GERMAN BIAS LA MISE EN AVANT DE L’ARMEE ALLEMANDE DANS LA LITTERATURE SUR LA SECONDE GUERRE MONDIALE

GERMAN BIAS

LA MISE EN AVANT DE L’ARMEE ALLEMANDE DANS LA LITTERATURE SUR LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

Il est récurrent de lire de reprocher aux magazines spécialisés sur la Seconde Guerre mondiale d’accorder une part trop belle à la Wehrmacht et à la Waffen SS, un constat similaire pouvant être posé sur les publications des maisons d’éditions consacrées à ce conflit.

Outre Afrikakorps, Invasion! et Rommel, trois ouvrages centrés sur la Wehrmacht, J’ai par ailleurs moi même publié l’an dernier L’armée d’Hitler chez Ouest-France, en attendant que mes lecteurs découvrent un nouveau livre Ouest-France axé sur l’armée allemande et, surtout, un travail de très grande ampleur chez un autre éditeur…

 

Une origine liée au contexte de la Guerre Froide

On a souvent mis l’accent sur le contexte de la Guerre Froide pour expliquer le mythe d’une Wehrmacht considérée comme l’armée efficiente entre toutes. Pour beaucoup, cet état de fait expliquerait le German Bias. Certes, les mémoires de Manstein et autres Guderian ont fait la part belle aux erreurs du Führer et aux hordes soviétiques, victorieuses des magnifiques soldats allemands par le seul poids du nombre. Certes, les études diligentées par l’armée américaine ont laissé la parole des généraux allemands s’exprimer librement avec la tacite acceptation comme parole d’Evangile de tout ce qu’ils pouvaient avancer… La présentation caricaturale de l’Armée rouge en est un excellent exemple. Mais l’opprobre touche aussi les autres adversaires de la défunte Wehrmacht (à commencer par l’armée française), ce qui signifie que le contexte de la Guerre Froide, d’une influence indéniable, se doit être relativisé. Rien ne peut d’ailleurs assurer que l’armée allemande n’aurait pas été considéré comme la meilleure de son temps sans la division du monde en deux blocs : après tout, sa valeur est déjà reconnue et soulignée à maintes reprises par ses adversaires pendant le conflit.

Chef de file de ces généraux qui reçoivent l’oreille attentive des Américains : Franz Halder, ancien chef d’état-major de l’OKH, qui a pour lui l’avantage d’avoir été mis sous les verrous à l’issue de l’attentat manqué du 20 juillet 1944 (dans lequel il n’était absolument pas impliqué). Les Britanniques tiennent aussi leur part de responsabilité. On connaît également le succès de « The Other Side of the Hill » de Basil Liddell Hart, où le point de vue des généraux allemands, certes intéressant, pèche tout autant par son manque d’objectivité. Le concert de louanges de l’ancien ennemi, sur le plan militaire s’entend, est aussi celui des anciens combattants, aux premiers rangs desquels les généraux qui écrivent leurs mémoires : Eisenhower, Bradley, Montgomery,…

L’Allemagne renaissante est à ce moment-là, à partir de la fin des années 40, le nouvel allié face à l’adversaire soviétique. Mieux, les généraux allemands de la nouvelle Bundeswehr (la nouvelle armée allemande) sont des anciens de la Wehrmacht et ils ont déjà affronté l’adversaire du moment. Pis, les nouveaux alliés de l’armée allemande font leur l’idée qu’elle fut avant tout le premier rempart contre le bolchevisme. Il faut donc mettre à profit leur expérience acquise dans la lutte face aux Soviétiques.

Il faut également veiller à ne pas froisser les susceptibilités : les soldats de la Wehrmacht ont eu un comportement honorable et les crimes de guerre ne sont imputables qu’aux seules unités SS qui n’auraient rien de commun avec l’armée, en particulier les militaires de carrière, supposés « corrects ». Hollywood s’en fait largement l’écho (voir mon article sur ce sujet dans 2e GM n°59 : « Le soldat allemand au cinéma : de la caricature à la réalité »). Les généraux allemands qui ont servi sous Hitler ne pensaient sans doute jamais pouvoir s’en sortir à si bon compte : non seulement ils sont injustement exonérés des pires crimes du régime nazi, mais ils ont l’opportunité de sauvegarder l’honneur et la réputation de leur caste.

Une armée particulièrement efficace, dotée d’un équipement de pointe et qui n’a plié que sous les poids du nombre : cette distorsion des faits explique en grande partie l’intérêt apparemment démesuré accordé à l’armée allemande dans les publications, alors même que la cause indéfendable pour laquelle elle aurait si brillamment combattu est étrangement occultée (ce qu’on n’a jamais accordé à l’armée soviétique)…La littérature spécialisée a longtemps épousé cette vision déformée et continue de le faire. Dès les années 1960, les ouvrages de Paul Carell et de Franz Kurowski sont exemplaires en la matière.

 

Une explication discutable

Nombre d’historiens parmi mes connaissances m’ont confié avoir cédé à cet attrait du mythe de troupes d’élite aux faits d’armes exceptionnels, y compris les unités de la Waffen SS, que ce soit à Kharkov, à Koursk ou en Normandie. Même constat dans les souvenirs de jeunesse de mes camarades d’école dans lesquels apparaissent nombre de livres sur les SS signés Jean Mabire et autres Sven Hassel. Pour tous, les récits de la guerre à l’Est par les vétérans ont été pris au pied de la lettre. Ou comment la propagande de Goebbels continue à œuvre à des dizaines d’années distance…

Les ingrédients du German Bias semblent donc évidents : une propagande de guerre efficace, une histoire réécrite et biaisée par les généraux allemands, en particulier sur la guerre à l’Est et sur les troupes d’élite, une récupération par des écrivains douteux. Pourtant, ces explications semblent plus refléter le parcours personnel de ceux qui ont forgé ce concept, à commencer par des Américains qui n’ont jamais été confronté à des récits de l’Occupation ou de la déportation à propos de leurs familles, ou encore à des Français qui ont grandi loin des grands champs de bataille et qui ont donc abordé la guerre sans : la guerre à l’Est semble alors logiquement le cœur de la guerre, or son récit est complètement faussé.

En ce qui me concerne, j’ai toujours été très passionné par l’armée allemande mais, éducation et films manichéens de l’époque, jamais par les SS (dont les mythes et légendes n’ont eu aucun impact sur moi bien que j’ai été sensible à ceux des Fallschirmjäger, ce qui revient presqu’au même…) et je ne me suis pas intéressé à la guerre à l’Est avant l’âge de 25 ans, ce qui signifie que l’attrait pour la Wehrmacht n’a jamais été lié aux « exploits » qu’on lui prête dans son immense confrontation avec l’Armée rouge : point de mythe de Koursk et autres…

En grandissant sur les champs de bataille de Normandie, l’armée allemande m’a forcément intéressée à une époque où jeux de soldats et films de guerre sur le petit écran étaient très répandus. Tout simplement, comme beaucoup, les figurines petits soldats allemands me plaisaient plus, et un Tiger, que ce soit en miniature ou le Panzer grandeur nature de Vimoutiers, avait à mes yeux plus d’allure, d’attrait, qu’un Sherman ou un Churchill. Une préférence bien arbitraire et ô combien subjective mais qui me semble éclairante. Un constat qui n’est pas isolé : c’est le cas de la plupart de mes amis d’enfance. Donc exit les mythes de la guerre à l’Est et de Wittmann à Villers-Bocage ou encore de l’impact nécessaire de la Guerre Froide pour expliquer l’intérêt pour l’armée allemande (et généraliser cette explication).

Si la légende de l’armée allemande colportée depuis la guerre n’avait donc eu aucun impact, le GI connaît presque la même aura chez un large public. Et ce dernier n’a rien à voir avec la Guerre Froide, quand bien même les Américains étaient nos Alliés. Car, enfin, à une certaine époque, il eut été difficile d’échapper à un certain American Bias (sauf, bien entendu chez ceux dont l’orientation politique pousse à un anti-américanisme primaire) : John Wayne en GI et « Les Têtes Brûlées » sur le petit écran, les souvenirs des libérateurs (et un peu l’oubli des Anglo-Canadiens…)… Il en va de beaucoup de passionnés. Lier Guerre Froide au German Bias est donc à mes yeux une théorie qui ne repose au final sur rien, ou à tout le moins cela ne reflète qu’un aspect de la question, largement liée au parcours personnel de chacun d’entre nous.

 

L’attrait suscité par l’armée allemande

L’intérêt pour l’armée allemande n’a rien d’idéologique. Il serait stupide, et même insultant, de supposer qu’il en va autrement. Ne pas céder aux mirages des révisionnistes et autres admirateurs de tenues Feldgrau (admirer n’a pas la même signification que s’intéresser) est avant tout une question d’éducation, de milieu, d’esprit critique. Le German Bias ne représente au pire un danger potentiel uniquement pour ceux qui sont influençables ou mal informés : et encore, à condition que les textes soient outrageusement partiaux, fascisants (il y en a, hélas) et que le lecteur soit prédisposé à y accorder foi.

Affirmer que la Wehrmacht est au cœur de la Seconde Guerre mondiale est une évidence. C’est une armée qui a été engagée sur de nombreux fronts, forts différents : elle s’est battue sur plusieurs continents et a affronté ses ennemis sur de nombreux mers et océans. Elle est aussi impliquée dans l’expérience de l’occupation des territoires conquis ainsi que dans nombreux crimes de guerre, voire des crimes contre l’Humanité. Enfin, ses avancées techniques et technologiques expliquent également l’intérêt qu’on peut lui accorder. Une telle variété de situations explique donc que la littérature qui lui est accordée soit particulièrement fournie et justifie dans un sens qu’elle ait la primauté, même si celle-ci peut être considérée comme trop marquée.

Celui qui aime la chose militaire et qui ne considérerait que cet aspect de la question peut ressentir aisément une attirance pour l’armée allemande en raison de son aspect martial, sa discipline. On ne saurait nier la différence d’allure, en faveur de l’Allemand, entre un Landser de la Westfeldzug et le piou-piou français qui lui fait face au cours de la même campagne. L’esthétique, indiscutable, des uniformes et du matériel allemand tient son rôle (on pourrait le dire aussi en partie des GIs). Sans considération partisane ou idéologique, on ne peut guère en dire autant du fameux casque « plat à barbe » anglais ni d’un uniforme de Frontovik : l’armée britannique et l’Armée rouge attirent et passionnent le plus souvent pour d’autres raisons.

La variété des uniformes au sein de l’armée allemande semble d’ailleurs inégalée. Une aubaine pour le fana de miniatures ou le féru de militaria. Quel maquettiste n’a pas ressenti d’intérêt devant l’originalité et la multiplicité des uniformes, des blindés et des avions allemands ? Quelle autre armée de la Seconde Guerre mondiale offre un panel aussi large de camouflages d’engins et d’uniformes ?

 

Un renouveau historiographique salutaire

Comment imaginer étudier la Seconde Guerre mondiale sans s’intéresser de près à l’armée qui se trouve au cœur des affrontements ? Sans connaître l’armée dont les victoires et la combativité expliquent la durée et l’âpreté des combats ? Etudier l’armée allemande est nécessaire et salutaire : ne la laissons pas aux la laissons pas aux Mabire et autres Eric Lefèvre (ce qui ne signifie pas pour autant que ces auteurs, dont je ne partage absolument pas les positions, n’ont pas écrit des textes intéressants). On ne le soulignera jamais suffisamment : si des auteurs et des maisons d’éditions sont à juste titre d’une réputation sulfureuse (en un mot : d’extrême-droite, admirateurs de troupes nazies et/ou de grands blonds à toutes époques), n’y a aucun lien entre l’intérêt pour la Wehrmacht et une distorsion de la connaissance de la guerre ou des idées pro-nazies.

Des spécialistes nous permettent de connaître l’armée allemande sous tous ses aspects. L’intérêt toujours marqué pour la Wehrmacht est le bienvenu. Il permet un révisionnisme, dans le bon sens du terme, de ce qu’était réellement cette armée, aussi bien dans ses campagnes et son efficacité, que dans son implication dans les crimes les plus ignobles, à commencer par la Shoah elle-même. Citons seulement Omer Bartov et son Armée d’Hitler, Wolfram Wette et son ouvrage Les Crimes de la Wehrmacht. Jean-Luc Leleu a publié une remarquable étude sur la Waffen SS, qui fait autorité et qui illustre combien est salutaire le renouvellement de l’étude en profondeur de l’armée allemande. Citons également Lettres de la Wehrmacht de Marie Moutier et Fanny Chassain, Comme un Allemand en France d’Aurélie Luneau et Jeanne Guérout, Hôtel Majestic. Ordre et sécurité en France occupée (1940-1944) de Gaël Eismann ou encore Guerre et extermination à l’Est : Hitler et la conquête de l’espace vital, 1933-1945 de Christian Baechler. D’autres livres nous permettent d’accéder à une connaissance précise d’un aspect militaire de la Wehrmacht grâce à un sérieux travail sur les archives, où aucun présupposé idéologique nauséabond ne viendrait entacher le résultat. Un seul exemple pour les Panzer : Thomas Jentz. Pour connaître l’Afrika-Korps, on pourra faire confiance aux travaux de Cédric Mas. Les nouvelles biographies de Rommel ou de Manstein ont également permis de revisiter l’aura qui entoure ces deux officiers, et plus particulièrement le « Renard du Désert » : le Rommel de Benoît Lemay n’a rien en commun avec l’ancien et dithyrambique livre de Desmond Young. Les travaux de ces historiens sont indispensables pour la bonne compréhension de la guerre.

L’étude détaillée de l’armée de Hitler a toutefois ses limites. Certains titres posent question. Les éditions Heimdal se sont faits une spécialité de publier des ouvrages portant sur des unités allemandes, particulièrement des SS (mais il convient de ne pas circonscrire cette maison d’éditions à ce type de production car ses ouvrages sur la bataille de Normandie sont remarquables et les magazines qui en émanent fourmillent d’informations). Mais, ne connaissant pas personnellement ces auteurs, je ne peux m’avancer sur leurs intentions. Dans certains écrits, à trop relativiser les crimes des uns et des autres, on finit par les banaliser, établir une équivalence, et mettre sur un même pied les troupes qui ont servi Hitler et celles qui l’ont combattu… Un révisionnisme voulu et qui n’a rien d’anodin.

 

Le danger de trop relativiser

A l’inverse, prendre le contrepied systématique du German Bias peut mener à un révisionnisme trop marqué. A trop le rejeter, à trop critiquer les écrits des témoins allemands ou encore les ouvrages adoptant le point de vue allemand datant de ces décennies de la Guerre Froide, on finit par plonger dans l’outrance inverse. La relativisation des peut pousser à des excès. Certains auteurs finissent par refuser d’accepter tous les textes et souvenirs des années 50-60, qui ne sont pourtant pas sans intérêt, à condition de savoir les prendre comme tels et de ne pas avoir la prétention d’en savoir systématiquement plus qu’un témoin ou de refuser le moindre témoignage pour des raisons de méthodes historiques mal comprises. Le dossier de « Guerres & Histoire n°7» n’hésite pas à proclamer : « La supériorité militaire allemande ? Le mythe du siècle ! » Tout est dit. A en lire certains, on s’attend à ce qu’ils nous démontrent un jour que les meilleures troupes de la guerre étaient les gendarmes luxembourgeois…

Or cette réputation d’excellence est en grande partie justifiée et aucunement usurpée. Les carences, évidentes et désormais bien connues, de la Wehrmacht, notamment en stratégie, et dans une moindre mesure sur le plan opérationnel, ne sauraient masquer ses réussites, aussi bien sur le plan tactique que dans l’équipement et le matériel. Certains auteurs finissent par confondre les difficultés qui émanent de l’armée elle-même de celles qui sont le produit de l’économie ou du gouvernement du Reich, ce qui n’est pas forcément la même chose. Quant à admettre un aspect téléologique de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale, il n’y a qu’un pas.

 

Et les autres Bias dont souffre l’historiographie du conflit ?

On admettra tout de même que les historiens français ont aussi leur part de responsabilité dans ce German Bias. Après tout, concernant l’étude de la Seconde Guerre mondiale, la recherche (ainsi que l’intérêt du lectorat) n’est-elle pas axée sur des événements qui ne relèvent pas de l’histoire militaire comme les Années Noires, Vichy et la Collaboration, la Résistance, la Déportation et la Shoah ? Non pas que cet intérêt ne se justifie pas –je suis le premier à m’intéresser à ces questions- mais quid d’études sur l’armée britannique ou américaine pendant le conflit ? De travaux universitaires sur l’Armée rouge ou nipponne ? La campagne d’Italie se résume-t-elle au CEF et à son action à Monte Cassino ? Combien compte-t-on d’ouvrages sur Bir Hacheim et sur les FFL par rapport à ceux qui traitent de la guerre du désert plus généralement ? N’a-t-on pas un mépris et une méconnaissance de l’armée britannique en France ? La campagne de Tunisie n’est-elle donc intéressante que sous le prisme de l’Armée d’Afrique, qui y tient pourtant sans doute le rôle le moins crucial ? La vulgate gaulliste ou communiste n’arrange aucunement les choses. Certes, on ne saurait comparer un German Bias et un FFL Bias, ne serait-ce que parce que le second ne peut être suspecté de faire le lit d’auteurs douteux du point de vue idéologique. Mais tout de même : doit-on accepter d’être toujours condamnés à voir aborder les mêmes thèmes sur nos étals ? Les maisons d’éditions, et plus encore la recherche universitaire ne pourraient-elles pas s’intéresser à d’autres aspects de la guerre, à moins qu’elles ne tiennent pour acquis que le lecteur français ne puisse s’intéresser à autre chose ? Jean Lopez, Nicolas Bernard et Nicolas Pontic (qui ne sont pas plus des nostalgiques du Komintern et du Goulag que les spécialistes de la Wehrmacht sont ipso-facto des néo-nazis) ont ouvert la brèche pour l’étude et la connaissance de l’Armée rouge pendant le conflit. J’espère que dans les années à venir les ouvrages militaires vont s’ouvrir, et de plus en plus, à cette armée et aux autres, sans pour autant délaisser l’armée allemande.

 

Conclusion

Parler de German Bias a-t-il un sens ? Il faut éviter de faire des procès d’intention qui n’ont souvent aucun sens. Je serais curieux d’étudier ce qui fait le plus souvent la une des revues sur la Grande Guerre ou sur l’épopée napoléonienne, sans parler des sujets antiques. Je ne suis pas convaincu que les Askaris de Lettow-Vorbeck, les Mamelouks ou les frondeurs des Baléares soient les plus présents…

L’importance de l’étude de la Wehrmacht s’impose. L ‘excellence militaire allemande n’est pas un cliché. La nier est une absurdité. Elle n’a jamais empêché d’éprouver une admiration sans bornes pour des héros qui ont servi de plus nobles causes. Qu’on le veuille ou non, cette armée reste celle qui intéresse le plus grand nombre. Loin d’être anodin, ce constat est un point essentiel : un magazine spécialisé sur la Seconde Guerre mondiale ne peut faire l’économie de couvertures et de dossiers consacrés le plus souvent à l’armée allemande, faute de disparaître, pour le plus grand dam des lecteurs. Il suffit que d’autres articles du même numéro abordent des sujets tout aussi intéressants mais moins vendeurs : il n’y a alors plus raison d’évoquer un moindre German Bias.

 

 

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