Recension « 1940. Vérités et légendes » de Rémy Porte

Rémy Porte, 1940. Vérités et légendes, Perrin, 2020

C’est le livre du moment à acheter au moment où nous commémorons les 80 ans de la défaite de la France. Fort bien écrit, sans ces partis pris malheureux qui entachent bien des ouvrages consacrés à cette période douloureuse de l’histoire nationale, Rémy Porte, que l’on connaît avant tout pour ses excellents livres consacrés à la Grande Guerre, nous offre un panorama fort instructif de la défaite de 1940. Pour ce faire, son ouvrage s’organise en 30 courts chapitres qui offrent autant de réponses aux questions essentielles qu’on se pose sur la « Drôle de Guerre », la campagne de Norvège, les combats de mai-juin 1940 et l’armistice du 22 juin. L’auteur dépasse les sujets militaires stricto sensu avec des entrées comme « Un gouvernement nomade pouvait-il gouverner? » ou « L’appel à Pétain était-il un complot contre la République? ».

Le lecteur saura tout ce qui est à savoir sur l’état de préparation de nos armées, de l’importance de la ligne Maginot, des responsabilités ou non du Front Populaire dans la défaite, des relations avec nos alliés, sur nos généraux… Des chapitres originaux questionnent la pertinence d’avoir déclaré Paris ville ouverte ou la possibilité d’avoir pu ouvrir un front dans les Balkans ou le Caucase. L’appel du 18 juin est replacé dans son contexte et dans sa réalité, de même que Philippe Pétain, qui n’est pas encore le collaborateur qu’il va devenir…

Bref, un livre très intéressant, répondant à de nombreuses questions sans sombrer dans la remise en cause systématique (une norme pitoyable chez certain(e)s auteurs/revues).

L’auteur est par ailleurs un fin connaisseur et ses orientations bibliographiques, bien choisies, seront fort utiles pour le lecteur qui veut approfondir tel ou tel point. je peux notamment recommander cet ouvrage d’Eric Denis, celui-ci et celui-là de Max Schiavon, un autre de Michel Truttmann, ainsi que cette somme de Jean-Yves Mary, et, plus récemment, un livre sur Rommel en Normandie en 1940.

Le petit format est par ailleurs très pratique et l’ouvrage se lit assez rapidement (284 pages tout de même). Je le recommande donc très vivement!

Recension de « Les Soldats de 1940. Une génération sacrifiée » de René Dalisson

Rémi Dalisson, Les Soldats de 1940. Une génération sacrifiée, CNRS Editions, 2020

Un titre qui promet, ainsi qu’un 4e de couverture enageant. L’auteur nous présente d’abord les faits, à savoir la « Drôle de Guerre » puis la débâcle (une vingtaine de pages). Les pages consacrées à la capture puis à la captivité -assez classiques mais bien écrites- occupent la plus grande part du passage couvrant la période de la guerre, selon toute logique puisqu’il s’agit là de l’expérience la plus longue vécue par les infortunés combattants français de 1940. Les conditions du retour sont bien rendues, avec un certain amalgame qui a pu se réaliser chez les autorités entre toutes les catégories de Français déplacés de gré ou de force en Allemagne, ainsi que le difficile retour à la vie civile et à la vie de couple (expérience commune à tous les belligérants, cela dit en passant).

La suite est tout aussi intéressante. J’ai particulièrement apprécié le chapitre 4 : « Les oubliés dune représentation collective: une mémoire qui flanche? ». Les deux autres chapitres de la 2e partie (de 1945 à nos jours) sont également passionnants et assurément le fruit d’un travail documenté: « la fabrique d’une représentation pendant les Trente Glorieuses » et « Dire, comprendre et penser « le syndrome de 1940″ ».

En dépit de leur intérêt, ces chapitres ne m’ont toutefois pas apporté tout ce que j’espérais.

L’auteur montre bien comment la politique a tenu un rôle dans l’oubli des vaincus de 40 (quoique le fait que leur mémoire ait été entachée par Vichy ne me convainc que modérément : l’Armée d’Afrique était aussi celle de Vichy (elle a même ouvert le feu sur les Alliés !) et, pourtant, elle s’est couverte de gloire. En revanche, on voit combien le mythe de la Résistance s’est emparé des esprits. L’évocation de cet oubli (ou de ce refoulement) au cours des Trente Glorieuses puis jusqu’à nos jours est intéressante. L’attrait pour des chercheurs pour l’Occupation, Vichy, la Résistance et la Déportation est prégnant, et il ne se dément pas (l’histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale n’attire que peu de spécialistes dans les universités françaises, et encore cela se cantonne souvent aux FFL).

Certes, le nombre d’ouvrages consacrés aux combattants de 1940 n’a de cesse d’augmenter, de même que l’intérêt qu’on y porte, et l’auteur de citer les musées, mais aussi les bandes-dessinées. Etrangement, alors que Rémi Dalisson souligne le regain d’intérêt pour l’armée française, il ne cite pas les ouvrages majeurs publiés en français ces dernières années (sauf le dithyrambique mais intéressant Lormier, ainsi que Claude Quétel), à tout le moins ceux qui sont spécifiquement consacrés à l’histoire militaire (un manque d’intérêt pour la chose militaire si courante ?). Idem pour les revues, si 39/45 Magazine est cité (pourtant plus porté sur les SS), quid de GBM, revue très fouillée spécifiquement  dédiée aux armées françaises des deux guerres mondiales, avec des articles signées des meilleurs spécialistes comme François Vauvillier ou Eric Denis ? Par ailleurs, le propos tourne souvent sur la question des prisonniers (en citant même bizarrement des films fameux qui ne mettent pas en scène des prisonniers français…), plus que sur les combats de 1940 et l’impact que ceux-ci ont eu sur la postérité de nos soldats. Des soldats qui comptaient aussi dans leurs rangs de nombreux jeunes, mobilisés à 20 ans, ce qui fait qu’il ne fauta pas imaginer que les résistants étaient forcément plus jeunes que les prisonniers, d’autant que les réfractaires qui ont pris le maquis ne représentent qu’une partie du phénomène de la Résistance.

Pis, aucune allusion à l’image de notre armée et de nos soldats aux yeux des contemporains, Allemands, Américains et autres, ce qui aurait mérité un chapitre (ceci étant, chaque auteur est libre de traiter son sujet selon la manière qui l’entend). Pourtant, si notre historiographie a redonné sa place à nos troupes, il n’en va guère de même ailleurs… et cela dure depuis 1940. Les documentaires anglo-saxons consacrés à 1940 sont à l’avenant, mais l’auteur ne les cite pas.

Quant aux films et aux fictions TV, Rémi Dalisson leur consacre des lignes intéressantes (évidemment La Vache et le Prisonnier ainsi que La 7ème Compagnie…, Un Village Français), si la mise en avant de la Résistance est soulignée, ainsi que la piètre image de nos soldats de 40, les oeuvres illustrant la concurrence mémorielle des troupes des FFL ou issues des rangs de l’armée d’Afrique sont ignorées (citons Carillons sans Joie sur Medjez-el-Bab ou Bataillon du Ciel sur les SAS).

L’auteur a ainsi tendance à présenter la mémoire de ceux de 40 comme uniquement occultée par celle de la Résistance. Pour Rémi Dalisson, celle-ci semble avant tout la résistance intérieure. J’ai été surpris qu’il passe sous silence l’importance mémorielle de la France Libre et des FFL : nulle mention de Koufra, de Normandie-Niemen, de Cassino ou de l’Armée B, et surtout de Bir Hacheim, combat épique entre tous qui a redoré le blason de l’armée humiliée de 1940.

Bref, en dépit des réserves exprimées, un livre original et fort intéressant, qui a pour lui d’aborder cette campagne de 1940 sous un angle peu abordé, à savoir l’image du soldat français de 1940 (j’y consacre deux petites pages dans 2e Guerre Mondiale Magazine N°89, paru en mai 2020, l’ultime numéro d’une revue qui disparaît…).

Recension de « La Légion Arabe de 1917″de Julien Monange

La Légion Arabe de 1917, Julien Monange, CNRS Editions, 2019

Un sujet original qui a le grand mérite d’apporter un éclairage sur une des campagnes les plus fascinantes de la Grande Guerre, à savoir les opérations menées au Moyen-Orient (en français, il faut lire Du Caire à Damas de Rémy Porte). L’auteur décrit avec détails la genèse et la mise sur pied et enfin l’échec de la Légion Arabe, à ne pas confondre avec la Légion d’Orient qui lui est contemporaine, combattant elle aussi sur le même théâtre des opérations (en Palestine), ainsi qu’avec l’unité éponyme dirigée par Glubb Pacha, bras armé du royaume de Cisjordanie. L’imbroglio politique au Moyen-Orient, particulièrement au Levant est admirablement rendu. On découvre combien les entraves pour la levée de cette nouvelle formation furent nombreuses, ainsi que les raisons politiques qui sous-tendent cette genèse, le tout sur fond de tensions franco-britannique. On apprécie tout particulièrement les pages consacrées à Lawrence d’Arabie, ainsi qu’à son alter ego français, Louis Massignon (lire les biographies que Christian Destremau consacre à ces personnages) . L’ambivalence des sentiments des Arabes de cette éphémère unité, ainsi que les difficultés soulevées par les questions religieuses ainsi que l’émergence d’un sentiment national arabe, promulgué par les puissances de l’Entente dans l’intérêt du cours de la guerre face à l’Empire ottoman sont bien rendus. On apprécie aussi les pages consacrées au recrutement et à l’instruction, qui sont édifiantes et qui montrent clairement aux lecteurs les difficultés auxquelles les Franco-Britanniques furent confrontés. Un travail conséquent et qui offre un éclairage nouveau et bienvenu. Il ne faut toutefois pas y chercher un compte-rendu de batailles.

Recension « La division Handschar. Waffen SS de Bosnie 1943-1945 » de Xavier Bougarel

La division Handshar. Waffen SS de Bosnie 1943-1945, Xavier Bougarel, Passés Composés, 2020

Les études de divisions SS (un travail que je me suis toujours refusé à effectuer, en dépit de plusieurs demandes) sont pléthoriques, parfois redondantes, parfois dangereusement tendancieuse, mais aussi parfois remarquables, que ce soit sur le plan iconographique ou sur celui du travail de recherche réalisé. Le bel ouvrage signé Xavier Bougarel appartient indubitablement à cette dernière catégorie. L’auteur sort de sempiternelles divisions blindées SS pour se pencher sur une unité atypique de la Waffen SS : une formation de musulmans. Qui plus est, il nous emmène sur un théâtre des opérations fort méconnu en France : les Balkans. La complexité de ce théâtre des opérations apparaît clairement (avec en quelque sorte des guerres dans la guerre). La division Handshar est certes connue, mais on dispose là d’une étude sérieuse et approfondie, et sans fioritures inutiles. Les pages sur le recrutement (qui rejoint les rangs de la Handschar? ), les motivations, la question religieuse (Islam et nazisme fait toujours couler beaucoup d’encre, souvent à tort: le propos est ici documenté et mesuré), mais aussi les crimes de guerre (qui ne sont pas éludés; la lutte anti-partisan se voyant accorder par ailleurs de nombreuses pages, ce qui est justifié car il s’agit là de la mission principale de la division) sont fort instructives. Le chapitre « Les SS au village » consacré à une mission et une stratégie fort originales pour ces SS surprendra plus d’un lecteur . On sera peut-être également surpris du sort qui leur fût réservé à l’issue de la guerre, en regard de l’opprobre (justifiée à mes yeux) qui est retombée sur les volontaires français et belges de la SS –pour ne citer que ceux-là- qui furent tout à la fois des traîtres et des hommes qui servirent dans l’organisation militaire nazie par excellence. Le livre de Xavier Bougarel a aussi le mérite de nous montrer ce que fût réellement la Waffen SS (pas forcément aryenne et germanique, ni synonyme d’unité d’élite), loin de toute hagiographie douteuse, et sans accablement inutile. Les faits parlent d’eux-mêmes. L’étude est ici sérieuse et fort documentée, fruit d’un véritable travail d’historien. Fortement recommandé pour les passionnés de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier de l’armée de Hitler.

La tempête du 19 juin 1944

Du 19 au 22 juin, une tempête menace la chaîne logistique alliée, les intempéries mettant sérieusement en péril le ravitaillement de la tête de pont. Le talon d’Achille des lignes de communications alliées réside en effet dans la nécessité d’assurer un approvisionnement par voie maritime depuis l’Angleterre. Si la puissance de la tempête semble avoir été exagérée (vent nord-est de force 6 et rafales à 7/8), ses conséquences sont notables. Sérieusement endommagé, le port artificiel d’Omaha doit être démantelé au profit du seul Mulberry Bd’Arromanches. Près de 800 embarcations sont jetées à la mer ou sombrent, provoquant le chaos au sein des unités de la logistique. Les réserves des dépôts alliés sont sévèrement limitées et l’espoir de remédier au manque chronique de munitions d’artillerie s’envole définitivement. Dans ces conditions, l’activité sur le front américain doit être réduite au profit de la seule poussée vers Cherbourg. La nécessité impérieuse de s’emparer de ce port apparaît ainsi avec d’autant plus d’acuité. Pourtant, la puissance de feu des Alliés et la pression exercée sur l’ensemble du front sont telles que les effets de la tempête passent inaperçus dans le camp allemand. Ce répit inespéré n’est donc pas mis à profit par Rommel pour mener une contre-attaque d’envergure. De leur côté, les Britanniques sont également contraints de marquer le pas alors que le dispositif ennemi est encore très fragile.

90. Leichte-Afrika-Division

LA 90. LEICHTE-AFRIKA-DIVISION

Le propos ici n’est pas de fournir une narration détaillée des campagnes de cette unité, puisque le déroulement de la guerre du désert est bien connu. Sa composition, sur laquelle nous revenons, pose la question de son particularisme. La 90. Leichte-Division a-t-elle en mesure de remplir le rôle qui lui a été dévolu ?

Une unité unique

La 90. Leichte: 3e division du DAK à l’organigramme unique au sein de la Wehrmacht

            La 90. Leichte est une division pour le moins originale dans l’ordre de bataille de la Wehrmacht. Elle n’a rien en commun avec les autres Leichte-Divisionen ayant combattu en Afrique ou ailleurs. Les Leichte-Divisionen du début de guerre correspondent à un concept malheureux d’unités hybrides de cavalerie et de Panzer. La 5. Leichte, qui débarque en février 1941 à Tripoli, élément précurseur de l’Afrika Korps et future 21. Panzer-Division, est en fait une division à forte composante blindée et antichar mais avec seulement deux bataillons d’infanterie. La 164. Leichte, qui entre en ligne à El Alamein en juillet 1942 et la 999. Leichte, unité pénale qui combat en Tunisie en 1943, sont avant tout des divisions d’infanterie. La 90. Leichte n’est rien de tout cela. Division créée ad hoc à partir d’éléments déjà présents en Libye mais non encore endivisionnés pour la plupart, elle possède une forte composante d’infanterie, qui sera finalement motorisée. Elle aurait finalement pu devenir une véritable division motorisée, une Panzergrenadier-Division, si elle avait pu percevoir son bataillon blindé qui, devant l’urgence de la situation, sera détourné in fine vers la Tunisie pour servir avec d’autres unités. Marque supplémentaire de son originalité, la division change plusieurs fois de dénomination au cours de sa courte carrière africaine. A l’origine, un état-major, celui du Divisions Kommando z.b.V. Afrika.

Ordre de bataille et évolution

            C’est en juillet 1941 qu’est constitué en Allemagne le Stab Divisions Kommando zbV Afrika mais il n’arrive dans le secteur de la frontière égypto-libyenne qu’au courant du mois d’août et n’est complet qu’en septembre. A ce moment, les unités qui lui sont rattachées le sont avant tout à des fins d’entraînement. C’est le cas du III./IR 347 et du Bataillon zbV « Oasen ». Le 20 octobre, de nouvelles unités rejoignent la division du Generalmajor Sümmermann. Il s’agit principalement de formations du Panzergruppe Afrika déjà présentes en Afrique et non de nouveaux venus : le Panzerjäger-Abteilung 605 (équipés de Panzerjäger I), le Pionier-Bataillon 900, le Schützen- Regiment 155 (mis sur pied le 15 septembre 1941 à partir de trois bataillons d’infanterie) et le III./IR 255, un bataillon jusqu’alors indépendant. Peu après, arrive d’Allemagne, où il a été constitué, l’Afrika Regiment 361. Ce dernier régiment a pour particularisme d’être formé de soldats issus de la Légion étrangère française, et donc en quelque sorte des mercenaires dont la fidélité peut être remise en question. Certains de ses éléments se déploient à Bardia pour parfaire leur entraînement. S’il faut en croire Paul Carell, un de ses membres, capturé, aurait ensuite servi au sein du Long Range Desert Group, qui opère sur les arrières des forces de l’Axe dans le désert, avant de trahir les Britanniques au cours d’une mission. Pour certains Allemands, ces légionnaires ne sont que des lansquenets pour lesquels patriotisme et nationalisme ne veulent rien dire.

Panzerjäger I

            Le premier engagement de la division a lieu cours du raid de Rommel au-delà de la frontière égyptienne en septembre 1941 -opération « Sommernachtstraum »-, puisque le III/IR 347 est de l’équipée au sein du Kampfgruppe Panzenhagen. A la veille de « Crusader », l’offensive lancée à partir du 18 novembre par la 8th Army, la Division zbV Afrika est positionnée notamment à Belhammed et doit remplacer la division italienne Bologna à l’est du camp retranché de Tobrouk de part et d’autre de la Via Balbia. Rommel a en effet décidé que la divisionmènera le premier assaut contre la forteresse et aménagera une brêche pour la 15. Panzer-Division. A cet effet, certaines autres composantes du Panzergruppe Afrika lui sont subordonnées, au moins temporairement, à savoir l’Artillerie-Regiment 155, l’Aufklärung-Kompanie 580, arrivé en Afrique au cours de l’été avec 105 véhicules ainsi que certains éléments de la 21. Panzer : la 11. (IG)/Schützen-Regiment 104 et le I./Schützen-Regiment 104, qui dépend déjà de la division depuis sa mise en position à Sollum sur la frontière avec l’Egypte.

Soldat avec un des inopérants Panzerbüsche 38 et 39

En septembre, les unités d’infanterie devraient aligner 148 Panzerbüsche. Les Panzerbüsche 38 et 39 sont des fusils antichars de 7.92 mm capables de percer 30 mm de blindage sous un angle de 60° à une distance de 300 mètres, soit peu de chose en réalité sur un terrain où il est bien malaisé de se mettre à couvert. Toutefois, le schwere Panzerbüsche 41 de 28/20 mm, en fait un véritable canon antichar léger, est nettement plus performant grâce à une bonne vitesse initiale due à son tube à âme conique et à ses obus au tungstène. L’engin peut en effet percer 52 mm de blindage sous un angle de 30° à 500 mètres, soit, à cette distance, à peu près l’équivalent des performances balistiques du canon de 47 mm tchèque qui arme les Panzerjäger I.

            Si le Kamfgruppe Mickl s’illustre plus particulièrement à Sidi Rezegh avec le Schützen-Regiment 155, l’Afrika-Regiment 361 et la Panzerjäger-Abteilung 605, l’opération « Crusader », cause de lourdes pertes à la division. Certaines unités souffrent des pertes sévères, d’autres sont purement et simplement anéanties, comme le III./IR 255 et le Bataillon zbV « Oasen ».  C’est le 28 novembre, au cours de cette bataille, que la division est rebaptisée 90. Leichte Afrika Division. A la fin de l’offensive, alors que Rommel amorce la retraite, ellen’aligne plus qu’une douzaine de compagnies d’infanterie, ce qui est bien peu puisque cela dépasse de peu la dotation d’un régiment. La situation est temporairement améliorée par l’adjonction de deux unités d’élite fraîchement arrivées dans le désert : le Sonderverband 288 (voir plus loin) et le Kampfgruppe Burckhardt, formé à partir du Fallschirm-Lehr-Bataillon et donc constitué de parachutistes. Ce Kampfgruppe reprend l’oasis de Djalo le 4 février 1942 et il comprend en théorie 1 600 Fallschirmjäger, 11 Pak et 4 pièces de 10,5 cm mais 614 hommes seulement sont envoyés en Afrique en janvier 1942 avant de retourner en Europe en mars de la même année. Peu après, la capacité antichar est sensiblement renforcée. En effet, le 1./Panzerjäger Abteilung 33 est cédé par la 15. Panzer-Division. La 5. Panzerjäger-Kompanie du Maschinengewehr-Bataillon 8, qui appartenait à la 21. Panzer-Division rejoint également la division. Ces deux unités formeront ainsi le Panzerjäger-Abteilung 190. Par ailleurs, le Panzerjäger-Abteilung 605 combat toujours avec la 90. Leichte au cours de la bataille de Gazala. Notons au passage que si les 15. et 21. Panzer perdent chacune un Abteilung de Panzerjäger, elles les laissent partir avec des petits et bien médiocres Pak 36 de 37 mm alors que les deux divisions blindées de l’Afrika Korps commencent à doter  leur bataillon antichar de l’excellente pièce Pak 38 de 50 mm.

Le matériel de prise, à l’instar de cette « Portee »: indispensable pour motoriser la 90. Leichte-Afrika-Division

            En janvier 1942, le nouveau commandant de la 90. Leichte, le Generalmajor Veith, se montre fort critique vis-à-vis de l’organisation des bataillons d’infanterie. Il préconise l’organisation d’un bataillon en quatre compagnies de puissance équivalente, chacune d’elle ayant ses propres armes lourdes et pièces antichars, ces dernières étant alors concentrées dans une unique compagnie aux côtés des trois compagnies de fantassins. Finalement, la 90. Leichte -dont l’insigne distinctif doit être un rectangle blanc- et l’Afrika Korps sont réorganisés avec notamment l’adoption du principe « moins d’hommes, plus d’armes ». Le 1er avril, alors que le front est stabilisé sur la ligne de Gazala depuis février, la 90. Leichte est rebaptisée 90. Leichte Infanterie-Division. Elle possède toujours ses deux premiers régiments, à savoir les Schützen-Regiment 155 et Afrika-Regiment 361, mais ceux-ci sont désormais appelés leichte Infanterie-Regimenter, subdivisés chacun en deux bataillons de quatre compagnies à l’instar des Schützen-Regimenter en fait. Les deux bataillons restants, qui ne sont donc plus au sein de ces deux régiments, à savoir les III./ Schützen-Regiment 155 et III./ Infanterie-Regiment 347 forment le leichte Regiment 200. Les trois leichte Regimenter sont en outre doté chacun d’une schwere Infanterie-Geschütz-Kompanie. On a vu que la 90. Division comporte déjà une compagnie de reconnaissance. Celle-ci est renforcée afin de constituer un bataillon à l’image des unités de reconnaissance des 21. et 15. Panzer-Divisionen.

L’Aufklärungs-Kompanie 580 devient donc l’Aufklärungs-Abteilung 580. Otto Henning rapporte de son côté que cette unité de reconnaissance, qui comporte également des anciens de la Légion, prend l’habitude de surnommer la 90. Leichte « 90. Leichtesinnigen », c’est à dire les « bêtas » en quelque sorte.  Le Flak-Bataillon 606 fournit l’appui antiaérien indispensable. L’Artillerie-Regiment 190 dispose d’un Abteilung, l’ancien Artillerie-Abteilung 361, le reste de l’unité étant en cours de formation en Allemagne. On a déjà constaté que des unités antichars sont subordonnées à la division. Les chasseurs de chars du Panzerjäger-Abteilung 605 sont renforcés par un nouveau Panzerjäger, le « Diana » (voir ci-dessous). L’ensemble présente donc un aspect beaucoup plus complet en matière d’organisation divisionnaire lorsqu’elle participe à la bataille de Gazala.

Quelques blindés rares au sein de la 90. Leichte Afrika Divison: StuG, Diana, Sturmpanzer II « Bison »…

Il reste que les unités de soutien restent fort réduites jusqu’au mois d’août. Entre-temps, le 26 juillet, l’unité retrouve le nom de 90. Leichte Afrika Divison. C’est en effet au cours de la première bataille d’El Alamein que la 90. Leichte gagne encore en puissance. Les Panzergrenadiere (et non plus leichte)-Regimenter 200 et 361 sont désormais pleinement motorisés. En outre, la division se voit adjoindre l’état-major de la 15. Schützen-Brigade avec les leichte Regimenter, 200 et 361, puis 155. Notons dans ses tableaux d’effectifs la présence incongrue du Kolbeck-Bataillon, fort de 500 hommes, en fait constitué de soldats prisonniers libérés des Néo-Zélandais ainsi que du personnel d’unités de transport et de la Flak.

Major Briel, Kommandeur du Kdr Fla-Btl (mot) 606

Il n’y a pas grands changements à noter jusqu’à la conclusion finale de la campagne de Tunisie. En février 1943, la 580. Aufklärung-Abteilung est envoyée à la 21. Panzer Division. La 90. Leichte reçoit en compensation le Pz.Aufkl.Abt 3 qui devient le Pz.Aufkl.Abt 90. Le Sonderverband 288 rejoint la 164. Leichte Division. Certaines composantes de la division, qui en auraient fait une Panzergrenadier-Division à part entière, notamment le Panzer-Abteilung 190, mais aussi le II/ Artillerie Regiment 190, ne rejoindront jamais le désert libyque mais seront déroutés vers la Tunisie en novembre 1942, le Panzer-Abteilung 190 devenant finalement le nouveau II/Panzer-Regiment 5 de la 21. Panzer-Division en février 1943.

Dénomination

  • Division zbV Afrika : été 1941-novembre 1941
  • 90. Leichte Afrika Divison : 28 novembre 1941-février 1942
  • 90. Leichte-Infanterie Division: février 1942-juillet 1942
  • 90. Leichte Afrika Division : 26 juillet 1942- 12 mai 1943

Le « Diana »

Le « Diana » est un antichar officiellement appelé 76.2 mm FK 36 (r) auf Panzerjäger Sebsfahrlafette Zugkraftwagen 5t, constitue une pièce d’armement unique dans la Wehrmacht, puisque seule le Panzerjäger-Abteilung 605 en est doté. Le manque d’antichars disponibles en Afrique du Nord oblige à faire flèche de tout bois et imaginer des solutions de remplacements en attendant l’arrivée de Pak 38  ou de Panzerjäger 38 (t) (bien qu’aucun ne sera perçu par cette unité) en nombre suffisant.  En octobre 1941, l’OKH décide de la mise au point d’un Panzerjäger pour le DAK en utilisant des excellentes pièces antichars russes de 76,2 mm, capturés en grand nombre à l’est depuis le lancement de Barbarossa. Le nouvel engin bricolé ne sera produit qu’à neuf exemplaires, tous expédiés en Afrique en janvier et février 1942. Il s’agit de monter cette pièce russe sur la caisse d’un semi-chenillé Büssing –NAG BN 9 de 5 tonnes. 7 engins participent activement à la bataille de Gazala, non sans réussite semble t-il puisque, au début de la bataille, le 28 mai, la 4th Armoured Brigade sera malmenée à El Adem notamment grâce à l’intervention du nouvel antichar. A la mi-juin, lorsque l’unité se repositionne à Bardia pour se refaire, on ne compte alors plus que deux « Diana ». Trois seraient cependant au front en août 1942.

Kommandeure

Generalmajor Ulrich Kleemann
  • Generalmajor Max Sümmermann 17/07/1941 – 10/12/1941 (Tué le 10/12/41 par un bombardement aérien)
  • Oberst Johann Mickl 11/12/1941 – 27/12/1941 (interim d’une quinzaine de jours)
  • Generalmajor Richard Veith 28/12/1941 – 28/04/1942
  • Generalmajor Ulrich Kleemann 29/04/1942 – 14/06/1942
  • Oberst Wermer Marcks 14/06/1942 – 18/06/1942 (interim de deux jours)
  • Oberst Erwin Menny 18/06/1942 – 19/06/1942 (interim d’une journée)
  • Oberst Werner Marcks 19/06/1942 – 21/06/1942 (interim de deux jours)
  • Generalmajor Ulrich Kleemann 21/06/1942 – 08/09/1942 (Blessé le 02/09/42 par l’explosion d’une mine)
  • Generalmajor Bernhard Hermann Ramcke 08/09/1942 – 22/09/1942 (interim d’une quinzaine de jours)
  • Oberst Hermann Schulte Heuthaus 17/09/1942 – 22/09/1942 (interim de cinq jours)
  • Generalleutnant Theodor Graf Von Sponeck 22/09/1942 – 12/05/1943.

L’évolution des effectifs de la division

            A la mi-novembre 1941, si on ne tient pas compte des effectifs des unités qui lui sont temporairement rattachées (notamment les unités de reconnaissance de l’Afrikakorps mais aussi de l’artillerie, de la Flak, de l’infanterie…) la 90. Leichte aligne 9 019 hommes. Son armement consiste en 458 mitrailleuses, 91 Panzerbüsche, 48 mortiers lourds, 15 canons d’infanterie, 8 canons légers et 27 Panzerjäger I. Le 361. IR doit aligner à lui seul 28 Panzerbüsche 41, 12 leFH 18 et 12 Flak 38. L’Auklärungs-Kompagnie 580 compte 2 Panzerbüsche 41, 6 Pak 36 et 3 Pak 38 ainsi que 4 Flak de 20 mm automoteurs. Si l’armement lourd semble bien faible pour une division, il faut garder à l’idée que diverses unités rattachées renforcent considérablement sa puissance de feu.

Le Pak 36: piètre antichar pour le désert…

L’opération « Crusader » est une épreuve terrible. Les pertes subies par les cadres de la 90. Leichte entre novembre 1941 et mars 1942 se montent à 140 officiers (elle en comptait dans ses rangs à la mi-novembre 1941). Le Generalmajor Sümmermann est lui-même tué le 10 décembre 1941. Le Generalmajor Kleeman est blessé le 8 septembre 1942. Entre novembre 1941 et septembre 1942, le Panzergrenadier-Regiment 361 a eu trois commandants : un est tué et un autre est sévèrement touché. Pour la même période considérée, le II./PzGrenRgt 361 a eu quatre chefs. Un d’entre eux est blessé tandis que deux autres doivent être remplacés pour cause de maladie. Si on regarde la 7. Kompanie, trois de ses neufs commandants sont tués et deux autres sont portés manquants. Le 29 décembre 1941, il semble que la division soit réduite à environ 2 000 hommes, 207 mitrailleuses, 12 mortiers lourds, 39 Panzerbüsche, 54 canons Pak ou d’artillerie, 20 pièces de Flak et 14 Panzerjäger I. Si le ratio armes lourdes/combattants est impressionnant, les effectifs sont désormais très insuffisant et renforts et réorganisation s’imposent. Le 15 mars 1942, les effectifs remontent à 5 203 hommes. Le 18 mars, son inventaire en armement aligne 193 mitrailleuses, 15 mortiers lourds, 44 Panzerbüsche (dont 11 du type 41), 33 Pak 36 de 37 mm, 12 Pak 38 de 50 mm, 26 canons russes de 76,2 mm, 11 Flak 38 de 20 mm, 6 sIG 33 automoteurs et 8 « Dianas ». Comme les « Dianas », les sIG 33 sont des prototypes peu réussis qui sont livrés et testés par la Panzerarmee Afrika. Ce sont au final 12 sIG 33 -ou encore Sturmpanzer II « Bison »- qui servent au sein des sIG Kompanien (mot.) 707 et 708 rattachés aux leichte Infanterie-Regimenter 155 et 200. Bizarrement, il n’est nulle part question des Panzerjäger qu’on retrouve pourtant dans l’ordre de bataille de mai. Le 21 avril, l‘Aufklärungs-Abteilung 580, déjà équipée de Panzerbüsche montés sur Sdkfz 250 et de Pak 38 ainsi que d’engins de reconnaissance à 8 roues dotés de pièces de 20 mm, reçoit l’ordre de former une batterie de 4 pièces britanniques de 25 livres. Au moment d’El Alamein, cette unité ne comptera pas moins de 12 de ces excellents canons britanniques.

La montée en puissance de la division se poursuit pour atteindre le 15 mai, à la veille de l’opération Theseus/Venezia, 9 023 hommes. Au moment de la bataille de Gazala, les tables d’organisation donnent 12 500 à la division en théorie. Nous sommes donc en-dessous du total théorique, un problème récurrent dans la Wehrmacht. Ceci n’est d’ailleurs pas forcément préjudiciable. Ce qui importe, c’est que l’unité soit opérationnelle et à même de remplir les missions qui vont lui être confiées. En août, le personnel doit en théorie atteindre 14 500 hommes. Bien que les chiffres soient incomplets, l’armement comprend au moins 201 mitrailleuses, 21 mortiers lourds, 14 Panzerbüsche 41, 13 Pak 36, 15 (ou 40) Pak 38, 2 ou 3 Sturmgeschütze, 8 automitrailleuses, 25 Flak 38, 28 canons russes de 76,2 mm, 4 canons britanniques de 25 livres, 12 sig 33 automoteurs et 2 pièces Flak 18 de 88 mm. Le Panzerjäger-Abteilung 605 disposerait encore de 18 Panzerjäger I. Si l’armement lourd est désormais relativement satisfaisant et font de la 90. Leichte une unité redoutable, la multiplication des modèles en dotation ne facilite en aucune manière la logistique. Les rudes combats de la bataille de Gazala imposent une attrition sévère au sein de certaines unités puisque les 7-9 juin 1942, on ne compte que 425 hommes au sein du Schützen Regiment 155. 4 Pak 38 sont présents au Panzerjäger-Abteilung 190 tandis que le Panzerjäger-Abteilung 605 ne comprend plus que 6 Panzerjäger I opérationnels et 4 « Dianas ».

Le 29 juin, arrivant devant El Alamein, la division totalise à peine 1 929 hommes, ce qui est bien peu. L’armement lourd est réduit à 14 canons Pak 38, 5 canons de 76,2 mm et 4 pièces de 25 livres. Le 8 juillet, les régiments de fantassins, si on inclut le Sonderverband 288, comptent 1 500 hommes sur un total de 2 200 soldats dans la division. Le 20 août, les effectifs sont remontés à 8 249 hommes. Le 21 septembre, elle ne compte plus comme force de combat qu’à peine 3 580 hommes. Ses rationnaires atteignent un total de 4 442.  En octobre, à la veille de la seconde bataille d’El Alamein, les effectifs sont de 6 269 hommes. Elle aligne 14 Panzerjäger I, 52 Pak 36-38, 63 Panzerbüsche (dont 18 du type 41), 18 Flak 38, 17 mortiers, mais moins de 400 véhicules (dont 67 capturés) et à peine 5 pièces d’artillerie.

Le 18 novembre, alors en pleine retraite en Libye, elle compte encore 5 118 hommes avec 322 mitrailleuses, 22 mortiers, 31 Pak, 4 véhicules blindés et 7 canons. A son arrivée en Tunisie, fin janvier 1943, elle ne compte plus que 2 000 combattants. L’unité sera renforcée et recomplétée et terminera brillamment la campagne. En mars 1943, en position sur la ligne Mareth, elle aligne ainsi 6 500 soldats et plus de 50 canons. Le 6 avril, au moment d e la retraite depuis l’oued Akarit, les effectifs seraient de 5 700 hommes.

Affectation de la division en Afrique du Nord

1941

Le 15 novembre l’unité est rattachée au DAK puis versée au 21° Corpo italien le lendemain avant de  réintégrer le DAK du 27 novembre au 7 décembre, date à laquelle la division rejoint à nouveau le 21° Corpo. Le 18 décembre, la division est directement rattachée au Panzergruppe Afrika.

1942

Le 4 janvier, la division est réaffectée au DAK pour quelques jours avant de relever directement du Panzergruppe puis de la Panzerarmee Afrika jusqu’au 1er avril. Le 1er avril, elle est rattachée au DAK puis, le 4 au 21° Corpo. Puis, de la bataille de Gazala (mai) à la seconde bataille d’El Alamein (octobre), la 90. Leichte dépend de la Panzerarmee Afrika. Du 31 octobre au 2 novembre elle est brièvement placée sous les ordres du DAK. Elle redevient ensuite une formation directement affectée à la Panzeramee désormais dénommée Deutsche-Italienische.

1943

Le 5 janvier, la 90. Leichte retrouve le 21° Corpo, et ce jusqu’au 30 mars, excepté du 9 janvier au 1er février lorsque la division est directement rattachée à l’armée puis à partir du 30 mars quand elle passe sous le commandement du 20° Corpo.

En flanc-garde et en pointe lors des offensives de l’été 1942

            Après les pertes consécutives à « Crusader », la division, remise sur pied, tient un rôle de premier plan au cours de l’automne et de l’été 1942. Le 27 mai, alors que l’Afrika Regiment 361 attaque au nord dans le cadre de la feinte menée par le général Cruewell, la 90. Leichte se tient sur le flanc droit de l’Afrika Korps, avec, au sud, les trois unités de reconnaissance, 3, 33 et 580. Au cours de la première journée de la bataille de Gazala, elle réalise un exploit de taille en submergeant le quartier-général de la 7th Armoured Division, jetant la confusion au sein de cette unité empêchant ainsi toute possibilité de bonne coordination des brigades blindées anglaises. Toutefois, si les automitrailleuses sont à El Adem, le ravitaillement et les liaisons avec l’Afrika Korps sont coupées. La division est presque encerclée. Si son avance semble donc prometteuse, la 90. Leichte se retrouve donc en situation périlleuse car isolée et en manque d’approvisonnement. Elle subit de lourdes pertes. Se repliant vers l’ouest, elle rejoint l’Afrika Korps dans le « Chaudron ». Elle participe à la capture du « box » de la 50th Division à Got el Ualeb le 30 mai 42. Quelques jours plus tard, la division se casse les dents sur Bir Hacheim qu’elle ne peut submerger ni en empêcher l’évacuation. En revanche, elle participe à la défaite finale des formations  britanniques les 12-15 juin. Les 20-21 juin, alors qu’elle fait écran en direction de la frontière égyptienne, ce sont les deux divisions de Panzer qui tiennent le rôle majeur lors de la chute de Tobrouk. Le bilan de la bataille de Gazala est donc en demi-teinte pour la division.

            Lors de l’avancée en Egypte consécutive à la victoire de Tobrouk, la 90. Leichte garde tout son allant, rééquipée en partie grâce au butin considérable pris sur les Britanniques, notamment des pièces d’artillerie de 25 livres. Rommel l’engage à nouveau en pointe le 27 juin à Mersa Matrouh. Comme pour la manœuvre de la bataille de Gazala, la division s’enfonce dans le cœur du dispositif adverse avec l’intention d’isoler le 10th Corps dans Mersa Matrouh. Cette avance audacieuse ne porte cependant pas tous ses fruits puisque, trop affaiblies, les forces de Rommel ne peuvent empêcher la percée et le repli d’une partie importante des forces encerclées. Quelques jours plus tard, le 30 juin, la 90. Leichte est la première formation allemande de Rommel à atteindre la position d’El Alamein. Dès le 1er juillet, quand débute la première bataille d’El Alamein, face à la détermination des Sud-Africains et sous un déluge d’acier, elle s’avère pourtant incapable de mener à bien la tâche qui lui est dévolue. Chargée d’assurer l’investissement du « box » d’El Alamein, réitérant ainsi les manœuvres de Gazala et de Mersa Matrouh, la 90. Leichte est stoppée dans son élan, certaines unités cédant même à la panique. L’unité est arrivée à la limite de ses forces. Ses échecs ne sont pas liés à un manque de professionnalisme ou à un défaut d’organisation mais sont tout simplement liés à une crise d’effectifs qui touche toute l’armée de Rommel. Fin août, au cours de l’ultime offensive de cette dernière à El Alamein, la 90. Leichte n’est plus en pointe de l’avance et assure le flanc gauche de l’assaut principal mené par l’Afrika Korps.

Bir Hacheim et El Adem : échec relatif et succès difficile pour la 90. Leichte lors de l’offensive « Venezia »

Bir Hacheim : échec devant une citadelle imprenable

Les FFL au combat

            Pour faire tomber la place, Rommel organise un Kampfgruppe avec des unités de la 90. Leichte, quelques Panzer, l’Aufklärung-Abteilung 33 et la division Trieste. Les Pionier-Bataillonen 33, 200 et 900 sous le commandement de l’Oberst Hecker ainsi que la Kampstaffel Kiehl, l’escorte de Rommel, sont également de la partie. Le 3 juin, les frappes de l’Artillerie-Regiment 190 préparent l’assaut de la division de Kleeman par le sud-est de la position fortifiée française. Toutefois, comme toujours quand les défenseurs sont convenablement retranchés et dispersés en une multitude de trous individuels, le bombardement d’artillerie ne provoque que des dégâts minimes. Devant la détermination des Français et la solidité des défenses, les fantassins et les sapeurs de la 90. Leichte ne peuvent emporter la décision. Les pionniers de l’Oberst Hecker ne parviennent qu’à réaliser qu’un étroit couloir dans les champs de mines alors que les pertes sont sévères et les blessés s’accumulent au poste de secours. Les soldats d’élite du Sonderverband 288 et les ex-légionnaires de l’Afrika-Regiment 361 qui affrontent leurs anciens camarades de la Légion étrangère ne suffisent pas pour emporter la décision. Le lendemain, les sapeurs du Pionier-Bataillon 900 élargissent quelque peu la brèche mais les Allemands subissent toujours un feu d’enfer. De nouvelles brèches sont opérées les jours suivants tandis qu’une attaque de flanc de la 4th Armoured Brigade est repoussée sans difficulté. L’aviation et l’artillerie ne ménagent pas leurs efforts pour soutenir l’assaut. Le 9 juin, la 90. Leichte s’approche à 200 mètres du fort âprement défendu par le bataillon du Pacifique. Au nord, le Panzergrenadier-Regiment 115 de l’Oberst Baade réussit à pénétrer assez profondément dans le dispositif français. Dans la nuit du 10 au 11, Koenig parvient à s’esquiver par le sud-ouest avec les restes de sa 1ère Brigade de FFL. Ce faisant, il traverse les lignes de la 90. Leichte, qui s’avère incapable de l’empêcher de réaliser un dernier exploit : percer et rejoindre les lignes de la 8th Army. A cette occasion, les mitrailleurs du Flak-Abteilung 606 de l’Hauptmann Briel utiliseraient pour la première fois des MG 42. Bir Hacheim est enfin tombée, mais sa chute a nécessité dix jours d’âpres combats…

El Adem

            Le 12 juin, les Britanniques ont disposé le gros de leurs unités blindées entre Acroma et El Adem. C’est au sud d’El Adem que la 90. Leichte attaque. Face à elle, le QG de la 7th Armoured Division, les 10thet 11th Indian Brigade, la 7th Motor Brigade et la 1ère Brigade des FFL sont en position de défense jusqu’à la frontière égyptienne. Les combats menés par la division de Kleeman sont très durs et celle-ci n’avance que trop lentement au goût de Rommel. En effet, le 13 juin, alors que 120 chars anglais sont détruits, la 90. Leichte ne parvient pas à opérer sa jonction avec le Trieste. Le 15, El Adem tombe enfin ainsi que les points d’appui de Batrouna et El Hatian. Dans ce dernier, les Indiens de la 29th Indian Brigade ne s’avouent pas vaincus et, à l’instar des Français à Bir Hacheim, parviennent à rompre l’encerclement non sans laisser 500 prisonniers et un butin conséquent à la 90. Leichte. Ce repli est grave car Auchinleck entendait renforcer El Adem pour assurer le flanc sud de Tobrouk. Le 20 juin, l’Artillerie-Regiment 190 de Kleeman repousse sans difficultés les quelques tentatives timides menées par la 7th Armoured Division pour soulager les défenseurs de Tobrouk sur le point de succomber aux assauts de l’Afrika Korps. La victoire est acquise à El Adem, mais elle fut laborieuse.

Une arrière-garde et une réserve experte jusqu’à la capitulation finale

            Au cours du repli consécutif à la bataille de l’automne 1941, la 90. Leichte fait montre de tous ses talents au cours d’une mission d’arrière-garde des plus réussies au profit de l’Afrika Korps et des unités italiennes. C’est ainsi que, le 8 janvier, la manœuvre de repli est achevée lorsque le Kampfgruppe Mickl rejoint à son tour la position d’El Agheila à la faveur d’une tempête de sable. Au cours de la deuxième bataille d’El Alamein, à l’automne 1942, la 90. Leichte est disposée en retrait afin d’assurer la défense côtière en cas d’opération amphibie sur les arrières de la Panzerarmee Afrika. Ceci fait sens car les réserves les plus proches du front doivent être au contraire les unités blindées allemandes et italiennes afin de pouvoir intervenir immédiatement. La 90. Leichte peut donc se voir confier une mission qui l’éloigne de la ligne de front. Faisant office de réserve, elle est engagée sur la côte face aux Australiens, infligeant de lourdes pertes à ces derniers. Elle reçoit la lourde tâche d’assurer la sécurité de la retraite de l’armée en organisant une arrière-garde, mission dont elle s’acquitte avec brio, notamment le 7 novembre  à Mersa Matrouh contre la 10th Armoured Divison puis le 22 novembre à Agedabia face à la 22nd Armoured Brigade. L’unité semble bien adaptée à ce type de mission puisque motorisée et bien dotée en armes antichars. La timidité de la poursuite menée par Montgomery aide certes la 90. Leichte dans sa mission mais celle-ci reste périlleuse devant la disproportion des effectifs et les problèmes de carburant qui handicapent Rommel et son armée.

            Au cours de la retraite en Libye et lors des combats en Tunisie, la 90. Leichte assure toujours un excellent rôle d’arrière-garde puisque des positions d’Alamein, abandonnées le 4 novembre, à la prise de Tripoli, le 23 janvier 1943, la 8th Army se montre incapable d’anéantir un adversaire pourtant à sa portée. Le 27 janvier 1943, un dernier combat oppose la 8th Army et ses adversaires en Libye. Après quatre jours de lutte, la 90. Leichte Division rompt le combat avec la 7th Armoured Division. 

            La 90. Leichte reste également efficace en défensive lorsqu’elle est retranchée en première ligne, notamment sur la ligne Mareth où elle inflige des pertes sensibles aux assaillants, vouant l’assaut britannique à l’échec.  C’est au cours du repli depuis la ligne Mareth fin mars 1943 et lors de l’abandon de la position sur le oued Akarit début avril que la 90. Leichte fait montre à nouveau de prouesses en matière d’unité vouée à des combats d’arrière-garde puisque ni la 8th Army ni le 2nd US Corps ne sont en mesure d’empêcher le repli de la 1a Armata du général Messe. Fin avril, sa défense sur la position d’Enfidaville est tout aussi remarquable puisque la 8th Army ne parvient pas à percer en dépit d’efforts réitérés. La 90. Leichte Division est intégralement détruite en Tunisie, ses derniers combattants rendant les armes dans le secteur d’Enfidaville le 12 mai 1943.

            Logiquement, depuis 1942, cette formation devenue pleinement motorisée aurait dû se muer en Panzergrenadier-Division et recevoir les unités nécessaires à ce statut, notamment un bataillon de Panzer. Ce dernier, on l’a vu, sera détourné vers la Tunisie. La 90. Leichte a cependant reçu l’appoint d’une autre formation très bien équipée et entrainée devenue également une des légendes du désert : le Sonderverband 288.

Le Sonderverband 288

Un des deux StuG III du Sonderverband 288, seule unité à avoir engagé de tels engins en Libye et en Egypte.

            Au cours de l’année 1941, le soulèvement de Rashid Ali en Irak et les sentiments antibritanniques de certaines populations arabes, laisse penser que la Wehrmacht peut envisager une opération contre les champs pétrolifères du Moyen-Orient, indispensables au Royaume-Uni. C’est dans cette optique que sont mis sur pied les Sonderverband 287 et 288. Alors que le premier est finalement dérouté vers la Grèce puis la Russie, le second participe à la guerre du désert. En effet, lorsque l’unité est assemblée à la caserne Höhenlohe à Potsdam, en juillet 1941, la révolte irakienne est matée et les Britanniques se sont emparés de la Syrie jusqu’alors sous mandat français.

            L’unité, commandée par l’Oberst Menton, compte à l’origine douze compagnies indépendantes qui seront finalement regroupées au sein de trois bataillons en Afrique du Nord. L’ensemble correspond aux effectifs d’un gros régiment. L’unité a parmi ses particularités celle de comprendre les trois uniques Sturmgeschütze C/D participant à la guerre du désert. Comme en témoignent les films britanniques de l’époque, un des engins au moins participe à la bataille d’El Alamein. Parmi les spécialistes attachés à l’état-major se trouve un groupe de douze hommes du personnel médical, tous spécialistes des maladies tropicales. On trouve également un groupe d’arabisants, spécialistes de la culture arabe, rattachés à l’unité d’imprimerie qui doit préparer des tracts contre les Anglais. L’état-major dispose également d’ingénieur du pétrole.

C’est en janvier 1942 qu’est engagé un élément précurseur de l’unité, à savoir le Sperrverband Daumiller, soit un contingent de 360 hommes, mis en position dans l’oasis de Marada, c’est-à-dire à l’extrême sud des positions de la Panzerarmee Afrika sur le front d’El Agheila. Le Sonderverband 288 se distingue particulièrement au cours des combats à Bir Hacheim et au sud de Tobrouk. A El Alamein, l’unité participe à certains combats dans le sud, à proximité de la dépression de Qattara. Lors de la dernière tentative de Rommel pour s’emparer d’Alexandrie, la bataille dite d’Alam Halfa, le Sonderverband 288 reste en fait l’arme au pied puisqu’il est maintenu en réserve dans le secteur central du front. L’unité ne sera pas engagée dans l’offensive qui tourne court. Elle est alors transférée au nord, entre El Daba et El Alamein où elle est déployée sur la côte pour se prémunir de toute tentative de débarquement allié jusqu’à Mersa Matrouh. Parmi les renforts perçus à cette époque, le Sonderverband 288 accueille des anciens de la Légion étrangère et du personnel de la Marine marchande, selon H.W. Schmidt, un des officiers de l’unité, qui ne fait aucune difficulté pour les intégrer alors que d’autres commandants ne veulent les incorporer. L’affectation sur le bord de la mer est une aubaine, presque une permission, alors que d’autres combattants de la Panzerarmee doivent supporter la fournaise estivale du désert. En effet, l’ordinaire s’améliore grâce au troc avec les Bédouins et les hommes qui ne sont pas de service peuvent se baigner.

Comme à Alam Halfa, le Sonderverband 288, rebaptisé Panzergrenadier-Regiment-Afrika le 31 octobre, n’est pas engagé au cours de la bataille d’El Alamein. C’est donc tout naturellement à cette unité fraîche qu’est confiée la mission d’assurer l’arrière-garde de la Deutsche-Italienische Panzerarmee lorsque Rommel se met en retraite à partir du 4 novembre. Pour se faire, l’unité décroche successivement de position en position avec bataillon couvrant le repli des autres. H.W. Schmidt explique clairement la difficulté de la mission. « Nous atteignîmes Mersa Matrouh le 6 novembre. Je reçus l’ordre de m’établir provisoirement sur la ligne de défense aménagée au sud de l’agglomération, de part et d’autre de la piste menant à l’oasis de Siwa. Mes compagnies étaient dotées chacune de cinq à six pièces antichars. Je plaçai celles-ci aux points les plus sensibles. Nos positions se trouvaient entre des casemates, en un endroit où les réseaux de barbelés et les champs de mines étaient restés tels qu’Auchinleck les avait laissés en juin, lorsqu’il avait envisagé de s’y défendre. Vers la fin de l’après-midi, j’aperçus des  chars anglais sur une crête située au sud de Matrouh. A la tombée de la nuit, ils ouvrirent le feu contre nos emplacements de pièces, le long de la piste de l’oasis. L’ennemi nous poursuivait sans désemparer. Profitant de l’obscurité, les derniers éléments qui subsistaient encore de nos unités blindées quittèrent la place fortifiée et se remirent en route vers l’ouest. Quelques heures plus tard, une estafette m’apporta un bulletin opérationnel. Les éléments d’avant-garde de Montgomery se trouvaient déjà à l’ouest de Matrouh. Dès lors, je pouvais m’attendre à recevoir vers minuit l’ordre de décrocher»

Outre les combats retardateurs, les risques de débordement et d’annihilation sont donc bien réels. L’unité atteint pourtant la frontière égypto-libyenne, puis continue le repli à travers la Cyrénaïque. Le 18 novembre, le régiment repousse des automitrailleuses ennemies à Sceleidima et Antelat avant de décrocher vers Agedabia. Un nouveau combat retardateur est remporté dans cette dernière localité. Schmidt rapporte « Le duel entre chars et antichars battit son plein. Il dura deux heures. Deux de mes pièces furent balayées, mais nous détruisîmes bon nombre de chars. De plus, nous avions bloqué l’avance ennemie. » En Tripolitaine, le Panzergrenadier-Regiment-Afrika fait toujours office de couverture pour le repli de l’armée de Rommel, à commencer par l’évacuation des positions de Mersa el Brega dans la nuit du 12 décembre. A cette occasion, des pertes sensibles sont essuyées puisqu’une compagnie est presque anéantie lors d’un combat acharné l’opposant aux blindés britanniques.

            Lorsque Rommel organise un Kampfgruppe de l’Afrika Korps confié au général Liebenstein puis à l’Oberst Bülowius, c’est tout naturellement qu’il y incorpore le Panzergrenadier-Regiment-Afrika ou encore Kampfgruppe Menton, rattaché à la 164. Leichte Afrika-Division, et ce jusqu’à la fin de la campagne. Après la prise de Gafsa puis de Fériana, qui s’opèrent sans difficultés face à un adversaire qui se replie sur la Dorsale occidentale tunisienne, l’unité a fort mailles à partir devant le col de Kasserine. Surprenant les équipages d’half-tracks pourvus de canons, le Panzergrenadier-Regiment-Afrika s’empare d’une colline en avant de la passe avant de parvenir à s’infiltrer sur les pentes bordant le col de Kasserine, Schmidt parvenant à atteindre et tenir un pont enjambant un oued avec un petit commando. Après l’échec de l’offensive de l’Axe, l’unité est ramené sur la ligne Mareth, dans le sud tunisien. Menton met alors sur pied un troisième bataillon constitué à Sfax pour compenser les pertes. Après avoir repoussé l’assaut frontal britannique sur la ligne Mareth, le régiment est envoyée en urgence un peu plus au nord, dans le secteur d’El Guettar pour contribuer à l’endiguement de la poussée du 2nd US Corps de Patton qui menace d’atteindre Gabès. Suite à la percée de la 8th Army sur l’oued Akarit, l’unité se replie sur Kairouan le 10 avril puis sur la  position d’Enfidaville. Il disparaît avec le reste du Heeres-Gruppe Afrika en mai 1943.

Gliederung Sonderverband 288

A l’origine, l’unité aligne douze compagnies :

  • L’état-major avec l’équivalent de quatre compagnies : une compagnie d’état-major, une compagnie blindée de reconnaissance, une section de reconnaissance et une compagnie d’arabisants.
  • 1.Kompanie : des spécialistes des opérations de sabotage derrière les lignes ennemies de l’Abwehr Lehr-Regiment zbV (des Brandebourgeois)
  • 2.Kompanie : des Gebirgsjäger (venant du Wehrkreis VII-Mittenwald)
  • 3.Kompanie : Schützen motorisés (venant du Wehrkreiss XI-Braunschweig)
  • 4.Kompanie : Maschinengewehr (venant du Wehrkreiss IV– Dresden)
  • 5.Kompanie : Panzerjäger (venant du Wehrkreiss VI-Münster) et 3 Sturmgeschütze (venant du Wehrkreiss XIII-Schweinfurt)
  • 6.Kompanie : Flak (venant du Wehrkreiss VI-Münster)
  • 7.Kompanie : Pioniere (venant du Wehrkreiss XI-Braunschweig)
  • Nachrichten Kompanie (venant du Wehrkreiss IV-Dresden)

On constate que les hommes constituant cette unité hors-normes proviennent de toute l’Allemagne, ce qui est rare au sein de la Heer. Ceci résulte de la nécessité de disposer de soldats aptes à remplir une mission spéciale.

Gliederung 90. Leichte-Division

Principales unités de la division présentes en Afrique

Août 1941:

  • Stab mit Divisions-Kartenstelle 259
  • Bataillonsstab z.b.V. 300 mit 6. und 12. Oasen-Kompanie
  • III. / Infanterie-Regiment 347
  • 1 Panzer-Divisions-Aufklärungs-Abteilung (im Wechsel)
  • Nachrichten-Kompanie z.b.V. Afrika

Novembre 1941:

  • Stab mit Divisions-Kartenstelle 259
  • Schützen-Regiment 155
  • III. / Infanterie-Regiment 255
  • III. / Infanterie-Regiment 347
  • Afrika-Regiment 361
  • Bataillon z.b.V. 300 « Oasen »
  • gemischte Aufklärungs-Kompanie 580
  • Panzerjäger-Abteilung 605 (Sfl)
  • Artillerie-Abteilung 361
  • Pionier-Bataillon 900
  • Nachrichten-Kompanie z.b.V. Afrika
  • Divisions-Nachschubführer 190

Février 1942 :

  • Stab der Division
  • Infanterie-Regiment (mot.) 155
  • Infanterie-Regiment Afrika (mot.) 361
  • Sonderverband 288
  • Artillerie-Regiment (mot.) 361
  • Infanterie Rgt. 3/255
  • Infanterie Rgt. 3/347
  • Nachrichten-Kie. Zbv Afrika

Avril 1942:

  • Stab der Division
  • Divisions-Kartenstelle (mot.) 529
  • Infanterie-Regiment (mot.) 200
  • Infanterie-Regiment (mot.) 155
  • Infanterie-Regiment Afrika (mot.) 361
  • schwerste Art. Infanteriegeschütz-Kompanie 707
  • schwerste Art. Infanteriegeschütz-Kompanie 708
  • Afrika Artillerie-Regiment 361
  • Heeres Kusten Art Abt 528
  • Heeres Kusten Art Abt 533
  • Panzerjäger-Abteilung (mot.) 190
  • Panzerjäger-Abteilung (mot.) 605
  • Pionier Kie. 900
  • Aufklärungs-Kompanie (mot.) 580
  • Nachrichten-Kie. 190
  • Bäckerei-Kompanie (mot.) 535
  • Schlächterei-Kie. (mot.) 517
  • Divisions-Verpflegungsamt (mot.)
  • Feldgendarmerie-Trupp (mot.)
  • Feldpostamt (mot.) 190

Septembre 1942 :

  • Stab .der Division
  • Panzer-Grenadier Regiment 155
  • Panzer-Grenadier Regiment 200
  • Panzer-Grenadier Regiment 361
  • Kolbeck-Bataillon
  • Panzerjäger-Abteilung (mot.) 90
  • Aufklärungs-Kompanie (mot.) 580 Artillerie-Regiment (mot.) 190
  • Nachrichten-Abteilung (mot.) 190
  • Pionier-Bataillon (mot.) 190
  • Feldersatz-Bataillon 190
  • Krankenkraftwagen-Zug (mot.) 638
  • Munitionsverwaltungs-Kompanie (mot.) 540
  • Bäckerei-Kompanie (mot.) 535
  • Schlächterei-Kompanie (mot.) 517
  • Feldgendarmerie-Trupp (mot.)
  • Feldpostamt (mot.) 190

Epilogue

Le bref résumé de ses engagements suffit à montrer sa valeur. La 90. Leichte a été à la hauteur de l’attente de ses chefs. Elle fournit donc depuis sa création l’appui d’infanterie nécessaire à l’Afrika Korps. Ce dernier ne dispose pas en effet d’assez de fantassins (seulement un régiment par division de Panzer au lieu de deux) ni de motocyclistes. L’infanterie de la 90, Leichte s’avère indispensable pour mener l’assaut contre Bir Hacheim en juin 1942. Il en sera de même à El Alamein le mois suivant. Ses régiments de fantassins sont également nécessaires pour tenir les positions défensives établies autour de Tobrouk en novembre 1941 et sur la ligne Mareth puis l’oued Akarit en 1943. Toutefois, tenant les crêtes de Belhammed et d’El Duda au-delà de Sidi Rezegh, l’unité souffre considérablement au cours de l’opération « Crusader » en raison du succès initial de la percée de la garnison de Tobrouk et de l’avance victorieuse de la division néo-zélandaise depuis la frontière égyptienne. Ce rôle de division de soutien à un corps de Panzer sera donc tenu jusqu’à la défaite finale en Tunisie.

En décembre 1943, la Wehrmacht forme une nouvelle unité en Sardaigne avec notamment quelques rescapés de l’ancienne division. La « Sardinien-Division » devient la 90. Panzergrenadier-Division et opère avec brio en Italie jusqu’à la fin de la guerre.

Recension « Jouer la Guerre » d’Antoine Bourguilleau

Jouer la guerre. Histoire du wargame: un très intéressant ouvrage qui vient de paraître aux éditions Passés Composés. Il est signé Antoine Bourguilleau, qui traite d’un sujet qu’il maîtrise à la perfection.

Si les jeux de stratégie peuvent se rattacher à des vénérables ancêtres, comme le jeu d’échecs (l’auteur nous offre de belles pages à ce sujet), c’est en Allemagne, au XVIIIe siècle, que la pratique du Kriegsspiel (orthographié plus tard avec un « s » en moins) est inaugurée, quoiqu’il me semble qu’on prêtait de telles activités à Pyrrhus d’Epire (à moins qu’il ne s’agisse que de simples plans de bataille). L’auteur établit un distinguo avec le wargame, apparu plus tard dans le monde anglo-saxon, mais dans la même lignée. Au fil des pages, le lecteur comprendra que si l’aspect ludique peut l’emporter, surtout chez les civils, il a pu en aller tout autrement.

Reproduire la guerre, au niveau tactique puis stratégique, répond à des besoins, ainsi qu’à des situations spécifiques propres à chaque pays, les institutions militaires y ayant porté un intérêt fort varié, parfois évolutif au sein d’une même nation (cf le cas de la Prusse/Allemagne). La France, à tout point de vue, semble en retrait et en retard à toutes les époques (il faut lire le dernier paragraphe de la conclusion)… Le livre nous explique clairement les différentes approches et l’évolution selon les pays, les enseignements tirés des Kriegspiele/wargames étant parfois surprenants dans leur anticipation (presque) parfaite des faits qui se dérouleront véritablement sur les champs de bataille.

Antoine Bourguilleau articule son propos documenté en trois parties: Kriegsspiel (1600-1900), Wargame (1900-1950) et Simulation Militaire au tournant du XXI e siècle, chacune de ces parties étant subdivisée en trois chapitres.

Le texte est bien réfléchi et nous offre une belle réflexion, n’omettant aucun thème afférent au sujet. Le lecteur découvrira l’apparition des premières simulation de batailles et la raison du succès du concept. Il découvrira des noms tels que Venturini ou Reisswitz, mais aussi Roberts (fondateur du mythique Avalon Hill), etc. On y croise aussi des monarques ainsi que des généraux. Le lecteur comprendra aussi les réticences vis à vis de cette pratique du jeu de guerre, ainsi que la dichotomie qui peut survenir entre la complexité des règles et le réalisme: je me souviens des journées nécessaires à jouer « The Three Days of Gettysburg » (GMT) ou « Edelweiss » (Clash of Arms), tandis que la plupart des scénarios des jeux que je pratiquais (et pratique encore pour quelques-une) requièrent tout de même quelques heures de bonheur ludique (De « SPQR » à « Invasion:Norway » en passant par « Eastwall », pour n’en citez que quelques-uns parmi des dizaines pratiqués). Il est aussi question à plusieurs reprises du hasard, de la « friction » sur le champ de bataille.

Les pages consacrées aux jeux de plateaux de la 2e moitié du 20e siècle ont retenu particulièrement mon attention, ayant été un étudiant particulièrement assidu pour pratiquer ces wargames. Comme tous les passionnés, mes proches et moi-même avons conçu de nombreuses règles pour jeux avec figurines et maquettes ou de plateaux: de ce point de vue, les passages qu’Antoine Bourguilleau accorde à la genèse des jeux de simulation est du plus grand intérêt.

L’ouvrage illustre avec clarté en quoi ces jeux demeurent essentiels aux armées d’aujourd’hui (au-delà des fameuses tables de sable, très courantes au cours de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du fameux Kriegspiel prévu par la Wehrmacht à Rennes… du 6 juin 1944). L’auteur souligne également, comme je l’ai déjà fait dans un article (« De la nécessaire polyvalence de celui qui écrit l’histoire militaire« ), combien le wargame est un outil de compréhension des événements pour l’historien (et de citer John Prados). Ce n’est pas un hasard si je privilégie désormais des jeux tels que « For the People » (GMT, sur la Sécession) ou « Shifting Sands » (MMP, simulant la guerre du désert), où l’introduction aléatoire d’événements historiques offre une coloration réaliste, mais surtout immersive des événements, ce que procure aussi, mais avec d’autres sensations, le combat avec figurines sur un décor réaliste.

Un livre original et bien écrit, passionnant, à dévorer par tous les wargamers, soldats et autres férus de la chose militaire.

L’uniforme ennemi

Deux planches intéressantes, datant du début de l’année 1941, à destination des troupes de la Wehrmacht, récupérées à la Libération en Normandie…

Si la silhouette du « Tommy » et des soldats de l’Empire est globalement correcte, on discerne quelques détails erronés, à tout le moins un certain nombre de précision.

Sur la première planche, les deux personnages en tenue de campagne sont des silhouettes dignes du BEF de 1940 (ce qui est logique puisque le document date de 1941), avec masque à gaz 1er modèle sur la poitrine et couvre-casque en toile avant l’introduction de filets de camouflage, outre le webbing (équipement en toile) de l’ancien modèle de la Grande Guerre pour le soldat en tenue tropicale (de fait, cet ancien webbing sera en dotation dans les unités de second rang des Homes Forces au Royaume-Uni, mais aussi dans les Dominions). Le soldat au second plan porte un uniforme qui n’est plus caractéristique de la Seconde Guerre mondiale, ayant cédé la place au fameux Battle Dress. On notera également la tenure noire complète des tankistes, qui rappelle celles des Panzerschützen allemands.

La seconde planche a le mérite d’illustrer un fait essentiel: l’armée britannique est une armée impériale, ainsi qu’une armée polyglotte avec l’intégration de contingents des différentes nations alliées vaincues par la Wehmacht, présentés ici en uniformes britanniques (ce qui est le cas), mais avec des coiffures nationales (ce qui est moins vrai). La nuance verdâtre du Battle Dress canadien n’est pas rendue. Quant aux redoutables soldats des Antipodes, Australiens et Néo-Zélandais, ils sont évidement représentés avec leurs couvre-chefs nationaux caractéristiques (on notera aussi les Tam O’Shanters écossais). L’uniforme, de coupe dépassée à cette date, est en effet encore en dotation un temps. Les Allemands n’ont pas oublié de représenter un cipaye de l’armée des Indes, en vus-à-vis d’un Tommy coiffé d’un casque colonial de type Wolseley, jamais populaire sur la ligne de front au cours de la Seconde Guerre mondiale, pour des raisons évidentes.

Quelques approximations, mais la Wehrmacht n’est pas isolée à ce sujet: ainsi, en ce même début d’année 1941, les services de renseignements britanniques établissent les caractéristiques d’une « division tropicale » allemande, dénomination inexistante au sein de la Heer, bien que la 5. Leichte-Division, première division de l’Afrika-Korps, ait un organigramme atypique au sein de l’armée.

Mes articles de « 2e Guerre Mondiale Magazine »

A commander sur le site de la revue:

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Liste de mes articles de 2e Guerre Mondiale Magazine

N°89 : Dossier « La Wehrmacht en Normandie a-t-elle été à la hauteur ? »

« La mémoire du combattant de 1940 dans la littérature et au cinéma »

« Mémoire de l’armée française : deux batailles oubliées de la campagne de France »

« 14 septembre-16 décembre 1944 : la bataille de la forêt d’Huertgen »

N°88 : « Gebirgsjäger dans le Caucase »

Thématique N°48 : Unités d’élite et forces spéciales

N°87 : « De la Normandie aux Ardennes…l’incroyable redressement de la Wehrmacht »

« Tanks vs Panzer sans les Ardennes. L’épreuve de force »

Thématique N°45 : Controverses du Jour J et de la bataille de Normandie

N°86 : « Les 5. et 3. Fallschirmjäger-Divisionen dans l’offensive des Ardennes »

Ecrire l’Histoire : « Les sources de l’historien de la Seconde Guerre mondiale »

N°85 : « Rückmarch ! Quand la Wehrmacht bat en retraite ou l’art de se replier en ordre »

N°83 : Oberkommando der Wehrmacht. Efficace ou chaotique ? Hitler et son haut-commandement.

N°82 : Le Landser de 1940 : cheville ouvrière de la Wehrmacht

Ecrire l’Histoire : « Dis-moi ce que tu écris et je te dirais quel historien de la Seconde Guerre mondiale tu es. »

N°81 : Ecrire l’Histoire « Batailles décisives et leaders providentiels : un mythe ? »

N°80 : La 7. Armee dans les Ardennes

N°79 : Wittmann : le héros de la Panzerwaffe. Une légende méritée ?

N°78 : Dossier « Le carrousel des Blindés : opérations Cobra, Bluecoat et Lüttich »

N°77 : Dossier « Hitler face au Débarquement et à Bagration. Quelles options stratégiques pour le III. Reich ? « 

N°76 : Dossier « Rommel : grand stratège et tacticien de génie ? » et « L’artillerie allemande pendant la bataille de Normandie »

N°75 : « Unités interarmes et de circonstance. Kampfgruppen, Combat Command, Corps francs… »

N°73 : Actualité : 73e anniversaire du Débarquement

N°72 : Ecrire l’Histoire « Le German Bias ».

« Guerre et Psychologie. De l’estimation de l’adversaire et ses conséquences »

HORS-SERIE N°42 : « La bataille de Caen. Rommel/Montgomery : le duel »

N°71: « L’impact du front méditerranéen sur Overlord »
« Les unités blindées méconnues allemandes en Normandie (par rapport aux Panzer proprement dits): les formations de Panzerjäger et Sturmgeschütze

N°70 : Ecrire l’Histoire « De la polyvalence de l’historien militaire »

« Ardennes 44 : les mythes d’une bataille »

N°69: Dossier « Les Commandos du Reich. Une élite à la mesure des unités alliées? »

N°68: Ecrire l’Histoire « Les commémorations du Débarquement:évolution dans le temps »

N°67: Dossier: « Les Fallschirmjäger en Italie. Une troupe d’élite sur la défensive ».

« La Wehrmacht à Cassino: l’apogée du combat défensif? »

Ecrire l’Histoire: « Conseil permanent de sécurité de l’ONU. De la légitimité des vainqueurs »

N°66: « La 90. Leichte Afrika-Division. Atout méconnu du DAK »

N°64: Dossier: « Heer. Equipements et matériels: vraie supériorité? Westfront 1944-45 »

« La tête de pont de l’Axe en Tunisie. Un exploit logistique? »

N°63: Ecrire l’Histoire: « La bataille de Normandie: des soldats alliés novices face à des Allemands chevronnés? »

« L’US Army dans le Pacifique: dans l’ombre de l’USMC? »

N°62: Ecrire l’Histoire: « Montgomery, un mythe forgé et malmené par l’historiographie » « Les mythes de la bataille de Kasserine »

Recension du livre « Les Mythes de la Seconde Guerre Mondiale » (Perrin) ainsi que mon interview de Christophe Prime pour son ouvrage « La Bataille du Cotentin »

N°61: Ecrire l’Histoire: »De l’usage des témoignages »

« L’Afrika-Korps: force d’élite ou image de propagande? »

N°60: « Le Mur de l’Atlantique. Grand gaspillage? »

N°59: Ecrire l’Histoire: »Le soldat allemand au cinéma: de la caricature à la réalité »

« La 16. ID (mot) dans le Caucase. L’unité la plus à l’Est de la Wehrmacht ».

N°58: « 14/18 en 39/45: influence et permanence de la Grande Guerre sur la Seconde Guerre mondiale »

N°57: Ecrire l’Histoire:« L’Empire britannique et ses armées : grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale? »

« L’infanterie de l’Afrikakorps », Biographie « Hasso-Eccard von Manteuffel », 

N°56: « La 8th Army britannique dans la guerre du désert » et Ecrire l’Histoire: « Terminologie et seconde guerre mondiale »

N°55: Biographie « Dietrich von Choltitz »

HORS-SERIE N°35: « Le III. Reich pouvait-il repousser les Alliés en Normandie? » .

N°54: Ecrire l’histoire: « Que signifie le 6 juin pour les différents belligérants? »

N°53: Deux articles: « Les Généraux Limogés » et Ecrire l’Histoire: « L’image du soldat »

N°51: dossier « Fallschirmjäger face à l’Invasion »

Ecrire l’Histoire: « Champs de batailles et objets militaires: à préserver ou à oublier? »

N°50: Biographie « Ralph Bagnold, le père du LRDG »

N°49: Stratégie: « Germany First! L’impact du principe sur la guerre en Asie-Pacifique »

N°48: Dossier « Panzergrenadiere!Compagnons indispensables des Panzer »,

Ecrire l’Histoire: « L’historiographie de la guerre en Afrique du Nord, 1940-1943 »

N°47: Biographie « Sir Claude John Eyre Auchinleck »

Ecrire l’Histoire: « Doit-on tout remettre en cause? Méthodologie de l’étude de la Seconde Guerre mondiale »

N°45 : Ecrire l’Histoire:  « Ecrire le Débarquement et la bataille de Normandie ».

N°44 : Stratégie:  « Le Second Front ouvert en 1944 : un mythe? » et biographie « Walter Koch, le Fallschirmjäger de la première heure »

N°43: Biographie de Hans-Werner Schmidt de l’Afrika Korps

N°41: critique du livre « Bir Hakeim » de Jacques Mordal

N°38: compte-rendu journée d’étude sur le front russe au Mémorial de Caen

HORS-SERIE N°24 sur « La campagne de Tunisie, 1942-43 »

N°37: Dossier « Les divisions blindées en Afrique du Nord »

N°35 : Dossier « Les divisions d’infanterie en Normandie »

Thématique N°21 sur « Koursk »:article sur la pince nord de Model

N°34 d’août 2010 avec mon premier article: « Shweygin; Birmanie 1942 » ; critique du livre « Le Jour le Plus Long » de Cornélius Ryan

Actuellement en kiosque

Mes dernières contributions pour un magazine qui a beaucoup compté pour moi: N°89 : Dossier « La Wehrmacht en Normandie a-t-elle été à la hauteur ? »« La mémoire du combattant de 1940 dans la littérature et au cinéma »« Mémoire de l’armée française : deux batailles oubliées de la campagne de France »« 14 septembre-16 décembre 1944 : la bataille de la forêt d’Huertgen »Outre des recensions de divers livres en début de magazine…Voilà, j’avais commencé il y a dix ans sur un sujet de prédilection: un épisode de la retraite de Birmanie de 1942…