Recension de « Heitai », Agustin Saiz (Heimdal, 2017)

Agustin Saiz, Heitai. Uniformes, équipements, matériel personnel du fantassin japonais 1931-1945, Heimdal, 2017, 464 pages 

Superbe ouvrage des éditions Heimdal sur un sujet fort original : le soldat japonais, c’est à dire « Heitai », comme le soldat britannique est « Tommy » ou l’Américain « GI ». Loin de n’être qu’une litanie d’équipement, l’auteur, dans l’introduction, replace le combattant nippon dans un contexte culturel. La présentation de l’armement et du matériel japonais est l’occasion de découvrir des informations fort parlantes sur le soldat de l’armée japonaise, les nombreuses photographies d’époque, des cartes postales, des magazines, des documents et de l’équipement, fort bien légendées, fournissent des indications non anodines pour comprendre les conditions matérielles du combat pour le Japonais. S’il s’agit de guerre, il est aussi question de religion, de propagande, du service médical, etc. L’auteur ne fait pas que décrire des objets, il les relie à une culture ainsi qu’à des aspects très pratiques. Outre les très nombreuses photographies de combattants japonais, la qualité et la diversité des équipements et uniformes présentés sont impressionnantes. On apprécie aussi le fait que la traduction de chaque mot est donnée en japonais en vis-à-vis (par exemple: Les casques- Tetsu-Bo ; Les ceinturons-Obigawa ). L’équipement fourni à un soldat est en effet lui aussi lié à la culture de son pays, à la façon dont sont gérées et considérées les forces armées. Hetai nous fournit des détails surprenants (sur des poupées ou encore le drapeau et l’écharpe des mille points »), toujours en lien avec la culture du Japon, qui sur le sabre, qui sur les sandales traditionnelles, qui sur le thé ou encore la bière… Hetai est un complément indispensable à la lecture d’une somme comme La Guerre du Pacifique de Nicolas Bernard ou encore de Les Marines dans l’enfer du Pacifique de Charles Trang (recensé ici). Un très beau livre dont le prix ne doit pas rebuter : il est épais et unique en son genre. Superbe.

 

 

3 comments on “Recension de « Heitai », Agustin Saiz (Heimdal, 2017)”

  • Alexandre Sanguedolce | 11 mois ago | Reply

    J’ai fait une  »coquille  », il faut lire Auphelle et pas Auphan (je suis en train de lire un ouvrage sur Pétain d’où l’erreur de frappe ).
    Alexandre

  • Alexandre Sanguedolce | 11 mois ago | Reply

    Cet ouvrage doit certainement figurer dans la bibliothèque concernant la guerre dans le Pacifique. Pourtant je pense qu’il faut démonter le mythe du soldat samouraï avec le vode de l’honneur. Courageux, incontestablement le Heital le fut, mais aussi fanatise, n’hésitant pas à commettre d’innombrables crimes de guerre. Nankin en est l’illustration mais que dire des promesses non tenues sur les garnisons françaises en Indochine, les innombrables décapitations dont furent victimes les garnisons du Tonkin comme à Langson, celles du général Lemmonier ou du résident Auphan.

    • Benoit.Rondeau | 11 mois ago | Reply

      En effet, c’est un élément très important qui manque dans ce livre (qui l’aborde que trop succinctement).

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