18 juillet 1944

Il y a 75 ans: 18 juillet 1944. Libération de Saint-Lô et de la rive droite de Caen. Montgomery lance l’opération Goodwood. La bataille de Caen est loin de correspondre à l’image que l’Anglais en a donné après la guerre. Voir « Invasion! » @Ed_Tallandier et « Alarm! »@EdOuestFrance

Pour la controverse -qui de Rommel ou de Montgomery l’emporte sur l’autre-, voir mes HS N°42 de « 2e Guerre Mondiale Magazine » : « La bataille de Caen. Rommel/Montgomery : le duel » et Thématique N°45 : Controverses du Jour J et de la bataille de Normandie (en kiosque)

Livres sur El Alamein

14 LIVRES A LIRE SUR EL ALAMEIN

La bataille, dont j’ai arpenté le site sous le soleil de plomb égyptien, est mythique et elle a donné lieu à de nombreux ouvrages de qualité, particulièrement, en s’en doute, en langue anglaise.

Pour appréhender l’intégralité de la bataille, il faut acheter en priorité : Barr et Buffetaut (mais d’autres livres méritent l’achat: cf ci-dessous).

 

LE MEILLEUR LIVRE SUR LA BATAILLE EN LANGUE ANGLAISE

L’ouvrage que je recommande tout particulièrement est celui de Niall Barr, de loin le plus complet et le plus abouti et très agréable à lire. Les conditions de la bataille, et notamment la situation moins connue de la fin juin et du début du mois de juillet 1942 sont passionnants, ainsi que les détails précieux donnés sur les trois batailles (1ère bataille d’El Alamein, bataille d’Alam Halfa et 2e bataille d’El Alamein) en font une référence. Les sources sont variées et sérieuses, les données chiffrées intéressantes. L’un des intérêts est qu’il ne s’agit aucunement d’une hagiographie de Montgomery. Le rôle d’Auchinleck est, à mes yeux, bien remis à sa juste valeur.

 

3 LIVRES POUR TROIS BATAILLES

Avant d’aborder le cas des quelques livres disponibles en français, quelques livres à recommander :

 

Pour la 1ère bataille d’El Alamein :

L’ouvrage de Bates, un témoin des faits, s’attarde sur la première bataille d’El Alamein. Comme chez Barr, les détails et la réflexion sur la situation stratégique de juin-juillet 1942 sont très intéressants. Nous n’avons là que le récit de la 1ère bataille d’El Alamein, au cours de laquelle l’auteur fut capturé. Mais cette bataille plus méconnue que celle menée par Montgomery, mérite qu’être étudiée, car elle est beaucoup plus décisive.

 

 

Pour la bataille d’Alam Halfa :

Cet ouvrage est très en faveur de Montgomery mais il est particulièrement intéressant pour le tableau de la situation et les plans établis avant Alam Halfa, esquissant une comparaison Auchinleck/Monty à ce propos, quoique pas forcément pertinente, mais à lire en parallèle avec d’autres textes sur le même sujet. Le récit se poursuit jusqu’à Tunis : il ne faut donc pas bouder son plaisir !

 

Pour la 2e bataille d’El Alamein :

El Alamein, bataille de soldats, écrit par C.E. Lucas Phillips. Un récit complet et réussi selon le point de vue britannique, de nouveau par un vétéran et témoin des faits. Si les deux premières batailles sont rapidement expédiées, la seconde bataille d’El Alamein est expliquée en détail, notamment ses préparatifs et la question épineuse de la neutralisation des champs de mines.

 

 

 

3 LIVRES ECRITS PAR DES AUTEURS FRANCAIS

 

           

Les lecteurs francophones ont la chance d’avoir trois ouvrages à leurs dispositions : par ordre de parutions, celui d’Yves Buffetaut (Histoire & Collections), de 160 pages, celui de François de Lannoy (Heimdal), également de 160 pages, et celui de Cédric Mas (Heimdal/Uniformes) d’environ 110 pages.

Ces trois livres sont très bien illustrés, tous avec des clichés fort différents (celui de C. Mas se distingue par son iconographie exceptionnelle et inédite). Les cartes sont nombreuses (un peu moins chez Buffetaut mais ce dernier bénéficie des superbes profils de véhicules de Jean Restayn), superbes dans celui de C. Mas. Ces livres se complètent donc et les propos sont sérieux. De Lannoy passe rapidement sur la 1ère bataille d’El Alamein, alors que Buffetaut lui accorde près de la moitié de son texte. En revanche, le premier est le seul à envisager la retraite jusqu’en Tripolitaine. Mas n’accord également que peu de détails au déroulement de cette 1ère bataille. Dans les trois livres, de longs passages sont accordés aux préparatifs des offensives et à la présentation des armées. On préférera nettement la prose de Buffetaut.  Le récit de Mas, qui se veut plus savant (bien que les lecteurs habitués aux travaux en langue anglaise n’y trouvera guère d’informations nouvelles, mais les infos sont très éclairantes pour les autres), bien que marqué par une inclinaison par trop marquée pour Montgomery (cf certains passages de la biographie du même auteur chez Economica quoique l’ouvrage ne soit sans intérêt), est toutefois solidement étayé.

Le meilleur livre en français est celui de Buffetaut. Mais, faute de pouvoir acquérir son ouvrage désormais épuisé, les deux autres, qui ne font pas double-emploi : le mieux étant de se les procurer tous.

 

Enfin, les lecteurs pourront se référer aux longs chapitres que je consacre à la grande bataille dans mon livre, L’Afrikakorps. L’armée de Rommel, publié chez Tallandier en 2013, ainsi que dans mon Rommel paru chez Perrin en 2018. Ils y trouveront de nombreuses informations et réflexions, ainsi qu’une présentation inédite des enjeux de la bataille : quid de la défense de l’Egypte et des conséquences d’une invasion du pays par Rommel ?

 

7 LIVRES POUR DES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Une fois ces premières lectures effectuées, un lecteur passionné peut aller plus loin.

Un livre relativement concis (240 pages tout de même), mais à lire. Jacobs donne pourtant des chiffres douteux : 500 000 soldats italiens en Libye en juin 1940, 278 tanks britanniques détruits pendant l’opération « Crusader »… Cela n’enlève rien à l’intérêt de ce livre. La bataille est abordée par des thèmes, parfois originaux :

-The War in North Africa, 1940-43:an overview of the role ot the Union of South Africa par James Jacobs
-Training the troops: the Indian army in Egypt, Eritrea and Libya, 1940-42 par Alan Jeffreys
-The part we played in this show, Australians and El Alamein par Peter Stalney
-Non Model Campaign: the Second New Zealand Division and the battle of El Alamein, october-December 1942 par Glyn Harper
-The Free French in the Battle for North Africa, 1942:Military Action and its political presentation par Rémy Porte
-Between History and Geography: the El Alamein Project:Research, Findings, and Results par Aldino Bondesan
-Silent Service: The Royal Navy and the Desert Victory par Nick Hewitt
-Feeding the Fortress: Malta, Summer 1942 par Thomas Scheben
-The Highest Rule:Rommel as Military Genius par Antulio J. Echevarria II
-High Command in the Desert par Niall Barr
-Alexandrians Tell their Story: Oral narratives of the War in North Africa 1940-43 par Mohamed Awad and Sabar Hamouda
-The Battle of El Alamein: Impressions of a young Schoolboy in Alexandria par Harry Tzalas

 

 

The Phantom Army of El Alamein : Un très bel ouvrage de Rick Stroud sur les manœuvres de déception au cours de la bataille, à commencer par l’opération « Bertram ».

El Alamein : Great Battles, par Simon Ball : Une belle petite surprise que cet ouvrage. Ce livre traite de la postérité de la bataille, de la légende forgée depuis 1942 (à ce propos voir aussi La légende de Montgomery par R.W. Thompson. Il est certes question de tactique et de stratégie, mais on aborde aussi la couverture par la presse, les maisons d’édition ainsi que le cinéma.

 

Combat and Morale in the North African Campaign. The Eighth Army and the Path to El Alamein de Jonathan Fennel est certes un véritable travail d’historien basé sur des sources sérieuses. L’auteur met en valeur l’importance du moral mais semble y accorder une place démesurée et Montgomery apparaît alors comme le seul général qui aurait eu la capacité d’avoir un impact décisif en ce domaine. La somme de travail de Fennell reste cependant impressionnante et son propos ne manque pas de pertinence à l’occasion.

 

 

 

     

Forgotten Voices : Desert Victory de J. Thompson et El Alamein. The Story of the Battle in the Words of the Soldiers sde J. Sadler ont de beaux compléments aux lectures pré-cités : une fois la bataille bien connue, il est indispensable de lire les témoignages. L’inverse est plus problématique.

 

Terminons par The Men Behind Monty, de Richard Mead. Ce livre très réussi nous plonge dans le fonctionnement d’un état-major, celui de Bernard Montgomery, non sans avoir présenté ce qui avait cours avant lui au sein de la 8th Army, sous le commandement de Claude Auchinleck. Le grand mérite est de dévoiler des méthodes de commandement ainsi que de faire connaître des individus injustement méconnus. Passionnant, d’autant que le « style » Monty et ses réussites est bien mise en avant sans dithyrambisme déplacé.

 

 

Recension rapide de « Le Jour où l’Amérique a vu la guerre » de Cyril Azouvi

Cyril Azouvi, Le Jour où l’Amérique a vu la guerre, Lux, 2015, 141 pages

Un petit bijou que ce petit livre de Cyril Azouvi, fruit d’un véritable travail d’historien et d’une enquête passionnante. A l’heure où le public attend la « guerre à zéro mort », l’auteur, journaliste, nous démontre comment la couverture médiatique de la bataille de Tarawa, le fameux combat mené par les Marines pendant trois jours sur un îlot de l’atoll en novembre 1943, a changé radicalement la manière de montrer la guerre à la population américaine. Cyril Azouvi a eu le privilège de rencontrer Norman Hatch, l’homme qui a bravé les balles japonaises pour nous rapporter les seules images tournées le premier jour de la bataille… à tout le moins les plus crues. La réaction des civils américains aux premières coupures de presse et aux premières images, puis lors de la sortie de films sur le sujet est très instructive. Le gouffre qui sépare le ressenti et le vécu des soldats de « ceux de l’arrière » est parfaitement mis en exergue. Outre son enquête, l’auteur n’oublie pas de nous narrer la bataille et de nous fournir des témoignages poignants. Cyril Azouvi répond ensuite à des questions pertinentes: « Hiroshima, fille de Tarawa »? « Payer le prix de la victoire? » L’introduction est excellente et donne le ton des pages qui suivent. Un texte très actuel qui nous interroge sur notre rapport à la guerre. Une belle lecture captivante (servie par un texte bien écrit).

Recension « De la Terreur à la Lune » de Hugues Wenkin

Hugues Wenkin, De la Terreur à la Lune. La saga des armes secrètes d’Hitler, Weyrich/Pierre de Taillac, 2019, 230 pages

Hugues Wenkin poursuit sa série de livres de qualité consacrés à la Seconde Guerre mondiale. En cette année du cinquantième anniversaire de l’arrivée des astronautes de Apollo 11 sur la Lune, l’auteur nous narre les prémices de la conquête spatiale, à savoir la mise au point d’armes secrètes -les armes de « représailles » pour Goebbels- par l’Allemagne nazie. Un livre richement illustré : les photographies sont nombreuses et, surtout, les dessins superbes, et très didactiques. Hugues Wenkin nous raconte par le menu la genèse et le processus de fabrication des armes « V », au centre desquels on retrouve évidemment Dornberger et von Braun. Les difficultés diverses (à commencer par un Hitler bien dubitatif à l’origine), l’incroyable site de Peenemünde, mais aussi les difficultés qui ont dû être résolues par les ingénieurs et techniciens (et l’auteur rentre dans des détails très techniques), l’enfer de Dora (que j’ai visité en compagnie d’anciens déportés du sinistre camp lorsque j’étais à la Fondation pour la Mémoire de la Déportation-FMD): rien n’est oublié. Les bunkers spéciaux et autres zones de lancements sont également abordés, à commencer par le site dit « La Coupole » (où travaille mon ancien collègue à la FMD, Laurent Thiery). La seconde partie de l’ouvrage s’attache à décrire les contre-mesures prises par les Alliés (le passage qui a le plus retenu mon attention), ainsi que l’engagement opérationnel  des armes « V », plus connu par les passionnés. Hugues Wenkin termine par un bilan: « Les armes secrètes, quel bilan devant l’Histoire? » La dernière image montrant un von Braun tout sourire en compagnie du président Eisenhower, alors que l’Allemand entame une seconde carrière après avoir servi la pire des dictatures, est à mettre en parallèle avec la photographie qui précède, illustrant l’horreur concentrationnaire. L’amateur appréciera le titre en clin d’oeil à Jules Verne… Un livre passionnant et instructif.

 

Recension de « Les italiens sur le front de l’Est » de David Zambon

David Zambon, Les italiens sur le front de l’Est, Lemme Edit, 2019, 117 pages 

Voila un livre dont la lecture me semble indispensable (je pèse mes mots) pour tout passionné de la guerre germano-soviétique (la bien mal nommée). Un sujet original fort bien traité par un spécialiste de l’armée italienne (ce qui est rare): David Zambon. Les éditions Lemme Edit ont eu le courage de publier sur une armée qui est loin d’être celle qui intéresse le plus l’amateur de la Seconde Guerre mondiale (ce qui est une erreur car cette armée est incontournable pour la compréhension de plusieurs théâtres des opérations). Un ouvrage novateur et sortant des sentiers battus, notamment sur le front de l’Est et sa litanie de texte sur les combats de la Wehrmacht. L’auteur, qui maîtrise parfaitement l’italien, puise aux sources le plus sérieuses et ne commet pas l’écueil de verser dans un contenu dithyrambique en faveur du Regio Esercito (l’armée royale italienne). Les carences de l’armée italienne sont bien admises et expliquées. Au-delà de la narration de combats souvent peu connus, on apprécie au plus haut point tout ce qui concerne les rapports avec les Allemands, mais aussi et surtout les Soviétiques, prisonniers comme civils. On découvre combien les horreurs commises par la Wehrmacht et la SS ne sont pas de cours chez les Italiens (qui ont pu être brutaux ailleurs, comme dans les Balkans), bien que l’antisémitisme officiel soit de plus en plus évident et marqué dans le fascisme au fil des années (sans déboucher pour autant sur l’équivalent de la Shoah). On découvre combien la soumission aux desiderata allemand (dans une sphère qu’ils se réservent) limitent les possibilités des Italiens, notamment en terme de butin économique. Ma grande découverte fît celle des relations italo-soviétiques avant la guerre. Au final un très beau texte, limpide et bien écrit, qui apporte beaucoup à la compréhension du conflit. J’espère qu’il y aura un opus sur l’Afrique du Nord et, pourquoi pans un autre sur l’Afrique orientale.

 

News

Belle recension de Rémy Porte de « Etre soldat de Hitler » aux @EditionsPerrin , Merci à lui.
http://guerres-et-conflits.over-blog.com/2019/07/sociologie-militaire-allemande.html

News

De nouveau une recension sympathique de mon « Etre soldat de Hitler » paru aux éditions Perrin, cette fois-ci par « Hebdoscope »

Etre soldat de Hitler

Voir aussi:

Être soldat de Hitler. Benoît Rondeau.

Être soldat de Hitler (Perrin, 2019)

Recension « Le sacrifice des Fallschirmjäger. Tome 1. Du 26 juillet au 5 août 1944″de Didier Lodieu

Didier Lodieu, Le sacrifice des Fallschirmjäger. Tome 1. Du 26 juillet au 5 août 1944, Editions Poche de Falaise-Chambois-Didier Lodieu, 2019

Les Fallschirmjäger en Normandie: de quoi attirer l’amateur… Et ce d’autant plus que la période considérée est moins étudiée que d’autres: il ne s’agit ni de Carentan, ni de Saint-Lô, ni du Mont Castre, mais de la période entre « Cobra » et la prise de Vire, dans une zone souvent délaissée dans les narration de ces deux semaines de combats en Normandie. Les combats restent très durs et l’armée allemande est loin de s’écrouler…

Didier Lodieu, qui publie à compte d’auteur, nous apprend en introduction qu’il s’agit là de sa dernière publication (chacune d’elle s’avère fort coûteuse). L’auteur nous a gratifié de nombreux ouvrage fort intéressants -et souvent sur des sujets inédits- sur les unités allemandes engagées en Normandie. Il a pour cela rencontré de nombreux vétérans, fouillé les archives, arpenté le terrain. Un travail considérable dont il nous fait profiter. Ce nouvel opus, consacré aux « Diables Verts » de Meindl est remarquable. Outre une intéressante iconographie (toujours originale et abondante, selon les habitudes de l’auteur), le texte nous emmène dans l’enfer de la bataille de Normandie. Didier Lodieu est un des rares auteurs qu’il est facile de suivre lorsqu’on touche au niveau tactique, voire sub-tactique (si l’on peut dire) des opérations. On a l’impression d’assister au combat et nombre de petits détails rendre le récit très vivant. Les témoignages des vétérans participent de ce réalisme. Les légendes des photographies ne sont jamais anodines ni bâclées: c’est toujours l’occasion de signaler un détail intéressant ou de se plonger dans le quotidien des combattants. Didier Lodieu n’oublie pas les adversaires des paras allemands car il est beaucoup questions des GI’s, mais aussi des Tommies, fort bien présentés eux-aussi. Heureusement, il fait le point sur la situation stratégique d’ensemble et les nombreux inserts des souvenirs d’Eugène Meindl sont ici les bienvenus. L’amateur appréciera aussi qu’il est question d’autres unités allemandes, à commencer par la très peu étudiée 363. ID.

J’ai eu à plusieurs reprises à déplorer que Didier Lodieu ne prenne pas assez de distances avec les témoignages des soldats allemands interrogés. Il ne verse pas dans cette écueil ici comme en témoigne une légende de photographie: « Dans ce Reich qui les rongeait, et cette misère idéologique qui les a gangrenés, ils ne savaient pas non plus que leur cause était perdue, car ils s’étaient rangés du mauvais côté ».

Un bon livre qui m’a procuré un bon moment de lecture (comme toujours avec cet auteur) sur une de mes campagnes préférées -la bataille de Normandie- et à propos des troupes parmi les plus fascinantes de la guerre, à savoir les Fallschirmjäger. A lire par tous les passionnés. Pour les autres, une mise au point préalable sur la campagne est sans doute nécessaire pour mieux en profiter (en lisant par exemple mon Invasion!, qui raconte toute la bataille de Normandie selon le point de vue allemand). J’attends avec impatience la suite…

Le livre est à commander auprès de l’auteur : didier-lodieu.fr

Recension de « Hitler et la mer » de François-Emmanuel Brézet, Perrin, 2019

 

François-Emmanuel Brézet, Hitler et la mer, Perrin, 2019, 362 pages

L’avantage avec François-Emmanuel Brézet est que non seulement il est incontestablement un spécialiste de son sujet de prédilection, à savoir la marine allemande, mais encore que ses livres ne font jamais double-emploi avec le précédents. Ce Hitler et la mer est absolument à lire en sus de Dönitz et d’Histoire de la Marine allemande, 1939-1945 du même auteur. Le Reich est une puissance continentale et Hitler, qui vise avant tout à s’assurer d’une espace vital à l’Est et abattre le bolchevisme, espère un temps rester en bons termes avec l’Angleterre. Cette stratégie ne dure qu’un moment, mais, à l’entrée en guerre, la Kriegsmarine n’a pas les moyens matériels de mener une guerre (voir le chapitre sur la reconstruction de la marine), si ce n’est de s’attaquer au commerce et aux voies de communication maritimes de l’ennemi, l’amiral Raeder entendant utiliser tous ses moyens dans une synergie et non concevoir une action mobilisant avant tout les U-Boote. L’auteur nous illustre parfaitement les difficultés auxquelles de heurte la Kriegsmarine tout au long de la guerre, et ce dès le début après sa victoire à la Pyrrhus arrachée en Scandinavie. Le plus passionnant sont les pages -nombreuses- concernant la grande stratégie, notamment les discussions avec l’allié japonais, ainsi que toutes les tractations avec la France de Vichy. Les chapitres qui ont bien entendu retenu le plus mon attention sont ceux concernant la Méditerranée, dont les développement sur la stratégie alternative au front de l’Est esquissée par Raeder. Une mention particulière également pour les chapitres sur la mer Noire et celles menées en mer Baltique, passées souvent sous silence au bénéfice de la bataille de l’Atlantique, qui est évidemment traitée -et avec clarté- par François-Emmanuel Brézet (il faut lire La guerre sous-marine allemande du même auteur).

Belle recension de « Etre Soldat de Hitler » dans le Figaro Magazine

 

Jean Sévillia signe une très belle recension de mon livre dans le Figaro Magazine. Merci à lui.