Films de Guerre/ War Movies (20/100): LA LIGNE ROUGE

LA LIGNE ROUGE

La bataille de Guadalcanal, à laquelle j’ai consacré un article sur mon blog, est le cadre de ce beau film de Terrence Malick (tourné en 1998), cinéaste hors norme, ouvre dans laquelle on retrouve sa « patte »: ode à la nature, voix-off… Si la bataille est justement associée au corps des Marines dans la plupart des oeuvres hollywoodiennes (cf Les Diables de Guadalcanal avec John Wayne, Guadalcanal avec Anthony Quinn ou encore un des épisodes de la très réaliste série The Pacific), Malick met en scène le parcours d’un groupe de GIs de l’armée de terre, qui ont effectivement pris le relais des Marines au cours de la campagne.

Le film est l’un des films de guerre le plus réussis. Il est servi par un groupe de bon acteurs au mieux de leur forme : Sean Penn, Jim Cavieziel, Nick Nolte, John Cusak,… On se serait en revanche bien passés de John Travolta ou encore de George Clooney (acteur appréciable, mais qui n’est guère crédule ici). La psychologie des personnages est bien étudiée ; les scènes de combat sont réalistes ; l’action alterne avec des moments plus de pause dans les combats qui sont les bienvenus ; les paysages et les prises de vue remarquables…

La scène de l’assaut contre la casemate japonaise sise au sommet d’une colline est un des grands moments du films, de même que l’une des scènes finales mettant aux prises les Japonais à une patrouille américaine remontant un cours d’eau.

 

Witt, le héros du film. Les voix-off représentent un élément crucial du film: on accède à l’intimité et aux sentiments des protagonistes, qui n’ont de cesse de rechercher un sens à leur action, une raison à la violence, une origine au mal… Quelle sens donner à la vie? Pourquoi la guerre?

Beauté des mers du Sud, palmiers à l’arborescence généreuse, herbes hautes ondulant sous l’effet du vent… Cadre idyllique pour le pire dont l’être humain soit capable… Bref, l’enfer au paradis…

 

Types de tenues, équipement et casques conformes à la période et à la campagne, grenades jaunes comme il sied en 1942: Melick est un réalisateur qui cherche le réalisme dans le détail…

Nick Nolte, alias le Colonel Tall, le « dur » qui exige beaucoup de ses hommes.

Sean Pean, dans le rôle du sergent : baroudeur, mais soucieux de ses hommes…

Le Captain Staros: l’exemple-type de l’officier tiraillé entre son devoir de soldat et son souci de la vie humaine et du confort minimum que méritent ses hommes, à ses yeux

Dans quelques instants, ce soldat va se sacrifier pour sauver les autres en se jetant sur une grenade: un geste d’altruisme absolu qui sera répété à maintes reprises par des soldats américains au cours de la guerre…

 

Jungle, hautes herbes, paysages colinéaires, bunker: tout un panel de situations variées pour un film d’action bien mené

John Travolta et George Clooney: perdus à Guadalcanal…

Les Japonais sont rarement visibles et non étudiés comme ils le seront dans « Lettres d’Iwo Jima » du grand Clint Eastwood, mais ils apparaissent dans quelques scènes fortes, notamment dans le village occupé par les GIs… S’ils subissent des brutalités, le réalisateur ne nous épargne pas des images éprouvantes sur leurs exactions…

Un film de guerre? Oui, mais dans le bon sens du terme: non une ode au champ d’honneur, mais une réflexion sur son horreur et su la violence; un film qui milite donc contre la guerre en nous la montrant…

L’occasion également pour tout féru de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement de la guerre du Pacifique, de regarder une oeuvre fort réussie du 7e art…

Terminons en évoquant la bande sonore du film, superbe, que je vous recommande.

 

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