El Alamein (IV)

Musée El Alamein (I): les mannequins de l’Afrika-Korps

El Alamein (III)

Les conséquences géopolitiques d’une victoire de Rommel en Egypte

Les répercussions politiques de l’occupation de l’Egypte par les forces de l’Axe sont potentiellement très importantes. Churchill, qui doit affronter une motion de censure début juillet 1942, pourrait être politiquement affaibli. Les Etats-Unis pourraient également émettre des doutes sur les capacités de leur allié et envisager de s’impliquer prioritairement vers le Pacifique, une option qui a de nombreux soutiens. Puissance coloniale dominante au Moyen-Orient, le Royaume-Uni verrait sa situation ébranlée dans une région où les populations arabes lui sont hostiles. La nécessité d’accorder des moyens importants au maintient de la sécurité intérieure dans les zones encore occupées se poserait donc avec acuité. La chute de l’Egypte ne peut qu’influencer un autre Etat important de la région, la Turquie, ancienne grande puissance au Moyen-Orient, ancienne alliée du Reich pendant la Grande Guerre. Ceci serait d’autant plus préjudiciable pour la cause alliée que, au même moment, le front soviétique vacille dans le sud, avant la ruée de la Wehrmacht vers le Caucase. Si la Turquie quitte sa neutralité et se range finalement dans le camp de l’Axe, qui est sans doute plus apte à lui faire des offres territoriales intéressantes que les Alliés, cela complique les choses pour les Soviétiques dans le Caucase et les Britanniques en Iran et ailleurs. On peut aussi imaginer qu’une victoire de Rommel pourrait laisser à penser que le conflit bascule définitivement dans le camp de l’Axe, ce qui pourrait influer également sur le Portugal et pousser l’Espagne à s’impliquer davantage avec le III. Reich. Pures conjectures mais qui laissent à réfléchir sur les répercussions d’un désastre britannique. Enfin, comment ne pas penser aux Juifs établis au Moyen-Orient, plus particulièrement en Palestine ? L’irruption des Panzer à leur porte signifie la persécution, la déportation et finalement la mort. La guerre sans haine qu’on attribue à l’armée de Rommel n’aurait plus cours.

Les conséquences stratégiques d’une victoire de Rommel

Sur le plan militaire, on a vu les conséquences plutôt difficiles sur l’armée britannique au Moyen-Orient qu’entrainerait un nouveau repli. Du point de vue stratégique, plusieurs questions sont à examiner. En supposant que les positions britanniques ne soient pas tenables et que Rommel puisse même menacer l’Iran,  quelles en sont les conséquences pour l’Union Soviétique ? Elles sont primordiales car l’afflux de matériel allié via l’Iran est essentiel pour la machine de guerre de l’Union Soviétique, particulièrement à ce moment critique où sa survie est en jeu.

L’Iran, ainsi que l’Irak, c’est également une source importante d’approvisionnement en pétrole pour les forces du Commonwealth. Si les Etats-Unis fournissent la plus grande part des ressources en or noir des Alliés, la perte ou l’incapacité d’exploiter les champs pétrolifères du Moyen-Orient, et pire encore leur mainmise par un ennemi qui, lui, manque de carburant –pour autant qu’il puisse raffiner et acheminer jusqu’en Méditerranée le précieux liquide- serait fort préjudiciable.

Les Japonais viennent en effet de s’emparer des zones pétrolières d’Indonésie en ce début d’année 1942. Ces mêmes Japonais seraient dès lors plus à même d’avoir des relations plus faciles avec leurs partenaires de l’Axe, sans aller jusqu’à imaginer une stratégie commune qui n’a jamais existé. Il reste que la position de l’Inde devient d’autant plus délicate que, outre les velléités d’indépendance vis à vis des Britanniques à l’intérieur, le « joyau » de l’empire britannique verrait ses lignes de communications avec le Royaume-Uni et l’Australie gravement menacées dans l’océan Indien si les forces de l’Axe parviennent à réutiliser à leur profit le canal de Suez par où pourrait transiter des U-Boote. En cas de large victoire au Moyen-Orient, a Luftwaffe et la Regia Areonautica seraient également capables de menacer les voies maritimes alliées.

Se pose alors la question du lancement ou non de « Torch », le débarquement allié en Afrique du Nord, en cas de désastre britannique en Egypte. Les amiraux Leahy et King sont plutôt favorables à une intervention en force dans le Pacifique. Le général Marshall, plutôt dans l’optique d’une priorité accordée à la lutte contre le Reich, est quant à lui partisan d’un débarquement en France le plus tôt possible. Il a fallu tout le poids politique et toute la persuasion du président Roosevelt pour que soit décidé le principe d’une opération conjointe des puissances anglo-saxonnes en Méditerranée. Il est notable de rappeler que les Américains ont un temps envisagé l’envoi d’une division blindée dans le désert pour assister la 8th Army. Cette idée n’a pas été retenue, mais, en revanche, des escadrilles de l’USAAF vont rejoindre le Moyen-Orient. Toutefois, suite au désastre de Tobrouk, Roosevelt n’hésite pas fournir 300 nouveaux chars M4 Sherman aux Britanniques. Cette offre généreuse signifie qu’une Armored Division est immédiatement de ses nouveaux tanks qui sont expédiés en Egypte. Leur présence au sein des formations blindées du général Montgomery ne sera d’ailleurs pas sans donner celui-ci une carte maîtresse pour s’assurer de la victoire à El Alamein. Mais n’anticipons pas. Pour l’heure, la situation des Britanniques au Moyen-Orient est grave. Alors que débute la 1ère bataille d’El Alamein en juillet, Marshall est persuadé que la 8th Army sera vaincue et que rien ne peut arrêter Rommel. Si les Américains n’ont pas hésité à fournir une aide substantielle aux Britanniques aux heures sombres de la chute de Tobrouk, il y a fort à parier qu’un revers cinglant de ceux-ci en Egypte ne pourrait que les faire réagir avec vigueur. Il reste difficile de savoir quelle forme elle aurait pu prendre. Paradoxalement, si Rommel l’emporte à El Alamein, « Torch » semble plus viable que jamais. En effet, une poursuite de l’avancée des forces de l’Axe et la mainmise sur l’Egypte suppose un effort de guerre accru sur ce théâtre des opérations. Ce sont autant de moyens qui feront plus tard défaut pour s’opposer aux Alliés en Tunisie. La campagne de Tunisie ne mettrait alors en lice que deux armées ennemies sur un seul front avec impossibilité pour l’un et l’autre camp de bénéficier du soutien immédiat des armées engagées à près de 3 000 kilomètres de là, en Egypte. Connaissant la mentalité des deux dictateurs allemand et italien, eut-on imaginer Hitler et Mussolini renoncer à l’Egypte et évacuer celle-ci en cas de menace surgit en Afrique du Nord française ? Le plus grave pour les Alliés dans cette affaire, si la chaîne des événements avait pris cette tournure, est moins la victoire en Afrique, encore que celle-ci serrait loin d’être acquise avec la chute de Malte et la défaite de la 8th Army, qu’un prolongement de la guerre dont les conséquences sont difficiles à évaluer mais de toute façon défavorables pour les puissances anglo-saxonnes. Tout retard pris pour un retour des Alliés sur le continent européen joue en effet en faveur de l’Allemagne, qui peut y renforcer ses positions tout en concentrant davantage de ressources à la lutte contre l’Union Soviétique.

 

El Alamein (II)

Le prix de la victoire: le cimetière de la 8th Army, le cimetière allemand et le cimetière italien   Nécropole allemande

 Nécropole italienne

Alamein (I)

 

« Le 29 juin, les nouvelles en provenance de la 90. Leichte-Division sont des plus satisfaisantes car l’unité a atteint El Daba avant de poursuivre au milieu de dépôts en flammes des troupes sud-africaines encore plus à l’est jusqu’à un lieu-dit appelé Sidi Abd El Rahman, dont la mosquée blanche offre un repère remarquable. Le lendemain, des escarmouches rompent à nouveau la quiétude du désert. Des unités des deux camps ont la consternation de constater qu’elles ont bivouaqué non loin l’une de l’autre. La 90. Leichte-Division poursuit prudemment son avance le long de la route côtière, s’attendant à tout instant à se voir confrontée à une solide ligne de résistance. La progression de l’unité sur l’unique route bitumée dans le désert est sérieusement mise à mal par une escadrille de bombardiers Boston, qui détruisent un certain nombre de véhicules sans qu’il y ait espoir de se dissimuler. A midi, les Allemands sont à Tell el Eisa où ils se trouvent soumis à des tirs d’artillerie de plus en plus nourris. La 90. Leichte-Division vient d’atteindre la position défensive d’El Alamein. El Alamein est une gare ferroviaire qui va donner son nom à une bataille. Elle a été édifiée dans les années 1920. El Alamein signifierait les deux cairns ou les deux drapeaux. En arabe, en effet, « A’alam » signifie drapeau ou cairn et « ein » est la marque de la paire. Ce sont des bédouins qui ont baptisé ainsi le lieu au moment de la construction de la gare. Les hommes du génie qui ont bâti celle-ci avaient en effet planté deux drapeaux pour en marquer l’emplacement. Le Kamfgruppe Briel est un le premier à atteindre la position d’El Alamein. « A quelle distance est encore Alexandrie ? » demande un soldat allemand. « D’ici, cela fait encore 85 km » répond un de ses camarades, et tous d’espérer atteindre la fameuse métropole égyptienne dès le lendemain.

A quelques kilomètres de là, solitaire, tête nue, regardant passer le cortège des colonnes britanniques en retraite, se tient l’artisan de la défense établie à El Alamein : le général Claude Auchinleck. Sur ses épaules reposent le sort de l’Egypte. Celui-ci est bien déterminé à stopper la progression apparemment irrésistible de l’Afrika Korps. La bataille décisive pour l’Egypte sera donc menée sur les positions d’El Alamein. Pourquoi Auchinleck a-t-il fait le choix de livrer bataille à cet endroit? L’intérêt porté à cet endroit a priori insignifiant débute en fait assez tôt au cours de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu’en juin 1941 il succède au général Wavell en tant que commandant en chef au Moyen-Orient, il ordonne la construction de positions défensives à El Alamein. Il s’écoule en fait une année avant que ces positions soient utilisées au combat. La configuration particulière du terrain confère à la position d’El Alamein son intérêt et son caractère exceptionnel. Il s’agit de la seule ligne de défense dans le désert occidental égyptien qui soit limitée au sud par la dépression de Qattara, ses sables mous et ses marais salés réputés infranchissables. Les 60 kilomètres du front sont donc délimités au nord par la mer et au sud par la dépression. Impossible à contourner, la position d’El Alamein est donc naturellement forte.

La première semaine de juillet 1942 est l’une des plus cruciales de la guerre. »

Extrait de mon livre, Afrikakorps. L’armée de Rommel, Tallandier, 2013, qui est bientôt republié dans la collection « Texto ».

 

My Photos Afrika-Korps (2)

My Afrika-Korps Photos (1)

Quelques-unes de mes photos personnelles du DAK/some of my personal pictures of the DAK

More to follow…

26 juin 1942: Mersa Matrouh

MERSA MATROUH 26-28 JUIN 1942:DERNIERE VICTOIRE DE ROMMEL DANS LE DESERT

 
Les unités de reconnaissance sont les premières à franchir la frontière. A droite, l’Oberst Bayerlein aux côtés de Rommel, qui vient d’être promu Generalfeldmarschall, alors au zénith de sa gloire.
 La Luftwaffe ne suit pas la progression en EgypteUn Panzer III Sur l’escarpement dominant Mersa Matrouh

Mersa Matrouh est la bataille qui n’aurait pas dû avoir lieu. Cavallero et Kesselring auraient souhaité que la Panzerarmee de Rommel se positionne sur la frontière égypto-libyenne après la prise de Tobrouk le 20 juin 1942. Il importe avant tout, selon eux, de s’emparer de Malte. Fort de l’appui du Führer et de celui du Duce, Le Feldmarschall Rommel entame pourtant l’invasion de l’Egypte où son destin se jouera à El Alamein. Avant d’atteindre cette position appelée à entrer dans l’Histoire, il va devoir au préalable affronter la 8th Army au cours d’un premier affrontement majeur sur le sol égyptien qui aurait pu tourner à son désavantage. L’entrée de Rommel en Egypte est cependant un risque calculé: les messages décryptés adressés à Washington par le colonel Fellers, l’attaché militaire américain au Caire, ne confirment-ils pas les importantes pertes subies par la 8th Army?

Mersa Matrouh ou El Alamein?

Le général Neil Ritchie, qui tient encore les rênes de la 8th Army, entend s’appuyer sur les défenses de Mersa Matrouh, décision fort logique puisque la petite localité égyptienne constitue le pivot de la défense britannique de l’Egypte face à un assaillant venant de l’Ouest depuis 1940, et même avant. Depuis ce temps-là, il est entendu que la perte de Matrouh signifierait immanquablement la chute de l’Egypte. La position, base principale de l’ancienne Western Desert Force, est fortifiée. Les sapeurs, protégés par un cordon de protection, s’activent à renforcer les champs de mines: 9 000 mines doivent être posées par les troupes du génie des 2nd New-Zealand et 5th Indian Divisions pour renforcer la zone au sud du point dit « Charing Cross ». Un travail dangereux, sans même pouvoir disposer du relevé exact des anciens champs de mines sur des cartes mises à jours. Un camion transportant 350 mines explose après avoir roulé par mégarde sur une mine: 2 hommes sont tués, 5 autres blessés et le 8ème, disparu, s’est volatilisé. Rommel estime que près de 200 000 mines protègent la forteresse. De toute façon, Ritchie ne présidera en aucune manière aux destinées des troupes de la 8th Army défendant l’Egypte: le 25 juin, Auchinleck le relève et assume personnellement le commandement sur le terrain.

Estimant la situation comme particulièrement critique, Auchinleck tergiverse: il ne veut pas prendre le risque de voir la plus grande partie de son corps de bataille anéantie à Mersa Matrouh. Surestimant le nombre de Panzer dont dispose Rommel (les services de renseignements britanniques créditent le « Renard du Désert » de 339 blindés dont 220 Panzer), il craint une percée au centre ou enveloppement par le sud et il ne pense pas que la position soit tenable. Un repli est sans doute à envisager jusqu’à El Alamein, où déjà les Sud-Africains donnent les premiers coups de pioches pour renforcer les défenses existantes. S’il avalise l’idée d’un repli d’abord sur Fouka (les plans sont déjà distribués aux unités), il envisage finalement d’accepter de livrer bataille à Mersa Matrouh ne serait-ce que pour retarder l’ennemi: « j’ai donc annulé les ordres de tenir à Matrouh et j’ai donné les instructions à la 8th Army pour se replier jusqu’à El Alamein, en retardant l’ennemi le plus possible au cours de cette manoeuvre ». L’ordre n°83 qu’Auchinleck envoie à la 8th Army est quelque peu ambigu (d’autant qu’il complète cet ordre par des instructions additionnelles). Certes, il annule la directive précédente qui envisageait de livrer la bataille décisive à Matrouh. Certes, le repli jusqu’à El Alamein est clairement établi. Mais l’ordre stipule également que « la 8th Army stoppera l’avance de l’ennemi vers l’Est et le dans la zone Matrouh-El Alamein-Naqb Abu Dweiss-Ras el Qattara » (ces deux dernières positions se situant au sud d’El Alamein). Les forces déployées à Mersa Matrouh reçoivent l’ordre de retarder (voir de défaire) Rommel mais de retraiter de Matrouh si l’ennemi menace d’anéantissement les unités qui s’y trouvent. Que faut-il comprendre? Les Xth et XIIIth doivent-ils donc tenir à Matrouh si aucune attaque sérieuse les menace (c’est à dire s’il n’y pas danger d’annihilation) tout en préparant le repli? Ils doivent en effet se préparer à mener des opérations mobiles. Tout le matériel, le ravitaillement et les troupes (les unités d’artillerie doivent rester mais seulement le « minimum d’infanterie ») non jugés comme essentiels pour les combats dans la zone de Mersa Matrouh doivent se replier. Alors que les ordres précédents visant à transformer Matrouh en forteresse ne se sont pas encore complètement traduits effectivement sur le terrain. La 10th Indian Division, qui devait se fortifier, reçoit l’ordre de se préparer à passer d’un combat statique à une guerre de mouvement. Ce n’est que dans la nuit du 25 au 26 juin, voire en début d’après-midi le 26 juin que les formations de la 8th Army sont informées des nouveaux ordres. Mais Rommel n’est plus très éloigné… Par ailleurs, les blindés (qui ont beaucoup souffert à Gazala) ne doivent intervenir que si une opportunité particulièrement favorable se présent.

Le regard d’Auchinleck se porte déjà sur El Alamein, position beaucoup plus forte que celle de Mersa Matrouh (car non contournable si on dispose de suffisamment de défenseurs). Aussi est-ce à son corps défendant qu’il est contraint par Rommel à combattre à cet endroit. La bataille décisive ne sera pas donc livrée à Mersa Matrouh: c’est un changement radical par rapport aux directives données par Ritchie quelques jours auparavant. Mais la 8th Army va devoir y livrer un combat. Les limites du style de commandement d’Auchinleck apparaissent ici au plus grand jour: si tout est clair dans son esprit et dans celui de Dormann-Smith, son chef d’état-major officieux, les ordres transmis sont moins limpides pour les subalternes.

 

Pour en savoir plus : Mon article dans Batailles & Blindés N°58,« Mersa Matrouh »

Patton: Posterity

I wrote a huge chapter about Patton’s posterity (facts which were unpublished until now) in my bibliography : museums, landmarks, movies, books, Patton’s image (his guns for example), derivative products… His name is used for the wargames. « Patton’s Best » is just one example among lots of them.

To learn more: « Patton. La chevauchée héroïque » , Benoît Rondeau, Tallandier, 2016.

Patton: postérité

La postérité de Patton est abondamment traité dans la biographie (ce qui est inédit) que je consacre au grand général, que ce soit des musées, des rues, au grand écran, dans la littérature mais également dans son image (le fameux revolvers) ainsi que dans toutes sortes de produits dérivés. Il est question également de son héritage. Parmi les exemples les plus marquants de l’utilisation de son image : les wargames, dont « Patton’s Best » de Avalon Hill n’est qu’un exemple.

Pour en savoir plus: Patton. La chevauchée héroïque, Benoît Rondeau, Tallandier, 2016.

 

 

Raiders du Désert (9)

Les raids

Les missions du LRDG ont été très variées (cf mon article dans Batailles & Blindés N°62 : « Le LRDG »). Bien que n’ayant pas été spécifiquement mis sur pied dans cette optique, au contraire du SAS, le LRDG procède lui aussi à des raids, dès 1940, à Mourzouk.

En juillet 1941, la patrouille G, alors en opération dans la Djebel Akhdar, s’attaque ainsi à un aérodrome. Mais c’est en juillet 1942, alors que Rommel et Auchinleck disputent la première et décisive bataille d’El Alamein que plusieurs patrouilles (G1,Y2) interviennent au plus près du front. Il s’agit de semer le chaos dans la logistique adverse, le talon d’Achille de la Panzerarmee Afrika arrivée à de 2 500 kilomètres de Tripoli. L’objectif des raiders sont les colonnes de camions et, surtout, leur contenu: carburant, munitions, ravitaillement de toutes sortes… De concert avec le SAS, le LRDG (les patrouilles susnommées plus la G2) s’en prend au même moment aux aérodromes de Fouka et de Mersa Matrouh (30 avions y auraient été détruits), à peine occupés par les forces aériennes de l’Axe. Le 29 novembre 1941, la patrouille Y2 du capitaine Lloyd-Owen parvient à s’emparer d’un fort, certes modeste, près d’El Ezzeiat dans le Djebel Akhdar. Parvenus à 200 mètres du fortin, les camions du LRDG subissent les tirs des défenseurs. Lloyd-Owen envoie donc ses hommes à l’attaque à pied. Après un premier refus, la garnison rend les armes: 2 tués et 12 prisonniers chez les Italiens. Les Britanniques s’en retournent après avoir pris ou détruits tout le matériel d’importance: documents, armes, munitions… La participation à des raids d’envergure se limite toutefois à deux cas: Mourzouk en 1940 et Barce en septembre 1942 (l’opération « Caravan »). Dès novembre 1940, il est décidé d’opérer en coordination avec les Forces Françaises Libres du Tchad.

 

Pour en savoir plus, voir mon article dans Batailles & Blindés N°62 : « Le LRDG »