Max Schiavon, Corap, Bouc émissaire de la défaite de 1940, Perrin, 2017

Max Schiavon, Corap, Bouc émissaire de la défaite de 1940, Perrin, 2017

Max Schiavon nous a habitué à ses écrits sur des éléments méconnus, voire inédits, sur la campagne de 1940. Il récidive, avec brio, avec cette biographie du général Corap, général désavoué s’il en est. Le travail est très documenté et, au final, on découvre la carrière très peu connue d’un général français parmi les plus brillants de sa génération. A travers cette biographie, l’auteur nous fait découvrir les arcanes du haut-commandement français au cours des deux guerres mondiales. On découvre aussi avec effarement l’impéritie des hommes politiques, particulièrement ceux du Front Populaire, ainsi que l’aveuglement criminel de responsables militaires comme Gamelin ou Billotte. A contrario, on découvre la pertinence des analyses de Corap alors que l’Allemagne nazie multiplie les coups de force avant l’embrasement du monde. Abordant les causes de la défaite de 1940, un de mes professeurs d’université, très marqué politiquement à gauche, avait déclaré que les militaires étaient seuls responsables, oublieux qu’il était que ce sont les hommes politiques qui leur donnent les moyens pour combattre… Concernant le budget alloué à nos armées, on ne peut que faire un rapprochement entre les années 1930 et ces dernières années. Au final, le travail de Max Schiavon est une réhabilitation réussie, tout en restant objective. On appréciera aussi les pages consacrées aux opérations coloniales, en particulièrement au Maroc, le point d’orgue étant la reddition d’Abd el-Krim devant Corap lui-même.

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