Paul-Otto Schmidt, « Sur la scène internationale avec Hitler ». André François-Poncet, « Souvenirs d’une ambassade à Berlin, 1931-1938 »

 

Paul-Otto Schmidt, Sur la scène internationale avec Hitler, Tempus, Perrin, 2018, 525 pages

André François-Poncet, Souvenirs d’une ambassade à Berlin, 1931-1938, Tempus, Perrin, 2018, 494pages

L’intimité de Hitler et les coulisses des grandes décisions ont toujours quelque chose de fascinant car notre curiosité est en éveil à la lecture de mémoires d’individus ayant côtoyé les personnages historiques, fussent-ils les pires criminels. Paul-Otto Schmidt, l’interprète de Hitler, est de ces témoins qui nous font vivre la grande Histoire au travers de la petite, parfois avec un trait d’humour bienvenu. La période cruciale précédant la guerre occupe les 3/5e de l’ouvrage et on reste captivé à la lecture des rencontres de Hitler ou de Ribbentrop avec Chamberlain, Molotov ou encore Mussolini. Avec la déclaration de guerre de 1939, les passages du plus haut intérêt sont ceux de 1940, en particulier l’armistice du 22 juin, dont Schmidt s’est chargé de la traduction, mais aussi la rencontre entre Hitler et Franco et celle de Montoire, avec Pétain. Les nombreuses anecdotes sur les caciques du régime, les alliés de Hitler ou encore la vie au QG du Führer raviront les amateurs de ce genre de détails. Ce livre est très utile, plaisant à lire, et constitue un complément intéressant pour les lecteur qui, comme moi, abordent avant tout la Seconde Guerre mondiale sous son aspect militaire. On prendra garde cependant aux prises de positions de l’auteur, qui prend ses distances avec le dictateur criminel, a posteriori, comme tous ceux qui ont été ses proches… J’en recommande donc la lecture, en parallèle avec celle de Souvenirs d’une Ambassade à Berlin. 1931-1938, par André François-Poncet, qui, on le sais, fût notre ambassadeur auprès de Hitler en ces années cruciales de l’entre-deux-guerres: l’arrivée au pouvoir de Hitler, ses coups de forces, le réarmement allemand… Parmi les moments forts du récit: la conférence de Munich qu’on suit avec intérêt sous la plume de l’ambassadeur. Le style du texte, qui fourmille de détail, est autrement meilleur et la réflexion plus poussée, mais il ne relate évidemment pas les événements du conflit. Ces deux ouvrages sont préfacés avec bonheur par Jean-Paul Bled dont la lecture introductive est de plus utiles.

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