Campagne de Pologne 1939 (1)

POLOGNE 1939

 

La Pologne: 1er triomphe de la Wehrmacht

 

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1er septembre 1939: le Wehrmacht franchit la frontière polonaise

La Pologne dispose de 800 000 hommes déjà mobilisés, 300 chars légers, 570 tankettes TK et TKS, 100 autos-mitrailleuses, 3 400 pièces d’artillerie, 1 200 canons antichars, 450 pièces de DCA, 388 avions opérationnels (plus 950 en dépôt ou en école) et une petite flotte dont les plus grandes unités sont 4 destroyers. Le plan retenu par le maréchal Rydz-Smigly, qui est à la tête de l’armée polonaise est très simple : en dépit de son infériorité, l’armée se doit de défendre l’intégralité des frontières, fixer les Allemands et réduire les percées en faisant intervenir les réserves. Il s’agit de gagner du temps en attendant l’ouverture d’un second front par les Alliés.

    Forces polonaises

 

L’Allemagne engage de son côté 1 250 000 hommes répartis en deux groupes d’armées dans la campagne de Pologne : le Heeres-Gruppe Nord en Prusse-Orientale et en Poméranie et le Heeres-Gruppe Süd de von Rundstedt le long de la frontière occidentale de la Pologne. En dépit du maintien de formations aériennes à l’Ouest, la Luftwaffe engage 1 500 appareils au sein des Luftflotten 1 et 4 de Löhr et Kesselring. La Wehrmacht aligne 3 472 chars pour la campagne de Pologne. Le plan d’invasion, le « Fall Weiss » (« Plan Blanc ») vise à obtenir une rupture rapide du front et encercler les forces polonaises à l’ouest de Varsovie.

      

Le Schleswig Holstein                                      Les Stukas

L’offensive débute le 1er septembre à 4h45. A Dantzig, en dépit de la présence du cuirassé Schleswig Holstein et de l’intervention des Stukas en appui-feu, les assauts répétés des troupes allemandes sont voués à l’échec. La 3.Armee de Küchler, partie de Prusse-Orientale, fait sa jonction avec les unités de von Kluge venant de Poméranie dès le 4 septembre. Le reste de l’armée Küchler oblique vers le sud et se trouve confronté à l’armée Modlin sur la ligne de bunkers de Mlawa où sont retranchés les troupes du général Przedrzymirski qui infligent 72 pertes aux 164 Panzer des assaillants qui n’arrivent pas à percer en dépit du soutien de la Luftwaffe. Néanmoins, la position est contournée. La retraite est alors un véritable désastre pour Przedrymirski dont les unités sont décimées. Les Allemands sont donc aux portes de Varsovie.

   

La situation s’avère encore plus préoccupante dans le sud et à l’ouest du pays où les Allemands engagent la majeure partie de leur corps de bataille. La 14.Armee de List doit se frayer un chemin à travers le massif montagneux des Carpates, tâche difficile s’il en est pour ses unités blindées. Après plusieurs journées d’intenses combats pour réaliser enfin une percée en profondeur, List progresse avec difficulté dans l’espoir de couper les Polonais de la frontière roumaine. A Przemysl, la défense polonaise est si efficace et agressive que la 2.Gebirgs-Ddivision est contrainte de se mettre à son tour sur la défensive et la ville ne tombe que le 15 septembre. L’effort principal est déployé face aux armées polonaises de Cracovie et de Lodz. Les 15.Armee-Korps de Hoth et le 16.Armee-Korps de Hoepner vont réaliser la percée décisive dans le secteur de Czestochowa. La situation est entendue plus rapidement qu’ailleurs et la percée des Panzer se confirme rapidement.

 La Wehrmacht entre dans Lodz

Le 8 septembre, Rydz-Smigly lance une contre-attaque menaçante de la Bzura vers le sud-est. La bataille est indécise et von Rundstedt est contraint de détourner une grande partie de son effort vers Varsovie pour parer à cette menace. Le 9 septembre la 4.Panzer-Division tente de s’emparer de la capitale. Les défenseurs polonais résistent avec l’énergie du désespoir et, très vite, les Panzer sont isolés et les pertes sont conséquentes : sur les 120 blindés engagés, seuls 57 sont encore opérationnels ! Si la capitale est provisoirement sauvée, la situation générale n’est guère brillante pour les Polonais.

Tandis que les défenseurs de Varsovie se renforcent, le 19.Armee-Korps de Guderian s’oriente vers le sud-est, en direction de Brest-Litovsk, afin de se prémunir de toute tentative de rétablissement polonais à l’est de Varsovie, sur le Boug. Le 14 septembre, les Panzer de Guderian forcent la ligne des forts de Brest-Litovsk et la cité est investie le lendemain. La citadelle est finalement prise le 17 septembre. Ce même jour, Staline envahit à son tour la Pologne : les Polonais savent désormais que tout espoir est perdu.

Des soldats allemands à Dantzig

Les fortifications de Varsovie sont solides et les combats de rues ne peuvent que s’avérer très coûteux en vies humaines. Le déploiement prend du temps et ce n’est que le 23 septembre qu’intervient la Luftwaffe. En dépit de la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent, les Polonais ne manquent pas de mordant. Les combattants allemands doivent souvent se battre maison par maison pour avancer dans les décombres de la ville. Néanmoins, les Polonais atteignent les limites de leurs ressources et Varsovie capitule le 27. Quelques combats ont encore lieu dans le pays jusqu’au 6 octobre.

   

Soviétiques et Landser établissent la jonction…

Cette courte guerre a coûté aux Polonais 66 000 morts, 133 000 blessés et environ 600 000 prisonniers. De son côté, l’armée allemande ne compte que 10 500 tués, 30 000 blessés et 3 500 disparus. En outre, la Wehrmacht accuse la perte de pas moins de 674 Panzer (dont 218 irrécupérables), 319 blindés, 200 canons, 6 000 camions et 564 appareils (285 détruits et 279 endommagés). Les Soviétiques, impliqués tardivement dans la lutte, ne compte que 1 000 tués et 2 000 blessés. La campagne de Pologne fut donc une « Blitzkrieg », une guerre éclair, rapide et peu meurtrière en regard des massacres de la guerre précédente. Néanmoins, le succès allemand ne doit pas masquer d’importantes zones d’ombre. Les troupes n’ont pas toujours été à la hauteur et certaines unités manquent singulièrement d’entraînement. Certaines armes semblent plutôt inefficaces comme les Panzer I et II et le canon antichar Pak 36 de 37 mm. Plus grave, les réserves de munitions sont épuisées et les stocks doivent être recomplétés avant d’envisager quoi que ce soit à l’Ouest.

 

 

LA CAVALERIE POLONAISE

L’élément caractéristique de l’armée polonaise de 1939 demeure l’importance et le prestige de la cavalerie : 210 escadrons en 3 régiments de légère, 27 de lanciers et 10 de chasseurs à cheval. Trop vulnérables, les 11 brigades formées par ces régiments vont vite faire l’amère expérience des limites de leur possibilités tactiques dans le cadre d’une guerre moderne et motorisée. Les officiers généraux polonais estiment cependant que leur cavalerie est la meilleure du monde. En fait, ces formations sont les seules à être vraiment mobiles au sein de l’armée polonaise mais elles sont malheureusement obsolètes, les moyens en matière d’artillerie et de pièces antichars étant particulièrement insuffisant avec moins de 20 pièces de dotation. L’image d’Epinal des cavaliers chargeant les Panzer sabre au clair doit être effacée des mémoires : depuis la guerre de Sécession, les charges de cavalerie s’avèrent en générale impossible devant le développement de la puissance de feu de l’infanterie et de l’artillerie et ne peut mener qu’au massacre, à quelques exceptions près. De toute façon, le rôle du cheval est avant tout de permettre le déplacement rapide du cavalier qui combat ensuite à pied.

 

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