8 novembre 1942: opération « Torch »

OPERATION « TORCH »

 

 

Le principe d’une intervention conjointe anglo-américaine est finalement accepté par un Etat-major américain de prime abord réticent en raison de l’impossibilité d’envisager une opération d’envergure en France en 1942. Les Américains doivent donc se résoudre à entreprendre la stratégie périphérique qui a la faveur des Britanniques et qui consiste à frapper l’Axe en priorité en Méditerranée, afin de mettre rapidement l’Italie hors-jeu et de percer au cœur de l’Europe occupée en l’assaillant par son « ventre mou », tout en assurant une maîtrise complète de la Méditerranée. Le second front, tant réclamé par Staline, ne peut qu’être à ce moment ouvert en Afrique et dans le sud de l’Europe. C’est donc dans cet esprit que les états-majors britannique et américain conçoivent et mettent en œuvre l’opération « Torch », le débarquement en Afrique du Nord française. Le plan prévoit des débarquements au Maroc et en Algérie, à Casablanca, Oran et Alger. Une attaque simultanée sur Tunis et Bizerte est écartée en raison des concentrations aériennes ennemies en Sicile et en Sardaigne. L’assaut de territoires dépendant de la France, alors neutre, n’est alors pas sans poser de sérieux problèmes politiques. Les instructions du gouvernement de Vichy concernant l’Afrique du Nord sont cependant claires : « se défendre contre un adversaire d’où qu’il vienne ! ». De tels ordres laissent présager des débarquements difficiles aux forces alliées.

L’opération « Torch » a lieu le 8 novembre 1942. Le général américain Patton, avec 35 000 GI et 250 chars, transportés directement des USA, doit s’emparer de la côte atlantique du Maroc. Venant du Royaume-Uni, 33 000 Anglo-américains doivent s’emparer d’Alger sous le commandement du général Ryder. Enfin, l’Américain Fredendall et 39 000 hommes s’embarquent d’Angleterre pour Oran. 800 navires de guerre et transports de troupes participent à cette première grande opération amphibie de la guerre.

L’aviation embarquée, en raison des pertes en porte-avions dans le Pacifique, est assez limitée mais suffisante pour faire face à l’aviation française et ses 168 avions considérés comme opérationnels. Une opération aéroportée américaine menée par 500 hommes d’un bataillon du 509th Parachute Infantry Regiment doit permettre de s’emparer de plusieurs aérodromes. Les Français disposent pour leur part de 120 000 hommes pour repousser l’invasion des 107 000 Anglo-américains. Le matériel est souvent ancien et démodé. En revanche, un des atouts de la défense réside en la présence de nombreuses unités de la Marine Nationale en Afrique du Nord. Les Alliés vont toutefois bénéficier d’un effet la surprise, d’autant plus que l’armée française ne dispose d’aucun radar. A Casablanca, la totalité de la flotte française est coulée en quelques heures. A Oran, 24 navires de la marine Française sont coulés ou mis hors de combat, dont le cuirassé Jean Bart. Dans ces conditions, la lutte apparaît désespérée pour les Français. Si les combats s’arrêtent très vite à Alger, ils se prolongent jusqu’au 11 novembre au matin au Maroc, en raison notamment de l’ordre de résister donné par le maréchal Pétain, ordre suivi à contre-cœur par les soldats français qui apprécient que fort peu de devoir soutenir l’Axe. Venu en Afrique au chevet de son fils, l’amiral Darlan, sous la pression des Américains, va finalement imposer le cessez-le-feu aux forces françaises.

Le bilan humain de « Torch » est cependant tragiquement lourd. Les Alliés ont perdu 550 tués et disparus, 70 avions abattus, une centaine de petits bâtiments détruits et un certains nombre de grands navires endommagés. Les Français ont perdu 1 500 morts, des milliers de blessés, 18 bâtiments de surface et 14 sous-marins.

L’opération « Torch » a réussi mais les Alliés sont à 900 kilomètres de Tunis. Ils sont donc bien loin du général Barré et des troupes françaises de Tunisie, 15 000 hommes, qui sont seuls pour faire face à la réaction germano-italienne à l’invasion Anglo-américaine. Cette réaction va s’avérer des plus rapides et efficaces.

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