Documentaire sur le SAS

 

 

David Stirling

Un documentaire très intéressant sur le SAS signé Ben MacIntyre. Mais ce dernier se montre trop, sans être en plus photogénique, et, pis, prend à plusieurs reprises le le rôle de… David Stirlin. On appréciera le récit, l’accès aux archives du SAS, de belles images et, surtout, les interviews des anciens, dont Stirling en personne.

Hélas, le réalisateur a tourné au Maroc pour donner l’illusion de l’Egypte, ce qui est ridicule en sus de tromper les téléspectateurs. Ce n’est pas la première fois. Or l’Egypte et le Maroc ne se ressemblent pas, ni dans les vêtements, ni dans les bâtiments, pas davantage si on considère l’aspect physique des individus. 6 000 kilomètres entre les deux et une histoire et une civilisation différente. Aurait-on idée de tourner un documentaire sur les Vikings à Porto ou à Lisbonne en prétendant être en Scandinavie ? 

Une des vues du documentaire: le Maroc sensé représenter l’Egypte

 

Recension « Guderian, souvenir d’un soldat »

Il ne faut pas bouder la chance de lire le récit des principaux protagonistes de cette guerre, même si c’est au prix de la lecture de passage dans lesquels l’auteur acène des affirmations qu’on ne peut admettre. J’ai préféré lire Manstein que Guderian, mais ce dernier nous livre des faits des plus intéressants, à tout le moins sa version des événements. Il faut en effet lire les campagnes de Pologne, de France et surtout de Russie par celui qui fut le promoteur de la Panzerwaffe et de ce qu’on appellera la « Blitzkrieg ». L’homme, de par sa proximité avec Hitler, nous informe beaucoup sur la personnalité de celui-ci et de son mode de fonctionnement, ainsi que de son entourage. Comment se sont prises les décisions les plus importantes de la guerre ? Ce livre nous donne un embryon de réponse. En revanche, il convient de suivre le texte avec beaucoup de recul. De plus, des erreurs et des contre-vérités parsèment le texte, notamment en ce qui concerne le front de l’Ouest. Guderian aime à se donner le beau rôle, charger Hitler. Le passage sur l’attentat du 20 juillet 1944 puis celui de son action à la tête de l’OKH valent l’achat du livre à eux seuls. On se demande comment l’auteur peut prétendre avoir été mis dans la confidence d’un projet dont la date exacte n’avait pas été déterminée. On reste interdit devant nombre de déclarations de Guderian. Il s’insurge du traitement des Allemands de l’Allemagne orientale (il en est lui-même originaire), en soulignant la responsabilité de Churchill qui les abandonne aux Soviétiques ! Guderian est révolté à l’idée de l’attentat du 20 juillet en raison de « notre religion chrétienne » : on ne peut pas dire que la charité chrétienne a perturbé son action quand il s’est agit de mettre en œuvre les ordres criminels du régime à l’Est… Il se dédouane de sa participation à la « cour d’honneur » où il était question des responsables de la Wehrmacht qui auraient été impliqués dans l’attentat. Le contexte de la Guerre Froide est latent lorsqu’il affirme que rien n’aurait pu arrêter les Russes, qui n’auraient pas eu besoin de l’aide des Alliés, si la production du Panzer IV avait été arrêtée aux seuls profits des Tiger et Panther : « Les problèmes européens auraient été sensiblement simplifiés eux aussi. Nous saurions alors tous ce qu’est la vraie démocratie ». Guderian a été fidèle à Hitler jusqu’au bout et il s’est bien gardé de mettre en avant ses compromissions avec le national-socialisme, ce qu’explique Benoît Lemay (qui nous a déjà gratifié de belles biographies de Manstein et de Rommel, toutes les deux parues chez Perrin) dans sa présentation réussie de l’ouvrage.

POUR CHANGER DE SIR BERNARD MONTGOMERY (4)

Harold E. Raugh JR, « Wavell in the Middle East, 1939-1941. A Study in Generalship. », University of Oklahoma Press, 2013, 323 pages

Cette réédition d’un ouvrage paru en 1993 est une belle initiative tant on apprécie ce travail de fond mené par un historien. Wavell, considéré comme le meilleur général britannique du début du conflit, est injustement tombé dans l’oubli du grand public (à l’instar d’Auchilneck ou de Slim) au profit d’un Montgomery controversé à tout point de vue. L’auteur s’attache à la période au cours laquelle Wavell doit assumer la lourde tâche de commandant en chef au Moyen Orient, un théâtre d’opération immense qui va voir ses responsabilités s’étendre jusqu’à la Grèce et l’Est africain. S’appuyant sur une documentation sérieuse, Raugh explique les prises de décisions de Wavell, les pressions qu’il dût subir mais également les divers plans et préparatifs ainsi que les estimations de la situation dressés par cet officier de talent et les hommes qui l’entourent. L’auteur ne cache pas les travers de Wavell mais sait également mettre en valeur sa responsabilité dans les prises de décision ainsi que lui attribuer les mérites qui lui reviennent. Le dernier chapitre, résumant son art de commander et tirant le bilan de deux années cruciales au Moyen-Orient, est particulièrement intéressant. On ne s’accordera pas toujours sur les éléments apportés par Raugh, mais l’ouvrage est très réussi et doit être lu pas les amateurs de ce théâtre des opérations.

Il faut lire aussi la biographie de Wavell de Victoria Schofield.

 

Pour changer de Sir Bernard Montgomery (3)

Richard Mead,  « The Men Behind Monty »,Pen & Sword, 2015, 290 pages

Ce livre très réussi nous plonge dans le fonctionnement d’un état-major, celui de Bernard Montgomery, non sans avoir présenté ce qui avait cours avant lui au sein de la 8th Army, sous le commandement de Claude Auchinleck. Le grand mérite est de dévoiler des méthodes de commandement ainsi que de faire connaître des individus injustement méconnus.

« The Men Behind Monty » est remarquable car son propos est précisément de révéler aux lecteurs les noms et les actions des principaux membres des états-majors de Montgomery. Outre De Guingand, le brillant chef d’état-major, le rôle d’individus comme Brian Robertson, Fred Kish, Sydney Kirkam, Bill Williams ou encore Charles Richardson, sans parler des nombreux aides de camp, est remarquablement expliqué.

Passionnant, d’autant que le « style » Monty et ses réussites est bien mise en avant sans dithyrambique déplacé de certains livres consacrés à Montgomery, qui manquent singulièrement d’objectivité quant aux erreurs et à la méthode de commandement du Britannique.

Pour changer de Sir Bernard Montgomery (2)

Claude Auchinleck, rejeté dans l’oubli par Montgomery, mon général britannique préféré de la 2GM. Le véritable vainqueur de Rommel.
http://www.benoitrondeau.com/le-vainqueur-de-rommel-sir-claude-auchinleck-1/
http://www.benoitrondeau.com/le-vainqueur-de-rommel-sir-claude-auchinleck-2/


Pour changer de Sir Bernard Montgomery

Russell Miller, Uncle Bill. The authorised Biography of Field Marshal Viscount Slim,Phoenix, 2013

Slim est sans conteste un des meilleurs généraux du conflit. A l’instar de Wavell et d’Auchinleck, il mériterait une postérité davantage appuyée dans le souvenir du grand public, au détriment de Bernard Montgomery, qui n’est pas à la hauteur des louanges qu’on lui décerne (le vainqueur d’El Alamein est cependant loin de n’avoir que des défauts, sur le plan militaire s’entend). La jeunesse, l’armée des Indes, le Soudan puis le Moyen-Orient retiennent certes notre attention, et sont nécessaires pour bien saisir la personnalité de ce général exceptionnel, mais c’est surtout la campagne de Birmanie et son commandement du Burcorps puis de la 14th Army qui révèlent au lecteur tous les talents d’un général d’une grande valeur. Cette campagne est par ailleurs passionnante. Je ne peux que conseiller de lire en parallèle d’autres ouvrages qui y sont consacrés, à commencer par les propres mémoires de Slim : Defeat into Victory.

Sortie organisée sur les champs de bataille de la campagne de 1940

Visite organisée par l’historien Michel Truttmann sur les champs de bataille de 1940 à Montcornet, la Ligne Maginot, Sedan, Stonne etc dans le cadre de l’année  De Gaulle et les 80 ans de la campagne de 1940.
 Programme sur le lien suivant:

Actuellement en maisons de presse

Mon dernier article dans les kiosques: Gebirgsjäger dans le Caucase, dans 2e Guerre Mondiale Magazine N°88 (reprise d’un article que j’avais publié en 2012 dans feu Champs de Bataille 2e GM).

Dans les kiosques

J’ai participé au Thématique N°48  de 2e Guerre Mondiale Magazine consacré aux unités d’élite et forces spéciales.

Je traite des unités commandos, forces spéciales et parachutistes des forces alliées (front Ouest, Méditerranée, Asie-Pacifique).

Il y a 77 ans: février 1943