Dead Man’s Corner Museum: D-Day Experience

Dead Man’s Corner Museum:

D-Day Experience

 

Un musée ultra-moderne ouvert aux nouvelles technologies

Voir le site du musée: https://dday-experience.com/decouvrir-d-day-experience/d-day-experience/

Le second bâtiment du musée (qui  se bornait à l’origine à la seule maison du « Dead Man’s Corner ») abrite une impressionnante collection dédiée aux paras américains, ainsi qu’une animation remarquable à bord d’un C-47, véritable expérience 4D pour les visiteurs: il ne manque que les tenues de saut!

Une extension est prévue en 2019 avec l’aménagement de l’étage (500m²) ,ainsi que la création d’une salle de cinéma Imax 3D d’une capacité de 160 places dans laquelle sera projeté un documentaire sur le débarquement d’une durée de 43mn.

 

Ci-dessous: comme de véritables paras de la 101st le soir du 5 juin, les visiteurs sont invités à suivre un briefing grâce à une animation virtuelle (un officier réalisé en 3D est projeté dans un décor de salle de briefing grandeur nature)

Ci-dessous: les visiteurs prennent ensuite place à bord d’un C-47 Skytrain (utilisé pour le tournage de « Band of Brothers »). Monté sur vérins, et grâce aux écrans des hublots qui donnent l’illusion d’être en vol, les visiteurs vivent le décollage depuis l’Angleterre, la traversée de la Manche puis l’arrivée au-dessus de la Normandie. Une grande réussite!

 

Ci-dessous: le musée présente également des vidéos du plus haut intérêt, livrant les témoignages vivant et sans concession de vétérans, de véritables héros envers lesquels notre dette est immense et dont l’oeuvre des propriétaires du Dead Man’s Corner participe au souvenir…

 

Je vous invite vivement à lire cette page du site de Michel de Trez, co-gérant du musée, qui vous explique la genèse du musée et son extension

https://d-day-publishing.com/auteur/?lang=fr

 

 

Dead Man’s Corner: une incroyable collection

Dead Man’s Corner:

une incroyable collection

Le musée d’Emmanuel Allain et de Michel De Trez est un de mes préférés depuis des années…

Dans la lignée des musées de qualité qui existent dans les Ardennes depuis des décennies, les musées consacrés à la bataille de Normandie ont gagné dans le réalisme et la qualité des scènes représentées.

Le Dead Man’s Corner est un musée qui se caractérise par une collection époustouflante d’uniformes et de matériels des forces aéroportées américaines et allemandes pendant la bataille de Normandie.

 

La pièce qui m’impressionne le plus: un blouson appartenant à Eisenhower lui-même, porté pendant la Seconde Guerre mondiale

 

LES FALLSCHIRMJÄGER

 

Plusieurs pièces de la maison ont été restituées telles qu’elles étaient pendant la bataille, lorsque des paras du FJR 6 s’y trouvaient, de même que le tank léger M5, identique à l’engin détruit exactement au même endroit en 1944. Les passionnés apprécieront la qualité des pièces présentées…

                                     

Casque camouflé et grillagé et porte-voix…

Le masque d’un servant de lance-flamme, équipé de l’arme dans son état d’origine

La qualité et la quantité de casques de Fallschirmjäger et d’équipements individuels spécifiques aux parachutistes confèrent un caractère exceptionnel à ce musée. Et pourtant, la suite de la visite recèle bien des trésors…

 

 

LES PARATROOPERS

La collection « américaine » est tout aussi -sinon plus- impressionnante. On appréciera également la mise en situation de nombreux mannequins, qui n’ont pas l’allure figée des présentations des musées « à l’ancienne ».

Ci-dessus: ce para évoque une photographie d’époque très connue, visible à l’arrière-plan.

Ci-dessus: un clin d’oeil à James »Jack » E McNiece, un para d’origine indienne vite imité par ses camarades, qui se rase ses cheveux « à l’iroquois » et improvise une peinture de guerre avec celle, non sèche, des « bandes d’invasion » des appareils destinés à l’opération « Neptune ».

 

     

Ci-dessus: la jeep embarquée dans ce Waco évoque le drame survenu au général Pratt, commandant adjoint de la 101st US Airborne, mort à bord de son planeur « Fighting Falcon »

Ci-dessous: de nombreuses pièces exceptionnelles ayant appartenues aux officiers les plus célèbres. Ici le calot du général Maxwell Taylor, le commandant de la 101st.

 

 

Ci-dessous: quelques images de la collection

    

Ci-dessous: le « coin » du personnel navigant 

Ci-dessus: les fameux criquets du Débarquement immortalisés par « Le Jour le Plus Long »

Ci-dessous: la collection de casque d’aéroportés américains est tout aussi impressionnante que celle des Allemands

   

 

Ci-dessous: le service médical, essentiel dans l’US Army, n’est pas oublié.

 

 

LE « CLOU » DE LA COLLECTION: BAND OF BROTHERS

Cette collection, déjà impressionnante, comprend les uniformes de la Easy Company du 506th PIR de la 101st, immortalisée dans la série à succès « Band of Brothers » (« Frères d’Armes » en français).

Ci-dessous, parmi tous les autres uniformes, ceux de Dick Winters, ainsi qu’un mannequin portant les traits de Forrest Guth: un aperçu infime de ce que recèle la collection du musée à propos de la Easy Company…

   

En bref, un musée remarquable et incontournable et, surtout, l’oeuvre de spécialistes des paras américains, soucieux du détail et de la perfection.

Champs de batailles: à préserver où à oublier?

 

Marathon, Waterloo, Gettysburg, Islandwana, Verdun… la liste des champs de bataille que le féru d’Histoire peut découvrir est longue. Pourquoi faut-il préserver ces lieux chargés de mémoire? Intéressons-nous à ce que nous a légué la Seconde Guerre mondiale…

 

 

Tourisme et mémoire

La Normandie

Les champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale perpétuent le souvenir d’une époque tragique et sont le rappel des sacrifices consentis. Les cimetières militaires ici une place primordiale.

Exemple unique concernant une bataille la Seconde Guerre mondiale, la Basse-Normandie offre la possibilité d’un séjour prolongé entièrement consacré à la visite de sites d’une bataille (on retrouve cela, dans une moindre mesure, dans les Ardennes belges et luxembourgeoises). Le visiteur qui y arpente les impressionnants cimetières alliés peut mesurer le prix de la liberté et du retour à une société où priment les droits de l’Homme. Dans de nombreux pays, le touriste peut arpenter un champ de bataille situé sur le chemin de ses pérégrinations: qui à Monte-Cassino, qui à El Alamein, qui à Corregidor… mais bien souvent, rien -ou très peu (quelques stèles)- ne demeure pour témoigner du fracas des armes et des combats.

La préservation de ces champs de bataille suppose un intérêt du public, faute de quoi ils sombrent dans l’oubli, sont négligés et abandonnés. Il faut donc susciter l’attraction tout en ne s’égarant pas dans une surenchère commerciale dénaturant les vestiges demeurés en place. Les festivités, expositions temporaires ou spectacles offerts aux visiteurs (par exemple les commémorations du Débarquement) renouvellent leur intérêt. Au demeurant très internationalisé, le public évolue peu à peu: les nouvelles générations de visiteurs comptent de moins en moins de vétérans, de témoins ou de leurs proches. Perpétuer l’intérêt des nouvelles générations représente un défi essentiel (qui semble possible si on en juge par l’attrait des sites de la guerre de Sécession ou de la Première Guerre mondiale).

 

Préserver le patrimoine militaire

Bastogne

Le patrimoine militaire fait partie intégrante du legs de nos ancêtres et, à ce titre, doit être préservé. La France, riche d’un passé militaire dense, ne fait guère preuve de dynamisme. Négligée dans l’Hexagone à l’exception notable de quelques musées établis dans des bunkers remarquables, la préservation des sites du Mur de l’Atlantique est exceptionnelle en Norvège, en Belgique et dans les Iles anglo-normandes. Depuis des décennies, arpentant les plages normandes du Jour J, je n’ai pu que constater la dégradation (ou pire: la disparition) de nombreux vestiges: blockhaus détruits, murés ou défigurés en plateformes; rarissimes pièces d’artillerie ou engins de débarquement laissés à l’abandon et à la merci des éléments avant leur ferraillage… D’impressionnantes collections rassemblées dans des musées ont disparu, dispersées aux quatre vents (musées d’Avranches dans la Manche et d’Arlon en Belgique par exemple). Prenant comparaison avec la Basse-Normandie, on admirera à ce propos le nombre de blindés et de pièces d’artillerie allemands encore présents dans les Ardennes belges et luxembourgeoises, témoins des combats de 1944-45. On saluera cependant l’action de nombre de bénévoles d’associations qui, patiemment, ont remis en état des fortifications dignes d’intérêt (y compris sur la Ligne Maginot).

 

La multiplication des musées: signe de qualité?

El Alamein

Le touriste pourra découvrir des musées sur de nombreux champs de bataille de la Seconde Guerre mondiale, aussi bien à Anzio, à Saint-Marcel-Malestroit qu’à Toulon, ou encore à El Alamein (ici). Aucune autre région ne perpétue autant la mémoire du conflit et ne compte autant de musées que la Basse-Normandie. Depuis toujours, le meilleur y côtoie le pire. Au matériel (parfois des reproductions ou des pièces anachroniques) entassé pêle-mêle s’opposent de superbes collections remarquablement bien mises en valeur par des collectionneurs avertis (on ne peut que saluer l’ouverture du musée « Overlord » à Omaha Beach ou encore le « Normandy Victory Museum » de Catz, ici, ici et ici). L’un des exemples le plus réussi de muséographie reste à mes yeux le musée de Diekirch au Luxembourg: pourtant déjà ancienne, la mise en valeur des mannequins dans des scénettes imaginatives et animées est sans équivalent. Nombre de musées belges et bas-normands ont évolué dans un sens tout aussi positif. Sur les aéroportés alliés en Normandie, le touriste pourra désormais arpenter quatre musées très réussis succédant aux deux anciens musées nettement plus limités que j’ai connu dans ma jeunesse: ceux de Pegasus Bridge, de la batterie de Merville, de Sainte-Mère-Eglise (ici) et du « Dead Man’s Corner » (ici). Pourtant, les marchés du temple ne sont jamais éloignés.

 

Une préservation mise en difficulté par une (fausse) image douteuse

En France, le tourisme militaire souffre d’une image écornée issue d’une absurdité colportée par des individus à la réflexion pour le moins limitée: il ne serait que l’affaire de fanatiques, de nostalgiques, pour ne pas dire de personnes qui aiment la guerre, tout simplement. Corolaire direct en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale: les amateurs de l’armée allemande, friands des musées offrant de belles pièces ou autres bunkers, sont invariablement suspectés d’être des extrémistes douteux (ces gens peu recommandables existent mais il n’y a pas de lien de cause à effet). Ces jugements à la va-vite, non fondés, ne sont qu’un leurre. Mais leur impact peut peser lourdement: pourquoi dépenser des sommes pour préserver tel vestige s’il s’agit avant tout de satisfaire des nostalgiques de la Wehrmacht ou des maniaques des armes? Certaines municipalités normandes n’ont su investir dans le maintien de collections dans leurs murs faute d’avoir compris l’importance du tourisme d’Histoire militaire et du patrimoine de leur commune.

Par antimilitarisme primaire et mal compris, certains individus ont tagués, souillés des lieux de mémoires (monuments, bunkers ou blindés) en faisant l’absurde contresens de les considérer comme une apologie de la guerre et de la violence alors que c’est exactement le contraire. Le remarquable musée de Quinéville s’est longtemps targué d’être le seul musée de la bataille de Normandie à ne pas posséder d’armes. Un concept pour le moins absurde qui découle d’une évaluation erronée de ce qu’attend le grand public et de ce que recouvre la notion de préservation d’un champ de bataille et du patrimoine militaire. Il en va pourtant de l’impérieuse nécessité de garder en mémoire les combats et les sacrifices consentis par nos aïeux qui ont permis aux générations suivantes de vivre dans un monde sauvé du péril fasciste.

 

 

 

Normandy Victory Museum (2): Collections Militaires

Normandy Victory Museum (2): Collections Militaires

Ce GI n’est qu’un aperçu d’une collection impressionnante

Le Normandy Victory Museum c’est aussi un superbe collection. De nombreux mannequins, loin d’être figés dans des vitrines comme jadis, sont mis en valeur dans des dioramas, agréablement pourvus qui de façades de maisons, qui de végétation… En 1987, j’avais découvert pour la 1ère fois le musée de Diekirch au Luxembourg, et celui de Bastogne en Belgique: avec leurs scénettes et leurs mannequins réalistes, les musées des Ardennes (dont désormais ceux de La Roche-en-Ardenne, La Gleize, etc) étaient très en avance sur ceux de Normandie. Nos musées ont enfin rattrapé ce retard, notamment l’Overlord Museum (Omaha), le Dead Man’s Corner (Saint-Côme-du-Mont),  mais aussi bien d’autres (cf les bunkers remarquablement remis à neuf à Ouistreham, Saint-Marcouf et Merville).

Le dernier-né des musées, le Normandy Victory Museum, est remarquable à cet égard: il s’agit tout simplement d’un des musées le plus beaux et le plus réussis de l’espace historique de la bataille de Normandie. Les réserves sont remplies de merveilles, telles que pas moins de deux barges de débarquement en cours de restauration!

Ci-dessous: une fois n’est pas coutume, le premier diorama est consacré à la campagne de 1940, la normandie étant alors envahie par la 7. Panzer-Division d’un certain Erwin Rommel… L’occasion de présenter enfin au public des tenues  de nos soldats de 1940, dont une de tirailleur sénégalais.

 


Vient le temps de l’Occupation: un diorama évoque la Résistance (ci-dessous)

Ci-dessous. L’Atlantikwall et le Jour J sont représentés par deux dioramas, dont une reconstitution du débarquement dans secteur d’Utah Beach

Ci-dessous. Les forces aériennes alliées ont été décisives dans la victoire: elles sont commémorées par de superbes mannequins

Ci-dessous. Bruitages de tirs de mitrailleuse et d’explosions, fumées, reconstitution d’un chemin creux: le visiteur est plongé dans l’ambiance de la guerre des haies…

 

  

Ci-dessous. Le musée possède aussi du matériel lourd:USM8, Halftrack US M3. Les mannequins américains comme allemands sont remarquables par la richesse de leurs variétés et la présentation de pièces extrêmement rares.

  

 

Ci-dessous. L’armée allemande en Normandie est largement hippomobile: les visiteurs ont la chance de découvrir un chariot allemand ainsi que plusieurs véhicules motorisés agrémentés de mannequins remarquablement habillés, illustrant la variété des effets des forces allemandes: tenues Feldgrau diverses, uniformes en treillis, effets camouflés.

   

 

 

Le bazooka: une arme redoutable et terriblement efficace dans les combats à courte portée caractéristiques de la guerre dans le bocage

 

Quelques vues général du musée:

Les vitrines recèlent des trésors. Je suis, comme toujours, particulièrement attirés par les coiffures:

Le coin des Fallschirmjäger, incontournables pour un musée qui traite de la guerre des haies

 

 

Ci-dessous: le Normandy Victory Museum n’oublie pas les ultimes étapes de la Libération, ce qui inclut certes quelques moments de détente pour les libérateurs, mais aussi le déminage ou encore la gestion des prisonniers de guerre.