Campagne Tunisie/Tunisian Campaign (5) 5.Panzerarmee (II)

schwere Panzer-Abteilung 501 (novembre 1942)

 

 La légende du Tiger débute en Tunisie en 1942

     

 Tiger des deux Abteilungen engagés en Tunisie

Kommandeure

10 mai 1942 – 28 février 1943 : Major Hans-Georg Lüder

28 février 1943 – 17 mars 1943 : Commandement par intérim

17 mars 1943 – 12 mai 1943 : Major August Seidensticker (POW)

 

Mise sur pied en mai 1942, la schwere Heeres Panzer-Abteilung 501 doit initialement renforcer l’Afrika Korps de Rommel en Egypte avec 20 Tiger Porsche (Panzer VI (P) ). Les événements de novembre 1942 vont en décider autrement : la victoire de Montgomery à El Alamein puis le lancement de l’opération « Torch » en Afrique du Nord poussent l’OKW à affecter la schwere Heeres Panzer-Abteilung 501 à la tête de pont de Tunisie en cours de constitution. L’unité est alors loin d’être pleinement opérationnelle et la dotation – des Tiger I Henschel tropicalisés ainsi que des Panzer III Ausf. N – est encore incomplète. Ce n’est que le 23 novembre que les trois premiers Tiger sont déchargés dans le port de Bizerte. Les autres Tiger de l’unité seront acheminés par ferries Siebel (Marinefährprahm) dûment hérissés de pièces de Flak. Les arrivées sont toutefois échelonnées (la 2e compagnie participe à l’occupation de la Zone Libre et Henschel a pris du retard dans ses livraisons). C’est ainsi que le dernier Tiger débarque en Afrique le 24 janvier. L’unité dispose au total de 20 Tiger et de 25 Panzer III.

 

 Image colorisée d’un Tiger I en Tunisie

Le premier engagement a lieu dans le secteur de Tébourba dans le cadre du Kampfgruppe Lüder et du Kampfgruppe Djedeida. Menés par l’Hauptmann von Nolde, les Panzer du bataillon combattent en direction de Tébourba le 1er décembre. Les Tiger, soumis à des tirs d’artillerie, affrontent pour la première fois des tanks adverses, des M3 Lee dissimulés dans une oliveraie. Le combat est donc mené à très courte portée sans que les Américains ne parviennent à détruire un blindé allemand. Deux M3 à mettre au crédit des hommes de Lüder. Nolde est cependant tué par un obus qui l’a surpris à découvert. Le soir venu, des Panzergrenadiere assurant le contrôle du terrain, les Tiger regagnent leur position d’origine, laissant derrière un des leurs, victime d’une panne. L’attaque reprend le lendemain, cette fois-ci avec un unique Tiger escorté par 5 Panzer III. Six chars M3 Stuart ainsi que quatre pièces antichars et plusieurs véhicules sont incendiés par la schwere Heeres Panzer-Abteilung 501 qui perd ce jour-là son premier blindé définitivement détruit : un Panzer III. Lüder déplore l’absence de Befhelpanzer et insiste sur l’importance de la coopération entre les « lourds » et leur escorte de Panzer III. Le 3 décembre, un Tiger est endommagé par un automoteur américain (les Tanks Destroyers sont alors de simples half-tracks armés de pièces antichars): c’est le premier engin de ce type à être mis hors de combat par les Alliés au cours de la guerre. Le 6 décembre, l’unité parvient à El Bathan à 10h30. Sa mission est de neutraliser des batteries d’artillerie depuis les hauteurs à l’est de la passe de Tébourba. La position est occupée sans coup férir et c’est en obliquant vers le sud pour rejoindre les Fallschirmjäger du FJR 5 de Koch que des colonnes motorisées ennemies sont repérées. Mettant à profit la topographie et leur vitesse, les engins alliés se mettent à couvert et entament le combat. Un Tiger est atteint par un antichar automoteur au niveau du train de roulement mais il reste opérationnel. À la nuit tombée, le secteur fermement tenu avec le renfort des Fallschirmjäger. Alors que la situation semble tourner en faveur des Allemands, quelques éléments de l’unité participent au désarmement de la base navale de Bizerte ordonnée par le General Nehring L’opération, l’Unternehmen « Ferryville », est lancée le 8 décembre. La pluie s’est abattue sur le champ de bataille et c’est sur un terrain détrempé, peu favorable à la manœuvre, que les Panzerschütze de Lüder vont reprendre le combat le 10 décembre dans le cadre de la Kampfgruppe Gehrhardt du Panzer-Regiment 7. L’objectif est le carrefour essentiel de Medjez-el-Bab, prématurément abandonné par Nehring au grand dam de Kesselring. Avec la longue portée de leurs tubes de 8,8 cm et un blindage qui leur assure une quasi-impunité en terrain ouvert, deux Tiger ouvrent logiquement la marche de la colonne qui s’engage vers l’ennemi depuis Massicault. Une première escarmouche réduit à néant quelques blindés en position défensive « hull down ». À 6 kilomètres de Medjez El‑Bab, les Panzer sont toutefois pris à partie par plusieurs batteries d’artillerie ainsi que par des antichars. L’ordre de faire volte-face pour contrecarrer une contre-attaque blindée contre les lignes allemandes plus en amont sonne l’échec de la tentative sur Medjez-el-Bab. Les Panzer parviennent cependant à détruire 12 M3 Stuart sans perte en contrepartie (le 37 mm d’un Stuart n’est pas inoffensif : Lüder rapporte que la tourelle d’un Tiger sera bloquée par un tir fort bien ajusté). Au 31 décembre 1942, la « 501 » dispose de 11 Panzer VI et 16 Panzer III opérationnels.

 

  

Tiger des deux Abteilungen (501 et 504)

Le 18 janvier 1943, si le gros de la Panzergruppe « Lüder » (cinq Tiger et dix Panzer III) sont conservés en réserve au sud de Pont-du-Fahs, deux Panzer-Kampftrupps comptant chacun deux Tiger et deux Panzer III sont envoyés en renfort au Gebirgsjäger-Regiment 756 de la 334. ID. Opérant dans le cadre de l’opération « Eilbote I », la mission est d’ouvrir la passe située à l’est du djebel Masseur au Kampfgruppe « Weber ». Gebirgsjäger et Panzer s’attaquent aux positions défensives adverses. L’habile combat mené par les défenseurs et des champs de mines gênent cependant la progression et il faudra un renfort de Tiger et de Panzer III et davantage de Pioniere pour forcer le passage. La passe est contrôlée en fin d’après-midi. Les pertes s’élèvent à deux Tiger (les premiers touchés depuis un mois et demi !), et deux Panzer III. Un des Tiger est endommagé à la suspension, au train de roulement et à la transmission tandis que la boîte de vitesses du second a lâché. Les combats se poursuivent jusque dans la nuit, le carrefour routier situé au sud de la passe de Kebir étant atteint à minuit. Les mines causent de nouveaux soucis le lendemain puisque deux Tiger en sont les victimes. Faute de pièces détachées disponibles, les Panzerschütze doivent se résigner à en saborder un. Un nouveau carrefour est cependant sécurisé et atteint ce jour-là. Le 20 janvier, l’attaque reprend et se poursuit la nuit face à un adversaire déterminé. Comme à Medjez-el-Bab, les Tiger ouvrent la voie, parfois avec des grappes de Panzergrenadiere juchés sur leurs superstructures, avec l’essentiel des fantassins toutefois montés à bord des Sdkfz 251 qui suivent à distance raisonnable. L’encerclement des forces françaises positionnées dans le secteur est réalisé avec la prise de contrôle du Djebel Halfa. « Eilbote I » est donc un succès mais les Tiger ont subi des pertes et, trop sollicités, la mécanique est usée de sorte que la plupart des engins sont en atelier.

Le 31 janvier 1943, le bataillon est engagé dans l’opération « Eilbote II ». L’attaque en tenaille depuis le sud du lac Kebir lancée par la Kamfgruppe Weber dans le but de rétablir la ligne de front de la division italienne « Superga » est un échec. Le « 501 » subit sa première perte définitive due à un tir antichar : la cuirasse d’un Tiger est percée et l’engin est incendié (certaines sources indiquent le 22 janvier pour cette perte). Le bilan s’alourdit quand un deuxième « lourd » doit être sabordé après avoir été endommagé par des mines. Au cours de cet engagement désastreux, le bataillon est réorganisé en une dizaine de Tiger-Gruppen, des groupements tactiques blindés articulés autour d’un Tiger. C’est donc en ordre dispersé que sont engagés les « lourds », au détriment de la puissance de feu et de choc ainsi que de la possibilité de manœuvrer sous le couvert de tirs de soutien que confère l’engagement dans le cadre d’un zug.

La 1. Kompanie de la schwere Panzer-Abteilung 501 rachète la réputation des Tiger au cours de la première phase de l’opération « Frühlingswind », qui va déboucher sur la fameuse bataille de Kasserine. Le 14 février 1943, 44 blindés du 3rd Battalion du 1st Armored Regiment sont détruits près des pentes du Djebel Lessouda. 15 sont revendiqués par les Tiger. Les pertes sont encore plus désastreuses pour les Américains le lendemain mais les Tiger ne sont plus en lice. Rommel, qui a frappé de son côté dans le secteur de Gafsa avec un Kampfgruppe de l’Afrika Korps, est d’avis d’exploiter sans délai vers l’ouest, en direction de Tébessa. Arnim, qui ne partage pas ces vues, renâcle à obéir à ses supérieurs qui lui enjoignent de mettre les 10. et 21. Panzer-Divisionen à disposition du « Renard du Désert ». Pis, il gardera les Tiger par devers lui. L’absence des « lourds » et d’une partie de la 10. Panzer au-delà de Kasserine aura des conséquences funestes pour l’offensive allemande. Le 17 février, une compagnie de Tiger est déployée dans le secteur de Zaghouan et la seconde combat dans les environs de Pont-du-Fahs.

Arnim entend en effet utiliser ces Tiger dans l’offensive qu’il projette dans le nord tunisien. Renforcé par 15 Panzer IV G, le bataillon de Lüder, soit 14 Tiger et 15 Pz III N, devient le III/ Pz-Rgt 7. C’est au sein du Kampfgruppe Lang que, quelques jours plus tard, le 26 février, le « 501 » participe à l’opération « Ochsenkopf ». La défense britannique est coriace. La poussée des Tiger au-delà de Sidi Nsir tourne au drame au niveau du « Hunt’s Gap ». Le Kampfgruppe Lang doit compter avec un handicap tactique de taille: le terrain, détrempé, est désormais trop boueux pour autoriser un déploiement des véhicules en dehors des axes de communications (une mésaventure qui n’est pas sans rappeler les combats menés pour Medjez-el-Bab en décembre 1942). De nombreux Panzer sont victimes de pannes mécaniques, endommagés par des mines ou mis hors de combat par les tirs précis des antichars. L’attaque est stoppée sous les tirs concentrés de l’artillerie et des antichars. 7 Tiger, incendiés, embourbés ou peut-être bloqués par un fossé antichar, sont abandonnés au cours de l’assaut. Essayant d’éviter les tirs antichars des Britanniques, plusieurs Tiger se sont en effet enlisés avec leurs 56 tonnes dans la boue qui inonde le terrain. Les tankistes subissent de lourdes pertes en évacuant leurs chars. Les sapeurs anglais ont tôt fait de placer des charges de démolition sur les monstres d’acier impotents afin d’empêcher toute récupération par les Allemands au cas où ces derniers parviendraient in fine à emporter la position du « Hunt’s Gap ». Selon les Allemands, les Tiger auraient sabordés par leurs propres troupes après que les équipes de dépannage aient reçu l’ordre de ne pas récupérer les blindés… Le 1er mars 1943 est donc un désastre pour la Panzerwaffe. Jamais aucune unité de Tiger n’avait subi de revers aussi cinglant jusqu’alors: un événement de nature à remettre en cause le mythe d’invincibilité et la phobie du Tiger qui commencent à se répandre dans le camp allié. Le 17 mars, selon ses revendications, le bataillon a détruit 150 chars alliés depuis son entrée en lice en décembre 1942. En date du 28 mars, on ne dénombre que deux Tiger et cinq Panzer III opérationnels. Le bataillon reste sur la défensive dans le secteur nord. A la mi- mars, les Tiger et les Panzer III encore en lice sont intégrés à la schwere Panzer-Abteilung 504. C’est donc dans le cadre de cette dernière unité qu’évoluent les restes du « 501 » jusqu’à la capitulation finale en Tunisie. Le 13 avril, l’ex-« 501 » aligne 8 Tiger, 7 Pz III N et 4 Pz III L opérationnels. Début mai, les lignes de communications sont définitivement coupées. Tous les chars ne pouvant être remis en état, y compris les Tiger, sont sabordés à l’explosif. Le 12 mai, les débris de la schwere Panzer-Abteilung 501 se rendent aux Britanniques.

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