7 décembre 1941: le jour de l’infamie

Pearl Harbor, 7 décembre 1941 : le jour de l’infamie

Le plan d’attaque contre Pearl-Harbor a été mis au point par l’amiral Yamamoto. L’amiral risque gros en engageant ses six meilleurs porte-avions dans cette entreprise, au détriment des opérations en Asie du Sud-Est. Mais il a compris que la neutralisation de la flotte américaine du Pacifique est la seule manière de gagner les six mois nécessaires aux forces armées japonaise pour s’emparer de tous leurs objectifs. Il sera alors temps de négocier avec les Américains. Connaissant bien les Etats-Unis, il sait pertinemment qu’ils représentent une puissance au formidable potentiel industriel et qu’une guerre de longue durée est nécessairement vouée à l’échec. La flotte des porte-avions japonais est confiée à l’amiral Nagumo. Elle appareille du Japon le 26 novembre 1941. Une autre flotte, constituée de sous-marins, fera office de barrage à l’avant de celle-ci. Le 6 décembre, l’amiral Nagumo apprend avec consternation que les trois porte-avions américains ont quitté Pearl-Harbor et il se demande s’il n’est pas préférable de renoncer à l’attaque. Ses officiers l’encouragent à poursuivre, arguant que 9 cuirassés valent mieux que trois porte-avions. Le lendemain, 7 décembre, à 6h15, la première vague d’attaque des appareils de la flotte de porte-avions japonais s’éloigne des porte-avions Akagi, Kaga, Hiryu, Soryu, Shokaku et Zuikaku. Ces six porte-avions, escortés par quatre croiseurs et neuf destroyers, ont à leur bord 423 appareils. La première vague comporte 183 appareils. Une deuxième vague d’avions, 170 en tout, décollera une heure après la première. Sitôt les porte-avions placés face au vent, le décollage commence. La flotte de Nagumo se trouve alors à 370 kilomètres d’Oahu. Les chasseurs Zéro sont lancés en premier, puis les bombardiers, puis les bombardiers en piqué et, finalement, les avions-torpilleurs. Un second groupe de chasseurs destiné à assurer la couverture de la première vague complète celle-ci. L’opération débute à 6h et l’ensemble de la formation peut prendre la direction de Pearl-Harbor vers 6h15-6h20.

 Décollage vers les îles Hawaï

 La base de Pearl Harbor: surprise le dimanche 7 décembre 1941 au petit jour…

Pearl-Harbor est la base navale de la flotte américaine du Pacifique de l’amiral Kimmel. Une attaque contre les îles Hawaï est considérée comme impossible par les chefs de l’armée et de la marine américaines. La 7 décembre 1941, 70 navires sont à l’ancre dans le port, dont 8 cuirassés, 2 croiseurs lourds, 6 croiseurs légers, 29 destroyers et 5 sous-marins. Les services de renseignements américains ont bien établis des risques d’attaque japonaise, mais les précisions manquent. A Pearl-Harbor, les cuirassés ne sont pas protégés par des filets anti-torpilles et les munitions de DCA sont enfermées dans des caisses ! Par ailleurs, aucun dispositif d’écran fumigène n’est prévu, pas plus qu’un barrage de ballons. Beaucoup d’hommes sont alors à terre et les navires sont remarquablement alignés comme les appareils sur les différents terrains d’aviation, par crainte de sabotage. Il y a alors environ 300 avions américains sur Oahu, dont 150 de la Navy et du Marine Corps. A 3h42, un dragueur de mines repère un des sous-marins de poche japonais. A 6h, un hydravion PBY Catalina repère également un sous-marin. Le destroyer Ward intervient alors et coule le sous-marin à 6h54 et en informe le commandant de district d’Hawaï, c’est-à-dire l’officier en charge des défenses du port. Ce n’est qu’à 7h25 que l’amiral Kimmel est mis au courant de l’attaque. Le général Short, commandant de l’armée de terre Hawaï, n’est pas encore prévenu. Bien plus, à 6h45, un radar établi à Kahuku Pint, sur la côte nord, détecte les appareils des croiseurs japonais envoyés en reconnaissance en avant de la première vague d’assaut des porte-avions japonais. L’écho radar de celle-ci est capté trente minutes plus tard. Les japonais sont alors encore à 211 kilomètres d’Oahu. L’information est transmise mais le jeune officier alors de service pense qu’il s’agit d’un vol de bombardiers américains B-17 attendu ce matin là en provenance de Californie.

 

 Le désastre s’accomplit…

 Les cuirassés ont été les cibles prioritaires, mais la guerre du Pacifique va rapidement prouver que ces navires de ligne ne représente plus l’atout majeur des flottes de guerre.

La première vague atteint la côte nord d’Oahu à 7h53 et le commandant Fuchida donne alors l’ordre d’attaque. Il envoie à Nagumo le message radio « Tora !Tora !Tora ! », signifiant que l’effet de surprise est acquis. Deux minutes plus tard, l’attaque est lancée. La surprise est telle qu’il n’y a même pas de réplique de la part de la DCA au cours des premières minutes de l’attaque. Comme prévu, les avions japonais se divisent en deux groupes : les chasseurs et les bombardiers en piqués se concentrent sur le terrain d’aviation de Wheeler, Kaneohe Naval air Station et le terrain de Bellow; les avions-torpilleurs et les autres bombardiers attaquent la flotte américaine à Fort Island et les aérodromes d’Ewa et d’Hickam. Les dommages infligés aux américains sont considérables. Les cuirassés sont les objectifs majeurs des pilotes japonais. Après le passage de la première vague, les cuirassés Utah, California, Arizona et Oklahoma ont coulé et le West Virginia chavire, tandis que le Tennessee brûle. Sur l’Arizona, touché par un chapelet de bombes dont une fait exploser la soute à munitions avant, 80% des hommes de l’équipage sont tués par l’explosion ou se noient. Sur l’Oklahoma, 400 hommes périssent lorsque le navire coule presque instantanément après avoir reçu trois torpilles. Sur le California, les cloisons étanches sont déverrouillées en prévision d’une inspection !

 Les escadrilles au sol ont été pareillement neutralisées

La seconde vague atteint Oahu à 8h50, soit une trentaine de minutes après la fin de l’attaque de la première vague. La défense antiaérienne est à ce moment-là assez fournie et cause des pertes aux Japonais. Les défenseurs se sont en effet remis du choc initial causé par l’assaut de la première vague et toutes les armes disponibles sont engagées contre les appareils japonais. Des chasseurs P-40 réussissent même à décoller de Haleiwa Field pour engager les avions nippons. Comme pour la première, la seconde vague japonaise est divisée en deux groupes : les chasseurs et les bombardiers en piqué attaquent Fort Island et tous les navires encore à flots dans le port, tandis que les bombardiers d’altitude attaquant le terrain d’Hickam. A 9h55, la seconde vague japonaise fait demi-tour vers les porte-avions qu’ils atteignent à 12h15. La deuxième vague japonaise force les Américains à échouer le Nevada afin d’éviter de bloquer le chenal d’entrée du port et elle endommage sévèrement le Pennsylvania et le Maryland. Les attaques sur les bases terrestres ont éliminés pratiquement tous les avions qui s’y trouvaient. Les Japonais n’ont perdu que 29 appareils sur les 353 engagés. Dans le camp américain, les pertes sont considérables. 3 600 hommes sont tués ou blessés. 6 cuirassés sont coulés ou en perdition. 2 autres cuirassés, 3 destroyers et 3 croiseurs sont endommagés. 180 avions sont détruits et 128 sont endommagés. Les porte-avions américains, en exercice au moment de l’attaque japonaise, sont miraculeusement épargnés par le raid.

 La flotte du Pacifique est sévèrement atteinte: les Japonais ont désormais un sérieux avantage pour réaliser leur programme de conquêtes.

Après le raid, Fuchida insiste pour lancer la troisième vague sur Pearl-Harbor. Mais Nagumo, par excès de prudence, estime que la neutralisation des cuirassés américains comme un résultat suffisant pour cette attaque surprise. Trop heureux de n’avoir subi aucune perte, il est d’avis que l’attaque a largement atteint ses objectifs. Les conseils de Genda de rester dans la région afin de localiser et de couler les deux porte-avions américains ainsi que pour détruire les facilités portuaires et les stocks de carburant d’Oahu ne sont donc pas retenus. Nagumo pense que les défenses américaines sont maintenant en état d’alerte et il sait que ses porte-avions sont attendus pour les opérations en Asie du Sud-Est. Ce faisant, les Américains disposent encore de leur base et c’est autour de leurs porte-avions que se constituera les forces navales qui vont entreprendre la reconquête du Pacifique. On perçoit là la limite de la doctrine navale japonaise et du conservatisme de nombreux de ses amiraux : alors que leur propre flotte vient de démontrer l’importance des porte-avions dans les batailles à venir, ces amiraux résonnent toujours en terme de cuirassés et de croiseurs lourds. Ils laissent donc échapper une opportunité qui ne se reproduira pas. Ce qui est le plus grave dans les plans japonais réside dans le fait que le plan de débarquement à Hawaï a été rejeté au profit des opérations en Asie du sud-Est en raison de la pénurie de navires de transport et de débarquement. Hawaï est pourtant le seul point de départ possible pour une contre-offensive américaine à travers le Pacifique. Les Américains auraient alors dû lancer la reconquête depuis la côte ouest des USA ! En négligeant cet aspect, les Japonais vont devoir par la suite combattre à la fois en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique central. Dans les plans japonais, l’attaque préventive contre Pearl-Harbor est lancée pour gagner du temps et permettre d’effectuer des conquêtes dans d’autres secteurs du Pacifique. Cet objectif est atteint et l’US Navy ne peut effectuer des concentrations navales dans le Pacifique occidental et la Flotte du Pacifique se replie sur la côte est des Etats-Unis. Les japonais ont donc gagné plusieurs mois mais c’est surtout le manque de porte-avions en nombre suffisants qui a retardé les américains. En fait, la question est ailleurs. La plus grande erreur des Japonais est de s’être attaqués aux Etats-Unis. Si les forces japonaises s’étaient emparées des possessions européennes du sud-ouest asiatiques sans attaquer les américains, Roosevelt aurait sans doute éprouver bien des difficultés pour convaincre ses compatriotes d’entrer en guerre pour défendre de lointaines colonies européennes. Pourtant, les calculs japonais ne sont pas dénués de fondements : en Europe, la victoire de l’Allemagne nazie semble assurée et les stratèges nippons estiment que les Etats-Unis, occupés par la situation en Europe, ne pourraient mener une guerre sur deux fronts. Ce fut une grossière erreur de calcul.

 L’amiral Yamamoto, qui a imposé l’opération sur Pearl Harbor. L’homme ne se berce guère d’illusions quant aux chances de son pays de remporter un conflit face aux Etats-Unis en cas de guerre prolongée.

Dans l’après-midi, le président Roosevelt réunit ses conseillers tandis que parviennent les nouvelles des attaques sur Guam, Wake et les possessions britanniques en Asie. Le lendemain, vers midi, les Américains apprennent la nouvelle de l’attaque japonaise à la radio par la voix du président Roosevelt lui-même : « Hier, 7 décembre 1941, jour à jamais marqué du sceau de l’infamie, les Etats-Unis ont été soudainement et délibérément attaqués par des forces navales et aériennes du Japon. » moins d’une heure plus tard, le Congrès approuve la déclaration de guerre au Japon. Aux Etats-Unis, la côte pacifique est mise en état de défense et on rappelle la flotte de Pearl-Harbor. A Tokyo, c’est le premier ministre Tojo Hideki qui lit à la radio le rescrit impérial annonçant le début des hostilités. Une terrible et sanglante guerre vient de débuter.

 Pearl Harbor: un affront que les Américains n’auront de cesse rappeler dans leur propagande de guerre.

Recension « Des héros ordinaires » de Maurin Picard

Maurin Picard, Des Héros Ordinaires, Perrin, Tempus, 2019, 398 pages

Passionnés de la Seconde Guerre mondiale, n’hésitez pas à investir dans ce petit livre (près de 400 pages, tout de même), qui se lit comme un roman. Le style de Maurin Picard n’est en rien rébarbatif, au contraire, et,de surcroît, ses récits sont vraiment vivants car établis à partir d’interviews données par des vétérans. L’auteur a eu l’excellente idée de conjuguer la petite et la grande histoire, à savoir raconter des événements aussi majeurs que le bombardement atomique d’Hiroshima (le texte qui m’a le plus captivé),que le raid de Doolittle sur le Japon en 1942, ou encore le D-Day (avec Léon Gautier, l’un des derniers du 1er BFMC, ou  l’Américain Jake McNiece, passé à la postérité pour s’être rasé le crâne à la mode iroquois), en passant par Bastogne et la fin du cuirassé Yamato, ou encore la fameuse unité de commandos américano-cabadienne dite des « Diables Noirs ». Des aventures et des exploits narrés sans tabous (il suffit de lire McNiece), sans forfanterie, sans faux remords, mais toujours avec modestie: ils n’ont pas l’impression d’avoir été des héros, puisqu’ils n’ont fait « que leur devoir », suivi les ordres. De fait, nous avons pris l’habitude (moi, le premier) d’applaudir et de faire montre de respect au moindre vétéran croisé. S’il y a eu des lâches, des planqués ou des criminels, il y eut de véritables héros et, surtout, des hommes ordinaires, devenus des « héros ordinaires » par le prisme du regard qu’on leur porte. Ces hommes ont vécu des situations exceptionnelles au cours d’une époque exceptionnelle. Un beau récit captivant, hommage mérité à ces combattants. Une façon également de revisiter le grands événements autrement que par le sec récit des seules opérations.

Recension « La Wehrmacht. La fin d’un mythe », sous la direction de Jean Lopez

Jean Lopez (sous la direction de) La Wehrmacht. La fin d’un mythe, Perrin, 2019, 482 pages

Un bel ouvrage, épais, richement illustré de photographies grands format (parfois sur deux pages, du plus bel effet), de cartes, ainsi que de dessins ou d’éclaté d’engins fort réussis. Le sujet est ambitieux, puisqu’il s’agit de tordre le cou au mythe de la Wehrmacht. Jean Lopez a déjà eu l’occasion de revenir sur certains de ses mythes dans son intéressant diptyque, Les Mythes de la Seconde Guerre Mondiale, dont j’ai souligné les points forts, ainsi que les limites, du 2e opus ici.

Le lecteur trouvera un livre organisé en trois parties: 1) la supériorité militaire allemande. Etude d’un mythe; 2) Les opérations; 3) Les armes.

Dans la présentation du livre, Jean Lopez précise qu’il ne s’agit pas dans cet ouvrage de traiter des crimes de l’armée allemande et du mythe d’une Wehrmacht « propre » et apolitique. Les chapitres s’évertuent au contraire à briser des idées reçues concernant cette armée. Le livre est en fait une compilation d’articles et de dossiers parus dans le magazine Guerres & Histoire, mais sous la forme d’un beau livre, compilation à laquelle s’ajoutent quatre articles inédits. Ce faisant, l’ouvrage n’aborde donc pas certaines armes (le Tiger ou les U-Boote), ou encore certaines campagnes (le front méditerranéen, éternel sacrifié). Ces réserves étant établies, le livre m’a fait la meilleure impression: il apportera beaucoup de réponses aux lecteurs curieux et questionne efficacement le déroulement de certaines campagnes, de même que la doctrine militaire allemande.

Le propos est fort didactique et bien mené, les lecteurs bénéficiant en outre de nombreux encadrés et pages de vocabulaires, ou encore , qui apportent nombre de précisions fort utiles. Notons aussi que si les auteurs ne traitent que de quelques matériels emblématiques (tels que le Panther ou le Stuka), l’étude est efficace.Les interviews sont intéressantes, celle évoquant la possibilité de l’emploi de Jagdtiger dans les Ardennes étant particulièrement surprenante. La narration des campagnes de Pologne et de France, ainsi que du front de l’Est, et accessoirement des événements survenus à l’Ouest en 1944-45, est bien menée. La campagne des Balkans, Dunkerque ou encore Bagration ont retenu mon attention.  Spécialiste de Barbarossa, Jean Lopez consacre de longues pages à cette opération qui amène tous les superlatifs. On apprécie des chapitres tels que  « Eben-Emael » ( par Hugues Wenkin, auteur belge apprécié), « Quand les vaincus écrivent l’Histoire » (un thème abordé dans mon livre, Etre Soldat de Hitler), « La Wehrmacht s’est-elle battue jusqu’au bout? », ainsi que la 1ère partie, la plus originale, consacrée à l’art de la guerre, avec un titre un peu provocateur à mon goût: »La supériorité militaire allemande. Etude d’un mythe ». Sur ce dernier point, Jean Lopez est moins formel que Guerres & Histoire a pu jadis en donner l’impression, puisque, dans l’avant-propos, il affirme qu’il ne faut pas « clamer que la Wehrmacht, dans ses trois armes, était une armée médiocre. » Cette partie est particulièrement intéressante, bien que la recherche d’une bataille décisive ne me parait pas être utopique: certaines placent l’ennemi dans une telle situation stratégique que l’issue de la guerre ne fait plus l’ombre d’un doute (cf la percée de Sedan à Dinant vers la mer, en 1940, ou encore Overlord).

Un bel ouvrage au final, même si je ne partage pas toutes les conclusions, par exemple en relativisant trop -à mes yeux- l’innovation que représente de qu’on a appelé la « Blitzkrieg« (ne serait-ce que dans la pratique: les Allemands sont bien les premiers!), ainsi que les propos de Jean-Claude Delhez quant à l’utilité et au caractère décisif des Panzer et des chars plus généralement. Mais ces divergences restent mesurées et plutôt rares.

Au final, un complément à mon Etre Soldat de Hitler, publié chez le même éditeur, qui aborde des points différents et qui questionne de nombreux mythes entourant la Wehrmacht, à commencer par celui qui établit le postulat (très connoté idéologiquement) qu’il ne s’agissait que d’une armée comme les autres.

Rommel vu par de Gaulle

 

Avant de passer à la télévision en 1969, le général de Gaulle n’apprécie que modérément de devoir se faire maquiller, de la « putasserie » qu’il déteste. « Cela me fait penser à Rommel », lance-t-il. Et d’affirmer que lors de la guerre du désert Rommel se préparait à rencontrer les médias: « il se mettait de la colle à la commissure des yeux et des lèvres, et il y jetait des grains de sable. Comme ça, il faisait plus loup gros du désert que nature. » Qu’il soit permis d’en douter…

1942: La première opération aéroportée britannique

 

La première opération impliquant un planeur britannique est relativement méconnue. Le 19 novembre 1942, deux Halifax doivent remorquer deux Horsa -dont un avec une équipe de pilotes australiens- vers Vermork, en Norvège, avec 30 sapeurs commandés par le Lieutenant Methuen. C’est l’opération « Freshman » : détruire une usine de fabrication de l’eau lourde. Des difficultés de repérage et de mauvaises conditions de navigation mènent à la catastrophe. 11 hommes meurent dans les crashs des atterrissages. 4 blessés graves sont empoisonnés par la Gestapo dans un hôpital et les 19 autres sont fusillés comme saboteurs.

« Etre Soldat de Hitler » présenté dans Ouest-France

Une belle recension de Etre Soldat de Hitler dans Ouest-France, un quotidien que je connaissais bien lorsque je vivais à Caen…

Merci à Didier Gourin

 

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11 novembre 1942

Il y a 77 ans: 11novembre 1942. Après trois jours de combats suite à Torch, c’est enfin le cessez-le-feu au Maroc entre les forces vichystes et les troupes américaines de Patton. Pendant ce temps, à plus de 4 500 kilomètres, l’armée de Rommel quitte définitivement l’Egypte.

Persécutions: prémices de la Shoah

Il y a 81 ans, dans la nuit du 9-10 novembre 1938, la « Nuit De Cristal »

Recension de « Mondes en Guerre. Tome 2 » sous la direction d’Hervé Drévillon

Hervé Drévillon (sous la direction), Mondes en Guerre. Tome 2. L’âge classique XVe-XIXe siècle, Passés Composés, 2019, 782 pages

Le second opus de cette série magistrale consacrée au fait de guerre dans l’Histoire de l’Humanité tient les promesses mises dans le 1er tome: une somme d’érudition servie par une iconographie riche, de belles cartes et, surtout, un texte captivant. Le lecteur ne doit pas s’attendre à une suite de récits de campagnes et batailles. Contrairement au premier tome portant sur l’Antiquité et le Moyen Age, ce second livre ne suit pas à proprement parler un canevas strictement chronologique, puisque l’étude est avant tout thématique et transversal. Un parti-pris certes intéressant, mais peut-être plus déroutant pour qui maîtrise mal les grands événements historiques de la période. Le travail embrasse de nouveau tous les continents, ce qui est une grande force de cette série. Le propos est des plus varié et aborde toute une série de thèmes majeurs et passionnants: citons simplement le métier des armes et la question des armées permanentes et de professionnels, la révolution de la mobilité, la logistique, l’impact de l’imprimerie sur l’institution militaire, la question de la suprématie du feu, les règles de la guerre sur mer, la religion et la guerre, la guérilla, le grand creuset de l’armée (échanges, transferts et hybridations), etc. Les passionnés des guerres révolutionnaires de la geste napoléonienne y trouveront sans doute leur compte. J’ai eu peu à me mettre sous la dent pour ce qui concerne la guerre de Sécession, non oubliée et abordée avec intelligence, mais le propos de l’ouvrage est global et englobe des siècles d’affrontements, rappelons-le: le lecteur ne doit pas rechercher le récit détaillée d’une guerre. La période est aussi celle des découvertes puis des conquête européennes, l’occasion de faire le point sur l’absence de supériorité technologique à l’ère des premiers empires coloniaux, ainsi que l’implications de nombreux peuples dans le processus des conquêtes européennes, impossibles sans les soutiens locaux. Au final, beaucoup d’informations et beaucoup de réflexions. Un très beau livre, réussi, que l’on peut aborder au gré de nos envies, selon le thème que l’on souhaite découvrir (ou relire). Si j’ai préféré le 1er tome, c’est parce que je suis passionné d’Histoire ancienne, mais celui-ci vaut l’investissement.

 

Il y a 77 ans El Alamein: 4-6 novembre 1942

4-6 novembre : une victoire inachevée

4 novembre 1942: la percée!

Les automitrailleuses et les tanks ne parviennent pas à optimiser le succès jusqu’à obtenir l’anéantissement de l’adversaire

La Panzerarmee abandonne un matériel considérable….

Le 4 novembre marque la fin de la bataille d’El Alamein. Rommel enrage de ne pas profiter de l’inaction des Britanniques pour extirper ses troupes du piège qui les menace. Il sait pourtant que la seule façon de sauver son armée est de commencer le repli. Von Thomas proteste de la décision prise de rester à combattre. Rommel se ravise donc et envoie en Allemagne le lieutenant Berndt, son aide de camp personnel qui est membre du parti nazi depuis longtemps, pour persuader Hitler de changer d’avis. Pendant la nuit du 3 au 4 novembre, alors que Rommel poursuit le retrait graduel de ses troupes de la ligne d’El Alamein, la 5th Indian Brigade opère une avancée victorieuse jusqu’à la piste de Rahman sans rencontrer d’opposition sérieuse. Plus tard dans la nuit, les Ecossais s’attaquent au point 44 sur Tell el Aqaqir et parviennent à s’en emparer au bout d’une heure de combat. 20 Valentines et de nombreux soldats sont cependant perdus dans l’affrontement. L’armée de Rommel est alors en pleine retraite. Les 15. et 21.Panzer Divisionen sont retirées du front à leur tour aux premières heures de la journée et entament leur repli vers Fouka. Au lever du jour, toutes les colonnes motorisées de l’Axe sont en mouvement vers l’ouest pendant que les unités d’infanterie dépourvues de transport tentent également de fuir, si toutefois elles sont parvenues à se désengager de l’étreinte de la 8th Army. La situation empire pour Rommel. Le général von Thomas est capturé au combat par l’ennemi tandis que les Britanniques anéantissent sa dernière réserve blindée, la division Ariete, écrasée par la 7th Armoured Division après avoir mené un héroïque combat de sacrifice. C’est en fait tout le 20ème Corps italien qui est anéanti puisque les divisions Littorio et Trieste ont également virtuellement cessé d’exister. Une brèche de 20 kilomètres est ainsi formée au sein du dispositif germano-italien, isolant les unités tenant la partie sud de la ligne de front. L’ordre de retraite général est donné à 15h30 mais toutes les unités ne peuvent y répondre de la même façon. La brigade Ramcke, la Folgore, la Brescia et la Pavia ne peuvent disposer de véhicules car elles sont isolées par les troupes britanniques qui se sont engouffrées par la brèche laissée par la destruction de l’Ariete. Il est également impossible de leur dépêcher des camions en raison du trop grand risque que représentent les nombreuses automitrailleuses britanniques en maraude. L’ordre insensé d’Hitler coûte donc très cher à la Panzerarmee. Notons seulement l’incroyable odyssée que Ramcke parviendra à réaliser en parvenant à se sauver avec 600 parachutistes après la capture, le 5 novembre, de camions britanniques. Les parachutistes allemands réussissent ensuite l’exploit de traverser les lignes britanniques pour rejoindre Rommel deux jours plus tard.

Les Britanniques ne cessent de laisser s’échapper des occasions de détruire l’armée de Rommel. En fait, lorsqu’il apparaît que l’ennemi a disparu, c’est un sentiment de soulagement qui s’empare des unités de la 8th Army plutôt que la volonté d’anéantir l’adversaire. Des officiers ordonnent ainsi à leurs hommes de préparer le bivouac pour la nuit. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, les ordres sont donnés de poursuivre l’ennemi en se portant vers le nord-ouest pour couper la route côtière et, donc, la voie de retraite de la Panzerarmee Afrika. Mais ces ordres sont à exécuter le lendemain, au risque de perdre un temps précieux ! Montgomery estime que le moment est venu de lancer ses forces mobiles à la poursuite d’un ennemi désormais battu. La 1st Armoured Division parvient à s’extraire de l’embouteillage qui bloque tout mouvement dans le secteur de la piste de Rahman et commence à exploiter vers l’ouest à la poursuite de l’Afrika Korps dans la nuit du 4 au 5 novembre. La 7th Armoured Division se joint à son tour à la poursuite, suivie aux premières du jour par la 2nd New-Zealand Division. Monty décide en outre qu’il est temps d’engager également la 10th Armoured Division vers l’ouest contre les arrières-gardes de Rommel. Pendant ce temps, dans le sud, le 13th Corps ne rencontre plus guère d’opposition. Seule la 8th Armoured Brigade réussit à s’avancer suffisamment loin vers le nord-ouest pour atteindre la côte avant le passage de toutes les troupes ennemies en retraite. Le combat est dur et intense, les hommes de Rommel laissant sur le terrain 14 Panzer, 29 chars italiens, 4 canons, une centaine de camions et un millier d’hommes. Le 6 novembre, la 21.Panzer Division est immobilisée entre Fouka et Mersa Matrouh par manque de carburant. Elle ne doit son salut essentiellement qu’à une pluie providentielle et à l’irruption du Kamfgruppe Voss qui surprend la 22nd Armoured Brigade en lui infligeant de lourdes pertes. Pourtant, dès le 2 novembre, le général Harding, le chef de la 7th Armoured Division, présente bien un plan pour couper la retraite de l’ennemi après la prise de Mersa Matrouh en fonçant vers Tobrouk via la piste de Siwa. Ce plan aurait mis Rommel en grand péril mais Monty le rejeta.

La 8th Army au faîte de sa gloire

La 8th Army a remporté une grande victoire mais elle n’a pas été en mesure d’anéantir un ennemi à sa merci. Plus que la prudence, c’est la congestion qui bloque tout mouvement et surtout l’échec de la percée attendue pour « Supercharge » le 2 novembre. La poursuite de l’armée vaincue de Rommel n’a donc pas constitué le grand triomphe que l’armée de Montgomery aurait pu remporter. Désorganisée, fragmentée, démoralisée, à court de carburant, la Panzerarmee n’attend que le coup de grâce. Pourtant, la 8th Army, pourtant considérablement plus puissante, n’est pas en mesure d’asséner ce coup fatal. Le 13 novembre, Rommel est de retour à Tobrouk, site de sa plus belle victoire, celle qui l’avait mené jusqu’à El Alamein…