Raiders du désert (7)

Difficultés des patrouilles du LRDG, les taxis des Forces Spéciales

  Le LRDG, qui a assisté dans leurs missions toutes les autres unités britanniques opérant sur les arrières de l’ennemi en Afrique du Nord, est la plus célèbre des unités de raiders. Ses missions sont de nature fort variées, la reconnaissance lointaine, le renseignement et le repérage du terrain ayant tenu une place essentielle.

Les difficultés rencontrées par le LRDG dans sa tâche sont multiples. Le général Wavell en est bien conscient lorsque, le jour de la création du LRPG, ancêtre du LRDG, il remet à Ralph Bagnold, le 1er chef et l’instigateur de cette unité, ancien explorateur du désert, une note pour pallier aux inévitables tracasseries administratives qui pourraient faire obstacle à une mission jugée essentielle. Ce papier, laconique, contient les mots suivants : « A tous les responsables de départements et de services. Je souhaite que toute requête faite par la Major Bagnold en personne soit honorée sur le champ sans discussion ».

Comme pour toutes les autres « armées privées » du désert, le LRDG éprouve des difficultés dans le recrutement du personnel et pour l’obtention du matériel. Une partie des camions Chevrolet initialement utilisés sont ainsi achetés au concessionnaire Chevrolet du Caire, les autres provenant de l’armée égyptienne. Le système D permettra d’améliorer l’armement. Ainsi, des Breda de 20 mm italiens seront réutilisés par le LRDG ainsi que des mitrailleuses Vickers récupérés sur une épave d’un appareil de la RAF. La maintenance posera problème à plusieurs repris, avec les conséquences mécaniques que cela suppose. Les filtres et les pièces détachées font en effet défaut. Conscient de l’importance de la question, le Colonel Bagnold décide d’agir et, à l’automne 1941, une compagnie du RAOC est créée et rattachée au LRDG, sous le commandement du Captain Ashdown. Le maintien opérationnel des deux avions Waco, acheté par le LRDG, pose aussi des soucis puisque la RAF ne s’y intéresse pas. Pour assurer la logistique de l’unité, toujours rattachée au Middle East Command alors qu’elle est en opération loin à l’ouest du Caire, Bagnold suggère en septembre 1941 que le LRDG soit rattaché à la logistique de la 8th Army pour toutes les questions de ravitaillement et de matériel autres que ceux ayant trait à la navigation.

            Le LRDG n’a parfois pas toujours été en mesure de mener à bien ses missions. Ainsi, le manque de protection offert par ses camions, bien que très bien armés, empêche les raiders de participer à des combats soutenus. L’embuscade ou l’attaque soudaine suivie d’une esquive immédiate sont préférables. C’est ce qui ressort de l’affaire de Sheferzen en 1941 où une patrouille du LRDG, placée en flanc garde de la Western Desert Force subit de lourdes pertes en camions du fait de leur vulnérabilité. Il ne faut plus chercher le combat, ne plus se faire voir, mais chercher avant tout le renseignement, voire capturer des prisonniers (un retour à un rôle plus offensif sera toutefois opéré à partir de Crusader en novembre 1941). Un autre écueil survient au cours de la première surveillance de la route près de. Les hommes ne sont en effet pas assez entraînés pour reconnaître le matériel ennemi et donner des renseignements précis. Ce problème sera réglé par la suite et les missions d’observations de la voie Balbia seront de la plus haute importance pour la 8th army et seront parmis les contributions les plus importantes du LRDG dans la guerre du désert. Le repérage de terrain d’atterrissage et les missions topographiques ont parfois été imprécis faute d’avoir emporté un théodolite, erreur qui ne se répétera pas souvent. La dissimulation au regard de l’aviation ennemie exige aussi d’adopter de petites formations, d’où la réorganisation d’octobre-novembre 1941 puisque auparavant, une patrouille comptait un camion de 15 cwt et 10 camions de 30 cwt. Elles compteront désormais 6 camions chacune, chaque ancienne patrouille se dédoublant, la patrouille G formant ainsi les patrouilles G1 et G2.

Convenir d’un rendez-vous et établir la liaison n’est pas chose aisée dans les immensités désertiques. Ainsi, en avril 1941, la patrouille G est envoyée en reconnaissance dans le secteur de Marada avant de se diriger vers l’oasis d’Aujila où elle a rendez-vous avec le reste du A Squadron. Pourtant, aucune autre patrouille n’y parviendra et aucune liaison radio ne pourra être établie.

Les hommes souffrent aussi. La malaria sévit à Siwa, des hommes tombent malades sous l’effet de l’insolation. Les pertes sont parfois telles que, au printemps 1941, la patrouille Y se retrouve sans officier, obligée de ce fait à s’en tenir à un rôle de garnison. Une difficulté non prévue survient en janvier 1942 lorsque, dépourvus de moyens de transport, 10 hommes du LRDG et du SAS sont contraints de rejoindre leurs lignes à pied. Ces hommes, accoutumés au transport en camions, éprouvent les pires difficultés à marcher sur des longues distances avec des chausses inadaptées : brodequins, chaussures légères et même sandales…

La nature elle-même cause bien des difficultés. Le 20 avril 1941, la patrouille G, en route pour surveiller la piste de Gardaba, est ainsi immobilisé e par une tempête de sable particulièrement virulente. Dans un autre cas, le 1er août 1941, la patrouille T est contrainte d’effectuer un long détour pour éviter une zone de dépressions couvertes de dunes. Lorsque le sol est poudreux, l’empreinte des véhicules est particulièrement bien apparente, un danger certain en cas de survol du secteur par un appareil ennemi. A plusieurs reprises, des crevaisons de pneus retarderont la progression du LRDG.

 

 

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