Il y a 77 ans El Alamein: 3 novembre 1942

3 novembre 1942: Tell-el-Aqqaqir

                         

Les combats pour Tell el Aqqaqir et la piste de Rahman sonnent le glas des Panzer de l’Afrika-Korps

L’arrivée de la nuit n’apporte aucun répit aux combats. La 7th Motor Brigade affronte à son tour l’écran antichar enterré sur la piste de Rahman mais elle est repoussée. Au nord, les Australiens poursuivent leur poussée. La journée du 3 novembre est le cadre de nouveaux assauts délivrés par les chars des 8th et 2th Armoured Brigades sans toutefois parvenir à briser l’énergique résistance des soldats allemands de l’Afrika-Korps. A droite, la 2nd Rifle Brigade dépasse la piste de Rahman pour être décimée par la défense italienne de la Trieste : les Bren-Carriers sont touchés par les antichars et l’infanterie est balayée par les rafales de mitrailleuses des blindés. Au centre, la 7th Rifle Brigade subit un sort bien pire encore. La pression continuelle exercée par la 8th Army est cependant sur le point de porter ses fruits car les troupes de Rommel ont atteint le point de rupture et ont arrivées à la limite de leurs forces. Le « Renard du Désert » réalise qu’il ne lui est plus possible de tenir la ligne de front à El Alamein compte tenu de l’état de ses forces. Il ne peut plus contre-attaquer mais peut profiter de l’épuisement britannique pour se retirer avant l’écrasement complet de ses troupes. Il prend donc la décision de replier les 20èmeet 21ème Corps italiens derrière l’écran protecteur de l’Afrika-Korps. Les unités du saillant nord, près de la route côtière, sont également repliées. L’ordre de repli se déroule complètement à l’insu des Britanniques au sud et au centre. Rommel écrit : « Déjà, les jours précédents, nous avions commencé à évacuer vers l’ouest les installations de l’arrière […] La 90.Leichte, l’Afrika-Korps et le 20ème Corps italien devaient se replier lentement pour permettre l’évacuation, à pied ou par camions, des divisions d’infanterie. Du fait que, jusqu’ici, les Britanniques nous suivaient en hésitant et qu’une prudence extrême –parfois incompréhensible- semblait être un des principes de leurs opérations, j’espérais au moins sauver une partie de l’infanterie. Après dix jours de lutte, la puissance de l’armée était tellement affaiblie qu’elle e trouvait dans l’impossibilité de repousser la prochaine tentative de percée de l’adversaire. Par suite de la pénurie de moyens de transport, une évacuation régulière des unités non motorisées semblait irréalisable. De plus, nous pouvions difficilement espérer que la totalité des unités rapides, durement engagées dans la bataille, fussent capables de se dégager. Dans une telle situation, nous devions nous attendre à la destruction progressive de l’armée et c’est dans ce sens que, ce même jour, j’avais alerté le quartier général du Führer ».

Les troupes motorisées seront-elles les seules à pouvoir s’extraire du front d’El Alamein et échapper à la 8th Army?

Rommel pense que la partie est perdue en Afrique et mise sur un rapatriement en Europe de ses divisions expérimentées. Le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord française cinq jours plus tard ne fera que le conforter dans son opinion. En fin de journée, les Allemands parviennent une nouvelle fois à repousser in extremis une attaque britannique lancée contre la piste de Rahman. Pourtant, la réponse de Hitler à Rommel tombe comme un couperet. Le message du Führer est le suivant : « Au maréchal Rommel,

C’est avec une pleine confiance dans votre talent de chef et dans la vaillance des troupes germano-italiennes que vous commandez, que le peuple allemand et moi suivons le déroulement de l’héroïque bataille défensive en Egypte. Dans la situation où vous vous trouvez, votre seule pensée doit être de tenir, de ne pas reculer d’un mètre et de jeter dans la bataille toutes vos armes et tous vos combattants. D’importants renforts d’aviation sont envoyés au commandant en chef Sud. De même le Duce et le Commando Supremo ne négligeront aucun effort pour vous procurer les moyens de continuer la lutte. Malgré sa supériorité, l’ennemi doit se trouver lui aussi à la limite de ses forces. Ce ne serait pas la première fois, dans l’Histoire, qu’une volonté plus forte triompherait d’un ennemi supérieur en nombre. Vous ne pouvez montrer d’autre voie à vos troupes que celle qui mène à la victoire ou à la mort.

Adolf Hitler. »

La mort dans l’âme, Rommel, en soldat obéissant, suit les ordres de son Führer et prend les dispositions pour arrêter la retraite. Les troupes allemandes sont, de l’aveu même de Rommel, prêtes à lutter jusqu’au bout, conformément aux ordres reçus. Le « Renard du Désert » est pourtant choqué par Hitler, dont l’ordre lui fait l’effet d’un désaveu, pensant que lui seul avait en main la destinée de l’armée qui lui avait été confiée.

 

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