Campagne Tunisie/Tunisian Campaign (7) Armored Units

La Tunisie et l’entrée en lice des US Armored Divisions

Le 8 novembre, quatre jours après que Rommel ne soit contraint à la retraite à El Alamein, les Alliés débarquent en Afrique du Nord française. Echouant dans leur tentative de conquête rapide de la Tunisie, ils doivent mener une difficile campagne de six mois sur un terrain souvent accidenté peu propice à l’évolution des blindés. Les Britanniques y engagent la 6th Armoured Division au sein de la 1st Army. Certains de ses éléments forment l’ossature de la Blade Force, chargée de foncer au plus vite vers Tunis et Bizerte. L’échec de l’entreprise est patent. Comme d’accoutumée, les combattants allemands et leurs Panzer se montrent tactiquement un cranc au-dessus des formations blindées britanniques.

La Blade Force contient également une comoposante américaine, en l’occurence le CCB de la 1st US Armored Division.   Lorsque l’US Army intervient en Afrique du Nord en novembre 1942, elle a disposé de plus de deux ans pour se préparer au conflit, étudier et assimiler les tactiques qui ont mené la Wehrmacht à la victoire et mettre au point une doctrine militaire cohérente. Si la composition d’une Armored Division s’inspire d’une Panzer-Division d’avant-guerre, l’organisation et la doctrine diffèrent sensiblement car les Américains entendent engager leurs unités en Combat Commands, groupes interarmes similaires aux Kampfgruppen, le char restant considéré comme étant la principale arme de la division. C’est ainsi que s’il y a 3 bataillons d’infanterie et 3 d’artillerie dans une division blindée, cette dernière compte en revanche 6 bataillons de chars. S’il doit y avoir à l’origine deux Combat Command, la 1st US Armored en compte quatre au moment de la bataille de Kasserine. L’emploi de la division blindée se doit d’être à l’image de la cavalerie. Il s’agit avant tout d’une arme offensive, destinée à l’exploitation d’une percée. La rapidité, la concentration et la surprise sont des facteurs clés. Il s’agit de s’enfoncer dans les arrières de l’ennemi et de menacer ainsi ses voies de communications, ses centres de commandement et ses lignes de ravitaillement. Les unités de chars, très mobiles, sont destinées à l’exploitation et au soutien de l’infanterie et doivent éviter la confrontation avec leurs homologues allemands. Ce sont les Tank Destroyer et les canons antichars qui ont la charge d’anéantir les formations de Panzer. Plusieurs éléments doivent être pris en considération en ce qui concerne le matériel engagé. Le bazooka, disponible en quantité, puisque la dotation théorique se monte à 197 au sein d’un Armored Regiment en mars 1942. En outre, le régiment d’artillerie comprend des automoteurs M7 Priest. Paradoxalement, les divisions blindées américaines engagées en Afrique n’ont pas profité du Desert Training Center, établi dans le désert de Mojave, dans le sud-californien, où les troupes disposent de vastes étendues et subissent un entraînement réaliste sous la férule de Patton. Le manuel d’instruction américain est dépassé. Il ne tient pas compte de la nécessité d’affronter le rideau antichar allemand et accorde peu de place au combat entre chars. Il ne tient pas compte des leçons tirés des wargames de 1941. Il ne prend pas en compte la nécessité de la combinaison interarme en dépit de l’existence de Combat Command. La rapidité et l’agressivité ont souvent mené à trop d’audace. Les unités ont tendance à foncer sur les lignes ennemies sans reconnaissance adéquate et s’appuient trop sur le mouvement plutôt que sur leur puissance de feu pour vaincre les Panzer. Les Allemands savent qu’un ennemi qui se presse dans le désert est visible de loin à cause de la poussière et laisse le temps de se préparer à le recevoir. Ils préfèrent une avance méthodique, sous le couvert de chars et d’antichars.

La bataille de Tebourba de decembre 1942 et le désastre consécutif subit à Medjez el Bab ne sont pas de nature à encourager les tankistes américains. Après cette mésaventure, il ne reste plus que 44 chars au CCB, soit à peine le quart de ses effectifs initiaux. Si le CCB perd la plupart de ses blindés en décembre 1942, il gagne en expérience. Fin janvier, le CCB affronte l’ennemi pour le contrôle de cols essentiels. Les combats sont rudes, y compris face aux Italiens, mais les Alliés parviennent à reprendre pied sur certains djebels et contrôler à nouveau l’importante route de Pichon. Un succès certes limité, mais le premier pour les Américains du CCB de la 1st US Armored Division. Début février, la division blindée de Ward dispose d’une dotation presque complète en blindés après avoir dépouillé la 2nd Armored Division stationnée au Maroc d’une partie de ses tanks. Début février, la 1st Armored Division aligne donc 287 chars, soit 202 Sherman et Lee et 85 Stuart. Début 1943, la division est dispersée pour défendre un large front, à l’opposé de la doctrine américaine qui veut que les chars soient concentrés et en dépit du fait que la division blindée manque de fantassins pour assurer une édfense efficace et longue. CCB sous les ordres de la 1st Army autour de Maktar, CCA tient Sidi Bou Zid, QG et réserves à Sbeitla, CCC à Hajeb el Aioune pour soutenir les Français et CCD dans le secteur de Feriana et Gafsa pour soutenir la 1st US Infantry Division. C’est dans cette configuration que la division est surprise et saignée à blanc par l’offensive allemande qui entrera dans la postérité sous le nom de bataille de Kasserine. Plus de 100 blindés americains sont perdus dès le premier jour face à une démonstration de la Blitzkrieg sur une US Army inexpérimentée qui multiplie les erreurs tactiques. La victoire est finalement obtenue à l’arrachée, avant tout en raison des difficultés logistiques et du manque de coordination au sein des forces de l’Axe. La 1st US Armored est remise sur pied après Kasserine avec du personnel et des engins blindés de la 2nd US Armored Division et des autres bataillons indépendants. La 2nd Armored Division est en effet affecte au 1st Armored Corps de Patton en Tunisie avec 6 à 7 bataillons de chars au Maroc et en Algérie dans deux Tanks Groups.

A El Guettar, en mars, les Américains, affrontent victorieusement la 10. Panzer. Mais ce succès est avant tout celui des Tanks Destroyers et la 1st US Infantry Division. Contrairement à ce qu’il en a été pour les Britanniques, les Américains assimilent vite les leçons. La majeure partie des combats en Tunisie en mars-mai ne concerne pas beaucoup la 1st Armored Division en raison du relief montagneux, mis à part l’exploitation sur la plaine côtière au nord. La fin de la campagne ne sera plus le cadre de grands affrontements de blindés.

Si l’écrasement de la 26th Armoured Brigade britannique au cours de la bataille de Kasserine ne montre toujours pas la marque de la moindre subtilité tactique, la 1st Armoured Division participe au contournement da la ligne Mareth. Hormis le terrain situé entre l’oued Akarit et Enfidaville, il faut attendre la percée de l’ultime ligne de défense de l’Axe début mai 1943 pour observer enfin une reprise des opérations mobiles d’exploitation par les divisions blindées alliées.

 Un Sherman de l’armée britannique: à partir de la campagne de Tunisie, le tank de facture américaine est désormais le cheval de bataille des forces blindées alliées.

 

Effectifs de la 1st US Armored Division en Tunisie

La dotation théorique est de 830 officiers, 13 850 hommes, 158 chars légers M3 Stuart, 232 chars moyens, M3 Lee ou M4 Sherman, 119 automitrailleuses et Scout Cars M3, 604 Half-tracks M2 et M3, 54 Priest, 42 75mm Assault Gun, 126 SP AT Gun, 68 antichars de 37 mm. Les pertes sont nombreuses des le mois de decembre 1942. Les effectifs en chars de la division en Tunisie sont les suivants: 84 le 9 décembre 42, 328 le 29 janvier, 250 le 14 février, 173 le 19 février, 298 le 24 mars.

 

 

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