Films de Guerre/ War Movies (2/100): LA COLLINE DES HOMMES PERDUS

THE HILL / LA COLLINE DES HOMMES PERDUS

Je présente aujourd’hui  un film réalisé par Sydney Lumet que j’estime particulièrement réussi.

Le récit se déroule dans un fort perdu dans l’immensité désertique -en fait un camp disciplinaire, mais que l’on devine en Egypte, proche du Caire. Aucune précision de lieu n’est donnée mais l’existence d’un tel camp peut paraître plausible. Les Anglais ont mis un point d’honneur à tourner plusieurs films dont le cadre est celui d’une des campagnes majeures de leurs armées : la guerre du désert. La lutte menée face à l ‘Afrika-Korps n’est qu’à l’arrière-plan d’une œuvre qui s’apparente au « film de prison », dans lequel les héros sont des détenus, ici des soldats britanniques qui ont été traduits en cours martiale. Il ne s’agit donc nullement d’une intrigue tournant autour du sort de soldats prisonniers aux mains de l’ennemi : ici, geôliers et détenus appartiennent à la même armée. Le titre The Hill/ La Colline des Hommes Perdus fait référence à l’instrument dont usent les gardiens pour éprouver les condamnés : une colline de sable qu’il faut gravir sans cesse sous un soleil accablant…

 

Le rôle titre est accordé à Sean Connery, aux côtés duquel se retrouvent quelques acteurs britanniques habitués aux rôles de durs et autres sergents-majors de l’armée de Sa Majesté, tels que Harry Andrews ou Jack Watson. Au cours de la détention, sévère, un des prisonniers décède : que va-t-il se passer ?

Le spectateur s’identifie facilement aux membres de la cellule : Joe Roberts (Connery), George Stevens, Jacko King, Monty Bartlett (le plus antipathique et le plus lâche de la cellule), Jock McGrath.

Jacko King, victime d’un racisme latent au sein de l’armée britannique (racisme qui frappe également les Egyptiens, que les protagonistes appellent les « Wogs » , terme fréquemment usité à l’époque)

Le film pose des questions profondes sur le système militaire, la cour martiale, le racisme, la manière d’étiuffer une affaire compromettante, mais également l’importance du règlement (King’s Regulations). De fait, qu’est-ce qui fait un bon soldat ? Quelle importance accorder à la discipline et quelle discipline ? Qui peut se permettre de juger de l’action d’un homme dans le feu de l’action et du combat ? « Qui êtes-vous ? Un héros de l’arrière ? » demande Roberts/Connery au gardien le plus irascible du camp.

Le réalisateur nous oblige à nous poser cette question essentielle : comment convient-il de traiter les soldats qui ont failli au règlement et aux ordres ? Et pourtant : « Tout le monde se fout de nous » déclare à Roberts, précisant qu’ils sont les « ratés » du système.

Wilson entouré de Williams (à sa gauche) et de Harris

Entre l’humanité du sergent Harris et la brutalité du sadique sergent Williams (qui illustre parfaitement l’adage de Napoléon selon lequel donner du pouvoir à un moins-que-rien a tôt fait de le transformer en tyran), l’Adjudant-Chef Bert Wilson semble persuadé d’agir au mieux : il permet à ses détenus de redevenir des soldats-modèles. De fait, ce film nous offre toute une galerie de personnages intéressants, complexes, au comportement parfois ambigu, à l’instar du médecin-major, les plus intéressants étant les co-détenus de Roberts, qui partagent leurs préoccupations dans le huis-clos de leur cellule.

 

La scène la plus forte du film est sans aucun doute celle de la révolte des prisonniers, que je laisse mes lecteurs découvrir. Je ne dévoilerai pas davantage le dénouement final du film…

Un Sean Connery inhabituel dans un rôle magnifique

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