L’INFANTERIE DE L’AFRIKA-KORPS

L’INFANTERIE DE L’AFRIKA KORPS

 

Si Rommel avait disposé de la 15. Panzer-Division comme premier élément de son Afrika Korps, il aurait bénéficié dès le début de la campagne de 5 bataillons d’infanterie et de trois Abteilungen d’artillerie. En lieu de cela, la 5. Leichte-Division (12 000 hommes sur les 25 000 Allemands débarqués fin mars 1941), qui commence son transfert à Tripoli en février 1941, compte certes de nombreux Pak et Flak et à peu près autant de Panzer (autour de 150), mais n’aligne que le seul I./Artillerie-Rgt 75 et, surtout, deux bataillons d’infanterie : les Maschinengewehr-Bataillonen 2 et 8 (MG Bn) rassemblés au sein du Rgt zbV 200. Cette division n’est en effet qu’un Sperrverband, c’est à dire une unité conçue comme force de blocage contre toute avance britannique en direction de Tripoli. Son rôle est avant tout défensif.

 

Trop peu de fantassins en début de campagne (février-avril 1941)

Le manque de fantassins allemands à l’orée de cette campagne sera rédhibitoire pendant toute l’histoire du DAK. Dès le début du mois d’avril 1941, en s’attaquant prématurément à Tobrouk, qu’il pense en pleine évacuation, Rommel n’engage que trop peu de fantassins sous le couvert d’un appui d’artillerie dérisoire. Le MG Bn 8 de Ponath n’a connu aucun répit après la ruée à travers la Cyrénaïque de la semaine précédente qui lui a coûté 108 hommes. La puissance de feu originelle des deux MG Bn est pourtant impressionnante compte-tenu des effectifs : 46 mitrailleuses, 9 Panzerbüsche (fusils antichars), 15 mortiers et entre 6 et 15 Pak.

La coopération interarmes tant vantée du Blitzkrieg semble inopérante au cours de l’assaut contre Tobrouk. Les Panzer sont vite désolidarisés de l’infanterie –le seul MG Bn 8 sans le MG Bn 2– et s’enfoncent seuls dans le dispositif adverse. Quand la position devient intenable, c’est aussi seuls que les blindés se retirent en sécurité au-delà du fossé antichar dans les lignes germano-italiennes, laissant à leurs sort les infortunés combattants du bataillon de mitrailleurs. Le bilan est très lourd pour les Allemands : à peine 116 hommes sur 500 ont pu rejoindre les lignes. Ce bataillon, qui a commencé la campagne avec 1 400 hommes, est réduit à 300 combattants. Plusieurs écueils ont desservi Rommel : une reconnaissance négligée, un nombre insuffisant de fantassins allemands et une mauvaise coopération interarmes faute de disposer d’artillerie et de semi-chenillés SPW pour accompagner les Panzer au plus près (sans toutefois prendre le risque de subir des tirs antichars). Les semi-chenillés Sdkfz 251 n’équipent que quelques sections de la 5. Leichte Division et, plus tard, un bataillon de la 15. Panzer-Division (le 1er novembre 1942, l’Afrika Korps ne compte qu’à peine 15 Sdkfz 251 sur les 73 de dotation théorique).

Les unités d’infanterie possèdent toutefois leurs propres armes antichars afin d’être en mesure de repousser toute attaque de tanks anglais. Mais il s’agit d’abord de faibles Pak 36 de 3,7 cm et de Panzerbüsche. Ces derniers sont également souvent inopérants. Pour parer à la faiblesse en moyens antichars, en cette période de la guerre antérieure à l’ère du bazooka, des charges creuses peuvent être tirées à partir d’un dispositif spécial adapté sur K 98 mais cette arme reste rare et de courte portée (ce dernier point étant d’importance dans le désert).

L’entrée en lice de la 15. Panzer-Division en avril-mai 1941 change la donne. L’unité engerbe en effet la 15. Schützen-Brigade (mot) (Schütze est littéralement le « Tireur ». C’est un terme désignant le fantassin allemand et aussi le simple soldat. Le terme Grenadier est employé pour certaines unités) avec les 104. et 115. Schützen-Regimenter (mot), chacun avec deux bataillons, ainsi que le Kradschützen-Bataillon 15 (mot), c’est à dire des motocyclistes : cet ensemble représente 5 bataillons d’infanterie. Ces unités de fantassins de la 15. Panzer totalisent 366 mitrailleuses, 75 mortiers, 21 Pak et 22 Infanterie-Geschütze. Rommel reçoit en outre le renfort de 6 bataillons d’infanterie indépendants, des Stellungbataillone. Rommel dispose aussi d’autres fantassins dans des formations telles que le bataillon zbV 300 « Oasen ».

Les Afrika-Marsch-Bataillone : pallier à un manque de fantassins

 

En théorie, ce ne sont pas des unités combattantes : les effectifs doivent être ventilés comme renforts selon leur spécialité auprès des unités qui en ont besoin. Devant l’urgence de la situation, des Afrika-Marsch-Bataillone sont toutefois engagés tels quels en Tunisie. Le Tunis-Feld-Bataillon T2 est ainsi rattaché au Pz-Gren-Rgt 104 dans le secteur du col du Faïd. L’Afrika-Marsch-Bataillon A 29 combat lui-aussi avec la 21. Panzer à Mezzouna. La période qui suit la bataille de Kasserine, donc à partir du 23 février 1942, constitue un bref moment permettant une réorganisation des unités avant la reprise d’une offensive contre la 8th Army. Certains bataillons de remplacements sont ainsi intégrés directement au sein des divisions sans que le personnel ne soit affecté selon sa spécialité alors que d’autres sont dissous et les hommes sont mutés selon leur arme. Ainsi, l’Afrika-Marsch-Bataillon A 40 devient-il le II./ Pz-Gren-Rgt « Afrika » au sein de la 164. Leichte tandis que l’Afrika-Marsch-Bataillon A 30 fournit 47 artilleurs à la 21. Panzer.

 

 

Dans le désert, les unités de fantassins mal déployées et non retranchées sont très vulnérables. Par ailleurs, la non-motorisation, comme au sein de l’armée italienne, constitue un écueil considérable. L’infanterie est pourtant indispensable à Rommel pour tenir le front à Tobrouk, Gazala et El Alamein ou encore de Bardia à Halfaya ainsi qu’en Tunisie, de la ligne « Mareth » à Enfidaville. Elle a aussi été nécessaire pour s’attaquer aux positions défensives adverses à Tobrouk, à Bir Hacheim ou à El Alamein. Si le « Renard du Désert » ne confie qu’un rôle subalterne à l’infanterie italienne, dont les capacités opérationnelles sont réduites (même si certaines unités ont lutté avec courage et efficacité), l’infanterie allemande s’est montrée à la fois essentielle mais aussi efficace. Outre les régiments de fantassins des 15. et 21. Panzer, l’appui d’infanterie nécessaire à l’Afrika Korps depuis sa création a été essentiellement fourni par la 90. Leichte. Pourtant, Rommel ne disposera jamais d’assez de fantassins allemands.

 

Les formations d’infanterie du DAK

Les changements de noms Schützen/Grenadiere/Panzergrenadiere ont été simplifiés

 

Février-mars 1941

  1. Leichte-Division :

         Maschinengewehr-Bataillonen (mot) 2 et 8 du Rgt zbV 200.

Soit 2 bataillons, entre 2 et 2 800 hommes

 

Avril-mai 1941 :

  1. Panzer-Division :
  2. Schützen-Brigade (mot) avec les 104. et 115. Schützen-Regimenter (mot), chacun

avec deux bataillons, ainsi que le Kradschützen-Bataillon 15 (mot).

Soit 5 bataillons, environ 5 à 6 000 hommes

 

Eté 1941 :

6 bataillons d’infanterie de positions indépendants (Stellungbataillone) ainsi que le bataillon zbV 300 « Oasen ».

Soit 5-6000 hommes

  1. Leichte-Division devient la 21. Panzer-Division :

         Schützen-Rgt 104 (avec le MG Bn 8).

  1. Panzer-Division :

         Schützen-Regiment 115 (avec le MG Bn 2 et le Schützen-Rgt Stab zbV 200 et le

Kradschützen-Bataillon 15.

Division zbV Afrika :

         Schützen-Rgt 155, III./IR 255, Afrika-Rgt 361.

Soit 5 000 hommes au maximum

 

Janvier 1942 :

Kampfgruppe Burckhardt, formé à partir du Fallschirm-Lehr-Bataillon (repart en mars).

Soit 600 hommes

 

Printemps 1942 :

Sonderverband 288 :

Peut-être entre 1 500 et 2 000 hommes (12 compagnies)

  1. Leichte Infanterie-Division (ex-90. Leichte Afrika Division, ex-Division zbV Afrika) :

leichte Infanterie-Regimenter 155, 361 et 200 :

           Peut-être 4-5 000 hommes

 

Juillet 1942 :

  1. Leichte Afrika-Division:

IR 125, IR 328, IR , 433 IR, ,soit de 6 à 7 000 hommes

Luftwaffen Jäger Brigade 1 ,(ex-Ramcke):

Environ 4 000 hommes

Afrika-Marsch-Bataillone :

13 de ces bataillons de remplacements, soit 13 000 hommes pas forcément des

fantassins, rejoignent Rommel avant El Alamein (en octobre 42) mais d’autres

bataillons seront intégrés ensuite en Tunisie.

 

POUR EN SAVOIR PLUS ? DEUX DE MES ARTICLES/

2E Guerre Mondiale magazine N°66: « La 90. Leichte Afrika-Division. Atout méconnu du DAK »

 

Et surtout 2E Guerre Mondiale magazine N°57: « L’infanterie de l’Afrikakorps »

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