GI’s au combat: 3 musées incontournables en Normandie

TROIS MUSEES INCONTOURNABLES EN NORMANDIE

AIRBORNE MUSEUM DE SAINTE-MERE-EGLISE

La muséographie de l’Airborne Museum, un musée incontournable et particulièrement réussi, n’a cessé d’évoluer avec les années, toujours dans le sens d’une amélioration et davantage de réalisme et de rigueur historique : ainsi, l’an passé, un Sherman M4A4, d’un modèle conforme à la bataille de Normandie, a remplacé en le Sherman M4A3E8, donc d’un modèle trop tardif, qui trônait devant son entrée depuis les premiers temps du musée.

A l’origine, le fameux musée des parachutistes de Sainte-Mère-Eglise se résumait au seul bâtiment « Waco », qui affecte la forme d’une corolle de parachute et dont le point focal est le planeur Waco qui s’y trouve, mais les vitrines recèlent de nombreuses pièces intéressantes. Cette partie du musée, qui commençait à vieillir il y a encore quelques années, est désormais bien mise en valeur et s’est vu adjointe plusieurs autres bâtiments, bien plus massifs et recelant une collection de grande qualités.

Le bâtiment du C-47 possède des collections d’uniformes impressionnantes de qualité et de rareté (dont ne nombreux effets de généraux célèbres), montées sur des mannequins réalistes. Le troisième bâtiment du musée, dit « Neptune », fait la part belle à l’immersion du visiteur dans l’ambiance du D-Day grâce à des effets sonores, des dioramas et, désormais, l’HistoPad, un nouveau support de visite, en fait une tablette numérique, que j’ai testé en avril 2019.

La visite de ce musée, déjà fort réussi, devient vraiment ludique et pédagogique grâce aux nouvelles technologies du numérique, notamment de la 3D et de la Réalité Augmentée. On peut ainsi entrer dans le cockpit du planeur, connaitre la signification des différentes couleurs de voilure de parachute ou comprendre comment fonctionne la radio clandestine, ou encore entrer dans le C-47 « Argonia » ou encore fouiller l’intérieur d’un bureau de campagne. J’ai particulièrement apprécié la manière de baliser une zone de saut par les Pathfinders (éclaireurs) : les détails donnés par l’Histopad apparaissent lorsqu’on se place devant le mannequin de Pathfinders et son équipement. Il en va ainsi de nombreux éléments du musée : vous êtes devant un canon de 57, une jeep, une ambulance, un canon de 2 cm allemand ? Vous aurez toutes les infos ! Lorsqu’on pénètre dans le planeur Waco avec son Histopad, tous les détails du cockpit ainsi que la reconstitution virtuelle 360° d’un site d’atterrissage de planeurs, le visiteur pouvant découvrir l’évolution des lieux entre 1944 et 2018.

Le « clou » de l’HistoPad à mes yeux: après être sorti de la carlingue d’un C-47 Skytrain avec ses parachutistes dûment équipé (et avec un bruitage « d’ambiance »), le visiteur se trouve sur une passerelle, au-dessus d’une maquette du secteur de Sainte-Mère-Eglise. On découvre alors une image reconstituée de la ville laquelle sont indiqués les noms de véritables parachutistes et le visiteur visualise alors leur saut opérationnel comme s’ils étaient à la place du parachutiste sélectionné! Très réussi! Des expériences interactives variées permettront, de plus, de découvrir le rôle clé des troupes aéroportées dans le succès du Débarquement Allié : prendre part au briefing des paras des 82e et 101e Airborne la veille du 6 juin 1944, s’équiper comme un para avant d’embarquer pour le saut, etc. De quoi ravir les plus jeunes…

Il est évident qu’il va attirer un public beaucoup plus large: il est essentiel d’accorder de l’importance aux nouvelles technologies (pensons aussi aux reconstitutions 3D visibles dans le musée d’Arromanches).

DEAD MAN’S CORNER MUSEUM:D-DAY EXPERIENCE

Voir le site du musée: https://dday-experience.com/decouvrir-d-day-experience/d-day-experience/

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            Dans la lignée des musées de qualité qui existent dans les Ardennes depuis des décennies, les musées consacrés à la bataille de Normandie ont gagné dans le réalisme et la qualité des scènes représentées. C’est particulièrement le cas du « Dead Man’s Corner », dédié aux forces aéroportées, un de mes préférés, et par ailleurs un musée ultra-moderne ouvert aux nouvelles technologies.

Le second bâtiment du musée (qui  se bornait à l’origine à la seule maison du « Dead Man’s Corner ») abrite une impressionnante collection dédiée aux paras américains, ainsi qu’une animation remarquable à bord d’un C-47, véritable expérience 4D pour les visiteurs: il ne manque que les tenues de saut ! comme de véritables paras de la 101st le soir du 5 juin, les visiteurs sont invités à suivre un briefing grâce à une animation virtuelle (un officier réalisé en 3D est projeté dans un décor de salle de briefing grandeur nature).

Les visiteurs prennent ensuite place à bord d’un C-47 Skytrain (utilisé pour le tournage de « Band of Brothers »). Monté sur vérins, et grâce aux écrans des hublots qui donnent l’illusion d’être en vol, les visiteurs vivent le décollage depuis l’Angleterre, la traversée de la Manche puis l’arrivée au-dessus de la Normandie. Une grande réussite!

Le musée présente également des vidéos du plus haut intérêt, livrant les témoignages vivant et sans concession de vétérans, de véritables héros envers lesquels notre dette est immense et dont l’oeuvre des propriétaires du « Dead Man’s Corner » participe au souvenir… Ce musée se caractérise par une collection époustouflante d’uniformes et de matériels des forces aéroportées américaines et allemandes pendant la bataille de Normandie. Comme à Sainte-Mère-Eglise, des pièces d’uniformes de généraux sont exposées, la pièce qui m’impressionne le plus étant incontestablement un blouson appartenant à Eisenhower lui-même, porté pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette collection, déjà impressionnante, comprend également les uniformes de la Easy Company du 506th PIR de la 101st, immortalisée dans la fameuse série à succès « Band of Brothers » (« Frères d’Armes » en français), la meilleure fiction consacrée à la période.

Le musée est encore plus incontournable depuis l’extension depuis 2019 avec l’aménagement d’un étage de 500 m2, ainsi que la création d’une salle de cinéma Imax 3D d’une capacité de 160 places. Les visiteurs y visionnent un documentaire sur le débarquement d’une durée de 43 minutes.

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NORMANDY VICTORY MUSEUM

Le dernier-né des musées, le Normandy Victory Museum, est remarquable à cet égard: il s’agit tout simplement d’un des musées le plus beaux et le plus réussis de l’espace historique de la bataille de Normandie. Le Normandy Victory Museum c’est aussi un superbe collection. De nombreux mannequins, loin d’être figés dans des vitrines comme jadis, sont mis en valeur dans des dioramas, agréablement pourvus qui de façades de maisons, qui de végétation…Le Normandy Victory Museum est un musée est dynamique et moderne: le visiteur suit un parcours très clair, didactique, avec des films très explicatifs (sur le thème de la guerre des haies) qui complètent avec bonheur des dioramas très réussis au service d’une belle collection.

Mais l’aspect moderne c’est surtout la présence de 4 simulateurs d’avions ou de tanks (on peut être aux commandes d’un P-51), et surtout la possibilité de vivre une expérience en Réalité Virtuelle : le musée offre en effet deux systèmes de jeux (ambiance 1944, bien sûr…) avec casque de réalité virtuelle pour un parachutage sur la Normandie ou un combat pour Carentan… Détente et amusement garantis…

Un musée qui intéressera aussi bien les passionnés que tous les membres de la famille

Consacré à la bataille du bocage, avec des effets sonores visant à rendre plus « vivante » la visite d’un musée consacré à la guerre des haies. ce musée nous offre d’autres surprises, qui font qu’il a le mérite de sortir des sentiers battus : ainsi, une fois n’est pas coutume, le premier diorama est consacré à la campagne de 1940. L’occasion de présenter enfin au public des tenues  de nos soldats de 1940, dont une de tirailleur sénégalais. Le musée présente aussi de nombreux objets de guerre de récupération, détournés de leur usage initial après les combats, notamment dans les campagnes.

Le musée aborde enfin des thématiques propres à intéresser davantage la gent féminine aux musées de guerre : la vie quotidienne des civils sous l’Occupation est évoquée à travers plusieurs vitrines, des mannequins et la reconstitution réaliste d’un intérieur normand ; l’étape ultime du musée est consacré aux femmes dans la guerre: pilotes, auxiliaires féminines, résistantes, épouses demeurées au foyer… Des mannequins peu courants dans nos musées, ainsi que des photographies qui rendent hommage aux femmes au cours de la guerre.

Cette muséographie se veut résolument moderne et ludique n’oublie pas les plus jeunes, comme évoqué avec les simulateurs. Au fil du musée, des répliques d’armes (Sten, MP 40, USM1, MP 44, MG 42) sont laissés à la libre manipulation des visiteurs, qui peuvent également coiffer des casques: une initiative également aussi originale qui vise le public le plus jeune. Enfin, les propriétaires du musée ont également prévu de permettre aux visiteurs de s’offrir une photo-souvenir à bord d’une véritable jeep! On peut également s’offrir une promenade en blindé –moderne- dans le terrain du musée…

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