Films de Guerre/War Movies (22/100): TROP TARD POUR LES HEROS

TROP TARD POUR LES HEROS

 

La guerre du Pacifique, dans les Nouvelles-Hébrides, mais sous un angle peu commun: les héros du film de Robert Aldrich (1970; j’ai évoqué ses Douze Salopards ici) ne sont pas des Américains (sauf un), mais des Britanniques. Autre différence marquante: alors que, d’accoutumée, Hollywood affecte de donner aux soldats (et surtout aux officiers) de Sa Majesté une attitude raide et compassée sous un uniforme impeccable, des hommes par ailleurs très stricts sur la discipline, alors que les GI’s sont inévitablement d’éternels joyeux drills, prompts à la plaisanterie et très décontractés, nous avons l’inverse ici: ces Britanniques, peu élégants, ont tout des fortes têtes alors qu’au contraire, l’Américain qui les accompagne -le lieutenant Lawson- semble peu sûr de lui et se présente dans un uniforme plutôt ridicule pour une mission devant se dérouler dans la jungle.

Le lieutenant Lawson ( Cliff Robertson) : un Américain lancé bien malgré lui dans une incroyable aventure…

Les soldats britanniques qui assurent la défense de la base, mais qui sont bien incapables de couvrir leurs camardes qui doivent franchir un dangereux No Man’s Land

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces Tommies ne sont pas des va-t’en-guerre… Des tire-au-flanc plutôt oisifs et plus portés sur les courses de cafards que sur leur devoir de soldats…

Des personnalités très diverses au sein du commando, dont les inévitables individus dépourvus de tout scrupule. On notera l’inévitable scène du camarade abandonné pour ne pas retarder les autres (Percy Herbert, à qui il arrive la même mésaventure dans Les Diables du désert, dont je parle ici)…

Une aventure dans la jungle: la mission est assez palpitante à suivre. Pour autant, le comportement de certains membres du « commando » est déconcertant…

Un officier japonais cruel et inquiétant, assez cynique et fourbe, comme bien souvent au cinéma

Un petit rôle d’ouverture pour Henri Fonda. 

 

Le scénario du film réside dans l’envoi d’un commando en mission pour détruire un radio transmetteur japonais. On épargne au lecteur de dévoiler les péripéties du raid (la 1ère embuscade est un moment fort original en raison même de son déroulement)… Le réalisateur nous dépeint certes certains événements attendus, mais nous offre en même temps tout un panel de personnalités fort différentes et qui réagissent chacune à leur manière à une situation de guerre. On sent d’ailleurs, au début du film, combien des soldats peuvent se sentir éloignés de toute motivation patriotique: ils acceptent un statu quo avec leurs homologues japonais (ce qui reflète la situation dans nombre d’îles avant les opérations finales de 1945, comme Bougainville ou La Nouvelle-Bretagne).

Un film qui ne joue pas sur la fibre patriotique et qui ne manque pas de cynisme, comme l’illustre d’emblée le générique au cours duquel la bannière étoilée, l’Union Jack et le Soleil Levant…

Le final, dans l’espace à découvert sous le feu des Japonais, est assez palpitant…

 

 

 

 

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