Bataille des Ardennes / Battle of the Bulge (9)

LES RAISONS DE LA VICTOIRE DE L’US ARMY DANS LES ARDENNES

Patton: l’un des grands artisans de la victoire dans les Ardennes

Ridgway et Gavin: l’atout de l’US Army réside avant tout dans des généraux de premier ordre

Les raisons de la victoire finale des Américains sont multiples. Certaines sont à mettre au crédit des capacités intrinsèques de l’US Army. La mobilité de cette armée a notamment encore une fois joué en défaveur de la Wehrmacht. Eisenhower, souvent décrié pour son manque de clairvoyance stratégique ou encore sa méconnaissance des réalités du terrain, fait montre d’une clairvoyance, d’une capacité à cerner les enjeux et à tirer parti de la situation et des forces disponibles. Le professionnalisme et le talent de la 3rd US Army et de son chef, le bouillant Patton, tiennent un rôle essentiel dans la victoire. Tout aussi efficaces, mais engagées dans des combats moins médiatisés, la 1st US Army brise l’élan de l’élite de l’armée allemande à l’ouest. Au final, c’est sans le concours systématique d’une supériorité numérique écrasante que les GI’s l’emportent.

 

Les faibles Cavalry Groups causent des pertes à l’ennemi

On ne peut que constater le succès de petites unités américaines qui ont été en mesure de retarder les Allemands. Deux formations de cavalerie américaines sont à l’œuvre aux premières heures de l’offensive « Herbstnebel ». Il s’agit du 14th Cavalry Group, 800 hommes étalés sur 8 à 9 kilomètres entre les 99th et 106th US ID, et du 102nd Cavalry Group. Ce dernier ne manque pas de mordant. Dès la première nuit de combat, il inflige des pertes sévères à la 326. VGD : cette dernière accuse la perte de 20 % de ses effectifs sans avoir été pour autant en mesure le moindre succès significatif qui pourrait justifier des pertes si prohibitives. Le premier jour de la bataille, bien qu’ayant décimé le FJR 5, le 104th Cavalry Group est bousculé dans le secteur de Krewinkel. Il est également sérieusement accroché par la 18. VGD qui attaque la trouée de Losheim. Fort de l’appui d’une quarantaine de blindés, les Volksgrenadiere parviennent à repousser les cavaliers. Mais si ceux-ci sont obligés de se replier, ouvrant le passage aux Allemands, ils ont retardé ces derniers toute la journée. A Kobscheid, les GI’s s’offrent ainsi un « carton » sur cinquante fantassins ennemis distants à peine d’une vingtaine de mètres. Les pertes au sein du 14th Cavalry Group sont sensibles car plusieurs groupes isolés, notamment à Roth et Kobsheid, doivent finalement mettre bas les armes. A Honsfeld, le matin du 17 décembre, le 14th Cavalry Group et des éléments de la 99th US ID sont surpris par Peiper et laissent 50 véhicules de reconnaissance (surtout des jeeps), 80 camions et une quinzaine de pièces antichars. Le 14th Cavalry Group est définitivement anéanti à Poteau. Pourtant, après ce succès, le Kampfgruppe Hansen ne poursuit pas l’avance vers Vielsam, pourtant à portée. Il s’agit là d’une des nombreuses erreurs d’appréciations des officiers supérieurs allemands au cours des premières journées de l’offensive : les seules au cours desquelles un succès d’envergure peut être espéré.

 

L’esprit d’initiative

On reste surpris devant l’incapacité des Allemands à anéantir la 28th US ID étirée sur un front démesurément étendu. Certes, l’unité souffre lourdement, de même que sa voisine, la 106th US ID. Pourtant, les deux divisions ne sont pas anéanties et, avec le soutien de quelques unités, elles retardent considérablement l’offensive ennemie. Même avec un rapport de force écrasant et l’effet de surprise, la Wehrmacht n’est pas en mesure de réaliser une rapide rupture du front ennemi.

Sur ordre ou de leur propre chef, des petits groupes de GI’s vont établir des roadblocks qui, mis bout à bout, et sur toute la largeur du front d’attaque allemand, vont finir par multiplier les retards dans une offensive au timing serré et dont la condition sine qua non du succès repose précisément sur la rapidité d’intervention. Ainsi, au sud-ouest de Saint-Vith, à l’initiative de Stone, le chef d’une unité de DCA, un groupe de combat ad hoc est formé en intégrant les survivants de la 28th US ID qui refluent vers le nord-ouest.

Plus au sud, la 28th US ID parvient à ralentir considérablement la poussée des LVIII et XLVII Panzer-Korps. Si la 560 VGD parvient à s’immiscer entre les 110th et 112th Regiments, c’est au pris de 1 000 pertes… étalé sur 16 kilomètres, le 110th Regiment de Fuller tient en fait une succession de môles de défense articulés autour de villages avec en outre une ligne d’avant-postes. Les compagnies sont donc dispersées. La 2. Panzer et la 26. VGD sont à la peine face à un adversaire qui semble pourtant à leur portée et mûr pour la destruction. La garnison américaine d’Hosingen (Company K, 110th Infantry, and Company B, 103rd Engineer Combat Battalion), encerclée, résistera ainsi deux jours durant, jusqu’à épuisement des munitions. C’est aussi jusqu’à la dernière cartouche que tiennent les Américains en position à Wahlhausen. A Hollzthum et Consthum, les GI’s tiennent toute la journée du 16. Les fantassins du 110th ne sont pas seuls : des pièces de DCA quadruples, des canons antichars et d’artillerie de campagne les appuient, de même que les 34 Sherman de deux compagnies du 707th Tank Battalion. Un dernier exemple illustrera l’esprit d’initiative et de la réactivité des GI’s : lorsque la 15. Panzergrenadier-Division perce le périmètre de Bastogne le jour de Noël, chez les Américains, tous les hommes disponibles sont mis à contribution, y compris les cuisiniers qui vont devoir faire le coup de feu.

Le génie ou comment ralentir efficacement la percée ennemie

Comme à Kasserine, le génie américain fait des merveilles et les bataillons indépendants disponibles au niveau des corps d’armées sont mis à profit pour édifier tant bien que mal des défenses alors que les unités d’infanterie font défaut pour tenir le terrain. C’est ainsi que le 291st Engineer Combat Battalion est confronté au Kampfgruppe Peiper sans pouvoir évidemment tenir tête à cette puissante unité. Cela ne les empêche pas de décrocher en bon ordre. Face à Peiper, le génie s’évertue à retarder un adversaire pourtant particulièrement redoutable. Le QG du 1111th Engineer Combat Group du colonel Anderson se trouve à Trois-Ponts. Le 291st Engineer Combat Bn est pour sa part à l’ouest de Trois-Ponts et une compagnie du 202nd Engineer Combat Bn est à Stavelot. Quand, le 17 décembre, Anderson apprend que l’ennemi s’approche de Butgenbach, il comprend que Malmédy est menacé. Dans cette dernière localité, Anderson dispose de 200 hommes du 291st Engineer Combat Bn du lieutenant-colonel Pergrin et du 962nd Engineer Maintenance Bn (qui établit un terrain d’atterrissage pour les avions de liaisons du QG de la 1st US Army à Spa). Le groupe est renforcé dans la journée par le 629th Engineer Light Equipment Company, qui effectuait des travaux routiers près de Butgenbach mais qui est parvenu à échapper aux Allemands. Anderson ordonne donc à ses sapeurs à se préparer à défendre la ville. Ceci étant, prévoyant, Anderson décide d’établir un barrage devant Stavelot au cas où Peiper ne se dirigerait pas sur Malmedy. C’est justement le mouvement que réalise l’Allemand. La section du génie qui est ainsi établie devant le pont Stavelot enterre rapidement ses mines (elle en pose 13) et met son unique bazooka en batterie placé en embuscade avec une mitrailleuse en embuscade entre un précipice et la paroi rocheuse surplombant la route. Un canon antichar de 57 mm égaré du 526th Armored Infantry Battalion renforce ensuite la position. Le Kampfgruppe Peiper est ainsi bloqué au soir du 17 décembre. Sapeurs vite renforcés par des fantassins (526th Arm Inf Bn) et des Tanks Destroyers (825th TD Bn). En effet, il faut absolument protéger l’énorme dépôt situé au nord de la ville. Peiper réussira tout de même à passer mais pas avant le lendemain matin. Dans le même temps, à Trois-Ponts, Anderson a fait préparer des charges de destruction sur les trois ouvrages d’art. A 11h15 le 18 décembre, les sapeurs américains font sauter le pont de Stavelot. Les servants de la pièce de 57 mm ont le temps de détruire un Panzer avant d’être réduits au silence. Peiper doit trouver un autre chemin.

Un point nodal essentiel à Manteuffel pour espérer l’emporter et atteindre la Meuse est Saint-Vith. Le 20 décembre, au sud de Saint-Vith, une brèche de 30 kilomètres s’est ouverte. Les 2. et 116. Panzer s’y engouffrent. En face, comme devant Bastogne, Middleton n’a presque rien à opposer aux Allemands : essentiellement des bataillons du génie encore une fois. C’est ainsi que le lieutenant-colonel Riggs, chef du 81st Engineer Combat Battalion, reçoit l’ordre d’employer ses hommes comme fantassins. Le 17 décembre, il doit rassembler tous les hommes des 81st et 168th Engineer Combat Battalions encore disponibles afin de stopper l’avance allemande sur Saint-Vith. Le 81st n’a plus que 65 hommes, le 168th comptant encore deux compagnies et le reste d’une troisième. Il peut compter également sur 50 hommes de son QG et des services, essentiellement des secrétaires et des cuisiniers. C’est sur une crête boisée à l’est de la ville que Riggs met ses hommes en position défensives. Il n’a que quelques bazookas et mitrailleuses comme armes de soutien. Vers 16 heures, un automoteur allemand frappe les défenses des sapeurs, causant de lourdes pertes. Un P-47 parvient à incendier un engin ennemi et la poignée de soldats du génie réussit à tenir tête à l’ennemi jusqu’à la tombée de la nuit alors que les premiers Sherman de la 7th US Arm Div arrivent enfin à Saint-Vith. Les tanks parviennent à la rescousse et incendient un StuG endommagé par les mines des sapeurs. Le lendemain, les tankistes et la Company A du 81st Engineer Battalion réussissent encore à repousser de sérieuses attaques. En fin d’après-midi, un groupe mené par Riggs en personne contre-attaque et rejette des fantassins ennemis de leurs positions.

Devant Bastogne, alors que la 101st Airborne n’est pas encore sur le front. Outre quelques fuyards, Middleton ne peut mettre en ligne que le CCR 9th Arm Div, 3 bataillons du génie et un bataillon autonome d’artillerie. Les restes de la 28th US ID disponibles à Bastogne sont limités : le 110th US Infantry Regiment est virtuellement anéanti (2 750 pertes), le 707th Tank Bn n’aligne plus que 9 chars presque tous endommagés et le 630 Tank Destroyer Bn ne compte plus que 6 pièces antichars. C’est avec ces unités qu’il va mettre en place des « bouchons » qui vont s’avérer en fait des plus efficaces. Le temps gagné par ces unités sera des plus précieux. Freiné, Manteuffel ne pourra gagner la course à la Meuse. Au matin du 18 décembre, le lieutenant-colonel Tabet établit son 158th Engineer Combat Battalion comme suit : la Company A sur le flanc gauche, près de Foy, la Company B près de Neffe et la Company C à Luzery. Pour renforcer ses positions, Tabet obtient 4 pièces de 105 mm automotrices, 8 chars légers et 2 Sherman. Tous ces engins proviennent des dépôts de l’intendance et sont manœuvrés par des mécaniciens.

C’est avec ce genre de Task Forces combattantes constituées ad hoc que l’offensive de la Wehrmacht prend du retard, s’enraille et, finalement, échoue. Ces quelques exemples tirés de l’ensemble du front des Ardennes illustrent le rôle crucial tenu par le génie au cours de cette bataille épique, preuve que les Américains ont su tirer parti d’absolument toutes les ressources à leur disposition. Un simple pont détruit (pensons à l’équipée de Peiper) et c’est « Herbstnebel » qui prend un retard impossible à compenser. Ainsi, alors que la 116. Pz atteint Houffalize le 19, les Américains font sauter un pont sur l’Ourthe devant ses avant-gardes. L’avance se poursuit vers le sud-ouest jusqu’à Ortheuville où se trouve un autre pont intact celui-là. Le chef du 58. AK pense que celui-ci sera détruit dès que l’attaque commencera et ordonne donc un demi-tour vers Houffalize pour suivre ensuite la rive nord de l’Ourthe. Ce fut une des erreurs majeures de l’offensive !

Le commandement allemand est également loin d’être exempt de tout reproche. La bataille des Ardennes est celle des occasions manquées pour les Allemands. De fait, nombre de décisions auront de fâcheuses conséquences sur la suite de l’opération. Bien souvent, les chefs allemands, pourtant loués pour leur esprit d’initiative, ne savent pas exploiter un succès acquis ou semblent ignorant de la faiblesse du dispositif qui leur fait face alors qu’une reconnaissance poussée et énergique aurait permis d’atteindre des résultats bien plus conséquents. Au nord de Büllingen, qui est écrasé par l’artillerie américaine, un petit groupe de combat envoyé par Peiper se heurte au 644th TD Bn qui détruit deux Panzer IV. Peiper renonce donc, de toute façon il a pour ordre de foncer vers la Meuse, via Ligneuville où il espère surprendre le QG de la 49th AAA Brigade. Peiper vient de laisser passer une chance inouïe de prendre à revers les 99th et 2nd US ID et provoquer un effondrement de la défense américaine sur la crête d’Elsenborn, ce qui aurait changé la donne pour une 6. Panzerarmee qui ne sera jamais en mesure de percer sur une largeur de front suffisante pour se déployer en puissance.

Alors que la 116. PZD atteint Houffalize le 19, les Américains font sauter un pont sur l’Ourthe devant ses avant-gardes. L’avance se poursuit vers le sud-ouest jusqu’à Ortheuville où se trouve un pont intact. Le chef du LVIII. AK pense que celui-ci sera détruit dès que l’attaque commencera et ordonne donc un demi-tour vers Houffalize pour suivre ensuite la rive nord de l’Ourthe. Pourtant, les défenseurs du pont d’Ortheuville ne sont qu’une poignée… Au nord de Saint-Vith, après le succès de l’embuscade du 14th Cavalry Group à Poteau, le Kampfgruppe Hansen ne poursuit pas l’avance vers Vielsam, pourtant à portée. En dépit de la manœuvre de contournement effectuée par la 2. SS Panzer « Das Reich », les Allemands ne parviennent pas à saisir l’occasion de capturer les 20 000 Américains qui défendent la place. On imagine ce qu’un tel désastre aurait eu pour conséquence sur le front du XVIIIth Airborne Corps !

A Bastogne, la 2. Panzer, puis la Panzer Lehr, ratent toute deux l’occasion de prendre Bastogne sans coup férir le 18 décembre. Le lendemain, Bayerlein, décidément pas au mieux de sa forme, manque une nouvelle occasion de faire tomber Bastogne sans difficulté majeure. Le 20 décembre, la 26 VGD exploite une faille dans le dispositif défensif américain autour de Bastogne. Un bataillon de fantassins appuyé par 7 Sturmgeschutze tente la percée. Mais, encore une fois, il a suffi d’un petit groupe de GI’s, à savoir une simple patrouille, pour retarder suffisamment les Allemands avant que l’envoi de renforts -2 compagnies- permette aux Américains de combler la brèche. Ces occasions manquées sont directement liées à l’ordre de Hitler de contourner les villes et les défenses. Les Panzer doivent foncer sur la Meuse. La prise rapide des ponts est en effet d’une importance vitale pour le succès final d’ « Herbstnebel ». Il ne s’agit pas de perdre du temps et d’engager les Panzer dans les combats urbains pour lesquels ils ne sont pas destinés. On retrouve cette prévention de Hitler déjà dans son esprit à l’été 1942 pendant le « Fall Blau » au cours duquel il s’oppose à l’intervention des Panzer pour la prise de Voronej. Mais là où Hoth et Bock ont désobéi, Manteuffel et ses subordonnés s’en tiendront aux ordres reçus et laissent Kokott et sa 26. VGD face à une tâche insurmontable.

La défense de Wiltz

Si les combats pour Bastogne et Saint-Vith sont connus et leur importance justement appréciée, la bataille défensive menée à Wiltz mérite d’être abordée. Au début de l’offensive allemande, Middleton ne dispose que de bien peu de réserves, en l’occurrence le CCR 9th Arm Div et les 35th, 44th, 159th et 168th Engineer Combat Battalion. Le 17 décembre, 600 hommes du 44th Engineer Combat Battalion sont chargés d’assurer la défense de Wiltz et sont rattachés à la 28th US ID de Norman Cota. Les troupes du génie ne sont pas seules puisqu’elles bénéficient du soutien de 6 chars et 5 obusiers du 707th Tank Battalion, de 4 pièces de 3-inch tractées, d’un bataillon de 105 mm incomplet et d’un bataillon d’infanterie provisoire constitué à partir de personnel administratif de QG. Tandis que les 105 mm assurent la protection le long de la route menant au sud-est de la ville, les autres unités se retranchent sur un périmètre établi au nord et au nord-est de Wiltz. Le 18 décembre, à midi, le bataillon de reconnaissance de la Panzer Lehr bouscule les avant-postes. La pression des blindés est si forte qu’en dépit d’une résistance inspirée les sapeurs sont obligés de se replier sur une seconde ligne de défense. Le lendemain matin, les Américains sont en mesure de renforcer leurs défenses en creusant des foxholes et des positions de tirs. Mais, au milieu de l’après-midi, un assaut coordonné de trois heures de l’infanterie et des blindés repousse les GI’s jusque dans la ville. En dépit des pertes, les soldats du génie restent confiants, d’autant plus qu’ils ont détruit le pont. Mais une nouvelle colonne allemande parvient du sud-est, c’est-à-dire sur la même rive qu’eux-mêmes, isolant les défenseurs désormais à cours de munitions. A 21h30, l’ordre du repli arrive mais celui-ci s’effectue dans des conditions difficiles et coûte 178 hommes au bataillon du génie. Si les Fallschirmjäger l’ont finalement emporté et si la 5. FJD n’a pas démérité au cours de l’offensive si on la compare aux performances des autres divisions de la 7. Armee, un petit îlot de résistance américain, articulés autour de troupes du génie, a encore une fois tenu un rôle crucial dans le retard accumulé par les Allemands alors que la vitesse pour atteindre et franchir la Meuse prime avant tout autre considération.

 

L’Ordnance Corps

Les GI’s de l’Ordnance Corps ont apporté également leur contribution à la victoire. L’avance allemande menace divers dépôts de carburant et de matériels et approvisionnements en tout genre. Le 17 décembre, le général Medaris, responsable de l’Ordnance Corps pour la 1st US Army, organise l’évacuation du dépôt de Malmédy et du 86th Ordnance Battalion (attaché au Vth Corps). La compagnie de dépôt, la 202nd, est chargée de la tâche avec le concours du 72nd Ordnance Group basé à Verviers ainsi que le 6ème bataillon de transporteurs de tanks et des camions du bataillon du dépôt principal (le 310th Bn). L’opération est achevée à la nuit tombante. Elle se déroule en fait en partie sous les tirs ennemis. Certains soldats du 86th sont contraints de participer à la défense de Malmédy, assurée essentiellement par des hommes du génie. C’est ainsi que deux Tank Destroyers sont pris dans le dépôt et manœuvrés par la Heavy Maintenance (Field Army) Company. Les deux blindés sont détruits par les Allemands, non sans revendiquer avoir eux-mêmes mis deux Panther hors de combat, ce qui serait un score honorable pour tout tankiste américain, à fortiori pour un tankiste de circonstance.

Ce n’est pas la dernière fois que des GI’s de l’Ordnance Corps sont contraints de faire coup de feu dans les Ardennes. Le 17 décembre, après avoir participé à l’évacuation du dépôt de Malmédy, le Pfc. William Coleman de la 334th Ordnance Depot Company tente de rejoindre sa compagnie à Aywaille. Aywaille, dont la défense est confiée au colonel Lynde, constitue en fait le principal dépôt de la 1st US Army. Pourtant, le retour est bien périlleux puisque Coleman effectue un trajet qui s’éternise 7 heures. A son arrivée, on lui fournit un bazooka et on le poste à un carrefour !

Dans le secteur de Bastogne, relève des exemples similaires où les hommes de l’intendance se retrouve au cœur de l’action. Les Allemands s’emparent le 18 décembre de l’Ammunition Supply Depot de Gouvy, au nord de Bastogne. Encore une fois, les hommes de l’Ordnance Corps tiennent aussi longtemps qu’ils le peuvent. Alors que les combats font rage au Subdepot 3, les GI’s du Subdepot 1 assurent l’approvisionnement en munitions. Finalement, les Américains doivent décrocher et se replient jusqu’à Champion. S’ils abandonnent 2 000 tonnes de munitions aux mains de l’adversaire, ils sont parvenus à évacuer les stocks d’une arme « secrète », la fusée de proximité ou POZIT ou encore VT. L’arme est guidée par radio et par les ondes émises par la cible. Son emploi a jusqu’alors été restreint à des unités antiaériennes de la Navy ou basées en Angleterre jusqu’en octobre 1944. Il importait en effet que l’ennemi ne s’approprie pas cette nouvelle technologie. En revanche, la fusée de proximité est désormais en dotation pour l’armée de terre. Eisenhower a fermement l’intention d’en faire usage dans l’offensive finale contre l’Allemagne.

La défense de Bertrix fournit un dernier exemple du courage et de l’habileté dont font preuve bien des GI’s n’appartenant pourtant pas à des unités combattantes. Les plans pour une défense coordonnée de Bertrix sont établis par le lieutenant-colonel Wells, le commandant du 509th Maintenance Battalion. 4 Sherman et un half-track sont pris dans l’atelier de réparation lourde et sont confiés à 21 hommes de la 553rd Ordnance Heavy Maintenance Company. Ces hommes de l’intendance sont ensuite positionnés en dehors de la ville, prêts à affronter l’ennemi.

Medaris et ses hommes ont tenu un dernier rôle dans la victoire, cette fois-ci en permettant derenforcer les unités blindées sérieusement malmenées. Connaissant l’importance des stocks britannique, le général Medaris se rend ainsi au QG de Monty à Bruxelles dès le 19 décembre. Sur place, on lui rétorque que tous les blindés en dépôt sont absolument nécessaires au 21st Army Group. Toutefois, le lendemain, la décision d’Eisenhower de confier à Montgomery le commandement de toutes les forces américaines situées au nord du saillant d’attaque allemand a pour effet de faire immédiatement évoluer les choses. Le 21 décembre, en effet, ce ne sont pas moins de 300 Sherman et un certain nombre de canons de 25 pounder pourvus de munitions pour un mois qui quittent Bruxelles pour Langres où se situent les ateliers du 72nd Ordnance Group de Medaris. Suit alors la tâche ardue de rendre tous ces blindés aptes au combat. Il faut notamment installer des postes de radios américains et changer les chenilles. Le travail est achevé dans le remarquable délai de 96 heures, grâce aux efforts conjugués de soldats de l’Ordnance Corps, d’un bataillon d’Irish Guards et de centaines de civils belges.

L’arrivée des renforts

Les soldats du génie et de l’intendance ainsi que les restes des unités malmenées au cours des premiers jours de combats ne vont cependant pas rester longtemps seuls. C’est ainsi que la 82nd Airborne, d’abord destinée à la défense de Bastogne mais que l’urgence de la situation a envoyée plus au nord, comble quelque peu la brèche à Werbomont et au sud de l’axe d’avance du Kampfgruppe Peiper. La 3rd US Arm Div est également sur le point de se déployer contre la 116. Panzer qui continue sont avance au-delà d’Houffalize. A Bastogne, Middleton peut désormais compter sur le CCB 10th Arm Div et sur la 101st Airborne.

Les renforts dépêchés dans les Ardennes par un Eisenhower clairvoyant sont à mettre au crédit d’une US Army très réactive et très bien organisée. Contrairement à Bradley, Eisenhower perçoit d’emblée l’importance de l’offensive allemande. Patton ne s’est aucunement laissé surprendre. Bien qu’il soit sur le point de lancer sa propre offensive sur la Sarre, il a envisagé l’éventualité d’une attaque ennemie dans le secteur peu défendu des Ardennes. Si, lorsqu’il fait préparer des plans pour réagir en conséquence, il pense avant tout à une attaque de diversion visant à contrecarrer ses préparatifs, il reste que, le 19 décembre, Patton dispose de plusieurs plans. Aussi, lors de la fameuse rencontre de Verdun, le 19 décembre à 11 heures, il est en mesure d’affirmer à Ike qu’il peut contre-attaquer vers Bastogne avec trois divisions le 21 décembre. Connaissant l’esprit cavalier et fonceur de son va-t-en-guerre de subordonné, Eisenhower préfère une attaque de plus grande ampleur assurant la coordination effective de l’assaut des trois divisions le 22 ou le 23 décembre.

Certes, certaines unités sont engagées au compte-gouttes et subissent des pertes sérieuses mais les Allemands sont retardés en attendant l’arrivée de nouveaux renforts et c’est ce qui compte. Ainsi, si les paras américains tiennent Bastogne, la situation n’est pas encore sécurisée. Toutefois, au 19 décembre, les Américains ont déjà 180 000 hommes engagés dans les Ardennes contre 80 000 au 16 décembre. 14 divisions américaines sont engagées contre 18 chez les Allemands. Certes, les réserves allemandes sont encore importantes mais tout ceci augure mal de la suite. Ceci est d’autant plus évident qu’il faut également tenir en compte de la mise en marche de la 3rd US Army de George Smith Patton, qui a déjà cédé sa 10th Arm Div, sur le point de frapper en force le flanc sud de la percée allemande.

Tout ceci n’est qu’un début. Les Allemands doivent aussi compter avec le chef du 21st Army Group, l’Anglais Montgomery, auquel Ike a –au grand dam de Bradley, Hodges et Patton- sagement confié le commandement des unités américaines engagées au nord du aillant allemand –à savoir les 1st et 9th US Armies- en raison de la rupture des communications entre Bradley, dont le QG du 12th Army Group se trouve à Luxembourg, et la 1st US Army de Hodges. Monty est prêt à engager des formations britanniques pour mettre en défense les ponts de la Meuse et empêcher tout franchissement de la rivière par la Wehrmacht. En outre, le secteur à l’ouest de Saint-Vith et de Bastogne est rapidement renforcé. Montgomery ordonne ainsi au 7th US Corps de Collins de se positionner derrière l’Ourthe avec les 2nd Arm, 84th et 75th US Divisions. Pour Eisenhower, il hors de question de se replier au-delà de la Meuse. En attendant d’être en mesure de lancer une contre-offensive d’envergure qui résorberait le saillant allemand, il ordonne d’arrêter toutes les contre-attaques et envisage même des replis limités pour effectuer un raccourcissement de la ligne de front. Au final, l’offensive des Ardennes a obligé les Américains à faire intervenir leurs divisions encore présentes en Angleterre au 16 décembre. Il s’agit des 11th Arm, 17th Airborne, 66th Infantry (débarquant en France le 26 décembre), 76th Infantry (arrivée en Angleterre le 21 décembre et dépêché en urgence en France dès le 17 janvier) et la 69th Infantry Divisons. Tant est si bien qu’on ne compte plus une seule division américaine au Royaume-Uni à la mi-janvier 1945.

Les bleus des unités américaines nouvellement engagés, s’ils ruinent les plans de Hitler, se comportent de façon fort variable. La 99th US ID, certes épaulée rapidement par la 2nd US ID et une artillerie puissante, tient le choc de l’offensive et ne succombe pas sous les coups de butoir de la 12. SS Panzer. Les Combat Command de la 9th Arm Div se font laminer, en particulier le CCR devant Bastogne, mais c’est au prix de délais inacceptable sur l’avance prévue dans le plans « Herbstnebel ». La 106th US ID, étrillée dans le Schnee Eiffel, fait pâle figure mais son dernier régiment d’infanterie poursuit le combat devant Saint-Vith. En revanche, la 75th US ID vient d’arriver en France et elle fait montre d’un manque de mordant en direction de Saint-Vith. Le 4 janvier, la 17th US Airborne de Miley, une unité nouvellement arrivée également, attaque après avoir assuré la relève la 11th Arm Div dans le secteur de Mande-Saint-Etienne. L’épreuve est si difficile que la 17th Airborne doit consacrer les deux jours suivants à se réorganiser. Pourtant, le 513th Parachute Infantry a fait office d’unité d’école à Fort Benning et ses membres ont été dûment sélectionnés parmi les meilleurs diplômés des forces aéroportées. Il semblerait que la Wehrmacht garde toute son habileté tactique y compris lorsqu’elle se trouve confrontée aux meilleures unités américaines connaissant leur baptême du feu.

 

L’artillerie américaine : un atout toujours efficace

L’importance de l’artillerie américaine, sa puissance et sa capacité à fournir des tirs de concentration (TOT : Time On Target) n’est plus à démontrer depuis la campagne de Tunisie. Sa contribution à la victoire dans la bataille des Ardennes ne fait dès lors pas discussion. Le 20 décembre, lorsque Middleton nomme McAuliffe responsable de la défense de Bastogne, le commandant par interim de la 101st Airborne (le général Taylor, chef de la 101st, est alors en permission aux Etats-Unis), dispose d’une artillerie nombreuse : 11 groupes d’artillerie assurent le soutien de la garnison. Au total, 130 pièces. Leur présence, peut-être plus encore que celle des Sherman, sauvera la 101st Airborne de l’anéantissement. Au nord du saillant, dans le secteur de la crête d’Elsenborn, l’artillerie américaine fait aussi des merveilles. Lors des combats pour Krinkelt-Rocherath, 7 bataillons positionnés sur la crête expédient 5 000 obus sur les Allemands. A Dom Butgenbach, le 21 décembre, le 26th Infantry’s Cannon company, l’artillerie de la 1st US ID, des batteries des 2nd et 99th US ID ainsi que le 406th Field Artillery Group conjuguent leurs efforts en pilonnant l’ennemi en lui expédiant pas moins de 10 000 obus en l’espace de 8 heures. Cela sera suffisant pour stopper net la 12. Panzer SS et permettre à l’infanterie américaine de rétablir ses lignes malmenées. Alors que dès l’automne il apparaît nécessaire de rationner les munitions, la bataille des Ardennes n’a fait que rendre la situation plus critique. Le mois de décembre 1944 représente le mois de dépenses en munitions de tout type le plus élevé de la guerre. Les 2 579 000 obus de 105 mm M2 Howizer tirés ce mois-là laissent à peine 2 524 000 coups dans les stocks de l’ETO, soit 21 jours d’approvisionnement selon les tableaux du War Department.

 

 

Les routes, le climat et la logistique

L’offensive allemande souffre sans nul doute des aléas du climat en cette saison : il est bien difficile d’évoluer en dehors des routes pour les engins non chenillés et les chemins de terre deviennent facilement des torrents de boue impraticables. Le froid et le manque de visibilité ne facilitent guère les tirs et le repérage. Il faut souligner pourtant que ces difficultés touchent également les Américains. Les embouteillages monstres qui grèvent sérieusement l’intervention des divisions de Panzer au début de l’offensive ne sont pas inconnus de leurs adversaires, songeons ainsi aux difficultés similaires rencontrées au même moment par la 7th Arm Div qui tente de se déployer vers Saint-Vith. Il reste que les embouteillages invraisemblables sur les arrières allemands empêchent le déploiement efficace des formations. Ainsi, la 18. VGD, qui a opéré l’admirable encerclement de deux régiments américains dans le Schnee Eiffel, poursuit timidement vers l’ouest avec le soutien de canons d’assaut mais la Führer Begleit Brigade a du mal à se mettre rapidement en place et, surtout, l’artillerie ne suit pas. La prise de Saint-Vith n’évite pas une congestion des voies de communications sur lesquelles tout semblant d’ordre semble disparu. Comment, dans ces conditions, les Allemands peuvent-ils espérer concentrer leurs forces et frapper le dispositif américain de manière à obtenir une rupture significative de la ligne de défense ?

Le mauvais temps et le brouillard sont sensés annuler tout bénéfice de soutien aérien aux Alliés dont la suprématie aérienne est incontestable. Il reste que ceci signifie également toute absence d’aide significative de la part des escadrilles de la Luftwaffe. L’impact de l’aviation alliée dans la bataille se mesure à plusieurs niveaux. Au niveau stratégique, il empiète sur l’arrivée des renforts et surtout sur l’acheminement des munitions et du carburant accumulés pour l’offensive. Ceux-ci ne manquent pas en fait, amis sont situés beaucoup trop à l’est du front et seront donc soumis à la dure loi de la supériorité aérienne anglo-saxonne. Sur le plan tactique, outre les mitraillages de convois et les bombardements de concentration de troupes, une simple attaque peut perturber gravement toute une chaîne de commandement : ainsi, lorsque le PC du LXVII AK est touché par l’aviation, il ne peut plus coordonner et diriger ses divisions ! Notons que l’emploi de l’aviation alliée n’est pas si simple : si le temps est au beau dans le ciel des Ardennes, il peut être couvert au-dessus des bases en Grande-Bretagne et, ainsi, empêcher l’intervention des escadrilles de bombardement.

 

Comme toujours, comme en Normandie six mois auparavant, amis déjà en Russie et en Afrique les années précédentes, la logistique est le point faible de la Wehrmacht. C’est ainsi que von Rundstedt espère déployer la 11. PZD, toujours en réserve, dans les Ardennes. Mais, les trains posent problème. Il faut faire face aux destructions opérées sur le réseau ferroviaire par les Alliés mais aussi à la congestion des voies ferrées déjà beaucoup sollicitées.

La Wehrmacht a fait des efforts surhumains pour se constituer des réserves de carburant pour l’offensive. Keitel a estimé que 23 millions de litres d’essence seront nécessaires. L’Allemagne, pourtant à court de tout, réussit à rassembler ces réserves mais les difficultés de fret et la crainte que des dépôts de carburant ne soient détruits par des frappes aériennes alliées font que la moitié du précieux liquide se trouve encore sur la rive est du Rhin lors du lancement d’ « Herbstnebel ». Les forces de Model n’ont donc avec elles que cinq jours de carburant. L’essence manque ainsi à plus d’une reprise. Ainsi, la 9. SS Panzer-Division, qui intervient en second échelon, en manque dès le début. Devant être engagée devant Saint-Vith en soutien de la 18. VGD, la Führer Begleit Brigade manque de carburant. Parfois, c’est la découverte inopinée qui permet à une colonne de poursuivre l’avance alors que les réservoirs sont ainsi à sec : ainsi Peiper à Büllingen (227 000 litres) et la 116. Panzer à Samrée (136 000 litres). Le 21 décembre, la 2. PZD manque d’essence. Le cas du Kampfgruppe Peiper constitue lapreuve dramatique de l’inconsistance de la 6. Panzerarmee à assurer le ravitaillement. Peiper est finalement isolé par ses négligences, mais surtout par l’incapacité de ses supérieurs à assurer le maintien du contact avec lui. Espérant lui faire parvenir des approvisionnements, le Kampfgruppe Hansen en est réduit à un pitoyable expédient : jeter des paquets dans l’Amblève avec l’espoir que le courant les amènera jusqu’aux positions de Peiper ! Pour mener une guerre moderne, on a vu mieux. Toutefois, elle. La Meuse n’est plus qu’à quelques kilomètres ! Mais l’unité, isolée, ne sera pas secourue à temps par la Panzer Lehr et les autres unités de la 2. PZD ni par la 9. PZD, engagée trop tardivement. Non ravitaillé et isolé, Peiper évacue la Gleize et abandonne une partie non négligeable du matériel de la 1. SS Panzer (il a perdu 87 Panzer !)la 2. PZD, parvenu à quelques kilomètres de la Meuse en s’emparant de Celles puis de Foy-Notre-Dame est également coupée de toute logistique et subit un désastre similaire quasiment au même moment (la 2nd US Arm dénombre en effet sur le terrain pas moins de 82 Panzer, 83 canons d’assaut et pièces d’artillerie et 441 véhicules).

 

 

Les Task Forces blindées

On loue souvent avec raison le succès des Kampfgruppen allemands. Les Américains ont certes également la capacité de mettre sur pied des groupements et sous-groupements tactiques interarmes loin d’être inefficace, d’autant plus que la coopération interarme n’est pas ineffective au sein de l’US Army au contraire de l’armée britannique. La répartition des unités d’une Armored Division au sein de plusieurs Combat Command, généralement au nombre de trois :-CCA, CCB et CCR- est bien connue. Les divisions blindées américaines engagées dans les Ardennes ne font pas exception. La structure trop large d’un Combat Command ou bien l’urgence de la situation nécessitent parfois de subdiviser le Combat Command en Teams ou Task Forces. C’est ainsi que, devant Bastogne, le CCR de la 9th Arm Div et le CCB de la 10th Arm Div sont réparties en plusieurs unités sur toutes les routes menant à la ville dans l’espoir d’endiguer le flot de la 5. Panzerarmee. Le CCR 9th Arm Div forme les Task Force Harper et Rose tandis que le CCB 10th Arm Div constitue les Teams Desobry, O’Hara et Cherry. L’arrivée à point des renforts, mais surtout le sacrifice de ces unités et les mauvaises décisions prises par les commandants allemands vont finalement aboutir à la sauvegarde de ce nœud routier si important. Middleton met ainsi en place un périmètre défensif s’articulant autour du CCR 9th Arm Div mais aussi, nous l’avons vu, de troupes du génie. A ce moment là, le bataillon de chars du CCR a déjà bien souffert (une compagnie presque détruite à Clervaux). Les Task Force Rose et Harper du CCR 9th Arm sont cependant bousculés par la 2. Panzer et la défense s’effondre. Un peu plus au sud, le Team Cherry du CCB 10th Arm est anéanti par la Panzer Lehr. Les Allemands ne savent pas exploiter correctement leur victoire. Ces combats retardateurs ont donc été d’une importance cruciale. La défense de Noville par le Team Desobry (15 chars) est également essentielle, notamment car les Allemands ne savent pas exploiter leur victoire.

Pendant le siège de Bastogne, un des clés du succès de McAuliffe réside dans l’emploi des réserves. Pour étoffer les lignes de la 101st Airborne et réagir aux assauts allemands, celles-ci consistent dans 36 TD du 705th Tank Destroyer Battalion, le CCB 10th Arm, soit une trentaine de blindés des Team Desobry et O’Hara, dans les 23 chars et les 60 fantassins de la Team Pyle ainsi que se la Team SNAFU, soit 600 hommes et isolés de toute sort rassemblés dans une formation ad hoc. On le constate, loin de l’image d’Epinal, les parachutistes américains sont bien loin d’être seuls à assumer la défense de Bastogne. Les blindés vont s’avérer essentiels, au même titre que l’artillerie. D’ailleurs, à Saint-Vith également, où les blindés sont en nombre, il suffit parfois d’à peine quelques engins pour briser toute velléité offensive d’unités allemande un peu tièdes à l’idée de donner l’effort maximum. Deux exemples suffiront à le démontrer. Au Nord de Büllingen, qui est écrasé par l’artillerie US, un petit groupe de combat envoyé par Peiper se heurte au 644th TD Bn qui détruit deux Panzer IV. Peiper renonce donc, de toute façon il a pour ordre de foncer vers la Meuse, via Ligneuville où il espère surprendre le QG de la 49th AAA Brigade. Ce faisant, il manque l’occasion de briser la ligne de défense –décisive- de en la contournant et en frappant ses défenseurs par l’arrière. Au nord de Saint-Vith, quelques M36 Jackson bien camouflés stoppent l’élan de la Führer Begleit Brigade. Otto Remer espère contourner les défenses de Saint-Vith par le nord en attaquant vers Vielsam. Quatre Panzer sont mis hors de combat. L’avance est arrêtée pour un temps.

 

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