Il y a 75 ans: 26 mars 1942, la ligne Mareth est contournée

La ligne « Mareth » est contournée

Pendant que Patton attaque vers Maknassy et repousse au sud les Allemands à El Guettar, Monty prépare et lance une nouvelle offensive pour défaire la 1ère Armée Italienne sur la ligne « Mareth ». L’effort principal se porte au nord, dans le secteur du corps néo-zélandais, tandis qu’au sud-est de ce dernier, à proximité de la ligne « Mareth », la 4th Indian Division attaque à travers le terrain escarpé des collines de Matmata dans l’espoir d’isoler par enveloppement les défenseurs de la ligne « Mareth ».

La 1st Armoured Division et ses 160 chars viennent donc renforcer Freyberg. Baptisée « Supercharge II », en écho à la victoire d’El Alamein, l’offensive est déclenchée le 26 mars. Un feu roulant sur le défilé très encaissé et un pilonnage systématique des centres téléphoniques doit paralyser l’ennemi et anéantir ses défenses de la trouée de Tébaga, à El Hamma.

Après une tempête de sable qui gêne momentanément les opérations aériennes, la Desert Air Force revient à l’assaut. Son intervention s’avère cruciale. Cette tempête, néanmoins, favorise Freyberg car le vent souffle en direction des lignes germano-italiennes. Les attaquants ont massé 40 000 soldats et 250 à 300 chars. La 21. Panzer-Division n’en aligne que 70 tandis que les 50 Panzer de la 15. Panzer-Division (en comptant peut-être les engins en ateliers) sont encore en réserve, près à intervenir soit vers la ligne « Mareth », soit sur la trouée de Tébaga.

A 16 heures, les Néo-Zélandais sortent de leurs tranchées et partent à l’assaut, balayant les points d’appui allemands, suivis par les chars de la 8th Armoured Brigade. 2 500 Allemands sont capturés. Les Britanniques enregistrent 600 pertes au cours de ce combat. La nuit, c’est au tour de la 1st Armoured Division d’intervenir dans la bataille, attaquant en masse compacte, chose jusqu’alors inhabituelle dans les rangs des unités blindées britanniques. La 21. Panzer est sérieusement malmenée. La route de Gabès est donc ouverte. L’unité arrive cependant devant l’oasis d’El Hamma, où les Allemands ont établi de nouvelles positions en toute hâte.

L’intervention de la 15. Panzer-Division, pourtant réduite à 30 chars opérationnels, ainsi que des Pak et des 88 mm rameutés par Liebenstein permettent d’endiguer le flot britannique pour deux jours, un délai suffisant pour permettre aux Italiens d’évacuer les positions de la ligne « Mareth » et de se rétablir sur l’oued Akarit.

Pendant deux jours, les Britanniques ne peuvent exploiter leur succès initial. La 4th Indian Division s’empare de son côté de Ksar El Hallouf et Leclerc prend les hauteurs du Djebel Melab. Les Britanniques traversent sans combattre les positions de la ligne « Mareth » à la fin du mois de mars. Messe a perdu 5 000 Italiens et 1 000 Allemands au cours de cette bataille, ainsi que 60 chars et 31 batteries d’artillerie. La victoire britannique reste cependant inachevée et constitue même un demi-échec pour Monty qui n’est pas parvenu à encercler l’armée adverse. L’Afrika Korps a encore prouvé ses qualités tactiques. Le 30th Corps de Leese a perdu près de 2 000 hommes. Si l’attaque frontale s’est soldée par un fiasco -ce qui n’a pourtant pas empêché le QG de Montgomery d’annoncer le 24 mars que la ligne « Mareth » a été percée après 3 jours de combat -tandis que l’attaque de Freyberg était lancée trop tardivement, l’improvisation de « Supercharge II » et sa rapide exécution mettent en relief la souplesse d’esprit de Monty.

En dépit de l’omniprésence de l’aviation alliée et de la perte de nombreuses pièces d’artillerie, la 1ère Armée Italienne parvient à se repositionner sur l’oued Akarit, à l’endroit même où Rommel et Messe souhaitaient combattre au lieu de fortifier la ligne « Mareth ».

 

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