Guerre du Pacifique/Pacific War (2/43): les agressions japonaises (7/37-12/41)

L’impérialisme japonais frappe le premier

(juillet 37-déc.41)

 La Chine: campagne majeure pour l’armée de terre nipponne qui va y engager la majeure partie de ses troupes, ainsi qu’au Mandchoukouo, dans ce dernier cas pour faire face aux Soviétiques.

La Chine des années trente, en proie aux dissensions entre nationalistes et communistes, est une proie bien tentante pour l’impérialisme japonais. Dès le début des années trente, les japonais empiètent sur le territoire chinois. En 1937, le Japon monte un incident entre des soldats japonais et chinois afin de trouver un prétexte à l’invasion de la Chine. L’agression de la Chine provoque de vives réactions à la Société des Nations que le Japon quitte de manière fracassante. Initialement, il ne s’agit que de contrôler Pékin et Tientsin, mais l’armée japonaise ne veut pas en rester là et les combats pour Shangaï en août entraînent le japon plus avant dans la guerre. Avant la fin de l’année, 15 divisions japonaises sont ainsi envoyées en Chine : 5 à Shangaï et 10 au nord de la Chine. A ce moment-là, l’ensemble de la Chine du nord jusqu’au fleuve Jaune est entre les mains des Japonais. Au sud, Shangaï est occupée en novembre et Nankin, la capitale du gouvernement nationaliste de Tchang Kai-Chek,, en décembre. La prise de Nankin est marquée par des violences inouïes de la part des forces armées japonaises. Tchang Kai-Chek, qui a perdu 450 000 hommes contre 40 000 pertes japonaises, est contraint au repli et se résout à s’allier avec son ennemi communiste, Mao Tsé-Toung. En 1938, les Japonais poursuivent leurs succès. En Chine du nord, le Shanxi et le Shandong sont conquis. Depuis leurs positions sur le cours inférieur du Yanqsi Jiang les Japonais envahissent l’Anhui et investissent Wuhan. Au sud, Canton tombe également à son tour. L’île de Hainan est envahie. Ceci étant, l’immensité du territoire permet aux Chinois de se replier sans cesse tandis que la guérilla s’installe sur les arrières des Japonais. Les Japonais, qui s’enfoncent plus en avant dans les profondeurs du territoire chinois ne parviennent pas à forcer Tchang Kai-Chek à accepter une bataille rangée. Les Japonais décident alors de lancer la première campagne stratégique aérienne de l’histoire. Les villes chinoise, densément peuplées, se montrent particulièrement vulnérables aux bombardements. La guerre ne s’achève pas pour autant. Elle pèse lourdement sur les finances du Japon. En 1939, les crédits et les navires de commerce étrangers se font beaucoup plus rares en raison de la guerre qui se profile en Europe.

 

Cette année 1939 est aussi le cadre d’un affrontement militaire entre les troupes soviétiques et l’armée japonaise. Celle-ci est écrasée par les Soviétiques à la bataille de Nomonhan. En avril 1941, après une nouvelle défaite japonaise face aux Soviétiques, un pacte de non-agression est conclu entre les deux pays. Néanmoins, trois mois plus tard, l’Allemagne nazie envahi l’URSS. Certains officiers japonais caressent alors l’espoir de profiter de la situation difficile des Soviétiques pour en finir une fois pour toute avec l’ennemi du nord. D’autres dirigeants de l’armée sont au contraire plus enclins à suivre la marine, qui préconise de poursuivre l’expansion vers l’Asie du Sud-Est afin de donner au japon l’accès aux ressources naturelles dont il a besoin tout en lui fournissant des bases avancées permettant de rendre l’archipel japonais inexpugnable. Toutefois, cette option a le grave défaut d’impliquer nécessairement une guerre contre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

 

Après les premiers succès de Hitler et la chute de la France en juin 1940, le Japon commence à réaliser qu’une opportunité s’offre à lui en direction des riches gisements de matières premières d’Asie du Sud-Est. En septembre 1940, les autorités françaises d’Indochine autorisent, sous la pression, le Japon à établir des bases militaires au nord de la colonie et à y faire transiter des troupes destinées à la lutte contre la Chine. En réaction, les Etats-Unis décrètent un embargo américain sur la vente au Japon de toutes les ferrailles et du carburant pour avions. En juillet 1941, le gouvernement de Vichy signe un nouvel accord avec le Japon. Si la souveraineté française est reconnue, l’Indochine est désormais occupée par 50 000 soldats nippon et des navires de guerre japonais viennent jeter l’ancre dans la colonie française tandis que des escadrilles japonaises sont positionnées sur les aérodromes du sud e l’Indochine, à portée de la Malaisie, des Philippines et des Indes néerlandaises. Le président Roosevelt décrète alors le gel de tous les avoirs japonais aux Etats-Unis. Les fonctionnaires américains rejettent toutes les demandes de licence d’exportation de pétrole à destination du Japon. Ce dernier est donc privé de fournitures stratégiques vitales. Le Japon réagira au premier embargo en signant le Pacte tripartite avec l’Allemagne et le Japon. L’alliance reconnaît la prépondérance de l’Allemagne et de l’Italie dans l’établissement d’un nouvel ordre américain tandis que le Japon se voit reconnaître un rôle semblable en Asie de l’Est. Une clause importante prévoit que les trois puissances prêteraient leur concours à celle qui serait attaquée par une puissance ne participant pas actuellement à la guerre européenne. Comme l’URSS est exclue des termes du pacte, l’alliance est dirigée contre les Etats-Unis. Contrairement à l’armée de terre, l’amiral Yamamoto, vice-ministre de la défense, était hostile à un rapprochement avec l’Axe car cela signifierait inéluctablement une alliance entre les USA et le Royaume-Uni qui possèdent les plus puissantes flottes du monde.

 Les conquêtes japonaises vont être rapides et stupéfiantes.

Suite à l’embargo, la marine japonaise estime qu’elle dispose de carburant pour seulement dix-huit mois d’opérations. Les stratèges japonais mettent alors au point un plan d’invasion du sud-est asiatique devant l’inéluctabilité de la guerre. La stratégie finalement retenue est dangereuse, car elles suppose une dispersion des forces, et nécessite un effort complexe de coordination : les Philippines et la Malaisie seront attaqués simultanément avec Hong-Kong et les îles américaines de Guam et Wake puis les Indes néerlandaises, Siam, la Malaisie et diverses îles seront envahies. Enfin, il est prévu de neutraliser la flotte américaine du Pacifique. Sur le conseil de l’amiral Yamamoto, il est finalement décidé d’utiliser l’aviation embarquée la frapper directement à son port d’attache, à Pearl Harbor, dans les îles Hawaï. En octobre 1941, l’amiral Nagano donne à contrecoeur son accord. Ce même mois, le prince Konoye donne sa démission, son successeur n’est autre que le ministre de la guerre : le général Tojo. Tojo est résolu à mettre fin à l’incertitude des dirigeants japonais en obtenant un accord diplomatique ou en se décidant pour la guerre. Le 5 novembre, une conférence impériale décide que le japon passera à l’attaque si aucun accord avec les Etats-Unis n’intervient avant le mois de décembre. La solution diplomatique n’aboutissant pas, le Japon se décide pour la guerre. Pour mener à bien son ambitieux plan, les Japonais ne disposent que de 2 000 avions (1 300 de la marine et 700 de l’armée de terre). Seules 11 divisions de l’armée de terre, soit 1/5ème des effectifs, seront engagées dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est car il est hors de question d’affaiblir les garnisons de Chine, de Corée et du japon. En revanche, la totalité de la flotte nippone participe à l’opération. Elle est alors légèrement supérieure à l’ensemble des forces navales américaines, britanniques et néerlandaises présentes dans le Pacifique. Les Alliés opposent 1 284 appareils. L’USAAF et l’US Navy dispose de 385 appareils à Hawaï et sur les porte-avions, 180 aux Philippines, 12 à Wake et 12 à Guam. La RAF entretient une flotte de 330 avions en Malaisie. Les escadrilles australiennes de la RAAF disposent de 165 avions dispersés des îles Salomon à la Malaisie. Enfin, les Néerlandais possèdent environ 200 avions. Les forces terrestres alliées ne sont pas négligeables. Mais les Japonais sont confiants et sûrs du succès. Le 26 novembre, la flotte de porte-avions japonais de l’amiral Nagumo appareille du japon et suit la route plein ouest, en suivant le 42ème parallèle. La confirmation d’ordre d’attaque arrive le 2 décembre. Le 6 décembre, la flotte se déploie au large d’Oahu. Le lendemain, le dimanche 7 décembre 1941, à 6h15, Nagumo lance la première vague sur Pearl-Harbor. Les japonais prennent les américains au dépourvu et neutralisent les cuirassés de la flotte américaine du Pacifique. Les pertes américaines sont lourdes. Les Etats-Unis sont donc en guerre. Le 11 décembre, Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis : la guerre européenne est alors devenue véritablement mondiale.

 

Des soldats canadiens à Hong-Kong (les seuls canadiens à combattre les Japonais au sein de l’armée de l’empire britannique): les attaques-éclairs des Japonais des 7 et 8 décembre 1941 ne frappent pas que les seules îles Hawaï…

Au même moment, les opérations débutent également en Asie du Sud-Est et contre les autres possessions américaines dans le Pacifique. Les îles de Guam et de Wake sont perdues par les Américains après une résistance héroïque mais sans espoir. A Wake et Wilkes, les japonais perdent un destroyer et les 450 Marines du commandant Devereux résistent, donnant du baume au cœur de la population américaine. Toutefois, la splendide défense des unités américaines succombe à une deuxième attaque japonaise bien plus conséquente avec l’appui des porte-avions Soryu et Hiryu qui ont participé au raide sur Pearl-Harbor. Le 23 décembre, Wake tombe. Le Japon a donc le contrôle des routes du Pacifique central et les Philippines sont isolées.

 

FOCUS: LE MASSACRE DE NANKIN

 Nankin: la guerre d’agression menée par l’empire nippon dans toute son horreur.

Le massacre de Nankin constitue une des massacres les plus abominables perpétrés par les troupes japonaises à l’encontre des populations civiles chinoises. Hommes, femmes, enfants, vieillards : tous vont subir la cruauté des soldats nippons. Les Japonais entrent dans Nankin le 13 décembre 1937 et la ville est le témoin de tous les excès de la part de l’armée japonaise pendant plus d’un mois. Les massacres se succèdent et pas moins de 20 000 femmes sont violées. Cette pratique ignoble durera toute la guerre et des milliers de femmes asiatiques et européennes seront livrées à la soldatesque japonaise, chaque division disposant de ce qui est alors nommé un bataillon « de confort ». Des prisonniers vivants sont transformés en sacs d’entraînement au maniement de la baïonnette. La barbarie des Japonais et sans limite et les victimes périssent dans des souffrances atroces : noyées dans le fleuve Yanqsi Jiang, brûlées vives, enterrées vivantes, écrasées par les blindés… Les victimes se comptent en dizaines de milliers. Le « Viol de Nankin » révulse la communauté internationale.

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