9 AVRIL 1940: HITLER DEVANCE LES ALLIES EN SCANDINAVIE

« Weserübung »: l’invasion du Danemark et de la Norvège

Le 9 avril 1940, Hitler surprend les Alliés en lançant l’opération « Weserübung ». D’une grande audace, celle-ci consiste en l’occupation du Danemark et de la Norvège par la mise à terre simultanée de plusieurs contingents de la Wehrmacht transportés par voie maritime et aérienne. Hitler veut s’assurer du ravitaillement en fer suédois via la Norvège, un élément capital pour l’économie de guerre allemande. Par ailleurs, l’occupation des côtes norvégiennes donnerait une option avantageuse dans la lutte sur mer avec la Royal Navy. L’Allemagne engage 6 divisions, 1 500 avions et l’intégralité de sa flotte dans l’opération. Pour la première fois, les parachutistes allemands, les Fallschirmjäger, participent à une opération aéroportée, sans grand succès.

Des Ju-52 larguent des parachutistes allemands pour la première fois de la guerre

Soldats danois

Le Danemark, dont la position s’avère stratégiquement indispensable à l’invasion de la Norvège, afin de bénéficier de ses terrains d’aviation et d’assurer la sécurité des liaisons maritimes, est occupé en 24 heures, sans opposition notable. L’armée allemande, sous le contestable prétexte de protéger le petit pays scandinave d’une agression anglaise, envahit donc le Danemark avec pour instruction de s’y montrer aussi pacifique que possible. Cette intervention « amicale » coûte tout de même la vie à 12 aviateurs, 11 soldats et 3 garde-frontières danois.

En Norvège, le groupe d’armée du général Falkenhorst réussit à débarquer le 9 avril ses unités d’invasion qui prennent le contrôle des ports norvégiens : 10 000 hommes sont ainsi mis à terre à Oslo, Kristiansand, Bergen, Trondheim et Narvik. Les aéroportés allemands et la Kriegsmarine connaissent des difficultés et subissent des pertes sensibles, mais l’armée norvégienne est surprise en état de mobilisation partielle et en pleine période d’entraînement des nouvelles recrues. La rapidité de l’intervention allemande rend toute riposte efficace impossible.

 

Destroyer allemand

L’armée norvégienne est repoussée inexorablement à l’intérieur des terres et l’arrivée de nouveaux contingents allemands ne fait qu’aggraver la situation désespérée des Norvégiens. La Luftwaffe s’assure dès le début des opérations une maîtrise absolue de l’espace aérien, assurant le succès des opérations terrestres allemandes. Dans ces conditions, l’intervention des forces franco-britanniques et polonaises qui tentent de soutenir les Scandinaves ne peut être qu’un échec. Les forces britanniques et françaises débarquent à Namsos et Andalsnes dans le but de constituer un solide front défensif en Norvège centrale. Mais elles ne peuvent apporter un soutien efficace en raison des moyens mis en œuvre par la Wehrmacht et sous l’effet de l’intervention de la Luftwaffe. Après une avancée vers Lillehammer, elles sont finalement rembarquées. L’attention des Alliés se concentre alors exclusivement sur le nord du pays.

L’économie de guerre allemande est tributaire de son approvisionnement en fer suédois via la mer Baltique. Or celle-ci est impraticable à la navigation en période hivernale à cause des glaces. Le seul port d’où peut être exporté le fer suédois en direction de l’Allemagne est alors celui de Narvik, au nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Hitler et son Etat-major décide donc de s’emparer de Narvik dès le premier jour de l’invasion de la Norvège dans le cadre de l’opération « Weserübung ». Par un concours de circonstance, il se trouve que les Alliés s’apprêtent à s’emparer eux-mêmes de Narvik. Les gouvernements britanniques et français ont en effet convenu avec quelques hésitations à venir en aide aux Finlandais, aux prises avec les Soviétiques, en passant par la Norvège et la Suède. Mais les hommes politiques tergiversent. Avec l’armistice russo-finlandais, l’opération semble caduque et la triste conclusion de l’affaire a encore démontré l’impuissance des démocraties à adopter une ligne de conduite ferme. Pourtant il semble opportun à certains, comme le nouveau président du conseil Paul Reynaud, de bloquer la route du fer au détriment des Allemands.

L’intervention alliée: trop faible et inefficace

Un succès est néanmoins assuré par les légionnaires et les chasseurs alpins français dans le nord du pays, à Narvik, d’où les chasseurs alpins allemands (les Gebirgsjäger) et les marins de la Kriegsmarine sont rejetés en direction de la frontière suédoise. Ces forces allemandes, sous le commandement du général Dietl, placés dans une situation désespérée faute de ravitaillement adéquat, ne doivent finalement leur salut après plus d’un mois de combat qu’au rembarquement des forces alliées en raison de la tournure désastreuse que prend la bataille de France.

Le Lützow, sérieusement endommagé

Ce succès allemand s’avère néanmoins être une victoire à la Pyrrhus pour la Kriegsmarine, aux effectifs pourtant déjà nettement surclassés par ses adversaires, puisqu’elle ne perd pas moins de 3 croiseurs, 10 destroyers et 7 U-Boote coulés, sans compter les unités endommagées plus ou moins sérieusement. Même si ces pertes sont comparables aux pertes alliées (un porte-avion britannique a même été coulé), il s’agit de pertes sensibles dont l’absence se fera sentir quand il s’agira d’envisager l’invasion des îles britanniques. Cette courte campagne coûte 5 636 hommes à l’armée allemande, y compris les pertes en mer. Les Franco-Polonais perdent 750 hommes, tandis que 1 900 Britanniques et 1 335 Norvégiens sont tués ou blessés dans les combats à terre. La perte du porte-avions HMS Glorious et de plusieurs navires surpris par les croiseurs allemands Scharnhorst, Gneisenau et Hipper lors de l’évacuation le 8 juin ajoute plus de 1 200 morts et plus de 1 500 disparus pour les forces britanniques. L’armée allemande a encore fait preuve de son efficacité et a su mener avec brio une attaque combinée alliant étroitement la marine, l’aviation et l’armée de terre, la Luftwaffe ayant particulièrement fait preuve de compétence dans ses différentes tâches d’appui tactique au sol, de ravitaillement et de transport aérien et, surtout, de lutte contre la flotte ennemie.

 

 

L’ODYSSEE DU GRAF SPEE ET DE L’ALTMARK

 

Le Graf Spee

Quand débute la Seconde Guerre Mondiale, le cuirassé de poche Graf Spee est en mer. Ce navire est supposé être plus rapide que les cuirassés classiques tout en surclassant les croiseurs en matière d’armement. Il opère alors dans l’océan Indien et l’Atlantique sud de conserve avec son navire ravitailleur, l’Altmark. Il ne coule que 9 navires dont les rescapés sont pris en charge par l’Altmark. Le 13 décembre, le Graf Spee est intercepté et endommagé par les 3 croiseurs britanniques de l’amiral Harwood , non sans avoir provoqué des dommages importants sur les trois navires britanniques. Le navire allemand est contraint de faire relâche dans le port urugayuen de Montevideo. Bluffé par une campagne d’intoxication britannique, Langsdorf, qui commande le Graf Spee, est persuadé que la Royal Navy a concentré des forces importantes pour détruire son navire. Passé le délai d’escale de 72 heures accordé par l’Uruguay, le Graf Spee prend la mer et se saborde dans le Rio de la Plata avec la permission de Berlin. Deux mois plus tard, le 16 février, l’Altmark, sous le commandement du capitaine Dau, est arraisonné dans les eaux territoriales norvégiennes par le destroyer britannique Cossak. Les Britanniques, qui ont failli être éperonnés, prennent le navire par la force et ouvrent le feu. Le navire allemand parvient néanmoins à s’enfuir mais il s’échoue. Les marins du Cossak passent alors à l’abordage et les 299 marins britanniques détenus à bord sont finalement libérés. L’affaire provoque une crise diplomatique et ne fait que pousser les Allemands et les Alliés à se préparer à intervenir en Norvège, constatant que celle-ci s’avère incapable de faire respecter ses eaux territoriales.

 

 

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