Ostfront-La guerre germano-soviétique (15/50)

STALINE SE LANCE DANS DES CONTRE-OFFENSIVES RUINEUSES

(JANVIER-JUIN 1942)

 

La contre-offensive de Joukov devant Moscou a donc porté ses fruits et la Wehrmacht a été repoussée loin vers l’ouest. Alors que cette contre-offensive en face de Moscou remporte un notable succès et coûte aux Allemands un matériel considérable, les autres secteurs du front sont également le cadre de contre-offensives visant à annihiler la Wehrmacht. Sur le front du Heeres-Gruppe Nord, les Soviétiques reprennent également une partie du terrain perdu. Le 8 décembre, Tikhvine est reprise. Après un calme de courte durée, l’offensive reprend avec vigueur le 8 janvier 1942. La première ligne allemande se désagrège mais la Wehrmacht, conformément aux ordres du Führer, combat pied à pied. Toutefois, à la jonction du Heeres-Gruppe Nord et du Heeres-Gruppe Mitte, Eremenko lance sa 4ème armée de choc et pulvérise le front allemand. Les Russes marchent alors vers Kholm, où 5 000 Allemands sont encerclés, tandis que s’esquisse une immense poche de 3 000 km2 autour de Demiansk. Le front se stabilise finalement près de Velikie Louki. A Demiansk, trois corps d’armées allemands, totalisant 100 000 hommes, sont encerclés et, pour la première fois de l’Histoire, ravitaillés par air. Au rythme de 100 à 150 missions par jour, 275 t sont acheminées en moyenne chaque jour et 35 000 blessés sont évacués tandis que 15 000 nouveaux combattants sont acheminés en renforts. 265 appareils sont cependant perdus dans l’opération. En mai 1942, les survivants des deux poches, totalement épuisés, sont enfin dégagés. Toutefois, ce succès incitera Hitler à tenter de le renouveler à Stalingrad à la fin de l’année 1942, lorsque la Luftwaffe sera chargée du ravitaillement par air de la 6.Armee.

Le ravitaillement de la poche de Demiansk: un prouesse de la Luftwaffe.

Plus au nord, entre le lac Ilmen et Leningrad, la situation est également critique pour les Allemands. Le 13 janvier, les Russes engage dans ce secteur la 2ème armée de choc, qui réussit une percée de plusieurs dizaines de kilomètres à l’intérieur des lignes allemandes. L’attaque s’est portée à la jonction des 16. et 18.Armee. La puissance de l’assaut semble irrésistible et, mi-février, les Soviétiques sont à 100 kilomètres de leur ligne de départ. Toutefois, l’offensive commence à s’essouffler et la Wehrmacht réagit alors avec vigueur pour reprendre l’initiative. Les troupes allemandes tentent d’anéantir la 2ème armée de choc en l’isolant en frappant la base du saillant qu’elle a formé dans les lignes allemandes. Le 15 mars, la 58.ID attaque ainsi depuis le sud, tandis que la SS-« Polizei »-Division frappe depuis le nord. La jonction s’opère le 18 mars : 180 000 Soviétiques sous le commandement du général Klikov sont enfermées dans la poche du Volkhov. Les Russes ne n’entendent pas toutefois pas de cette manière et une contre-attaque habile permet d’établir un couloir large de 3 kilomètres, par où est acheminée le ravitaillement, grâce notamment à la mise en place de deux lignes ferroviaires construites à cet effet ! Le général Vlassov prend alors en charge le commandement du saillant et essaye d’élargir la brèche à partir du 29 avril, en vain. Vlassov reçoit alors l’ordre d’évacuer le saillant à la mi-mai. Alors que l’opération débute sous de bons auspices, les Allemands, alertés des intentions de leurs adversaires, tentent de reboucler la poche à partir du 22 mai. C’est chose faite le 31 mai : la poche du Volkhov est à nouveau refermée. Les Russes sont cependant tenaces et les combats sont très acharnés. Un e nouvelle percée est réussie par les Soviétiques le 21 juin, mais les Allemands referment une nouvelle fois la nasse. Au total, 32 000 soldats soviétiques sont capturés, dont leur chef, le général Vlassov, qui passera à l’ennemi. La Wehrmacht a remportée une nouvelle victoire et, comme devant Moscou, les contre-attaques de l’Armée Rouge ont été très coûteuses en hommes et en matériel. Staline gaspille en fait inutilement ses ressources au détriment de la constitution de réserves et de la concentration des assauts dans un seul secteur du front, en l’occurrence celui tenu par le Heeres-Gruppe Mitte ainsi que le préconise Joukov.

Les offensives de l’Armée Rouge au cours de la fin de l’hiver et du printemps 1942: une erreur stratégique? (l’image ne date pas de 1942)

Staline surestime dangereusement les capacités de l’Armée Rouge et il est persuadé que la Wehrmacht est au bord de la rupture. L’échec final de la tentative de destruction du Heeres-Gruppe Mitte devant Moscou et l’impossible percée vers Leningrad face au Heeres-Gruppe Nord contredisent les supputations de Staline quant au proche effondrement de l’armée allemande. Staline n’est pourtant pas encore convaincu et rejette les conseils de prudences de certains de ses plus éminents stratèges, au premier rang des desquels on compte le maréchal Joukov. C’est sur le front sud que Staline va connaître sa plus grande déconvenue dans le cadre de la série de contre-offensive qu’il a ordonné sur l’ensemble du front, du Ladoga à la mer Noire. A la fin du mois de décembre, le Heeres-Gruppe Süd, trop exposé en avant, s’est repositionné le long du Mius. Le repli coûte son commandement à von Rundstedt, remplacé par von Reichenau, qui meurt des suites d’une attaque cérébrale, pour céder son commandement à von Bock, remis de son ulcère d’estomac, qui l’a précédemment obligé à être remplacé par von Kluge à la tête du Heeres-Gruppe Mitte. Von Bock est confronté à une première série d’attaques menées par le Front de Briansk, qui engage les 40ème et 21ème armées en direction d’Orel et de Koursk. La 2.Armee tient bon. Toutefois, le général Timochenko, commandant le Théâtre du Sud-Ouest, lance une offensive plus conséquente le 18 janvier en direction de Kharkov et Dniepropetrovsk. L’assaut vigoureux de cinq armées soviétiques s’abat sur la 17.Armee et l’aile sud de la 6.Armee. Nettement supérieure en nombre, l’Armée Rouge réalise une brèche de pas moins de 120 kilomètres de largeur et opère une percée en profondeur très rapide puisque, le 26 janvier, elle atteint 100 kilomètres. Von Bock s’emploie à conjurer le désastre annoncé avec énergie et le front est rétablit en engageant la 1.Panzer-Armee et le Panzer-Gruppe 3, créant à cette occasion les Gruppen Kleist et von Mackensen, qui reprenne une partie du terrain concédé aux Russes. Le front est à nouveau stabilisé.

Le général Timochenko

Toutefois, l’offensive de Timochenko a permis d’établir une tête de pont sur le Donetz et de former un saillant vers Kharkov. Staline et la Stavka, alors dirigée par Vassielievski, mettent au point les grandes lignes des opérations de 1942. Si la priorité est accordée à la défense de Moscou et à la résorption du saillant de Rjev, Staline ordonne également la reprise de l’offensive en direction de Kharkov et du bassin du Donetz. La grande offensive de Timochenko débute le 12 mai, prenant de cours les allemands qui préparent également de leurs opérations pour l’été 1942. Les forces soviétiques bousculent la 6.Armee et tentent une manœuvre en tenailles au nord et au sud de Kharkov.

A Kharkov, la Wehrmacht démontre de nouveau son savoir-faire en matière de guerre de mouvement

Après une avance de quelques jours, Timochenko est confronté à une violente réplique de von Bock, qui engage la 1.Panzer-Armee depuis le sud, à la base du saillant d’Izioum. L’encerclement des forces soviétiques est rapidement réalisé, von Bock bénéficiant à cette occasion des conséquences de l’intransigeance de Staline, qui autorise bien trop tard Timochenko à décrocher, en dépit des demandes réitérées de son maréchal. Sans le savoir, la Wehmacht réalise ici une de ses dernières remarquables manœuvres d’encerclement de la guerre. Le butin est encore une fois conséquent puisque la bataille de Kharkov procure 240 000 prisonniers aux Allemands, tandis que les pertes matérielles soviétiques se montent à 1 200 chars et 2 000 canons. L’imprudence de Staline et la défaite de Kharkov affaiblissent considérablement le front sud de l’Armée Rouge, facilitant indubitablement la nouvelle offensive d’été allemande de 1942, qui frappe précisément dans ce secteur du front…

 

 

LES EINSATZGRUPPEN ET LA « SOLUTION FINALE »

 

Les SS et la police des Einsatzgruppen, les bataillons d’auxiliaire et même la Wehrmacht, ont mis en œuvre la politique d’extermination des Juifs en Europe. La coordination du massacre des Juifs d’Europe est assurée par Heydrich, le chef du SD. La décision d’appliquer la « Solution Finale », c’est-à-dire le génocide du peuple juif, est vraisemblablement définitivement prise par Hitler, Himmler et Heydrich au moment du déclenchement de « Barbarossa » : la victoire en Europe semblant assurée, le massacre des Juifs et d’autres populations jugées inférieures par les Nazis est généralisé à l’ensemble des territoires passés dans l’orbite nazie. Ces opérations d’extermination sont le fait d’unités spéciales engagées à l’Est, les Einsatzgruppen, qui prennent également en charge l’élimination systématique des commissaires politiques et des communistes. Le premier massacre en masse a lieu à Babi Yar, près de Kiev, en septembre 1941, avec le concours de l’armée : il y a 33 000 victimes juives. Très vite, l’extermination est organisée en utilisant des méthodes de gazage par camions ou en exécutant à la mitrailleuse. Ces méthodes, jugées trop peu rentables et pas assez rapides par les dirigeants nazis, aboutissent toutefois à la mort de 500 000 personnes à l’Est entre le début de l’invasion de l’Union Soviétique et le printemps 1942. La décision est alors prise d’affiner les méthodes de massacres sauvages dans lesquels se lancent les Nazis. Cinq camps d’extermination sont ainsi édifiés : Auschwitz-Birkenau, Treblinka, Belzec, Maïdanek, Chelmno, Sobibor. Dans ces antres de l’enfer, les nazis exterminent les populations juives de l’ensemble de l’Europe dans les chambres à gaz. 6 millions de Juifs sont exterminés d’une manière ou d’une autre dans le cadre de la « Solution Finale ».

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