Recension de « Chaos in the Sand » de Barrie S. Barnes

Barrie S. Barnes, Chaos in the Sands, Helion

Un sujet original: le XIII Corps à El Alamein, donc le récit des combats dans le secteur sud, du 23 octobre au 4 novembre 1942. L’auteur, Barrie S. Barnes, nous a déjà ratifié d’un récit sortant de l’ordinaire à propos de la guerre du désert: Operation Scipio, consacré à la bataille de l’oued Akarit (à ma connaissance le seul ouvrage portant spécifiquement sur cette bataille). Une fois n’est pas coutume avec les Britanniques, la valeur et la ténacité des troupes italiennes n’est pas passée sous silence.

Ses ouvrages accordent cependant la part trop belles aux témoignages, qui sont certes appréciables et originaux (ce sont des interviews qu’il a réalisé lui même), mais cela ne saurait être de l’histoire à elle seule. En effet, même si j’ai constaté un net progrès depuis Operation Scipio, le récit contextualisant reste parfois trop succinct (sans que ce reproche soit systématique) et n’est pas toujours à la hauteur (comment oser écrire que les Nebelwerfer entrent ne lice pour la 1ère fois à Alamein: ce sera à Kasserine). Au début de Chaos in the Sand, on saute allègrement de la prise de commandement de « Monty » et du dispositif qu’il adopte pour Alam Halfa au récit de la Première bataille d’el Alamein (confusion chez l’auteur?). la suite est heureusement de meilleure facture.

Comme certains auteurs français ayant pignon sur rue à propos de la Seconde Guerre mondiale, mais en réalité peu au fait des choses militaires, des armées et de leur matériel, Barnes multiplie les erreurs dans les légendes de se ses photos: un Semovente devient un char allemand, un M3 américain en Tunisie char britannique… outre le fait que des clichés semblent plus représenter la dépression de Qattara que celle de Munassib et que l’auteur ne soit pas capable de reconnaître le Mont Himeimat quant il se présente à lui sur une photo… Une fameuse photo des Fallschirmjäger àaprès la prise d’Eben-Emaël est présentée comme une illustration de la Brigade Ramcke. Quant aux Grecs, ils sont figurés en tenues de 1940-41, dans un contexte peu désertique… Notons aussi que Barnes présente de célèbres clichés de l’IWM et autres comme étant de sa collection personnelle (!).

Pourtant, le livre est agréable et aborde les combats les moins connus de la bataille, mis à part le célébrissime épisode de Turner et de ses 6 pounder à « Snipe » (un beau passage du livre). Il est bien entendu question des FFL. Les témoignages des Grecs et des soldats des 44th et 50th ID sont précieux (comme pour Scipio, ils sont inconnus par ailleurs) et, in fine, et ce en dépit des réserves évoquées, j’ai apprécié la lecture de ce livre de 230 pages, mais il est souhaitable de bien connaître la bataille en amont (relisez Barr, Buffetaux, Mas et Lucas Phillips).

Le livre, acheté cet été pour moins de 30 euros, ne vaut pas les 60 Euros actuels.