notamment l’engagement des unités de Tanks Destroyers américains (dont les premiers TD M 10). Il a aussi le mérite de mettre en avant les généraux Terry de la Mesa Allen et Theodore Roosevelt, mais aussi nombre d’officiers subalternes de la « Big Red One » et des unités qui lui sont rattachées, et non de se focaliser sur le fameux chef du IInd US Corps, George S. Patton.

On apprécie aussi le fait que Leo Barron débute son récit par les manoeuvres préliminaires et la « fameuse bataille de Gafsa » (le mot est de Patton), soit près de 70 pages, de même qu’il rapporte les combats qui surviennent après le 23 mars, le jour de la grande confrontation avec l’attaque de la 10. Panzer-Division. Une victoire pour les GI’s, certes, mais en demi-teinte.

Très détaillé, basé sur les témoignages et les journaux de guerre des unités (essentiellement américaines), avec des inserts de l’auteur qui commente quand il le faut, l’ensemble ravira les amateurs.

Au final, un livre fort recommandé pour les passionnés de la campagne de Tunisie, de l’US Army (et de ses premiers combats face aux forces de l’Axe) et de Blood & Guts, même s’il est peu question de ce dernier, ce qui rend justice aux autres protagonistes.

Recension « Sparte » de N. Richer

Sparte de Nicolas Richer, éditions Perrin, 2018

Passionné d’histoire ancienne, j’ai déjà eu le plaisir de lire plusieurs ouvrages sur Sparte, sous la plume d’éminents historiens. Le plus ancien, celui de Pierre Roussel (de beaux souvenirs, mais dépassé en partie), a été suivi de celui d’Edmond Lévy (de petit format) et surtout de l’ouvrage de Françoise Ruzè, mon ancienne professeur à l’Université de Caen, co-écrit avec Jacqueline Christien. Le défi à relever pour n’était donc pas chose aisée. S’il ne remplace pas les derniers ouvrages (le Ruzè/Christien aborde d’autres problématiques et vice-versa), ce nouveau livre, basé sur une documentation et un travail d’historien des plus sérieux, servi par de bonnes cartes et quelques clichés bien choisis (l’auteur nous gratifie de beaux clichés sur le territoire et les vestiges de Sparte), nous offre en partie une nouvelle perspective et, surtout, s’avère parfaitement complémentaire. A la lecture de Nicolas Richer, l’image renvoyée par Sparte n’est plus celle des clichés négatifs trop souvent véhiculés à son endroit, au contraire d’une Athènes qui devrait être le modèle de toutes les cités grecques, à tout le moins son aboutissement le plus réussi.

Ce livre est de lecture facile, claire, très didactique avec toutes les explications qu’un néophyte est en droit d’attendre, mais aussi suffisamment savant pour combler le spécialiste ou l’amateur éclairé. L’enchaînement entre les chapitres est fluide, suivant un cheminement logique. On y découvre les valeurs de la société spartiate, la vie à l’intérieur de la cité ainsi que sa politique extérieure.

L’organisation sociale si particulière de la cité, sur laquelle aucun auteur traitant de Sparte/Lacédémone ne peut faire l’impasse, est très bien expliquée, même si la réflexion sur les Périèques aurait méritée d’être davantage poussée. L’auteur, qui ose avancer à plusieurs reprise le mot « démocratie », explique très bien le fonctionnement politique de la cité, le statut des femmes et tout ce qui a trait aux citoyens (en quoi sont-ils des Homoioi), leur formation et le problèmes des Spartiates déchus de leurs droits civiques et autres hommes libres mis à la marge. L’importances des mythes, celui de la religion (que je n’ai jamais vu aussi bien traitée dans un livre sur Lacédémone), ainsi que le rôle des rois, questions tout aussi incontournables quand on traite de Sparte, sont parmi les chapitres les plus intéressants. Les aspects économiques ne sont pas négligés et bénéficient d’un traitement intéressant.

Particulièrement intéressé par les aspects militaires, je n’ai guère appris sur les derniers chapitres qui sont consacrés à la guerre, mais la synthèse et les explications de l’auteur ont rendu la lecture de ces événements très plaisante. On comprend bien comment la cité est parvenue à s’imposer en dépit de l’oliganthropie qui la frappait et également pourquoi les Spartiates étaient si peu enclins à mener des opérations en dehors du Péloponnèse.

On regrettera toutefois que l’ouvrage soit essentiellement axé sur la période classique, la période hellénistique étant survolée, de même que les périodes les plus anciennes (d’où l’intérêt de lire les autres, notamment le Ruzè/Christien).

Au final, on a là une très belle synthèse, un de ces livres qu’on n’aime pas refermer lorsqu’on en atteint les dernières lignes: on aimerait pouvoir continuer…

Kilroy was Here

« Kilroy was Here« , une phrase passée dans la légende de la Seconde Guerre mondiale, mais à propos de laquelle on serait bien en peine d’en déterminer l’origine exacte, ni même la véracité…

Trois mots qui accompagnent un dessin -une caricature- représentant une tête au nez proéminent d’un personnage qui s’agrippe à un mur.

D’aucuns attribuent cette petite phrase -en fait un graffiti apposé sur des murs ou des panneaux indicateurs- à un GI débarqué en Normandie, ce soldat ayant ensuite fait des émules jusqu’au coeur du Reich. L’intention serait quelque peu narquoise, une sorte de plaisanterie à l’attention des autres GI’s qui suivent comme pour leur signifier: « Vous n’êtes pas les premiers: je suis passé avant vous!« .

En fait, le graffiti « Kilroy was Here » serait avéré dès l’ultime stade de la première campagne terrestre menée par l’US Army face à la Wehrmacht, à savoir la campagne de Tunisie. Le dessin du petit personnage accompagné de sa légende apparaîtrait ainsi à Bizerte en mai 1943.

Oeuvre d’un GI? Humour allemand?…

On rapporte que Staline lui-même se serait enquis de l’auteur de ce graffiti, une anecdote qui me laisse bien dubitatif… A la fin des hostilités, on essaye de déterminer qui serait à l’origine de « Kilroy was Here » et ceux qui s’en revendiquent la paternité sont nombreux, de même l’explication du choix de « Kilroy » reste sujette à bien des interprétations.

Quoi qu’il en soit, il semblerait que ce petit dessin ait fait des émules après-guerre.

Le cinéma y fait fait référence, notamment entre autres De l’or pour les Braves, mais la BD s’empare aussi du mythe, notamment les petites bandes-dessinées militaires de type « Attack » ou « Panache« , mais avec des héros britanniques, ces Britanniques qui ont eu aussi, pendant la guerre, leur équivalent avec « Mr Chad » , de même que les Australiens avaient « Foo« .

Un clin d’oeil à « Kilroy was Here » dans une BD pour la jeunesse des années 1980, mais avec un changement de nom…

RECENSION « CHURCHILL, SEIGNEUR DE GUERRE » DE CARLO D’ESTE, PERRIN, TEMPUS, 2019

Churchill, seigneur de guerre de Carlo d’Este, Perrin, Tempus, 2019, 1237 pages

Quel récit époustouflant! Ce n’est pas la première fois que je lis la vie de Churchill (en dernier lieu ce beau livre de François Kersaudy: Churchill, stratège passionné), qui tient du vrai roman et de l’épopée, mais ce livre, axé sur son rôle comme chef de guerre, est des plus passionnants.Churchill, très ambitieux, percutant et fort prétentieux, de caractère difficile, au physique sans aucun charme, n’inspire de prime abord que peu de sympathie. Sa dureté envers biens ses généraux renforce ce sentiment. Néanmoins, le personnage est superbe et plein d’humour, son parcours stupéfiant, son verbe magnifique.

Les pages sur ses aventures en Inde, au Soudan et aux cours de la guerre des Boers (à ce propos: lire L’or, l’empire et le sang où il est beaucoup question de Churchill) sont bien connues, mais leur récit reste toujours enthousiasmant, surtout si cela est bien écrit, ce qui est la cas ici. Féru des guerres coloniales britanniques, ces pages ont particulièrement retenu mon attention: pour celui qui veut comprendre le Churchill des années 1940, il faut connaître l’officier subalterne et le journaliste de la fin de l’ère victorienne… La fameuse charge du 21st Lancers à Omdurman (j’en suis à ma énième lecture de ce fait d’armes insensé et imprévu) et l’évasion de Churchill des mains des Boers sont toujours de grands moments à lire. On est impressionné par la compréhension de la guerre et la compassion pour l’ennemi de la part de Churchill. D’Este se trompe cependant lorsqu’il affirme que Omdurman est le cadre de la dernière charge de l’armée de Sa Majesté: il devrait s’intéresser à la Première Guerre mondiale au Moyen-Orient et à notamment aux troupes du général Allenby… Les pages consacrées à la Grande Guerre sont évidemment indispensables à la compréhension du personnage. L’après-guerre également, bien que survolé car il ne s’agit pas là d’une biographie: le sujet est bien « Churchill, seigneur de la guerre).

Ce sont bien entendu les chapitres sur la Seconde Guerre mondiale qui ont le plus retenu mon attention. Notre dette envers cet homme est considérable: un fait de nature à contredire ceux qui osent encore relativiser le rôle des grands homme dans l’Histoire, ceux qui nient qu’un homme puisse avoir une influence déterminante sur les événements (une vision erronée des choses qui n’est pas sans arrière-pensée politique). Sa détermination inébranlable, sa volonté absolue de lutter contre Hitler quoiqu’il arrive, son espérance en des jouer meilleurs, son impulsion décisive et son charisme: son arrivée au 10 Downing Street constitue un des événements majeurs de la Seconde Guerre mondiale. Par ailleurs, je ne me lasse pas de ses discours, de son art oratoire, de son don de l’expression, de la répartie ou de la petite phrase bien choisie (il faut lire « Le monde selon Churchill : Sentences, confidences, prophéties et reparties » de François Kersaudy)… Carlo d’Este nions montre bien à quel point il s’est montré difficile dans ses relations avec ses généraux, notamment Dill, Wavell (qu’il n’apprécie vraiment pas) ou encore Auchinleck (qu’il aimait, au contraire), mais aussi Brooke. Ce dernier avait son franc-parler et savait lui tenir tête: voilà ce que le Premier Ministre appréciait. Mais il fallait aussi se montrer agressif contre l’ennemi. A contrario, il n’hésite pas à soutenir des officiers plus controversés comme Mounbatten. Churchill a multiplié les projets farfelus, le gabegies stratégiques, les sautes d’humeur malvenues, les erreurs de jugement sur les délais nécessaires pour qu’une armée soit opérationnelles… Comme Hitler, il veut tout gérer, et parfois très mal… Comme Hitler, il se croit aussi talentueux que ses généraux… Comme Hitler, il est berné par les chiffres… Comme Hitler, il estime qu’une volonté plus forte est à même de triompher de tous les obstacles… Carlo d’Este ne cache pas combien il estime que le choix -non voulu- de Montgomery pour commander la 8th Army sous les ordres d’Alexander représente l’une des décisions les plus réussies de Churchill: l’Angleterre aurait enfin le chef d’armée qu’elle mérite.

Au final, un beau récit, palpitant et bien écrit, fourmillant d’anecdotes, qui permet de revisiter les grands moments du 20e siècle à travers le prisme d’un de ses acteurs majeurs, envisagé ici comme chef de guerre. Il ne faut pas hésiter à le lire!

Les erreurs sont toutefois nombreuses, et j’ai toutes les peines du monde à les accepter de la part d’un historien à plein temps qui se veut spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Comme d’accoutumée, il semble que certains soient perdus dès qu’ils s’éloignent des sentiers battus de leur campagne de prédilection…

Une grande surprise: il n’est jamais question de De Gaulle. Ce dernier n’est évoqué que trois fois (à chaque fois dans l’espace d’une phrase, sans qu’il ne soit vraiment question de la France libre)  et jamais pour les événements de 1940, y compris quand il est question de la faction du gouvernement français hostile à l’armistice…

Parmis les erreurs et inexactitudes décelées:

-Carlo d’Este, comme tout anglo-saxon peu au fait de la langue de Molière, traduit « drôle » dans « Drôle de Guerre » par « amusant » , au lieu de comprendre « étrange » ou « bizarre », confondant ainsi « funny » et « strange ». Une erreur récurrente chez les historiens américains…

-Il fait débuter le guerre en mai 1940!! Page 18, parlant de Hitler se déplaçant en train jusqu’à son QG le 10 mai 1940, il écrit : ‘ »il était venu jusque-là pour assister aux premiers coups de feu de la Seconde Guerre mondiale. » Vraiment? Qui des campagnes de Pologne et de Scandinavie?

-Lorsqu’il est question de Narvik et de la Scandinavie, et notamment des projets pour « couper la route du fer », D’Este semble ignorer que la motivation première des Alliés, qui justifieraient une intervention dans le secteur avant les Allemands, réside dans la volonté de venir en aide à la Finlande. Carlo d’Este n’en parle pas du tout…

-page 632, le 17 mai 1940, il est question des « deux chefs en lice, Churchill et Hitler ». Il n’y a ni armée ni gouvernement français?

-page 678, Paris tombe le 15 juin 1940: non, la Wehrmacht y fait son entrée la veille…

-page 719: il est question de deux porte-avions français. A cette date (juin 1940),notre flotte n’en a aucun de terminé et d’opérationnel.

-page 737: il prétend (mai 1940) que la guerre en Méditerranée survient pour le pétrole. Rien de plus faux: Mussolini rêve d’un nouvel empire romain…

-page 771: d’Este attribue l’échec de Barbarossa au 5 semaines de retard survenues dans les Balkans. Cette explication fallacieuse existe-t-elle donc toujours?

-Etrangement, lors de la 1ère rencontre avec Roosevelt, il est fait peu de cas de l’importance et des implications de la Charte de l’Atlantique

-page 913, lorsque l’auteur évoque les chars spéciaux du général Hobart, les « funnies », la liste donnée donne à penser qu’il semble ignorer que le Crocodile et le Churchill doté d’un lance-flammes ne constituent qu’une seule et unique variante…

– Les erreurs concernant la guerre du désert sont sans nombre (notons au passage que globalement, Carlo d’Este est assez dur avec Claude Auchinleck): lorsque la Western Desert Force devient un corps d’armée, c’est le 13e corps, et non le 23e…; les pertes de l’opération Brevity (mai 1941) sont erronées; le Flak de 88 mm n’est pas utilisé pour la 1ère fois comme antichar lors de l’opération Battleaxe (cf Guerre d’Espagne et aussi mai-juin 1940); les effectifs en tanks de l’opération Crusader sont inexacts ; son récit de la bataille de Gazala est médiocre et ne reflète pas la réalité des événements pour un néophyte ; lorsqu’à El Alamein Montgomery lance l’assaut décisif le 2 novembre, d’Este invente l’opération Overload (au lieu de Supercharge!!) ; D’Este écrit que Rommel abandonne Tripoli le 13 janvier 1943: c’est dix jours plus tard…

-Concernant Salerne et l’opération Avalanche, nulle mention des débarquements anglais concomitants à la pointe de la botte (opération Baytown) et au talon (à Tarente…), ce qui a évidemment influé sur l’action de Kesselring à Salerne…

-page 826, il est écrit « Hitler aurait probablement gagné »si Churchill n’avait pas endossé le « rôle du seigneur de guerre ». C’est aller un peu vite en la matière: Winston Churchill n’est pas à la hauteur de ses généraux, et ses errements stratégiques le prouvent… Quant au fait qu’Hitler aurait gagné sans lui…

-page 922, l’auteur écrit que Churchill attend le 13 novembre pour « faire sonner les cloches » afin d’être assuré du succès d’El Alamein. En fait, il a été convenu d’attendre le succès de Torch, le débarquement en Afrique du Nord, qui survient le 8 novembre (cessez-le-feu avec les Français le 11 novembre).

-pages 1046-1047: en conclusion de la bataille de Normandie, parlant de l’armée allemande, l’auteur écrit que « seuls quelques vestiges s’échappèrent vers la Seine »: non, 240 000 hommes, dont de nombreux cadres, qui seront à l’origine du prolongement de la guerre et des tragédies d’Arnhem et des Ardennes…

-L’auteur donne des chiffres différents sur les pertes allemandes à l’Ouest au cours de l’été 1944. le chiffre de 300 000 est trop bas et ne concerne que la seule Normandie.

-Page 1050: il écrit que la bataille des Ardennes est la plus coûteuse de la guerre pour l’US Army. Non, la première place revient à la bataille de Normandie (deux fois plus de morts…).

-D’Este s’avance un peu en affirmant, en parlant su stalinisme: une « dictature communiste plus répressive que l’Allemagne fasciste »…

Ceci étant, ces erreurs n’ont pas entaché mon plaisir et l’ensemble reste un livre passionnant.