Bataille Ardennes / Battle of the Bulge (2)

OPERATIONS SPECIALES

  

Von der Heydte et ses Fallschirmjäger

L’opération « Wacht am Rhein » met en œuvre des opérations spéciales destinées à assurer le succès de l’entreprise. 800 Fallschirmjäger commandés par le colonel von der Heydte sont ainsi parachutés dans le cadre de l’opération « Stösser ». Les largages sont imprécis et l’opération tourne au fiasco complet.

Cette opération consiste en un largage de parachutistes afin de faciliter la progression de la 6. Panzerarmee vers la Meuse. Depuis le largage au-dessus de Leros à l’automne 1943, aucune formation de l’arme aéroportée allemande n’a effectué de saut opérationnel (on a bien un temps songé au Heeresgruppe B de parachuter des Fallschirmjäger sur Cherbourg pour y renforcer la garnison isolé en juin 1944 avant d’abandonner cette idée saugrenue). Malgré sa demande, Von der Heydte ne reçoit pas l’autorisation d’employer « son » FJR 6. Ses supérieurs craignent que le départ de cette formation de la ligne de front n’alerte les Alliés. Il ne réussit qu’à rassembler 250 vétérans. Il doit compléter avec des recrues pour atteindre l’effectif de 870 hommes. L’échec retentissant : s’emparer d’un important carrefour dans le Hohes Venn ne sera pas une sinécure. De fait, le parachutage de Fallschirmjäger à Baraque Michel tournera au fiasco. Alors que le Transport-Geschwader 30 largue des mannequins en guise de diversion, les Ju 52 du II./Transport-Geschwader 3 embarquent les hommes de von der Heydte : les pilotes, novices, font des calculs erronés sur la vitesse de leurs appareils en raison du vent de face. Il en résulte de nombreuses erreurs de parachutage. 200 hommes sont largués près du Rhin à Bonn, les autres sont dispersés sur 60 kilomètres, 220 entre Bonn et les lignes allemandes et 450 dans le Hohes Venn, dont à peine une centaine sur la zone prévue. A 8 heures du matin, von der Heydte n’a pu regrouper que 150 hommes autour de lui et il ne dispose que d’un unique mortier. Si ses hommes sont en mesure de glaner de précieux renseignements sur les positions américaines, ils se montrent dans l’incapacité de les transmettre à la 6. Panzerarmee ! Le 17 au soir, il a rassemblé 300 hommes. 200 seront finalement capturés. A l’actif de l’intervention des Fallschirmjäger de von der Heydte, quelques embuscades et bien des soucis pour plusieurs unités de GI’s de la 1st US ID occupés à traquer les parachutistes ennemis.

 

  

Otto Skorzeny

Dietrich bénéficie également du soutien de l’opération « Greif ». Confiée au SS Otto Skorzeny, cette opération consiste en la formation d’une brigade spéciale composés de soldats allemands parlant anglais et vêtus et équipés en GIs. La brigade doit se faufiler entre les lignes américaines et prendre sous son contrôle des ponts indispensables au succès de la 6. Panzerarmee. Le manque de matériel et d’hommes ne permet que de regrouper 44 hommes parlant parfaitement l’anglais au sein du groupe Stielau. Ces hommes s’infiltrent dans les lignes américaines au cours des deux premiers jours de l’offensive.

 

Le résultat de « Greif » est une extrême confusion qui règne dans les rangs américains après la capture des premiers commandos (18 seront fusillés). Les Américains en viennent à se méfier entre eux et des méprises ont amené des Américains à abattre de réels compatriotes. Les Américains imaginent alors de poser des questions sur des sujets sur lesquels tout vrai américain doit être capable de répondre. Non sans malice, des MP américains vont jusqu’à interroger Montgomery lui-même, à sa grande fureur. En outre, la rumeur –non fondée- que les commandos visent à assassiner Eisenhower ajoute à la confusion. Le chaos est en outre accentué par les sabotages et le changement de poteaux indicateurs.

Panther maquillé en TD M10

Skorzeny engage piteusement dans le cadre d’un combat classique le reste de sa brigade, 10 Panther et Sturmgeschütze maquillés en chars américains, en tête des colonnes allemandes à Malmédy. Les Américains ne sont pas dupes et ouvrent le feu sur ces faux Tank Destroyer M10.

Les opérations « Stösser » et « Greif » sont des échecs dans le sens où les objectifs n’ont pas atteints. Plus que pour leur action directe, le seul succès, tout relatif, qu’on est en mesure de leur concéder sont le climat d’incertitude et les mesures prises par les Américains pour faire face à une menace plus supposée que réelle. L’intervention du Einheit Stielau a abusé certains Américains et surtout de provoquer une psychose dans les rangs de la 1st US Army pendant quelques journées cruciales.

 

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