« La guerre sous marine allemande »par François-Emmanuel Brézet

La guerre sous marine allemande par François-Emmanuel Brézet, Perrin, 2017, 416 pages

L’un des grands intérêts de cet ouvrage, écrit par un spécialiste incontesté de la marine de guerre allemande, est de proposer au lecteur un récit comparé de l’emploi des U-Boote au cours des deux conflits mondiaux. François-Emmanuel Brézet débute son étude magistrale par la genèse de l’arme sous-marine allemande depuis le 19es, une introduction bien à propos. L’une des grandes forces de l’auteur, qu’on retrouve dans ses autres ouvrages, est d’expliquer clairement les options et les choix stratégiques décidés au plus haut niveaux, de même que les raisons politiques qui y ont présidés. L’auteur ne manque pas de nous donner le point de vue de Tirpitz, Holtzendorf, Raeder ou encore Dönitz, ainsi que de Guillaume II ou de Hitler.Les restrictions à la guerre sous-marine du fait de la règle de l’ordre des prises (arraisonner un bâtiment et vérifier sa marchandise au préalable) ou encore de la nécessité de tenir compte du particularisme des navires neutres ont pesé lourd sur l’engagement des U-Boote. Les contingences d’engagement et de matériel auxquelles est confrontée la marine allemande pendant les deux conflits sont bien explicitées.  On observera des points communs en 1914, comme en 1939, à savoir l’accent mis sur la flotte de surface et, surtout en 1914, l’incapacité du haut-commandement à appréhender le potentiel opérationnel de l’usage des sous-marins. La guerre sous-marine à outrance aurait-elle pu être un succès? Difficile d’être catégorique, d’autant qu’il faut garder à l’esprit que la Wehrmacht accordent avant tout la priorité à l’armée de terre. La « guerre au tonnage » au cours des deux guerres ne semble pas devoir se conclure par une victoire, mais, pour autant, force est de constater que, dans les deux cas, la guerre sous-marine sans restriction a été lancée sans disposer de suffisamment de submersibles. Les U-Boote ont néanmoins été apte. L’auteur distingue huit phases pour les opérations des « Loups Gris » de Dönitz, ce qui est inhabituel, mais justifié par le propos. François-Emmanuel Brézet ne néglige jamais les aspects techniques, notamment les défaillances des torpilles ou encore la gestation et la mise en production de la dernière génération de sous-marins, pas plus qu’il n’oublie d’évoquer la -difficile-coopération avec la Luftwaffe. Un livre plaisant, bien écrit et bien documenté. Je recommande de la même manière Dönitz ainsi que l’Histoire de la Marine Allemande 1939-1945 du même auteur. Il ne faudra pas y chercher le vécu des sous-mariniers: pour cela, je renvoie à l’excellent Hors-Série N° 09 de la revue Los! ou encore à Les hommes des U-Boote de Jean Delize.

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