La Campagne de Tunisie/Tunisian Campaign (12) La Fin

La fin en Tunisie

 L’épave d’un half-track américain de prise réutilisé par les Allemands et abandonné près de falaises du Cap Bon: les forces de l’Axe en Afrique du Nord sont détruites.

Fin avril, les combats menés dans le cadre de l’opération « Vulcan » ont préparé les Alliés à l’assaut final. Toutefois, les pertes sont lourdes : la seule 1st Army perd 3 500 hommes dont 900 tués ainsi que 252 tanks. Le 3 mai, des opérations préliminaires à l’assaut final, l’opération « Strike », permettent aux Américains de s’emparer de Mateur. Le lendemain, les Français fixent les dernières réserves de von Arnim en attaquant le Djebel Zaghouan. Toutefois, le renforcement des Britanniques dans le secteur de Medjez el Bab ne passe pas inaperçu et von Arnim renforce le Kampfgruppe Irkens, qui est positionné sur le Djebel Aoukaz. Les 60 Panzer sont prêts à mener un héroïque baroud d’honneur. Le 4 mai, les avions rescapés des forces aériennes de l’Axe quittent définitivement la Tunisie. L’opération « Strike » commence par des bombardements aériens massifs. A 3h du matin, l’infanterie britannique se lance à l’assaut sous le couvert d’un soutien d’artillerie impressionnant de 650 pièces. Von Arnim ordonne à ses deux armées de se replier : la 5.Panzerarmee vers Bizerte et la 1ère Armée Italienne vers la péninsule du cap Bon. Le 7 mai, les Alliés reprennent l’offensive sur l’ensemble du front. Ce jour-là, les ils effectuent enfin leur entrée triomphale à Bizerte et à Tunis, accueillis par une foule en liesse. Une douzaine de chars américains sont cependant perdus au début de l’attaque vers Ferryville, d’autres blindés tombant encore sous les coups d’une Flak nombreuse établie aux alentours de Bizerte. Une résistance sporadique se poursuit pendant quelques jours puis les redditions se succèdent. Le 8 mai, Alexander annonce à Churchill que tout s’est déroulé mieux qu’il ne l’avait espéré.Certaines unités persistent cependant à combattre jusqu’à la dernière extrémité. Le 11 mai, le bulletin d’information de l’OKW annonce qu’une division de Flak détruit 37 tanks alliés avec ses derniers obus. La fin en Afrique apparaissant imminente, Guderian suggère que les tankistes soient rapatriés par avion, afin de ne pas perdre des hommes expérimentés. Hitler refuse catégoriquement. 9 000 blessés échappent cependant à la captivité, mais moins de 700 hommes valides seulement s’enfuient par la mer. Le 9 mai, les restes de la 5.Panzerarmee capitulent devant Bradley. Le lendemain, un détachement de la force L de Leclerc entre symboliquement à Tunis. La reddition de l’Afrika Korps, le corps qui plus que tout autre a marqué la campagne d’Afrique du Nord, représente tout un symbole. Son dernier chef, le général Cramer, envoie un dernier message grandiloquent à l’OKW : « Munitions épuisées. Armes et équipements détruits. Conformément aux ordres reçus, l’Afrika Korps a combattu jusqu’à la limite de ses forces. Le Deutsches Afrika Korps revivra. Heil Safari ! » Le message de Cramer tout grandiloquent qu’il soit est inexact. Il reste des armes et des munitions, seulement la chaîne de commandement est irrémédiablement brisée et il est impossible d’offrir un front cohérent.

      

La parade de la victoire: la première véritable campagne interalliée depuis 1940

Le 20 mai, les Alliés célèbrent leur victoire par un défilé à Tunis. Eisenhower, Giraud, Alexander, Cunningham, Tedder, Anderson, Patton et Bradley assistent à une parade acclamée par une population enthousiaste. Eisenhower a tenté en vain de remplacer cette parade par une commémoration plus sobre en mémoire des hommes tombés au champ d’honneur.En tête de cortège défile une armée à la fierté retrouvée : l’armée d’Afrique, issue d’une France humiliée en 1940, qui rejoint enfin les FFL de de Gaulle aux côtés des Alliés. Ils sont tous là : les Français de métropole, les légionnaires, les zouaves, les spahis, les goumiers et les tirailleurs marocains et algériens. Splendides dans leurs uniformes et dans leur prestance, ces hommes sont, avec justice, l’objet des applaudissements les plus appuyées de la foule enjouée qui apprécie le spectacle. Moins flamboyants et plus discrets avec leurs chaussures caoutchoutées, des GI’s défilent à leur tour au son de la musique de l’US Army. Patton, en connaisseur, apprécie la tenue des troupes mais déplore en revanche l’aspect de ses compatriotes :« En dépit de leur belle apparence physique, nos hommes manquent d’allure dans les revues. Je pense qu’ils ne sont pas suffisamment fiers d’être soldats et qu’il nous faut y remédier ».Ils sont suivis par une imposante démonstration des forces britanniques de la 1st Army menées par les régiments écossais évoluant admirablement sur les accents des cornemuses.

 

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