Raiders du Désert (IV)

Popski’s Private Army (PPA)

Connue aussi sous le nom de N°1 Demolition Squadron, cette unité est crée par le Major Peniakoff en 1942 au Caire. Elle découle du Sabotage Platoon du LRDG, autorisé début 1942 mais jamais mis en place. Puisque son nom est trop difficile à prononcer par le personnel des transmissions, Peniakoff est finalement surnommé Popski par Kennedy Shaw, responsable du renseignement au LRDG et grand arpenteur du désert occidental avant guerre. Pour la petite histoire, Popski est un personnage de caricature du Daily Mirror. La mission principale dévolue à Peniakoff et ses hommes est le sabotage, en particulier la destruction de dépôts de carburant.

Le Major Peniakoff est d’abord des raids avec la Libyan Arab Force (voir infra) pendant trois mois. En fait, c’est en tant qu’arabophone qu’il rrejoint le 3rd Battalion de l’armée senussi. Toutefois, les Britanniques n’ont guère confiance en ces Arabes qui sont cantonnés à des missions de police et de surveillance. La vie de garnison ne convient pas à Popski et il décide de créer le Libyan Arab Force Commando avec du personnel britannique et arabe. C’est ainsi qu’une douzaine d’hommes l’accompagnent avec une patrouille du LRDG qui l’emmène de Siwa au Djebel Akhdar. Parmi les faits d’armes de son groupe, la destruction d’au moins trois dépôts de carburant totalisant presque 100 000 litres d’essence. Cette unité est pourtant dissoute en l’absence de Peniakoff, qui découvre le faut accompli en août 1942 à son retour au Caire après cinq mois passés derrière les lignes ennemies. En septembre 1942, le Major Peniakoff et ses hommes sont mis à contribution dans l’opération « Caravan » menée sur Barce dans le cadre de la grande opération combinée lancée de concert sur Benghasi, Tobrouk, Barce et Jalo. Les faits sont bien connus, aussi nous ne n’y attarderons pas. Notons seulement que le fiasco est presque total et que, parmi les tués on compte Hasleden lui-même. Peniakoff, qui participe donc au raid du LRDG sur Barce, s’initie ainsi à ses méthodes et ne renonce pas à créer sa propre « armée » de raiders. Après plusieurs semaines de convalescence, Popski va trouver le colonel Hackett, alors chargé de l’organisation des différentes unités irrégulières de la 8th Army. C’est ce dernier qui autorise Peniakoff à mettre en place une nouvelle unité, le N°1 Demolition Squadron. C’est ainsi qu’est formée ce qui sera surnommée la Popski’s Private Army, ce qui constitue également une façon de masquer la mission première de l’unité. Parmi les premiers officiers engagés, trois de ses amis qui ont combattu à ses côtés au sein de la Libyan Arab Force.

Le 10 décembre 1942, l’unité passe sous les ordres du LRDG. Ses effectifs se montent à 23 Britanniques, dont 5 officiers et 24 Arabes. Elle dispose de 8 jeeps et de 4 camions de 3 tonnes. A cette date, la PPA n’a pas encore été beaucoup engagée. Or, la guerre du désert touche à sa fin! A partir de ce moment-là, elle s’avère particulièrement efficace, infligeant des pertes sensibles à l’ennemi en s’infiltrant de nuit au sein de ses convois. Lorsqu’une opportunité se présente, c’est à dire quand rouler hors de la route semble facile, les hommes de Popski ouvrent alors le feu sur l’ennemi avant de quitter la route pour s’esquiver dans la nuit. Toutefois, en janvier 1943, Popski est pris en embuscade par les Allemands. Ces derniers perdent deux automitrailleuses mais ils ont détruits une jeep et plusieurs camions. Peu après, alors que le LRDG cherche un passage pour contourner la Ligne Mareth, Popski découvre que son échelon arrière, trahi par des Arabes, a été mitraillé par des appareils ennemis. La seule alternative pour les hommes du LRDG et de la PPA est de marcher sur Tozeur, alors entre les mains des forces françaises. Popski s’arrange ensuite pour rattacher son unité à la 1st British Army en Tunisie où il termine la campagne d’Afrique du Nord. L’unité n’a pas manqué d’allant mais, de petite taille, son impact tactique sur le champ de bataille est réduit. Bien que Peniakoff s’en donne le mérite, c’est plutôt au LRDG et à l’ILRS qu’il faut attribuer le fait d’avoir trouvé la voie pour contourner la Ligne Mareth que va emprunter le général Freyberg en mars 1943.

 

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